Logo Clio
Service voyages
Service voyages
Le chant des pistes
Les Occidentaux se déplacent en avion, en train, en voiture, ils savent où ils veulent aller en consultant une carte et, lorsqu'ils sont en un lieu, ils "savent" que le reste du monde continue à exister... Les Anangu, c'est-à-dire les "êtres humains", comme se désignent les aborigènes du centre de l'Australie, ne partagent pas ces certitudes. Le monde n'existe que dans le rêve des Ancêtres légendaires qui l'ont chanté et transmis à leurs descendants, de génération en génération, et, quand une tribu d'Aborigènes parcourt à pied les immensités de son territoire, c'est par le chant qu'elle recrée la matérialité du monde au fur et à mesure qu'elle se déplace. Le " chant des pistes" – iwara – non seulement décrit l'itinéraire avec ses reliefs, ses trous d'eau, ses arbres, ses rochers, les oiseaux, les serpents et les insectes qui l'habitent, mais il les recrée ! Bruce Chatwin, dans le merveilleux livre qu'il consacra au chant des pistes évoque ces trajets mythiques : « Labyrinthe de sentiers invisibles sillonnant tout le territoire australien et connus des Européens sous le nom de songlines, "itinéraires chantés" ou "pistes des rêves" et des Aborigènes sous le nom d'"empreintes des ancêtres" ou de "chemins de la loi". »

Le rocher primordial
Naturellement, il est des paysages naturels spectaculaires qui marquent les esprits et nombre de ces " pistes des rêves " convergent vers ces hauts-lieux. Le plus emblématique de tous est la colline que les Occidentaux ont appelée Ayers Rock, mais qui, pour les Anangu, se nomme Uluru, " le lieu de rassemblement ". Le géographe y verra un des plus remarquables exemples d'inselberg – " montagne-île " en allemand –, c'est-à-dire le vestige d'un grand plateau dont les couches sédimentaires horizontales ont été, au cours des temps géologiques, rongées par l'érosion en milieu aride, jusqu'à réduire ce plateau à une éminence tabulaire isolée. L'abondante présence d'oxyde de fer dans les grès qui le composent lui donne une couleur rouge prononcée qui devient extraordinairement flamboyante au coucher du soleil, un des plus beaux spectacles parmi ceux que peut nous offrir notre planète. Bien sûr, comme presque tous les voyageurs, vous déclencherez votre appareil photo, mais les Aborigènes vous diront que l'image que vous emporterez chez vous n'est qu'une illusion et que ni l'objectif de votre appareil ni vos yeux, n'ont su voir la réalité, celle des empreintes laissées par les créateurs ancestraux, les Tjukuritja, derrière chaque fissure de la roche, chaque plante, chaque animal. Si vous voyez s'envoler un willy wagtail – un rhidipure hochequeue, grand passereau noir et blanc – saurez-vous y reconnaître l'ancêtre totémique Tjintir-Tjintira ? Sentirez-vous la présence de Wintalyka dans les graines emportées par le vent de ces acacias qui forment la principale espèce arbustive de ces contrées désertiques ? Respecterez-vous les convictions des Anangu qui considèrent comme sacrilège l'ascension du rocher par des non-initiés, croisant sans vergogne les pistes des ancêtres, au risque de réveiller le serpent arc-en-ciel Yutlungur qui dort à son sommet ?

Tradition, initiation et art
Le site d'Uluru est l'emblème de l'approche holistique de l'univers, le tjukurpa, qui intègre, en un tout indissociable, la loi des ancêtres, la connaissance, les rites, les plantes et les animaux, les liens sociaux... Appréhender le tjukurpa, le respecter, le maîtriser est l'apanage des initiés, des Anciens. L'apprentissage se faisait dès l'enfance, en cheminant sur les pistes, mais la parole ne pouvait tout enseigner et, pour l'édification des futurs initiés, les parois d'abris sous roche à la base du rocher d'Uluru furent ornées de peintures rupestres. Plus symboliques que représentatives, réalisées au doigt et à la main à l'aide de pigments naturels de teintes ocre, rouges, blanches et noires, elles illustrent l'organisation du monde et les mythes fondateurs, faisant appel à des représentations codifiées, mais laissant une large part à l'improvisation, l'esprit et la main étant guidés par les esprits des ancêtres. Certaines peintures étaient plus précisément réservées aux cérémonies d'initiation qui recelaient des " secrets " spécifiques à chacun des deux sexes.
Mais si, rassasiés par tant de beauté, vos yeux se ferment, vous pouvez encore vous laisser envoûter par l'étrange sonorité du didgeridoo qui « bénit la Terre-Mère, la protégeant, elle et tous les esprits du Temps du rêve, avec ce son vibrant pour l’éternité... »
Pour découvrir l'Australie avec Clio
TDM 90 - 28 jours

Ce nouveau tour du Monde exclusif Clio vous mène à la découverte des hauts lieux les plus exceptionnels de civilisations qui se sont épanouies depuis trois mille ans de l'Asie à l'océan Pacifique et à ... Découvrir ce voyage
 

 
Mentions légales Conditions Générales de vente Comment s'inscrire Hôtels à Paris Vos assurances Qui sommes-nous ? Clio recrute Nous contacter