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Sigirîya
Un éphémère paradis célèbre pour ses demoiselles
Une parenthèse
Ce fut aux environs du Ve siècle avant notre ère que Ceylan entra dans l'Histoire, quand s'établirent les premiers contacts entre l'île et la péninsule indienne. Colonies et villages se développèrent, les Cinghalais mirent au point de remarquables réseaux d'irrigation qui accrurent la richesse du pays, et un véritable royaume, unifié par la foi bouddhique, se constitua progressivement autour de la cité d'Anuradhapura. Malgré des invasions indiennes répétées, la dynastie régnante se maintint jusqu'en 993. Au cours de ce millénaire, Anuradhapura ne perdit son statut de capitale qu'une seule fois : durant vingt-deux ans, de 477 à 495, quand la capitale du royaume fut déplacée à Sigiriya.

Kassapa, le parricide
Dhatusena – puissant et brillant souverain auquel le royaume devait de nombreux ouvrages d'irrigation et la réalisation du grand bouddha d'Avukana – avait deux fils : Moggallana, né de la reine en titre, et Kassapa, fils d'une concubine royale. La fille de Dhatusena était mariée au fils de sa sœur, le général Migara. A la suite d'une altercation entre fille et belle-mère, Dhatusena fit exécuter sa propre sœur. Le général Migara aida alors Kassapa à renverser le roi en 477. La légende dit qu'après l'avoir emprisonné, il lui demanda où il avait caché son trésor. Dhatusena le mena vers un bassin d'irrigation qu'il avait fait construire, prit de l'eau dans ses mains et lui dit : « Voici mon trésor. » Fou de rage, Kassapa le fit enterrer vivant dans les levées du bassin... Couronné sous le nom de Kassapa Ier, il écarta du pouvoir son frère, héritier légitime du trône, qui s'enfuit dans le Sud de l'Inde. Craignant la revanche de ce dernier, Kassapa décida d'abandonner Anruradhapura pour un lieu plus facile à défendre.

La gueule du lion
Le site élu fut un piton de gneiss au sommet arasé, dominant la plaine de 180 mètres, qui n'était jusqu'alors qu'un ermitage de moines bouddhistes. Kassapa décida d'y faire édifier un palais de rêve, expression magnifiée des sommets de raffinement esthétique qu'avait atteint la civilisation cinghalaise. Il fut achevé vers 484 et occupé pendant onze ans par le roi parricide. Au pied du piton s'étendait une cité protégée par un puissant rempart qui, avec son glacis de terre, ses deux fossés, sa muraille de brique et sa levée de terre tapissée de blocs de granit appareillés, marque une révolution dans l'architecture militaire. Percée de cinq portes, elle abritait les quartiers aristocratiques et l'administration du royaume. L'aménagement de jardins en terrasse, son système hydraulique perfectionné alimentant bassins et fontaines où l'eau courait sur un pavement de quartz blanc – tandis que chaque rocher était taillé, chaque pierre déplacée pour respecter l'esthétique de la perspective –, tout cela en fait le premier parc paysager connu en Inde, plus de mille ans avant les jardins moghols ! De la ville basse, gravissant la base du piton rocheux, on atteignait une plateforme où était sculpté dans la roche un gigantesque lion (sinha) dont la gueule (giriya) donnait accès à l'escalier escarpé menant au palais supérieur.

Jeux d'eau et mur-miroir
Au sommet du rocher, Kassapa résidait dans un palais somptueux, l'Alakmanda ou « la demeure d’un dieu », vaste ensemble à deux étages, agrémenté de terrasses dont les jeux d'eau étaient alimentés par de grands bassins recueillant l'eau de la mousson. Bien qu'ayant souffert des affres du temps, les vestiges du palais sont encore impressionnants et l'on peut y voir le trône de Kassapa taillé à même le roc. Luxe, raffinement et hédonisme semblent avoir été les maîtres-mots de Sigiriya et c'est à mi-hauteur de la falaise qu'ils prennent toute leur signification. Une corniche taillée dans la paroi longe un « mur-miroir » où la roche était recouverte d'un enduit à la chaux ocre si finement poli qu'il brillait comme un miroir. Entre le VIIe et le XIIIe siècle, ce mur fut couvert de graffitis qui sont une intéressante source d'informations pour les historiens.

Les demoiselles célestes
Près de là, un abri sous roche recèle la merveille de Sigiriya : les fresques représentant des nymphes célestes émergeant des nuages. Elles étaient peut-être au nombre de cinq cents, il en reste vingt et une, mais d'une fraîcheur, d'une ligne si délicate et sensuelle qu'elles rivalisent sans peine avec les plus belles représentations indiennes. Ornées de coiffes et bijoux somptueux, toutes sont nues jusqu'à la ceinture qui émerge des nuages, mettant en valeur leur taille flexible, soulignée par le haut d'un dhôti vert, rosé ou rayé. Etres mythiques, courtisanes ou concubines du roi, on ne le sait, elles présentent un type cinghalais et sont accompagnées de servantes tamoules à la peau plus foncée. Elles furent cependant impuissantes à protéger Kassapa qui mourut lors de l'assaut donné par son frère en 495. Sigiriya fut abandonné et occupé par des moines bouddhistes durant quelques siècles...
Pour visiter Sigirîya avec Clio
CEY 31 - 11 jours

Les échos les plus lointains du Ramayana évoquent Ceylan comme un univers resplendissant. Cette île enchanteresse continue à fasciner par la profusion de ses couleurs, de ses richesses culturelles, artistiques, ... Découvrir ce voyage
 

 
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