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Pour saisir la personnalité de l'Asie centrale
Henri-Paul Francfort
Directeur de recherche au CNRS

Le lustre des très prestigieuses coupoles de Samarcande ne serait-il pas seulement l'incitation à faire le premier pas nécessaire pour aborder le brillant passé de l'Asie centrale ? Le voyageur curieux et attentif ne manquera pas de chercher dans ce passé ce qui fait la personnalité de cette Asie centrale. Et qu'il découvrira… s'il en prend le temps. Pour mieux comprendre cette région mythique tapie au cœur du plus grand des continents, il est aujourd'hui guidé par Henri-Paul Francfort, directeur de la Mission archéologique française en Asie centrale et auteur de Fouilles de Shortughaï : recherches sur l'Asie centrale protohistorique (De Boccard, 1989).

Dans la fin d'une après-midi baignée d'une gloire de lumière dorée, quand les lointains impalpables de la légère poussière de lœss enchâssent, près du bassin de jade, sous les frondaisons du mûrier, la cage voilée où cacabe la caille guerrière, quand arrive le plateau perlé de raisin sucré, quand fument le thé amer et le nan (galette de pain) chaud, dans l'odeur bleutée des brochettes, le voyageur, les sens en éveil, laissera voler son esprit.

Une nature ouverte, sauvage, mais pas hostile

Il survolera des déserts aux amplitudes thermiques énormes, le Kara-Koum, le Kyzyk-Koum, le Taklamakan, parcourus par les flots boueux de fleuves antiques comme l'Oxus (Amou-Darya), le Syr-Darya, le Tarim, dont les sources jaillissent sur le « Toit du monde », le Pamir. De l'Hindou-Kouch aux Tianshan et Kunlun, les immenses bassins de l'Amou-Darya et du Tarim égrènent des chapelets d'oasis verdoyantes sur leurs piémonts et dans des deltas endoréiques. Plus au nord, la steppe déroule l'infini de son tapis herbeux, coupé par les vallées des fleuves géants de la Sibérie – l'Irtysh, l'Ob, l'Iénisséi, l'Angara, la Léna – dont les eaux, venues des glaciers de l'Altaï, se perdent au-delà des taïgas, dans l'obscurité polaire.

Ces montagnes recèlent des minéraux à nul autre pareils, le lapis-lazuli au bleu profond du Badakhshan, d'où provient le rubis « balais » décrit par Marco-Polo, la turquoise de la Chorasmie, le jade de Khotan, le cuivre, l'étain et surtout l'or : l'or que charrient les boues de l'Oxus, l'or des deux Zeravshan « épandeurs d'or » (en persan), celui de Samarcande et celui de Yarkand, l'or de l'Altaï, le « mont d'or » en turk.

Les milieux les plus extrêmes ont été colonisés par le monde végétal : touffes d'éphédra, d'armoise, bosquets de jujubiers, peupliers, genévriers, tamaris, abricotiers, mûriers, pistachiers, jardins de roses, coton, vignobles, tapis de tulipes, coquelicots, iris. Végétaux utiles au quotidien, plantes sacrées ou chantées par les poètes : chacun évoque à sa manière l'Asie centrale.

De son œil perçant, le voyageur apercevra bien vite des animaux inhabituels, comme l'antilope saïga, le grand cerf maral, le mouflon Marco-Polo, le cheval de Prjewalski, le yak, le léopard des neiges, le mouton à queue grasse ou le puissant chameau de Bactriane. Compagnons du paysan ou du nomade, libres ou soumis, hostiles ou domestiques, tous sont présents, intégrés dans la réalité et l'imaginaire des groupes humains.

Et de grands vols de grues cendrées, de gypaètes barbus, de tadornes ferrugineuses, plus que d'autres, symbolisent les cycles des grands retours saisonniers, dans cette nature ouverte.

Un long héritage…

Tout cela était bien sûr connu des Timourides, comme des Mongols, des Ghorides, des Ghaznévides, des Karakhanides, des Khwarezmshah ou des Samanides, toutes dynasties qui, après la conquête arabe et l'islamisation, raréfièrent la figure au profit de l'ornement géométrique ou végétal stylisé, sauf dans la miniature.

Ces souverains médiévaux étaient pourtant les héritiers d'une tradition plurimillénaire, celle qui avait fabriqué une civilisation de l'Asie centrale, dans sa diversité, dans sa continuité.

Cette civilisation repose sur quelques piliers : l'agriculture irriguée, la constante présence de la steppe, des arts et des échanges commerciaux fondés sur des ressources locales, des religions et des pratiques funéraires particulières.

Ainsi, comment ne pas s'émerveiller, dès l'abord, devant le vert des oasis parcourues de canaux savamment entretenus sur des tracés antiques, à Boukhara comme à Tourfan ? Comment rester indifférent en apprenant que ces irrigations remontent pour certaines jusqu'à l'âge du bronze, qu'elles ont servi à nourrir et à faire respirer des populations de paysans depuis cinq millénaires. Et les karez, invention unique adoptée par l'Iran et l'Arabie, ces canaux souterrains des piémonts de l'Hindou-Kouch et des Tianshan, qui délivrent une eau fraîche aux champs en toute saison, qui coulent même lorsque la surface gèle à pierre fendre : ils existent au moins depuis l'âge du fer, depuis trois millénaires. Et c'est dans les steppes et les déserts centrasiatiques qu'aux mêmes époques, voici plus de quatre mille ans, on domestiquait le cheval et le chameau, la vitesse et la force au service du transport.

