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Edouard Manet
Un esprit libre, précurseur solitaire de l'art moderne
Edouard Manet naît en janvier 1832, dans une famille de la grande bourgeoisie parisienne. Appelé à scandaliser ses contemporains par sa peinture résolument moderne, « ce blond Manet de qui la grâce émanait » restera sa vie durant un élégant dandy au « bel air de gentilhomme », et non l'artiste hirsute et farouche que le public, sous l'influence des critiques, s'empressera d'imaginer.
Fort d'une certaine position sociale, sûr de sa valeur personnelle et confiant en son art, Manet aspire tout naturellement à la reconnaissance officielle mais n'est prêt, pour autant, à aucune concession. Il demeura toujours fidèle à sa devise : « Faire vrai, laisser dire. »

Un rebelle à la formation classique

Edouard manifeste dès l'enfance un intérêt profond pour le dessin et la peinture. Mais c'est d'abord la carrière de marin qu'il veut embrasser : en 1848, il s'embarque sur un navire-école jusqu'à Rio de Janeiro. Ce voyage conforte plutôt sa vocation artistique. Plus tard, il écrira : « Combien de nuits j'ai passées à regarder, dans le sillage du navire, les jeux d'ombre et de lumière ! »
A son retour, il entre dans l'atelier de Thomas Couture. Ses relations avec son maître sont houleuses. Manet est une forte-tête qui se refuse à peindre selon l'antique. Il apprend néanmoins les règles de la peinture, copie les maîtres anciens et complète sa formation par de nombreux voyages : Dresde, Prague, Vienne, Munich, Florence, Venise, Amsterdam et Haarlem où il est fasciné par l'œuvre de Frans Hals. Il se lie par ailleurs avec une jeune pianiste hollandaise, Suzanne Leenhof, qui va devenir sa femme, et décide d'ouvrir son propre atelier.

Peindre la vie moderne contre l'art officiel

En 1859, il présente au Salon, son Buveur d'absinthe, dandy assis à côté d'un verre d'alcool, avec, à ses pieds, une bouteille renversée. Ce personnage baudelairien par excellence – le poète est un ami intime du peintre – n'est pas pour plaire au jury et Manet essuie le premier d'une longue série d'échecs. Résolu à ne peindre que ce qu'il voit, il persiste à représenter la vie moderne. Ce parti-pris du réalisme séduit le jeune Zola, mais déroute encore l'ensemble de ses contemporains.
Au-delà des sujets jugés scandaleux, c'est la conception même du tableau-objet qui paraît révolutionnaire. Manet n'aspire pas à la représentation du Beau idéal. Il cultive le goût de la simplification, rejette les règles de la perspective, du clair-obscur et du modelé, et s'essaie bientôt à la dissociation de la touche. Dans La Musique aux Tuileries de 1862, c'est le mouvement de la vie qu'il parvient à restituer par la juxtaposition de taches qui sont autant de visages.
L'année 1863 marque une fracture définitive : au Salon des refusés, le peintre expose Le Déjeuner sur l'herbe, qui lui vaut alors moqueries et insultes. « M. Manet a les qualités qu'il faut pour être refusé à l'unanimité par tous les jurys du monde » lit-on dans la Gazette. La femme nue qui défraie ainsi la chronique n'est autre que Victorine Meurent, le modèle fétiche du peintre. On la retrouve dans Olympia qui suscite plus de dégoût encore. Pour Manet, il ne s'agissait que de représenter un nu moderne, inscrit dans la tradition des maîtres anciens.
Désemparé, il quitte quelques semaines Paris pour l'Espagne. Mais, décidé à ne pas se plier aux exigences académiques, il s'empresse à son retour de peindre des chanteurs, des vagabonds et des comédiens parisiens, inspirés des Velasquez admirés au Prado.

Rendre son « impression » sans être « impressionniste »

En 1867, le peintre décide d'organiser à ses frais une exposition en marge de l'Exposition universelle. Il invite le visiteur à « voir des œuvres sincères » car il « n'a songé qu'à rendre son impression ». Le mot est lancé, sept ans avant que le mouvement « impressionniste » ne reçoive son nom. Proche de Berthe Morisot, ami de Claude Monet et d'Edgar Degas, Manet refusera pourtant de se joindre officiellement au groupe ainsi constitué : « Je n'exposerai jamais dans la baraque d'à côté ; j'entre au Salon par la grande porte, et lutte avec tous » confiera-t-il à Gustave Caillebotte.
Le combat reste difficile à mener : dans la décennie 1870, Les Hirondelles et Le Linge, perçus comme des manifestes tacites de la « manière » impressionniste, seront tour à tour refusés au Salon. Mais les temps changent : le jury acceptera Le Repos, Le Chemin de fer, et Argenteuil. Si la reconnaissance officielle se fait bien tardive, Manet a toujours bénéficié du soutien des plus grands écrivains. Stéphane Mallarmé, rencontré en 1873, lui a rendu visite chaque jour. Et, en 1880, trois ans avant sa mort, J.K. Huysmans, admirant son tableau Chez le Père Lathuille, conclut : « C'est la vie rendue sans emphase, telle qu'elle est...».
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