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L’opéra de Frédéric II

En 1740, peu après son accession au pouvoir, le roi de Prusse Frédéric II commande à l'architecte Georg Venceslas de Knobelsdorff – directeur supérieur des palais et jardins royaux – la construction d'un opéra avec, pour mission, d'atteindre « la perfection en deux mois »... Il devait être le principal édifice d'un Forum Fridericianum qui rassemblerait autour d'une vaste place – aujourd'hui la Bebelplatz – des institutions prestigieuses – parmi lesquelles une bibliothèque et des académies – contribuant à faire de Berlin une capitale culturelle à la mesure de Londres et de Paris.
L’édifice dessiné par Knobelsdorff est d’une belle facture néo-classique. Sa façade principale, précédée par un portique monumental soutenu par six colonnes aux chapiteaux corinthiens, est surmontée d’une frise portant l'inscription « Fridericus Rex Apollini et musis ». Impatient, Frédéric II décide d’inaugurer l'opéra avant même l'achèvement des travaux le 7 décembre 1742 avec la représentation de l'opéra baroque Cleopatra e Cesar de Karl Heinrich Graun. Il s’en désintéresse ensuite rapidement : l’édification du château de Sans-Souci fait désormais l’objet de toutes ses attentions...
Le théâtre se révèle immédiatement peu fonctionnel. La scène est trop petite pour accueillir des scénographies complexes et les loges offrent une visibilité médiocre. Dès 1786, Frédéric-Guillaume II, successeur de Frédéric II, confie à l'architecte Karl Gotthard Langhans le réaménagement de l’édifice. La scène est agrandie et le plan des loges modifié selon une disposition concentrique. Un peu plus tard, des sièges fixes sont installés pour des spectateurs qui, jusque-là, assistaient pour la plupart aux spectacles debout.
Le grand incendie qui ravage le théâtre dans la nuit du 18 août 1843, qui n’épargne que les murs extérieurs, met fin à cette première phase de transformation.

Un opéra pour une grande métropole 

Trois jours seulement après le sinistre, le roi Frédéric Guillaume IV donne l’ordre de reconstruire le bâtiment au plus vite. L'automne suivant, la nouvelle salle est inaugurée avec la représentation de l'opéra de Meyerbeer – alors directeur musical – Un Camp en Silésie. Si l’esthétique extérieure de Knobelsdorff est respectée, l’ornementation est entièrement transformée. Le gracieux décor rococo du XVIIIe siècle détruit par les flammes est remplacé par une décoration néo-classique aux lourdes tentures rouges et à l'opulente décoration blanche et dorée. La modernisation de la salle s’accélère au rythme des progrès techniques du pays. Dès 1843, un système d’éclairage à l’huile remplace les bougies. La salle est électrifiée en 1887 et, au tournant du siècle, des cintres sont aménagés pour permettre l’installation de décors de vastes dimensions.
Toutefois, à la veille de la première guerre mondiale, le Staatsoper – malgré son prestige – est considéré par les Berlinois comme une salle un peu obsolète au regard de l'expansion de leur métropole et des nouvelles salles – tel l'Opéra allemand du quartier bourgeois de Charlottenbourg – récemment édifiées. Des projets d’agrandissement et de modernisation sont donc étudiés, mais la première guerre mondiale empêche leur mise en œuvre.
Il faut attendre les brèves années de répit politique et économique de la république de Weimar pour voir, de 1926 à 1928, des travaux de grande envergure entrepris sous la direction du ministère des Travaux publics. Si l'opéra – rebaptisé alors « Staatsoper Unter den Linden » – conserve sa façade du XVIIIe siècle, de nouvelles fondations de plus de 14 mètres de profondeur sont creusées pour permettre l'installation de scènes mobiles. Une nouvelle structure en acier très complexe est installée. Les scènes latérales voient leur superficie considérablement agrandie, ce qui modifie définitivement le bel équilibre classique du bâtiment de Knobelsdorff.

Du chaos à la renaissance

La salle sera par deux fois durement frappée par les raids aériens. Dans la nuit du 9 au 10 avril 1941, le Staatsoper est en grande partie détruit par les bombes. Hitler ordonne la reconstruction immédiate de la salle qui rouvre ses portes le 12 décembre 1942 avec la représentation des Maîtres chanteurs de Nuremberg de Wagner, dirigé par Wilhelm Furtwängler. Dans les derniers mois de la guerre, en février 1945, trois bombes détruisent le toit, mais aussi une partie des murs de fondation. L'intérieur est ravagé par les flammes. En mai 1945, le Staatsoper en ruines se retrouve dans le secteur d’occupation soviétique.
Il faut attendre 1952 pour voir les autorités de RDA décider de reconstruire le théâtre. La mission est confiée à Richard Paulick, architecte formé par le Bauhaus, proche du régime, et auquel ce dernier confie les principaux chantiers de reconstruction de Berlin Est. Après trois années de travaux, l’inauguration a lieu le 4 septembre 1955. Le régime entend donner à la renaissance du Staatsoper, qualifiée par le ministre de la Culture de « victoire de la paix et de triomphe humain », un large écho en en faisant le symbole du succès de l'œuvre de reconstruction de la RDA. L’ensemble du gouvernement dirigé par Walter Ulbricht est présent ainsi que 250 « héros du travail » et les membres des représentations diplomatiques. Après les discours, les invités assistent à la représentation des Maîtres chanteurs de Nuremberg sous la direction de Frantz Konwitschny.
La réunification de Berlin en novembre 1989 marque le début d'une seconde renaissance du Staatsoper. Daniel Barenboïm se voit confier la direction musicale de l'opéra et redonne à la salle une aura internationale. L'état de la salle nécessite toutefois d'importants travaux de réparation et d'aménagement – en particulier en termes d'acoustique et de visibilité – ce qui entraîne sa fermeture en 2010. Rouverte en 2017, elle a retrouvé toute la splendeur et l'éclat que le roi Frédéric II avait voulu être les siens, ainsi que l'inscription « Fridericus Rex Apollini et musis » effacée au temps de la RDA.
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Berlin offre aujourd’hui le visage séduisant d'une capitale culturelle où se mêle le souvenir des fastes de la cour de Prusse à Sans-Souci, le charme des quartiers à la mode autour des rues ombragées ... Découvrir ce voyage
 

 
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