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L'exposition Jérôme Bosch au Prado
Cet été, pour la première fois vingt-et-une peintures extraordinaires de Jérôme Bosch sont réunies au Prado. Nous découvrons au cours de cette exposition comment, autour des thèmes les plus familiers de la peinture chrétienne, le peintre de Bois-le-Duc invente, innove, déraille, éblouit et fascine. Car, comme nous, son public suit, et on comprend pourquoi notables et commerçants des Pays-Bas, gouverneurs et courtisans espagnols, églises et monastères du Brabant le couvrirent de commandes et se disputèrent ses œuvres.

A l'ouverture de l'exposition, à peine franchie la première salle qui présente les liens du peintre avec sa ville natale, un premier chef-d'œuvre se déploie devant nos yeux : L'Adoration des Mages du Prado, l'une de ses compositions parmi les plus achevées. Au revers, en grisaille, sur le retable qui orne l'autel devant lequel est agenouillé saint Grégoire, Jérôme Bosch a intégré des scènes de la Passion, traitées comme autant de miniatures saisissantes, avec, au sommet, un impressionnant Golgotha. Contrairement à la règle, mais comme il l'a fait souvent, il a opté pour un all over et peint sur le cadre du panneau. Le corps du Christ, dressé au centre, est donc traversé verticalement par la fente entre les volets. Il se trouve brutalement coupé en deux quand on les ouvre pour dévoiler, dans un violent contraste, la splendeur colorée de la mise en scène, des décors et des costumes imaginés par le maître pour traiter à sa manière cet épisode tant de fois représenté de l'Epiphanie…

Et ce n'est là qu'un début, car bien d'autres chocs nous attendent en découvrant, par exemple, l'incroyable Crucifixion de sainte Wilgefortis, à la barbe miraculeuse qui obtint, par sa prière, d'éviter ainsi un mariage forcé. Le tableau, venu de Venise, a été magnifiquement restauré et cela nous vaut de pouvoir contempler l'un des plus fascinants paysages de Jérôme Bosch : dans une perspective mêlant brume et lumière, une baleine s'est échouée sur le rivage, un navire de guerre fantastique vient de couler deux bateaux dont ne restent visibles que la proue et les mâts à demi noyés.

Dans ces salles consacrées aux panneaux commandés pour honorer des saints, nous mesurons combien le peintre exalté sait aussi se faire sobre et recueilli et mettre son génie dans la traduction sensible d'une foi inspirée par la Devotio Moderna, courant religieux dont était proche la confrérie Notre-Dame à laquelle il appartenait et qui prônait une piété simple à l'imitation de Jésus-Christ.

Jusqu'à la salle consacrée aux Saint Antoine, nous n'avons repéré, au pied de Saint Jean à Patmos, qu'un seul de ces petits « monstres » souvent présentés comme la marque de fabrique de Jérôme Bosch : un étonnant autoportrait en insecte au-dessus de sa large signature calligraphiée en lettres d'or. Mais nous allons bientôt les voir déferler sous mille et une formes, défiant l'imagination. Le Prado s'enorgueillit en effet de pouvoir présenter la monumentale Tentation de saint Antoine du musée des Beaux-Arts de Lisbonne qui exprime tout le génie pictural de Bosch. Avec une composition éclatée qui accumule les épisodes de la vie du saint, Bosch prend le parti de le montrer non pas torturé par les démons, les tentations et les souffrances, mais leur opposant une sérénité inébranlable.

A l'opposé, le panneau central du Jardin des Délices manifeste le versant solaire de ses visions : qu'il ait voulu dénoncer la luxure et les plaisirs éphémères ou, au contraire, nous donner à rêver la vie de l'humanité sans le péché originel, il a créé avec ce triptyque un des plus grands chefs-d'œuvre de la peinture de tous les temps. On a envie de se perdre dans cette prairie où coulent les quatre fleuves du Paradis et où s'ébattent hommes et femmes de toutes races partageant des fruits et des jeux érotiques. Mais plus dure sera la chute : dans le volet droit où Jérôme Bosch livre un de ses plus célèbres Enfer, cette fois c'est dans un labyrinthe de supplices adaptés à tous les plaisirs interdits que nous allons nous perdre pour l'éternité…

C'est la leçon reprise dans les triptyques qui nous présentent le passage du paradis terrestre à la vie sur terre, au péril du péché qui conduit à la damnation. L'exposition s'offre le luxe de nous permettre d'en rapprocher deux versions majeures : le Jugement dernier de Bruges et le Chariot de foin où éclatent le sens de l'harmonie du peintre et la diversité de ses approches. Pour le Jugement dernier de Bruges, des tons de gris-bleu et roses, en contraste avec l'extraordinaire incendie qui couronne le volet de l'Enfer, pour le Chariot de foin un mouvement entraînant et continu de la foule vers l'Enfer.

Il serait trop long d'évoquer ici le magnifique ensemble constitué par le Prado autour des scènes de la Passion avec, notamment, l'Ecce Homo de Boston, le Portement de Croix de Vienne et le Couronnement d'épines de Londres. Ou de comparer les deux versions du Vagabond qui sont peut-être des autoportraits de Bosch et que l'exposition permet de rapprocher avec les volets fermés du Chariot de foin et le Colporteur de Rotterdam…

C'est assez dire qu'il ne faut pas manquer cet été de visiter cette exposition avec Clio, muni du miniguide de plus de cent cinquante pages en couleurs que nous vous offrons afin que vous puissiez mieux en apprécier tous les aspects…
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