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Le simple faisceau d'une lampe-torche a changé la face de l'égyptologie. Il émanait de la lampe tendue à bout de bras par Howard Carter lorsqu'il pénétra, après cinq années de recherches infructueuses financées par lord Carnarvon, dans la tombe du pharaon Toutankhamon, éphémère souverain de l'Egypte du XIVe siècle av. J.-C. Ce 4 novembre 1922 vont émerger, dans une pénombre poussiéreuse, des centaines d'objets des matières les plus précieuses, entassés dans un bric-à-brac invraisemblable. Le mythe de celui qui avait rétabli le culte d'Amon commençait.

Un souverain obscur

Né au moment de la révolution amarnienne d'Akhenaton, le jeune pharaon s'appelle d'abord Toutankhaton, « image vivante d'Aton ». Parvenu sur le trône en -1333, à l'âge de 8 ans, sous la pression du clergé d'Amon, il revient à un polythéisme strict et prend le nom de Toutankhamon. Son règne sera sans éclat et bien court : il meurt brusquement, 9 ans plus tard. Mais la découverte de sa tombe, pourtant bien exiguë, avec son mobilier funéraire presque intact, va faire de lui, avec Ramsès II, le plus fameux des pharaons.

Un trésor inestimable

Les opérations de remise au jour et de catalogage des plus de deux mille objets amoncelés dans la tombe demandèrent dix années de travail à Carter. Toutankhamon devint la star du musée égyptien du Caire quand celui-ci fut installé non loin des rives du Nil. Quelques expositions internationales furent même organisées pour en faire profiter le monde entier. Aujourd'hui, un nouveau musée est en cours d'achèvement sur le plateau de Gizeh, où il doit parfaitement s'intégrer au site des pyramides. Son ouverture est théoriquement prévue au cours de l'année 2018, mais, d'ores et déjà, le transfert de certaines pièces du trésor a commencé. Nul doute que celui-ci fera encore davantage courir les foules vers son écrin tout neuf.

Pièces emblématiques

Il est impossible, dans le cadre de ce texte, ne serait-ce que d'évoquer quelques dizaines des objets contenus dans la tombe. Ceux-ci sont d'une extrême variété : dagues finement ciselées, trompette, boîte à onguents, char de parade, lampes et vases de formes et de matières les plus diverses, bijoux plus raffinés les uns que les autres. Aussi avons-nous choisi, en toute subjectivité inévitablement, de nous focaliser sur quatre pièces qui sont devenue comme les symboles du trésor de Toutankhamon.
Taillé dans l'albâtre, variété de gypse translucide extraite de carrières de Moyenne-Egypte, un coffre à canopes est subdivisé en quatre compartiments. L'intérieur abritait les sarcophages en or massif contenant les viscères du pharaon. Ces compartiments étaient fermés par des couvercles à l'effigie du jeune souverain coiffé du némès, avec vautour et cobra, symboles royaux. Aux angles, quatre déesses aux bras ouverts protègent les viscères royaux.
Le flabellum est un éventail formé d'une longue hampe ornée d'une fleur de lotus à son extrémité supérieure. Un décor de verre multicolore entoure les cartouches du pharaon, eux-mêmes surmontés de deux disques solaires et d'un hiéroglyphe signifiant le ciel. De part et d'autre, deux vautours aux ailes déployées et protectrices portent chacun les couronnes de Haute et Basse Egypte. Lors des cortèges, les flabellums étaient placés derrière le pharaon pour le protéger du soleil et la charge de porteur de l'éventail était, à la cour, une des plus convoitées.
On a retrouvé trois grands lits funéraires, aux formes animales, orientés vers la chambre principale. Ils n'ont jamais porté le corps endormi du roi, mais avaient un usage strictement cérémoniel. On y reconnaît un animal hybride à corps de léopard, queue de crocodile et tête d'hippopotame, un autre a la tête d'une génisse. Mais le plus émouvant est sans doute celui flanqué de deux lionnes, Mehet, la déesse destructrice garantissant chaque année, une fois apprivoisée, la crue du Nil. Vue de face, les têtes des félins, avec leurs yeux un peu tristes et ces gouttes de turquoise qui semblent des larmes, suscitent une puissante émotion.
Enfin, gardant peut-être le meilleur pour la fin, comment ne pas dire un mot du masque funéraire de Toutankhamon ? En or massif, il protégeait la tête, les épaules et une partie du buste de la momie. Le visage est un portrait idéalisé, qui doit d'ailleurs beaucoup aux stéréotypes de l'époque d'Akhenaton. Le némès, en pâte de verre bleue et dorée, est surmonté traditionnellement du vautour et du cobra, ici particulièrement travaillés. Ils symbolisent le pouvoir du roi sur l'ensemble de l'Egypte unifiée. Les yeux, en quartz et obsidienne, donnent au regard une profondeur étonnante, comme si pharaon voyait au-delà de l'éternité qui lui est promise. Du menton pend une longue barbe postiche, caractéristique des dieux. Le fermoir du fin collier précieux est orné de l'image du faucon Horus.
Devant de telles merveilles, venues de si loin dans le temps, une réflexion peut venir à l'esprit : si Howard Carter a dérangé par sa trouvaille l'éternité de Toutankhamon, ce qui peut sembler sacrilège, il lui a, en tout cas, assuré, aux yeux des hommes, une gloire éternelle.
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