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L'Abyssinie
D'Addis Abeba à Axoum, passant par Gondar et Lalibela, les hauts plateaux du Nord de l'Ethiopie, d'où descend le Nil bleu, occupent une place singulière dans l'histoire de l'Afrique. Cette région, l'Abyssinie, est habitée par plusieurs ethnies d'origine africaine, majoritairement Amaras, Tigréens et Oromos, qui partagent, à côté de leurs dialectes propres, une même langue, l'amharique, héritière de l'antique geez qui demeure la langue liturgique.

En effet, l'Abyssinie offre la particularité d'être un bastion chrétien au cœur de l'Afrique. Elle ne fut pas convertie comme beaucoup de pays africains par les missionnaires européens qui accompagnèrent le mouvement des explorations et de la colonisation au XIXe siècle, mais embrassa le christianisme dès le IVe siècle de notre ère, sous l’influence de deux jeunes naufragés originaires de Tyr, Frumence et Aesedius qui convertirent le roi Ezana. Frumence devint le premier évêque d'Ethiopie, rattaché au patriarcat d’Alexandrie. L'Eglise éthiopienne se développa cependant dans un environnement culturel bien différent de celui qui régnait autour de la Méditerranée et elle a conservé des traditions originales dont certaines remontent au passé païen ou, peut-être, aux relations plus ou moins légendaires avec le monde israélite. En effet, si l'on se fie à la légende, au Xe siècle av. J.-C., le roi Ménélik, né de la rencontre entre la reine de Saba et le roi Salomon, serait retourné chez son père qui lui aurait confié l'Arche d'Alliance pour l'apporter en Abyssinie où elle serait toujours conservée à Axoum.

Une église des trois conciles
Dans les premiers siècles de son existence, l'église d'Ethiopie restait en relation étroite avec le patriarcat copte d'Egypte et adopta les résolutions des trois premiers grands conciles, Nicée en 325, Constantinople en 381 et Ephèse en 431, mais, à l'issue du quatrième concile, le concile de Chalcédoine de 451, plusieurs Eglises fidèles, sinon au monophysisme d'Eutychès qui avait déjà été condamné au premier concile, mais à sa variante exprimée par Cyrille d'Alexandrie, le miaphysme, en rejetèrent les conclusions. De concert avec l'Eglise arménienne, l'Eglise copte orthodoxe et l'Eglise syriaque orthodoxe, l'Eglise éthiopienne se sépara alors du christianisme de l'Empire byzantin.

La tradition ajoute que, peu après, neuf saints d'origine syrienne se rendirent en Ethiopie pour convertir les nombreux païens toujours présents en Abyssinie et en Erythrée, traduisant du syriaque les évangiles canoniques et les apocryphes, affirmant la doctrine myaphysite et introduisant le monachisme selon la règle de saint Pacôme, tandis que saint Yared le Mélode, originaire d'Axoum, écrivait les premières liturgies propres à l'Eglise éthiopienne.

La conquête de l'Egypte par l'Islam accentua encore l'isolement de la chrétienté éthiopienne qui a conservé d'autres particularités telles que la pratique exclusive du baptême par immersion ou la doctrine considérant que la foi montrée par les parents suffit à apporter le Salut à leurs enfants morts avant le baptême. Cependant, c'est à travers les rites liés aux grandes fêtes qui rythment le calendrier éthiopien que cette originalité se manifeste de la manière la plus spectaculaire.

Timkat
Les Ethiopiens ont conservé le calendrier copte qui comporte douze mois de trente jours et un mois de cinq à six jours épagomènes. Aux fêtes majeures de Pâques et de Noël, qui se célèbrent aux mêmes dates que dans les Eglises orthodoxes, viennent s'ajouter, parmi d'autres, Mesqel, la célébration de la Vraie Croix le 27 septembre, et, surtout, Timkat, le 19 janvier, date qui correspond, dans ce calendrier, à l'Epiphanie. Adoration des Mages en Occident, évocation du premier miracle du Christ aux noces de Cana pour certains orthodoxes, l'Epiphanie est avant tout, pour les Ethiopiens, la commémoration du baptême de Jésus dans le Jourdain par saint Jean le Baptiste, quand les cieux se déchirèrent et que l'Esprit descendit sur le Christ, première manifestation – épiphanie – de la Divine Trinité.

Dans toutes les cités d'Abyssinie, la fête de Timkat est la reconstitution rituelle du baptême du Christ dans laquelle les ethnologues voient la répétition d'un rite qui, par la rupture du temps profane, place célébrants et fidèles dans le temps sacré qui permet la réactualisation du mystère.

Timkat à Lalibela
Au cœur des hauts plateaux, la cité de Lalibela, capitale du roi du même nom, fut dotée aux XIIe et XIIIe siècles d'extraordinaires églises taillées dans le roc et décorées de somptueuses fresques. Dans ce haut lieu du christianisme éthiopien – la « Jérusalem éthiopienne » –, les cérémonies de Timkat prennent un relief exceptionnel. Des milliers de pèlerins, venus de tout le pays, convergent vers Lalibela dans les jours qui précèdent. La veille de Timkat, prêtres et diacres, revêtus de leurs lourdes chasubles chamarrées d'or et de broderies, portant leur croix cérémonielle et protégés de parasols tramés d'or, se rendent dans les églises pour en sortir les tabots qui y sont scellés tout le reste de l'année.

Les tabots sont des répliques symboliques de l'Arche d'Alliance, boîtes d'une quinzaine de centimètres, en albâtre, marbre ou bois de cèdre. Couvertes d'une étoffe ornementée, ils sont alors portés par les prêtres sur leur tête, en longues processions au son des tambours et des sistres, mais dans le recueillement, vers la rivière ou le bassin le plus proche, appelé symboliquement Jourdain. Ils sont alors déposés dans des tentes jusqu'au petit matin. Tous les pèlerins participent ensuite à une veillée de jeûne, de méditation et de prière, rythmée de chants et de danses sous le ciel étoilé. Au lever du jour, les prêtres bénissent le "Jourdain" et y plongent une croix représentant le Christ.

La joie éclate alors de toute part, fêtant la promesse du Salut et le renouveau du monde. De nombreux jeunes plongent dans l'eau ainsi consacrée et on remplit également des récipients pour les apporter aux personnes les plus âgées ou malades qui n'ont pas pu assister à la cérémonie. Ensuite, les tabots sont reconduits en procession dans leurs églises respectives, mais, cette fois, dans une atmosphère de liesse, et les danses mêlent au sacré les rythmes, le balancement et la spontanéité toute profane de la tradition africaine. La fête se poursuit en privé par de joyeux repas et, parfois, la remise aux enfants des cadeaux promis à Noël, en commémoration... des rois Mages !
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