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Le palais de Nymphenburg
Un chef-d'œuvre baroque et rococo au cœur de la Bavière
Edifié entre le XVIIe et le XVIIIe siècle, le château de Nymphenburg fut pendant plus de deux cents cinquante ans, la résidence d'été préférée des Princes-Electeurs et des rois de Bavière. A la fois décor et témoin de leur gloire, il s'élève au-delà d'un immense canal protégé par une enceinte en arc de cercle, et semble, par un savant effet de perspective, avoir été directement posé sur l'eau. En s'avançant, on découvre peu à peu la stricte ordonnance de ses différents bâtiments, reliés harmonieusement les uns aux autres par d'élégantes rangées d'arcades. Vers l'ouest, un parc paysager s'étend à perte de vue et laisse place à d'autres merveilles architecturales telles que le pavillon de chasse d'Amalienburg, véritable manifeste rococo, le Badenburg, conçu pour abriter un vaste bassin intérieur, ou encore le Pagodenburg, étonnante « folie » chinoise. L'ensemble constitue, aux portes de Munich, un splendide témoignage du raffinement artistique et culturel qui était celui de la Bavière à l'époque des Lumières.


Un domaine dédié aux nymphes

L'histoire du palais commence en 1664, avec la naissance tant attendue du prince héritier Maximilien-Emmanuel. Pour fêter cet événement, l'Electeur Ferdinand-Marie offre à Henriette-Adélaïde de Savoie, son épouse depuis 1654, les terres de Kemnat, sur lesquelles elle fait bâtir, par l'architecte bolonais Agostino Barelli, une résidence d'été de style italianisant. Peu après, elle commande un jardin, véritable réplique de celui aménagé par son frère Charles-Emmanuel II de Savoie dans son palais de la Venaria Reale, près de Turin. L'ensemble, achevé dans sa première forme en 1679, est dédié à la déesse romaine de la végétation et devient tout naturellement Nymphenburg, le « château des nymphes ».

Le domaine prend un nouveau visage sous le règne de Maximilien-Emmanuel qui, devenu à son tour Prince-Electeur de Bavière, jette son dévolu sur cette villa bâtie pour célébrer sa naissance et décide d'en faire l'un des plus beaux palais d'Europe. Sous la direction du maître d'œuvre Henrico Zucarelli, deux galeries à deux niveaux voient le jour, en 1701, de part et d'autre de l'édifice central, et relient celui-ci à deux nouveaux pavillons parfaitement symétriques, l'un au nord et l'autre au sud. Par la suite, chacun d'entre eux est comme dédoublé par un bâtiment identique, mais placé nettement plus en avant. Ce dessin d'ensemble, caractérisé par la répétition et l'échelonnement des volumes, fait directement référence à l'architecture hollandaise du temps, particulièrement au château de Het Loo, dont Maximilien-Emmanuel avait pu admirer la remarquable ordonnance lors de son séjour aux Pays-Bas entre 1692 et 1701.

Le « goût français » en Bavière

Pendant la guerre de Succession d'Espagne, les travaux d'agrandissement et d'embellissement du château de Nymphenburg sont interrompus, car Maximilien-Emmanuel doit s'exiler de longues années à Paris. Mais, dès son retour à Munich, en 1715, ils reprennent, plus ambitieux encore, sous la direction de nombreux artistes incarnant le « goût français », ainsi le portraitiste Joseph Vivien, d'origine lyonnaise, qui est nommé premier peintre officiel, ou encore l'architecte allemand Joseph Effner, formé à Paris par Germain Boffrand. C'est à l'aune de Versailles, admiré par tous les princes du temps, qu'on modifie les façades et aménage la décoration intérieure. Le pavillon originel est percé alors de hautes baies accueillant la lumière et se voit doté dès cette époque de la Steinerner Saal, somptueuse salle de réception, dont on modifiera par la suite la décoration. En 1723, le château s'agrandit à nouveau avec l'adjonction d'un long bâtiment à deux étages à chacun des pavillons d'angle.

A l'extérieur enfin, l'aménagement des jardins à la française est confié à deux élèves de Le Nôtre, Charles Carbonet et Dominique Gérard. Ils dessinent devant la façade orientale huit grands parterres se répondant harmonieusement les uns aux autres et laissent s'étirer à l'occident un grand canal, autour duquel s'ordonne un immense parc de 200 hectares. Au nord de celui-ci, Effner fait bâtir, en 1719, le Pagodenburg, un pavillon inspiré de Jules Hardouin-Mansart et décoré de chinoiseries et de turqueries. Au sud, il achève en 1721 le Badenburg abritant une luxueuse salle de bains à deux étages, ornée de carreaux de faïence blancs et bleus et de stucs imitant le marbre et l'agate. Elle est décorée au plafond d'une toile marouflée réunissant nymphes et déesses, et réalisée à Paris par le peintre Nicolas Bertin.

Un palais authentiquement « bavarois »

Tout au long du XVIIIe siècle, les successeurs de Charles-Emmanuel embellissent sans relâche le domaine de Nymphenburg, vitrine prestigieuse du pouvoir. Son fils Charles-Albert, Electeur de Bavière de 1726 à 1745 et empereur sous le nom de Charles VII à partir de 1742, fait ainsi installer devant la cour d'honneur, un jardin en demi-lune, vaste rond-point, orné de canaux et de bassins, et entouré de dix bâtiments en arc de cercle. Auparavant, il avait confié la réalisation de l'Amalienburg, délicat pavillon de chasse érigé en l'honneur de son épouse Marie-Amélie d'Autriche, à François de Cuvilliés. D'origine wallonne, ce petit être chétif et malingre connut un destin extraordinaire. Engagé tout d'abord comme nain de cour par Charles-Emmanuel, il fut, au vu de son talent artistique, envoyé à Paris pour sa formation, puis nommé architecte officiel. Pétri des influences françaises, il sut aussi s'en affranchir et donner une orientation particulièrement originale au rococo bavarois, ainsi à Amalienburg dont la salle de bal en forme de rotonde présente une allure tout à fait inédite.

C'est encore à Cuvilliés que Maximilien III Joseph, Electeur de 1745 à 1777, confie l'agrandissement de la salle d'apparat du château de Nymphenburg. Avec l'aide du peintre et stucateur Jean-Baptiste Zimmermann, il la pare d'une décoration nouvelle et foisonnante dédiée à la nature et aux saisons. Une manufacture de porcelaine, encore en activité de nos jours, est installée à cette époque dans l'arc nord du château, tandis que l'escalier extérieur à double volée symétrique donne son visage définitif au bâtiment central. Au début du XIXe siècle enfin, Friedrich Ludwig Sckell redessine à l'ouest les anciens jardins baroques pour les transformer en un vaste parc « à l'anglaise », où, déjà, transparaît une poétique du paysage propre au romantisme allemand. C'est d'ailleurs à Nymphenburg que naîtra en 1845 le futur roi Louis II de Bavière, à qui l'on doit d'extravagants châteaux. Mais cela est une autre histoire...
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Des moines qui furent à l’origine de Munich aux Wittelsbach, devenus rois par la volonté de Napoléon, la Bavière n’a jamais cessé de jouer un rôle majeur dans l’histoire de l’Europe. L’épanouissement ... Découvrir ce voyage
 

 
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