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Horus aux mille visages
Ce fut au début de l'Ancien Empire que se fixèrent les grandes légendes et que, parmi les innombrables divinités, certaines prirent une place majeure dans la religion égyptienne. La lutte impitoyable menée par le dieu Seth contre son frère Osiris, le récit de la mort de ce dernier, sa résurrection, le temps pour sa sœur-épouse Isis de concevoir un fils – Horus – qui saurait ensuite venir à bout du meurtrier de son père dans une bataille titanesque où il perdrait un œil, comptent parmi les mythes fondateurs. Horus enfant, dans les bras d'Isis, Horus combattant, symbole de l'unité du pouvoir de Pharaon, Horus et ses quatre fils – Amset, Hâpi, Douamoutef et Kébehsénouf – qui protègent les organes du défunt, enfermés dans les vases canopes, Horus rassembla au fil des siècles bien des attributs de divinités locales ou devenues secondaires. Mais, parallèlement au cycle osirien, Horus est aussi une forme de divinité solaire, représentée par un faucon dont un des yeux est le soleil, et le second, celui qui fut crevé par Seth, la lune. Cet aspect était particulièrement sensible dans le culte qui lui était adressé sous sa forme de Rê-Horakhty, l'Horus des Horizons, manifestation de Khépri – le soleil levant – et d'Atoum – l'astre couchant.

Edfou : d'Horus à Apollon
La présence d'un temple d'Horus à Edfou, capitale d'un nome de Haute-Egypte, remonte à la nuit des temps, mais, sous le Nouvel-Empire, son aura semblait s'être ternie devant la toute-puissance d'Amon. Lorsque les Ptolémée, les nouveaux « pharaons grecs » héritiers d'Alexandre, établirent leur domination sur l'Egypte, ils trouvèrent tant de liens entre Horus et leur Apollon solaire qu'ils l'adoptèrent avec enthousiasme et donnèrent à la cité le nom de Polis mégalé Apollônos. En 327 av. J.-C., Ptolémée Evergète Ier présida la cérémonie de fondation du nouveau temple d'Horus d'Edfou. Quarante ans plus tard, sous le règne du grand bâtisseur Evergète II, l'essentiel du temple était construit. Les travaux durèrent encore plus d'un siècle, mais, chose exceptionnelle, le chantier ne fut jamais abandonné avant l'achèvement complet du temple, dans le respect du plan initial : il peut donc être considéré comme le parfait exemple de temple égyptien.

Une plongée dans le temps...
C'est ce qui attend le voyageur d'aujourd'hui. Le temple ptolémaïque d'Edfou est certainement le mieux conservé de toute l'Egypte et, franchissant l'imposant pylône – l'entrée monumentale du temple – flanqué de deux faucons de granit noir, on se retrouve projeté deux mille deux cents ans dans le passé. Grande cour à colonnade aux chapiteaux de formes variées, pronaos à la structure imposante, mais cependant gracieuse, salle hypostyle aux chapiteaux polychromes mènent à la chambre des offrandes – offrandes « sèches » et offrandes « liquides » – puis au « saint des saints », le naos, monolithe de granit gris de plus de quatre mètres de haut qui provenait du temple ancien et abritait la statue du dieu. Si les prêtres ne mènent plus chaque année la statue d'Horus à la rencontre de sa divine épouse Hathor de Denderah, on peut cependant revoir la scène gravée sur les parois intérieures du grand couloir pourtournant.

Un véritable livre d'histoire
En effet, les innombrables bas-reliefs et inscriptions du temple d'Edfou sont une mine de renseignements sur l'Egypte ptolémaïque. On y retrouve la légende de la naissance d'Horus, le récit de son combat contre Seth, l'histoire de la fondation du temple, la description, pas à pas, des rites quotidiens... De petites pièces annexes renferment aussi des trésors pour les égyptologues. Ainsi, sur les murs de la « bibliothèque », figure la liste de tous les papyri qu'elle renfermait. Sur les murs du « laboratoire » où étaient élaborés les ingrédients nécessaires aux cérémonies, on peut lire de nombreuses formules de parfums et d’onguents.

Sous le sable, le temple
Lorsque Mariette s'intéressa au site d'Edfou, en 1860, le temple était enfoui sous douze mètres de limon dans une dune, et seule sa partie supérieure apparaissait. Son toit était occupé par de modestes habitations de briques ! Il fut fouillé successivement par Henri Henne, de l'Institut d'égyptologie de Lille, en 1922, puis par Octave Guéraud en 1928 et Maurice Alliot en 1931. Par la suite, les chercheurs français, polonais, allemands, anglais et américains qui leur ont succédé se sont surtout concentrés sur l'exploration de la nécropole et de la ville, mais une nouvelle fondation de l'académie de Göttingen a maintenant entrepris l'étude exhaustive des bas-reliefs et inscriptions du temple, ce qui nous apportera certainement de passionnantes révélations sur cette histoire de l'Egypte que nous ne finissons jamais de découvrir.
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