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La cathédrale de Cologne
Fruit de l'obstination des hommes
Un chantier de longue haleine
Demeurer inachevée, tel est le sort qui semble avoir été celui de la cathédrale de Cologne. Tout débute avec Frédéric Barberousse qui, en 1164, ramène de Milan les reliques des Rois mages qu'il offre à la cité y entraînant l'affluence de pèlerins. Une nouvelle cathédrale est mise en chantier en 1248, première du nouveau style gothique en Rhénanie. Mais les travaux sont lents, très lents ! En trois siècles, seul le chœur sort de terre. Encore sa couverture n'est-elle que provisoire. Ici comme ailleurs en Allemagne, les troubles du XVIe siècle interrompent la construction. Pendant des années, la grue abandonnée sur les matériaux de la tour sud compte comme un des symboles de la ville. Puis, au XIXe siècle, le mouvement romantique, particulièrement affirmé dans les pays germaniques, redécouvre la beauté du gothique. C'est aussi le siècle où l'Allemagne, après l'occupation napoléonienne, marche lentement vers son unité. On décide en haut lieu de reprendre les travaux, porté autant par l'amour de la patrie que par la foi. Ecoutons le roi de Prusse Frédéric-Guillaume III : « Nous voulons offrir à Dieu une action de grâces et le remercier pour la libération de notre patrie de la domination française en achevant enfin notre cathédrale. » Et tout le monde de se mettre au travail ; déjà le transept s'élève, la nef prend forme. Par chance, on retrouve même les plans originaux de la façade ouest. En quelques décennies, des siècles d'immobilité sont effacés. En 1880, l'unité est achevée et c'est en présence de l'empereur Guillaume Ier, 632 ans après la pose de la première pierre, que les fleurons sont symboliquement posés au sommet des tours de façade. Cologne possède enfin sa cathédrale.

Le symbole d'une Allemagne à reconstruire
Si la cathédrale a été le symbole de l'unité allemande sur le plan politique, elle va, après les dévastations de la seconde guerre mondiale, fournir une preuve de plus de sa force de rassemblement. Lourdement bombardée par les alliés en 1945, il ne reste de Cologne que des ruines fumantes. Seule, meurtrie et noircie par les fumées, la cathédrale est restée debout. Elle devient aussitôt source d'espérance. Les habitants se mettent presque plus rapidement à sa restauration qu'au relèvement de la ville. En 1956, la cathédrale se dresse à nouveau, dans toute la puissance de son architecture, au bord du Rhin, fleuve nourricier des légendes allemandes.

Un trésor d'art religieux
Gigantesque, avec ses tours de 157 mètres de haut qui semblent l'arracher vers le ciel, avec son vaisseau intérieur dans lequel pourrait tenir à l'aise Notre-Dame de Paris, la cathédrale ne peut qu'impressionner celui qui franchit ses portes de bronze. Mais, au-delà de ses dimensions impressionnantes, elle offre surtout quelques œuvres d'art qui semblent opposer à ces superlatifs le raffinement minutieux des orfèvres du Moyen Age.
Avant même le début des travaux en 1248, on avait déjà donné aux reliques des Rois mages un nouveau sépulcre, plus précieux que le premier. Ce reliquaire se présente sous la forme d'une église à dimensions réduites, avec nef centrale surélevée, bas-côtés couverts d'un toit en appentis et arcades reposant sur les colonnes géminées d'un péristyle. C'est peut-être la pièce la plus impressionnante de l'orfèvrerie des XIIe et XIIIe siècles entre Meuse et Rhin. La représentation des Rois sur le front principal, offrant leurs présents à l'enfant Jésus, et le baptême du Christ dans le Jourdain, surmonté par le Rédempteur Juge, révèlent le Christ glorieux et victorieux. Les apôtres et les prophètes, figurés sur les côtés, s'associent à cet hommage. La châsse appartient encore au style roman par ses arcs en plein cintre et ses chapiteaux cubiques, alors que les figures trahissent déjà une certaine parenté avec les premières sculptures gothiques chartraines.
Elle est sans doute la création de plusieurs artistes, dont Nicolas de Verdun, l'auteur du somptueux autel de Klosterneuburg en Autriche.
La cathédrale Saint-Pierre recèle encore un autre chef-d’œuvre, de deux siècles antérieur : le crucifix que fit exécuter l'archevêque Gero de Cologne (969-976) passe pour être, en Occident, la première sculpture monumentale représentant le Christ en croix. Pour la première fois, on voit ici le Christ lorsqu'il est déjà mort, le corps affaissé, la tête penchée lourdement en avant, les yeux clos, le visage encore marqué par une souffrance qui vient juste de l'abandonner. La façon naturelle, émouvante, dont est représenté le corps trahit une origine carolingienne, sans aucun trait de sculpture romane.
Des vitraux du XVIe siècle, les plus grandes stalles d'Allemagne, un bel exemple de la peinture de Stefan Lochner, le maître de l'école de Cologne, complètent cet inventaire d'une insigne richesse.
La montée à la tour sud, spectaculaire, permet d'admirer l'intérieur de la flèche, très ajourée. Et, de la plate-forme panoramique, on comprend mieux comment la cathédrale domine la ville et toute la Rhénanie.
Tout en bas, le ballet incessant des péniches et des bateaux de croisière rendent un hommage silencieux au travail de ceux qui, si longtemps, mirent leur talent au service de la croyance et de l'art.
 

 
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