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Beta Madhane Alem
L'église-cathédrale de Lalibela
La plus grande des églises du site

L’église de Beta Madhane Alam, dédiée au Christ Sauveur du Monde, est la plus grande des églises du site de Lalibela. Longue de près de 34 mètres, large de 24 mètres, elle s’élève sur 11 mètres et demi de hauteur. Entourée d’une colonnade extérieure, elle est taillée dans le rocher selon un plan basilical. Le toit à deux pans est orné d’arcatures. On retrouve le même motif, plus ramassé, sur la corniche qui court tout autour du monument. Extérieurement, la décoration joue avec la forme des fenêtres, disposées sur deux rangs parallèles, alternant sur le registre du bas des croix ou des motifs sculptés reprenant la forme des fenêtres du registre supérieur. Des frises séparent les deux rangées de fenêtres et entourent tout le monument. A l’intérieur, certaines de ces fenêtres présentent un décor en plâtre ou en stuc dans lequel des verres de couleur sont enchâssés.
Une fois franchi le narthex, seize piliers monolithiques alignés en quatre rangées forment cinq nefs. La nef principale possède une voûte en berceau, tandis que les nefs latérales ont des plafonds plats et plus bas. Seul le mur nord-ouest présente une décoration sculptée, très endommagée, où l’on distingue une croix faite d’entrelacs. Au nord-est, trois tombes vides sont alignées le long du sanctuaire. L’identité des personnes inhumées dans ces sépultures pourtant privilégiées n’est pas connue.
Sur l’arc triomphal de l’église, donnant accès au sanctuaire, trois boucliers sont accrochés. Il s’agit de boucliers indiens qui peuvent être datés entre les XIe et XIIIe siècles. Mais nul ne sait s’ils ont été placés là au temps du roi Lalibela lui-même, ou plus tard.
Selon certains chercheurs, le plan de l’église de Beta Madhane Alam serait identique à celui de la cathédrale d’Aksum qui fut détruite au XVIe siècle, mais dont des descriptions nous sont parvenues par écrit. Comme à Madhane Alam, l’église d’Aksum était entourée d’une colonnade, composée de cinq nefs et comptait trente piliers à l’intérieur.

Un défi géologique

L’ensemble monumental du site de Lalibela est taillé dans une roche spécifique, des scories basaltiques, qui résultent de projections pyroclastiques lors d’éruptions volcaniques. On peut voir la partie non taillée de cette couche géologique sur le haut des marches menant à l’église, comme une gangue de laquelle les églises du premier groupe sont extraites. Le toit à deux pans de l’église de Beta Madhane Alam suit les contours de la couche de scories basaltiques qui affleure au sol. Cela souligne la connaissance du paysage et de la géologie qu’avaient les tailleurs de pierre et les concepteurs du site, capables de repérer les zones les mieux adaptées à leur projet et d’employer les caractéristiques morphologiques de la couche géologique dans l’architecture donnée aux monuments.
La couche de scories basaltiques alterne avec du basalte, une roche très dure, beaucoup plus difficile à tailler. En certains endroits, l’excavation des églises paraît moins bien achevée : cela n’est pas dû à un savoir-faire défectueux, mais à des contraintes géologiques. A chaque fois que la couche de basalte a été atteinte, les tailleurs de pierre ont dû stopper le creusement, peut-être parce que leurs outils ne convenaient pas à ce travail, comme cela peut être observé à l’ouest et au sud de la cour de Beta Madhane Alam.

Témoin des éboulements et restaurations sur le site

L’église de Beta Madhane Alam a été beaucoup restaurée à la fin du XIXe siècle. Des gravures de cette époque permettent d’observer le très mauvais état de conservation du monument dont plusieurs colonnes extérieures sont tombées, une partie de la corniche aussi (on en voit encore des morceaux dans la cour de l’église, après avoir descendu les marches qui mènent de l’entrée du site à ce monument). La reine Zewditu (1917-1930) demanda à un artisan de réparer cette église. Celui-ci restaura partiellement la colonnade et badigeonna l’église d’un enduit rouge brique dont on voit un témoignage sur la façade nord. Les travaux de restauration ont été achevés en 1954, sous les auspices du ministère éthiopien des travaux publics. Cette date est gravée sur toutes les colonnes restaurées.

L’église cathédrale à l’époque du roi Lalibela (fin XIIe‑début XIIIe siècle)

L’église de Beta Madhane Alam est la seule église du site à être documentée dans les textes écrits à l’époque du roi Lalibela. Un manuscrit des Evangiles, encore conservé dans les lieux, préserve une donation rédigée sous la forme d’un acte légal, copié sur un feuillet vierge de l’un des manuscrits les plus précieux de l’église pour en assurer sa conservation. Cette donation est en partie illisible, du fait de traces d’humidité et de parties entières du parchemin qui ont été rognées, mais la fin du texte permet d’établir avec certitude que le roi Lalibela fit don de terres alentour à l’église de Madhane Alem pour la subsistance de son clergé. Le roi précise alors que cette église est le « gabaz », c’est-à-dire la cathédrale des lieux, lui donnant, par conséquent, une primauté par rapport aux autres églises du site.
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