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Le musée du Prado
Un écrin madrilène pour l'art européen
C'est au sein du Paseo del Arte, cœur muséal de la capitale espagnole, que le
voyageur découvre le prestigieux Musée National du Prado. Inauguré en 1819 par Ferdinand VII, il occupe le bâtiment néoclassique, édifié une trentaine d’années plus tôt par l’architecte Juan de Villanueva (1739-1811), à la demande de Charles III. Bâti sur ce qui n’était alors qu’un prado, un pré, il lui doit son nom et bénéficie encore aujourd’hui d’un cadre de verdure assurant une ombre propice durant l’été castillan, à proximité du magnifique parc du Retiro.

Une création de Ferdinand VII

Plusieurs musées auraient dû précéder celui du Prado. Placé en 1808 sur le trône d'Espagne, Joseph Ier, frère aîné de Napoléon, décréta ainsi dès le 20 décembre 1809 la création d’un musée de peinture destiné à accueillir les œuvres accumulées au fil des siècles dans les collections royales. En 1810, on imaginait déjà les rassembler dans le palais de Buenavista. Mais les défaites des armées napoléoniennes et la fuite, en juin 1813, de celui que la majorité de ses sujets considérait comme un usurpateur condamnèrent cette première tentative. Rentré à Madrid en 1814, le roi Ferdinand VII accueille favorablement à son tour le projet de musée présenté par l’Académie royale de San Fernando mais les travaux à engager au palais de Buenavista ne permettent pas sa mise en œuvre. En septembre 1816, Ferdinand épouse en seconde noce Isabelle de Bragance. C'est à cette reine éphémère, morte en couche en décembre 1818, qu'on doit la remise en état du palais du Prado et sa transformation, non en musée des sciences naturelles, comme l'avait imaginé Charles III, mais bien en temple de l'art.

Les œuvres acquises entre 1816 à 1818 furent d'abord réunies dans le palais d’Aranjuez par le peintre et futur conservateur Vicente Lopez avant de rejoindre le Prado pendant l’été 1818. Ne comptant que deux niveaux, l’édifice pouvait être visité dans de bonnes conditions, tout au long d’un parcours cohérent, facilité par la vocation originelle du bâtiment, à la différence de ce que l’on constatait en d’autres musées européens installés dans d’anciens palais présentant une succession complexe de pièces aux destinations diverses. Seuls 311 tableaux, à peine le dixième de la collection actuelle, sont exposés lors de l'inauguration officielle, le 17 novembre 1819.

Durant la première moitié du XIXème siècle, l’essentiel du fonds était constitué par les collections royales de peinture et de sculpture. Puis, on y intégra, entre 1837 et 1872, les œuvres d’inspiration religieuse jusqu'alors conservées au musée madrilène de la Trinité. Le musée «royal» du Prado prit dès lors le nom de musée «national». Ce sont surtout des dons qui, à partir de 1860, enrichissent l’institution mais l’Etat, puis la fondation créée par le musée mettent aussi en œuvre une politique d’achats méthodique.

Rois et reines d’Espagne, des collectionneurs avertis et passionnés.

Dès la fin du Moyen Age, les souverains castillans pratiquèrent un actif mécénat. Isabelle la Catholique réunit ainsi une riche collection de tableaux flamands, espagnols et italiens. Son époux Ferdinand d’Aragon ne manifesta pas le même intérêt pour les arts mais il en fut tout autrement avec leur petit-fils Charles Ier, roi d’Espagne puis empereur sous le nom de Charles-Quint. C’est à lui que l’on doit nombre d’œuvres de Titien conservées aujourd’hui au Prado, dont l’admirable portrait équestre de l’empereur, figuré lors de la victoire remportée à Mühlberg sur les protestants allemands.

Philippe II ajoute à la collection royale de nouvelles œuvres de Titien, au point que la production des dernières années de l’artiste fut quasiment réservée au roi d’Espagne, qui protège également le portraitiste Antonio Moro. Quand meurt la reine Marie de Hongrie, sa collection revient à l’Espagne, avec la Déposition de Croix de Van der Weyden. La réunion à l’Escurial des œuvres du Greco, de Titien, de Véronèse, du Tintoret et de Bassano permet d’enrichir la collection royale qui accueille aussi alors le Triomphe de la mort de Brueghel et les étonnantes compositions de Jérôme Bosch, dont le mystérieux  Jardin des délices. En 1604, l'incendie du palais du Pardo, entraîne des pertes irréparables mais le règne de Philippe III voit l’acquisition de l’Adoration des mages de Rubens alors que le duc de Lerma, ministre du roi fait venir d’Italie l’Annonciation de Fra Angelico.

Protecteur de Velasquez, le roi Philippe IV est un grand mécène, au moment où la peinture espagnole atteint à son apogée. Il acquiert des tableaux de Véronèse, de Tintoret et de Ribera qui travaille à Naples, alors espagnole, et dont le gouverneur expédie à son souverain plusieurs chefs-d’œuvre de Raphaël. Philippe IV reçoit aussi de Christine de Suède les deux tableaux de Dürer figurant Adam et Eve, auxquels vient s’ajouter l’Autoportrait du peintre acheté en Angleterre. Plusieurs tableaux de Rubens rappellent le deuxième séjour effectué à Madrid en 1628-1629 par le maître anversois.

Malade, Charles II néglige l’enrichissement de ses collections mais Elisabeth Farnèse, l’épouse de Philippe V, le premier souverain de la dynastie bourbonienne, laisse à Madrid de magnifiques tableaux flamands et hollandais alors que son mari se tourne naturellement vers les artistes français, des portraitistes tels que Rigaud, Ranc et Van Loo, ou Nicolas Poussin dont une série d’œuvres est acquise en 1724. L’école espagnole n’est pas oubliée, ainsi de nombreux tableaux religieux de Murillo.

En 1734, une nouvelle catastrophe, l’incendie de l’Alcazar de Madrid, vient amputer les collections royales d’un tiers de leurs œuvres, dont certaines de Titien, Velasquez et Rubens mais la décoration, sous Charles III, du nouveau palais voit l’arrivée à Madrid d’artistes aussi exceptionnels que Tiepolo.

Le règne de Charles IV (1788-1808) reste dominé par la figure de Goya, dont les œuvres constituent aujourd’hui l’un des trésors du Prado, du Tres de mayo à la Maja desnuda, en passant par les admirables cartons de tapisserie antérieurs aux drames de la guerre d’indépendance dont l’artiste a évoqué les Désastres. Le roi acquiert aussi l’admirable Portrait de cardinal de Raphaël. Ferdinand VII, qui inaugure le musée en 1819, l’enrichit de la Trinité de Ribera et du Christ de Velasquez. C’est ainsi que le rassemblement par les monarques espagnols d’une exceptionnelle collection de tableaux a permis la naissance de l’un des plus importants musées du monde.
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