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L’Asclépiéion de Cos
Le dieu de la médecine en son domaine
C’est à Cos, en mer Egée, dans l’une des îles du Dodécanèse, entre Crète et Turquie, que l’on peut visiter un des asclépéions les plus prestigieux du monde grec. Cos, une île montagneuse certes, mais verdoyante et fertile, riche en paysages doux et idylliques, aux villages fleuris et aux petits ports pittoresques, aux eaux miraculeusement transparentes, qui peut se flatter en outre d’avoir donné naissance à Hippocrate, le plus célèbre des médecins grecs, « le père de la médecine ».

L’Asclépéion

A quelques encablures de la rade de Cos, sur les premières pentes d’une paisible colline, entourées d’une sombre couronne d’ifs et de pins, dans un cadre aussi idyllique qu’énigmatique, furent retrouvées les quatre terrasses du plus fameux des centres hospitaliers antiques. Dans ce haut lieu, tout à la fois sanctuaire dédié au dieu Asclépios, dispensaire, centre de consultation et de chirurgie, établissement thermal et de cure, consacré à une thérapie quasi psychanalytique avant l’heure, patients et pèlerins affluaient de tout le monde méditerranéen pour consulter Hippocrate, dont la famille, soucieuse d'affirmer une ascendance aristocratique, prétendait descendre d’Asclépios lui-même.
Quatre immenses terrasses, avec leurs antiques sources ferrugineuses et sulfureuses utilisées pour le traitement hydrothérapique des maladies, des thermes, de nombreuses pièces destinées aux consultations et aux soins, d’amples portiques d’incubation, mais aussi de nombreux autels, des sanctuaires ioniques dédiés à Aphrodite, Apollon et le grand temple dorique abritant une statue colossale d’Asclépios, tout cela témoignait de la présence du sacré.

Asclépios

Fruit de l’union d'Apollon et de la mortelle Coronis – miraculeusement sauvé du bûcher sur lequel périt sa mère, enceinte du dieu, pour avoir partagé, après leur union, sa couche avec un mortel – Asclépios apprit du centaure Chiron la phytothérapie « pour guérir les douloureuses maladies des hommes », talent qu’il exerça avec tant de sollicitude et une telle démesure qu’il en arrivait même « à ressusciter les morts ». Foudroyé par Zeus, héros devenu dieu et honoré dès lors comme un immortel, ce dieu « guérisseur », « sauveur », « philanthrope », « secourable », thérapeute des âmes et des corps, fut d’abord honoré à Epidaure, puis son culte se diffusa dans tout le monde antique, à Athènes, à Pergame et, tout particulièrement, à Cos.

Incubation et psychothérapie

Le rituel était immuable dans ces grands centres de thérapie. Ablutions à la source sacrée, abstinences, jeûnes, cérémonies propitiatoires, litanies, préparations morales, autant de précautions qui précédaient le rite essentiel de l’incubation. Au terme de cette ascèse, les patients se rendaient dans un portique, l’enkoimeterion, sur une des terrasses, un abaton, interdit aux non-purifiés, couchaient à même le sol, au milieu des serpents inoffensifs d’Asclépios, pour attendre, dans le sommeil sacré, le message ou la révélation demandée, une vision onirique dans laquelle le dieu était censé proposer soit des régimes à suivre, soit des traitements à appliquer, soit également des rites à accomplir, autant de mystérieuses révélations thérapeutiques, prescriptives ou divinatoires, qui nécessitaient bien évidemment une exégèse de la part des prêtres-médecins du sanctuaire.
Pour Hippocrate, ce sont des changements brusques dans le régime, le mode de vie, le climat, qui provoquent un déséquilibre des composants élémentaires du corps humain (la célèbre théorie des humeurs), qui, dans l’état de santé, sont équilibrés. La thérapeutique, qu’elle soit pharmacologique ou diététique, devait avant tout rétablir l’équilibre initial. Le rythme et l’harmonie de la musique, de la danse, de la poésie, pour leur effet thérapeutique immédiat sur l’âme et le corps, la tragédie, la comédie, la poésie épique et lyrique censées purifier, selon la catharsis aristotélicienne, l’âme des passions dangereuses, la gymnastique et les jeux athlétiques, constituaient autant de facteurs de retour à l’harmonie et à la santé naturelles.

Hippocrate de Cos, « le père de la médecine »

Si l’asclépéion de Cos témoigne de la science de ses prêtres-médecins sur les problèmes de la psychosomatique et de la noothérapie, l’étude des inscriptions qui décrivent les maladies et leurs guérisons, les célèbres iamata, grâce à un diagnostic clinique rétrospectif pondéré s’appuyant sur les données les plus récentes de la paléopathologie, permet de comprendre que les thérapies de Cos étaient plus humaines que miraculeusement divines.
Au cœur de ce grand centre de soins, Hippocrate, le premier, a entrepris d’éliminer toutes ces superstitions et croyances qui attribuaient les causes de la maladie à des forces surnaturelles et divines, pour chercher plutôt dans les facteurs environnementaux (alimentation, climat, hygiène de vie), l’origine des affections. Humble et palliative, l’approche thérapeutique hippocratique, fondée sur le pouvoir guérisseur de la nature, a permis d’ouvrir la voie à la diététique, en prônant une consommation équilibrée de légumes et de fruits. Disciplinée et rigoureuse dans sa pratique, la médecine hippocratique enseignait les doctrines cliniques d’auscultation, d’observation, de documentation, d’enregistrement minutieux des symptômes (teint, pouls, fièvre, selles, urine...), de prescriptions médicamenteuses.
Son célèbre serment, qui régit toujours l’éthique de la pratique médicale, véritable code de déontologie de la profession, qui inscrit l’obligation de recueillir le consentement du patient avant toute opération, ou encore le respect du secret médical, est encore aujourd’hui prononcé par les praticiens impétrants.
C’est donc dans le mystérieux asclépéion de Cos qu’Hippocrate est parvenu à instituer l’art de la thérapeutique comme une discipline distincte des autres branches de la connaissance, théurgie et philosophie, auxquelles elle était encore rattachée, et à faire de la médecine une science autonome et une profession à part entière.
 

 
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