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Le monastère de Bachkovo
Un haut lieu de la spiritualité bulgare
Installé sur les flancs septentrionaux du massif du Rhodope, le monastère de Bachkovo, l’un des plus grands et des plus anciens sanctuaires orthodoxes d’Europe orientale, se trouve à 190 kilomètres au sud de Sofia et à 30 kilomètres de Plovdiv. Installé sur la rive droite de la Tchepelarska, non loin de son confluent avec le torrent Klovia, surplombé par des sommets s’élevant à 1 500 mètres d’altitude, il bénéficie d’un cadre naturel qui a contribué, au fil des siècles, à la persistance de la piété populaire dont il demeure l’objet.

Une histoire millénaire

C’est dans le contexte de la genèse de la Bulgarie médiévale qu’il convient de replacer son histoire. Née de la rencontre des populations thraces de la Mésie antique avec les immigrants slaves et des nomades d’origine turcomane, la Bulgarie s’affirme d’abord comme un adversaire redoutable de l’empire byzantin, avant que le roi Boris ne convertisse, en 862, son peuple au christianisme et que les Comnènes ne rétablissent, au XIe siècle, leur domination. Un deuxième royaume bulgare fleurit du XIIe au XIVe siècle, mais il est détruit par les Turcs en 1393.

Fondé au Xe siècle par l’ermite Jean (saint Jean Rilski) le monastère de Bachkovo prend son essor avec les constructions engagées par les frères Vakouriani, des Géorgiens au service de Byzance. Protégé au XIVe siècle par le tsar Ivan Alexandre, il est détruit par les Turcs à deux reprises aux XVe et XVIe siècles.

L'église de la Sainte-Trinité

Edifiée en 1083, à l’époque de la domination byzantine, la chapelle funéraire de Grigori Vakouriani se dresse à 300 mètres du complexe monastique, auquel elle est antérieure de quatre siècles. Elle a été construite à l’initiative de Grigori Vakouriani pour accueillir à sa mort son « corps pécheur ». Elle compte deux étages, la partie inférieure correspondant à « l’ossuaire », le caveau où sont aménagés les emplacements de quatorze tombes. L’église de la Sainte-Trinité, voûtée et à une nef, occupe l’étage supérieur et l’on y pénètre par un narthex carré s’ouvrant à l’ouest. Des piliers sur lesquels reposent des arcs de voûte sont encastrés dans les murs intérieurs alors que l’abside est en hémicycle à l’intérieur et à cinq pans à l’extérieur, avec trois ouvertures permettant à la lumière du jour d’éclairer l’autel. Des niches aveugles décorent l’extérieur des murs, faits de couches alternées de briques et de pierres. Autant de traits qui témoignent des influences arméniennes et géorgiennes qui se sont alors exercées en ces lieux. De belles fresques ont été conservées qui datent, les unes de la fin du XIe siècle et du début du XIIe, les autres du XIVe siècle. Les premières apparaissent particulièrement précieuses en ce qu’elles constituent l’une des manifestations les plus importantes de la peinture murale byzantine au temps des Comnènes. Parmi les œuvres du XIVe siècle, la figure du tsar Ivan Alexandre, qui régna de 1331 à 1371 – représenté en grandeur naturelle entouré de sa famille –, est malheureusement endommagée, mais revêt un grand intérêt pour l’histoire de la peinture dans la péninsule balkanique et révèle l’attention que les souverains bulgares du second royaume ont portée au monastère.

La cathédrale de la Vierge-Marie

L’église-cathédrale de la Vierge-Marie, construite à partir de 1604, abrite une icône de la Mère de Dieu peinte, selon la tradition, par saint Luc en personne et apportée de Géorgie au XIVe siècle. Ses pouvoirs miraculeux attirent encore aujourd'hui de nombreux pèlerins. Le sanctuaire fut édifié à l’emplacement de l’ancienne église monastique détruite par les Turcs. Le monument a survécu jusqu’à nos jours dans sa forme originale, avec son plan cruciforme, son dôme et ses trois absides à cinq côtés. Des fresques peintes en 1643 sur les murs du vaste narthex figurent les portraits de Georges et de son fils Constantin, des notables chrétiens d’Istanbul qui ont été alors de généreux bienfaiteurs du monastère. Les fresques de la nef ont été réalisées plus tard, en 1850, alors que, à l’encontre de la croyance traditionnelle, les icônes de la Vierge et du Christ placées au centre de l’iconostase remonteraient, en fait, au XVIIIe siècle. Le musée du monastère présente un riche trésor d’orfèvrerie, une collection d’icônes et de livres anciens, ainsi qu’une épée de l’empereur Frédéric Barberousse et un firman ottoman du XVe siècle. Un riche patrimoine qui, redécouvert et valorisé au XIXe siècle, contribua grandement à l’éveil du sentiment national bulgare.

La fresque du réveil national

Construite en 1836 dans la partie méridionale de l’ensemble monastique, l’église Saint-Nicolas abrite les étonnantes peintures murales réalisées à partir de 1840 par Zaharij Zograf. Elles figurent un magnifique Jugement dernier qui nous montre les contemporains de l’artiste, citadins et paysans, revêtus de leurs costumes traditionnels. Non loin de là, le mur extérieur de l’ancien réfectoire est décoré de fresques relatant l’histoire du monastère. Il apparaît, vu du ciel, avec tous les bâtiments qui existaient à l’époque, c’est-à-dire au milieu du XIXe siècle. Soumis aux différents aléas météorologiques que l’on imagine en cette région montagneuse des Balkans, l’ensemble a pourtant conservé toute sa fraîcheur. Il est, pour l’essentiel, l’œuvre du peintre bulgare Alexis Atanasov qui a entamé sa réalisation en 1846, en s’inspirant de gravures réalisées à Vienne auxquelles il a ajouté divers détails. Outre la représentation du complexe monastique, le panorama mural fait une large place aux fondateurs du sanctuaire, à l’empereur Alexis Comnène et à divers donateurs. Les environs du monastère – le couvent de religieuses et la forteresse d’Assenovgrad, les chapelles voisines – ne sont pas oubliés. Dans sa représentation de la procession accompagnant l’icône miraculeuse conservée dans le sanctuaire, le peintre nous fournit de plus un tableau très complet des costumes traditionnels de l’aristocratie et des populations rurales des régions de Plovdiv et du Rhodope, en un temps où se réaffirmaient les racines chrétiennes de la nation bulgare. En contribuant à la vie retrouvée de ce monastère emblématique – le plus important du pays après celui de Rila –, l’artiste a apporté sa pierre à la reconstruction, au XIXe siècle, d’une identité longtemps effacée par les cinq siècles de la nuit ottomane.
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BUL 32 - 12 jours

Petit pays balkanique étendu du Danube aux Rhodopes, mais héritier d’un puissant Etat médiéval qui inquiéta Byzance, la Bulgarie abrite un important patrimoine archéologique dont les éléments les plus ... Découvrir ce voyage
 

 
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