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Les grottes de Mogao à Dunhuang
Sommet de la peinture bouddhique chinoise
La route de la soie
La soie fut certainement utilisée en Chine dès le IIIe millénaire avant notre ère. La culture du mûrier et la production de la précieuse étoffe se développèrent dès l'an 1000 av. J.-C., mais ce fut sous le règne de Wu Ti, sixième empereur de la dynastie des Han, au IIe siècle av. J.-C., que les missions de Tchang Kien auprès des « barbares » Yué Tché, révélèrent aux Chinois l'existence d'un monde lointain extérieur à l'Empire du milieu. La soie devint le présent incontournable pour nouer des alliances, puis, très vite, la monnaie d'échange pour les transactions commerciales. Importée dès lors par les Parthes d'Iran, elle fut ensuite découverte par les Romains lors de la bataille de Carrhes qui vit la défaite de Crassus face aux armées parthes. Ce fut la demande romaine qui mena à l'expansion de la grande route commerciale transcontinentale de l'Antiquité : la route de la soie.

Dunhuang
Partant de Chang’an – Sera metropolis pour les Romains et Xi'an aujourd'hui –, la route de la soie empruntait la boucle du fleuve Jaune, le Hoang Ho, à travers les collines lœssiques de l'Ordos pour se diriger vers l'ouest par le corridor du Kan Su. Le chemin se séparait ensuite en deux branches pour contourner le désert du Takla Makan par le nord ou par le sud, là même où s'arrêtait la Grande Muraille, qui n'était pas encore continue, mais composée de fortins et tours de guet, dont certains demeurent visibles aujourd'hui. A ce point stratégique furent installées quatre commanderies. La plus importante, celle de Dunhuang, devint rapidement un grand centre d'échanges. Plusieurs milliers d'inscriptions, tracées au pinceau sur des lattes de bois découvertes dans les environs, ont été une source remarquable d'informations sur la vie quotidienne, l'économie et l'organisation des colonies militaires disséminées par les Han dans cette région. Préfecture dès le règne de Wu Ti, Dunhuang fut la véritable plaque tournante du négoce, mais aussi des échanges culturels entre la Chine et les mondes persan, romain et indien.

L'introduction du bouddhisme en Chine
Venus de tous les horizons, les marchands se faisaient souvent prosélytes du fait de leur attachement à leurs croyances et, au IVe siècle, on vit ainsi se développer des communautés manichéennes, chrétiennes nestoriennes et bouddhistes. Venu d'Inde, le bouddhisme semble avoir commencé sa pénétration dès le IIe siècle, mais, selon la légende, ce fut en 366 qu'un moine bouddhiste, Lo-tsun, eut, près de Dunhuang, le long de la rivière Dachuan, la vision de « mille bouddhas » – Qianfodong. Dès lors, les pèlerins affluèrent et commencèrent à creuser des grottes dans la falaise gréseuse qui surplombe le lit de la rivière. Le bouddhisme fut proclamé religion d'Etat en 444 sous les Wei. Au fil des siècles, quelque 492 cavités furent creusées pour abriter des ermites, ou aménagées en sanctuaires. Nombre de celles-ci furent décorées de fresques et de statues, taillées dans le grès puis enduites d'argile et peintes.

Les grottes de Mogao
La réalisation des grottes de Mogao s'échelonna sur près de mille ans, du IVe au XIVe siècle. Les fresques les plus anciennes qui nous sont parvenues remontent au milieu du Ve siècle et représentent essentiellement des jataka, scènes des vies antérieures du Bouddha. L'apogée des grottes de Mogao date cependant de la dynastie Tang entre le VIIe et le Xe siècle, avec de grandes compositions issues de la tradition du mahayana et marquées par l'esthétique chinoise : prédication du Bouddha, figuration du paradis de l'Ouest d'Amitabha, le Bouddha roi-maître des remèdes, Yaoshiwangfo, le Bouddha qui guérit de la maladie d'ignorance, Maitreya, le Bouddha du futur, Guanyin, le bodhisattva de la compassion universelle... représentés vêtus de somptueux costumes et coiffés d'une tiare. L'entrée des sanctuaires est flanquée de statues figurant les quatre lokapala, rois gardiens des quatre points cardinaux, portant l’armure des guerriers chinois à l'époque Tang. Les plafonds sont ornés de mandalas où trône le bouddha suprême au cœur d'une fleur de lotus. Dans cette iconographie exceptionnellement riche, les figures les plus emblématiques de Mogao sont ces délicates créatures célestes, les apsaras volantes aux voiles éthérés, leurs compagnons – les gandharvas – et les kinnara et kinnari, êtres mythiques mi-humains mi-oiseaux, aux lignes d'une élégance inégalée. Enfin, des milliers de scènes illustrent la vie quotidienne sur la route de la soie à l'époque des Tang.

Une prodigieuse bibliothèque
En 1899, un moine taoïste, Wang Guolu, qui vivait dans une des grottes, découvrit une cache murée emplie de manuscrits sur rouleaux de papier. Aurel Stein en 1907, puis Paul Peillot en 1908, révélèrent l'incroyable intérêt de ces manuscrits, écrits en des dizaines de langues sino-tibétaines, altaïques, indo-européennes, persanes, aujourd'hui mortes, et en chinois, en sanscrit, en hébreu. Il s'agit de textes religieux – bouddhiques, Bon Po, manichéens –, juridiques, de documents privés, de poèmes, de proverbes, de généalogies... D'une richesse inépuisable, ces manuscrits sont toujours l'objet de passionnantes études mises en œuvre par l'International Dunhuang Project fondé en 1994 sous l'égide de la British Library.
 

 
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