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Le monastère San Juan de Los Reyes à Tolède
Dentelle de pierre des Rois catholiques
« Gloire de l'Espagne et lumière de ses villes », Tolède révèle toute la magnificence de son site depuis les méandres de la carreterra de la Circonvolucion. De là, à l'aplomb du pont de San Martin audacieusement lancé sur la gorge encaissée du Tage, le solide chevet du couvent de San Juan de los Reyes rappelle, en une seule image saisissante, la rudesse du Moyen Age castillan et le raffinement de l'art contemporain des Rois catholiques.

Une fondation royale

En 1476, l'union personnelle de leurs deux couronnes à peine réalisée, Ferdinand d'Aragon et Isabelle de Castille remportent sur les Portugais – éternels rivaux – l'importante victoire de Toro. Pour commémorer l'événement, ceux que l'on appellera bientôt les Rois catholiques, décident de fonder un couvent. Geste presque banal en ces temps profondément religieux s'il n'était soigneusement pensé. Le lieu : Tolède, l'antique capitale des Wisigoths, qui reste en cette fin de XVe siècle la ville la plus importante de Castille, quelques décennies avant de céder sa primauté à Madrid. L'endroit : le bord occidental de l'éperon rocheux baigné par le Tage, comme un pendant spirituel à la masse militaire et temporelle de l'Alcazar qui dresse ses murailles imprenables à l'orient de la ville. Le but : affirmer la primauté chrétienne sur cette terre arrachée de haute lutte aux Maures quelques siècles plus tôt. Et pour cela, quoi de plus pérenne que d'y prévoir sa sépulture ? C'est bien l'intention première de Ferdinand d'Aragon et d'Isabelle de Castille, quand ils posent la première pierre de l'église et des bâtiments monastiques qui la jouxtent. Quelques années plus tard, en 1492, leurs armées viennent à bout du royaume nasride, dernier vestige de la domination musulmane sur la péninsule ibérique. Enfin maîtres de toutes les terres hispaniques, Ferdinand et Isabelle décident, comme un symbole, de bâtir à Grenade une somptueuse chapelle. C'est là qu'ils reposent, dans de magnifiques tombeaux érigés à leur gloire par leur impérial petit-fils Charles-Quint. Les Rois catholiques ont déserté Tolède, mais leurs mânes flottent encore sous les voûtes qu'ils ont imaginées, à San Juan de los Reyes : Saint-Jean-des-Rois…

Flamboyances gothiques

L'érection d'une demeure d'éternité, dans l'Espagne traditionnelle de ce temps, n'est pas une mince affaire. Pour marquer le coup, Isabelle et Ferdinand font appel à un architecte confirmé. Juan Guas est d'origine bretonne – il a œuvré dans sa jeunesse à la splendide chapelle du Kreisker à Saint-Pol de Léon – mais est depuis longtemps installé en Castille. Il y est en charge de l'interminable chantier de la cathédrale de Tolède. Une valeur sûre, donc, qui s'empresse de dresser les plans de l'édifice, érigeant, de 1477 à 1494, un véritable Te Deum de pierre, entonné pour perpétuer la gloire des souverains. L'extérieur, austère comme il se doit, s'aborde par la haute masse du chevet, auquel sont accrochées des chaînes de métal, celles des prisonniers chrétiens d'Alméria et de Malaga, rendus à la liberté au XIIIe siècle par l'action du saint roi Ferdinand III. Rien, à l'approche du massif bâtiment, ne laisse présager de sa magnificence intérieure. Juan Guas, tolédan de cœur, a parfaitement assimilé l'art mudéjar, transmuant dans la pierre les prouesses architecturales que les artisans maures, restés dans la ville après sa reconquête en 1085, ont réalisées dans le plâtre, le bois, la brique. L'ample nef unique, éclatante de blancheur, est une féerie. Arabesques des piliers, finesse arachnéenne des voûtes, dentelle des tribunes à balcons : l'œil se trouve emporté en un tourbillon de courbes élégantes, dont le parfait ordonnancement disparaît sous l'imagination quasi délirante du ciseau du sculpteur. Partout se découvrent les chiffres entrelacés d'Isabelle et de Ferdinand, comme en réponse à une frise admirable, portant des écussons aux armes d'Aragon et de Castille, surmontés de têtes d'aigles monumentales. Ils alternent avec les symboles des deux royaumes : le joug d'Aragon et le faisceau de flèches de Castille, autant de rappels de l'origine royale du couvent. Une statue orante du maître d'œuvre Juan Guas semble inviter à poursuivre jusqu'à la merveille de San Juan de los Reyes. Un cloître, le plus fin sans doute de tous ceux que le gothique flamboyant a laissés en terre espagnole, ouvre un espace d'une sérénité tout en contraste avec l'agitation touristique de la ville. Sous des dais aux fines sculptures, des statues royales contemplent de leurs yeux de pierre le réseau compliqué des voûtes nervurées. A ce filet aérien répondent les plafonds à caisson artesonados de la galerie supérieure, où les ébénistes rivalisent de virtuosité avec les tailleurs de pierre. Pinacles élancés, portails ouvragés, remplages ciselés captent, selon les heures, la lumière aveuglante ou la transparence pourpre des ciels castillans. De quoi croire à une vieille légende qui dit que « lorsque Dieu fit le soleil, il le plaça sur Tolède ».
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