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Tierradentro
Un lieu sacré au cœur des Andes
La richesse archéologique de la Colombie
Il est difficile de discerner une homogénéité dans les peuples et les cultures qui marquèrent l’histoire de la Colombie avant l’arrivée des Espagnols. Les basses terres du Nord du pays furent certainement occupées par des groupes issus des Caraïbes, et la civilisation des Taironas, qui avait pratiquement atteint le stade urbain, se caractérisait par une parfaite maîtrise de la métallurgie de l’or, technique que l’on retrouve dans la civilisation voisine méridionale, celle des Sinus. Dans les vallées centrales du pays, qui séparent la cordillère occidentale de la cordillère centrale, les Muiscas, les Quimabayas et les Calima étaient organisés en chefferies fortement hiérarchisées, ce qu'attestent les riches bijoux d’or retrouvés dans les tombes des dignitaires. Les hautes terres de la cordillère orientale et la vallée de la rivière Magdalena – région appelée Tierradentro (Terre de l’intérieur) par les Espagnols – semblent en revanche avoir été majoritairement peuplées, certainement au cours du Ier millénaire avant notre ère, de groupes provenant des basses terres d’Amazonie qui vivaient de la culture du maïs, du manioc, de l’agave, de courges, mais aussi de plantes forestières, acclimatées dans ce milieu de moyenne montagne tropical. Sachant travailler aussi bien l’or que l’argent, le platine et le cuivre – technique peut-être apportée par un nouveau flux de population au début du Ier millénaire –, ils vivaient sur les flancs des coteaux dans des constructions en matériaux légers, qui n’ont pratiquement pas laissé de traces. C’est donc à travers les sites religieux et funéraires que les archéologues ont pu identifier et étudier les différentes cultures qui se développèrent dans la région proche des sources du Magdalena. La première et la plus célèbre fut celle de San Agustin, signalée dès le XVIIe siècle et étudiée depuis 1914, dont les tumuli sont ornés de pierres sculptées et de statues monolithiques. Découvert en 1936 par l’archéologue espagnol José Pérez de Barradas, près du village de San Andrés de Pisimbalá, le site de Tierradentro illustre une variante régionale, par certains côtés plus évoluée, de la culture de San Agustin. En 2007, à la suite d’une enquête effectuée par le quotidien colombien El Tiempo, le site de Tierradentro fut désigné comme l’une des "Sept Merveilles" de la Colombie.

Un ensemble funéraire exceptionnel
Le parc archéologique de Tierradentro comporte 162 tombes sur quatre sites principaux. Selon les archéologues, ce serait essentiellement entre les VIe et Xe siècles que les habitants de la région élaborèrent des rites funéraires témoignant de l'existence d'une société hiérarchisée, offrant à ses notables des sépultures où le défunt était entouré d’un riche mobilier funéraire, en particulier de remarquables pièces d’orfèvrerie, symbole de prestige, quand les tombes de gens du commun ne contenaient rien de plus que des poteries d’usage courant, en particulier des chaudrons de terre cuite à trois pieds. Il faut cependant remarquer que l’orfèvrerie ne paraît pas avoir été élaborée sur place, mais qu’elle résulte plutôt d’échanges commerciaux, à moins qu’il ne s’agisse de butin de guerre. Si le site semble n’avoir été définitivement abandonné qu’au XIIIe siècle, il faut pourtant noter qu’à partir du IXe siècle, les tombes ne renferment plus guère d’objets précieux.

Les grands hypogées
Si les tombes souterraines ont été retrouvées dans toutes les civilisations comprises entre le Mexique et le Nord de l’Argentine, c’est en Colombie qu’elles sont les plus nombreuses et les plus remarquables, en particulier à San Agustin et à Tierradentro. Elles sont ici creusées dans le tuf volcanique qui offre la particularité d’être facilement taillé, une fois enlevée la couche de surface dure, qui se reforme ensuite rapidement au contact de l’air, assurant ainsi la préservation de l'hypogée. Excavés dans le flanc des collines, ces hypogées comportent une ou plusieurs chambres funéraires latérales desservies parfois par un puits, mais le plus souvent par un escalier droit ou en spirale. Atteignant sept mètres de profondeur pour une longueur de douze mètres, leur plan avait de nombreux traits communs avec celui des maisons traditionnelles, allant jusqu'à représenter les colonnes, les pilastres et les poutres qui supportaient la toiture de chaume. Cette préoccupation traduisait certainement une croyance dans une prolongation de la vie après la mort, dans le monde des ancêtres. D'après la position des ossements retrouvés, les archéologues ont déterminé que ces tombes étaient certainement des sépultures à dépôt secondaire, c'est-à-dire que les défunts étaient d'abord enterrés dans de simples caveaux et que les ossements étaient ensuite disposés, recouverts de terre rouge, dans la chambre mortuaire de l'hypogées ou incinérés et déposés dans des urnes de terre cuite décorées de peintures placées dans la même chambre.

Peintures et sculptures
L'un des intérêts majeurs des hypogées de Tierradentro réside dans leur décoration. En général, le couloir d'entrée et l'escalier sont ornés de losanges rouges et noirs alternés, ou de losanges rouges entourant des losanges noirs. Les mêmes pigments minéraux furent utilisés pour les peintures géométriques qui décorent les grandes chambres des hypogées. Parfois on y retrouve aussi une représentation figurée d'un lézard ou d'une tortue ou, entrelacé dans le décor géométrique, un visage humain stylisé. Certaines des chambres les plus grandes comportent également des sculptures anthropomorphiques. Cependant, contrairement à ce que l'on constate à San Agustin, c'est à l'extérieur, parfois assez loin des tombeaux, que l'on trouve les statues que les habitants de Tierradentro sculptèrent dans le tuf volcanique. Essentiellement regroupées sur le site d’El Tablón, elles remontent peut-être à une période antérieure à celle des hypogées. Elles représentent des animaux, pumas et grenouilles, des monstres imaginaires et des humains. Ces dernières, d'une taille d'environ la moitié de la grandeur nature, mais avec une tête disproportionnée, représentent des hommes debout, les bras croisés sur la poitrine, coiffés d'un bandeau sur la tête et dont le "sourire" est parfois rehaussé de dents de puma (!), tandis que les statues féminines se reconnaissent au port de la jupe. La visite du parc archéologique de Tierradentro, classé en 1995 au patrimoine de l'humanité par l'UNESCO, ne doit cependant pas faire oublier la culture originale et jalousement préservée des Indiens Páez, qui sont peut-être, bien qu'ils s'en défendent, les lointains héritiers de ceux qui creusèrent et décorèrent les hypogées...
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