Tout cela est bien ancien, mais ce n'est encore pas tout.

… qui remonte à la civilisation de l'Oxus

On sait trop peu, mais notre voyageur curieux le découvrira très vite, qu'une brillante civilisation urbaine se développa en Asie centrale dès 2500 avant notre ère. Des principautés fleurirent dans l'Asie centrale des oasis, de véritables villes fortifiées surgirent, possédant des citadelles munies de remparts et des sanctuaires aux architectures recherchées. Leurs habitants avaient élaboré un artisanat remarquable de la pierre et du métal. Les musées d'Ashghabat, de Merv, de Samarcande, de Tashkent, le Louvre et les grands musées du monde exposent les chefs-d'œuvre des bronziers, des orfèvres et des lapidaires de l'Oxus ; des vases d'or et d'argent représentent la vie idéale de ces princes : chasses, courses en char, labours, banquets, guerre ; sont mis en scène, sur des sceaux ainsi qu'en statuettes en métal précieux ou en pierre, des divinités féminines, des génies à tête d'aigle, des dieux-bouquetins, des dragons redoutables, lions ou serpents. Ces seigneurs d'Asie centrale, maîtres de l'or et du lapis-lazuli, étaient en relation avec les civilisations de l'Indus, de l'Iran et de la Mésopotamie. Un millénaire et demi avant la « route de la soie », une « route du lapis-lazuli » relia l'Asie centrale au Moyen-Orient. Plus au nord, leurs voisins des steppes – inventeurs du char léger muni de roues à rayons et attelé de deux chevaux – avec qui ils entretenaient des rapports constants étaient en contact avec un monde plus lointain, jusqu'à la Mongolie et la Chine ; une « route de la néphrite » ces peuples des steppes de l'âge du bronze étaient aussi de talentueux métallurgistes, et qu'ils aimaient à afficher leur univers imaginaire en le gravant dans la pierre. Ainsi, à cent quatre-vingts kilomètres à peine de la capitale kazakhstanaise, le très accessible ravin rocheux de Tamgaly offre au visiteur une riche galerie de l'art rupestre où les scènes de sacrifice voisinent avec les animaux et les êtres mythiques, les divinités, les monstres. Ce n'est pourtant là qu'un parmi les centaines de sites d'art rupestre de l'Asie centrale. Pour comprendre l'ampleur du phénomène, depuis l'âge du bronze et même le néolithique, le voyageur curieux doit pousser jusqu'à la Sibérie méridionale proche, sinon jusqu'à la Mongolie, vers les parages de l'Altaï. Il admirera alors, à Novosibirsk, à Abakan et à Minusinsk, parmi d'autres merveilles, les collections de stèles, gravées, sculptées ou peintes, parfois gigantesques, et les reproductions des gravures rupestres. Ce sont là de splendides témoignages des anciens arts « premiers » d'Eurasie, pour l'interprétation desquels les chercheurs hésitent entre deux lectures, chamanique et indo-européenne. Le chamanisme ne serait pas déplacé en Sibérie ou en Mongolie, mais certaines données linguistiques donnent à penser que des locuteurs indo-européens et indo-iraniens auraient pu migrer sur ces terres de l'Asie centrale. L'archéologie et l'histoire de l'art n'apportent pas de réponse ferme à de telles interrogations.

De l'âge de fer…

Vers 1500 avant J.-C., la civilisation de l'Oxus disparaît, et l'âge du fer s'ouvre progressivement, marquant une éclipse des oasis dans le domaine des arts. Elles sont alors iranisées ; on y parle le bactrien, le sogdien par exemple ; la religion de Zoroastre semble régner car on n'y pratique plus l'inhumation mais le décharnement des corps et on n'y trouve donc plus de cimetières. Les irrigations, la population, les villes et les citadelles demeurent, ou se renouvellent, et elles seront bientôt soumises aux Perses achéménides par les conquêtes de Cyrus et Darius, ainsi que le rapportent les textes et le montrent les bas-reliefs de Persépolis en Iran. Pourtant, grâce aux trouvailles faites dans d'innombrables tumuli funéraires, les kourganes, le monde de la steppe devient très présent, et l'âge d'or des nomades cavaliers scythes se déploie devant le voyageur curieux. À Saint-Pétersbourg sont conservés les précieux bijoux de la collection sibérienne de Pierre le Grand, ainsi que les splendeurs steppiques des cavaliers des tombes gelées de l'Altaï russe (Pazyryk), où la soie de Chine voisine avec le tapis de l'Empire perse ; à Almaty, on garde « l'homme d'or » du grand kourgane d'Issyk, à côté d'autres merveilles d'orfèvrerie ; à Bishkek, en Sibérie, à Ulan-Bator, en Mongolie intérieure, ce sont d'autres trésors des Tianshan, du bassin de Minusinsk, de l'Altaï ou de l'Ordos que l'on pourra apprécier. L'art des steppes, l'art animalier scytho-sibérien, est l'un des arts majeurs de l'Eurasie, de la mer Noire au fleuve Jaune : art mobilier, corporel, brillant, coloré, il met en situation des éléments stylistiques de décor, ou dans des postures de prédation, des fauves et des herbivores. Il représente plus rarement la figure humaine, alors qu'il prend pour support le corps humain (bijoux et tatouages), comme celui du cheval en de somptueux harnachements. Mais le voyageur curieux n'aura une idée vraie de cette civilisation des steppes et des montagnes que s'il franchit les Tianshan et visite le musée d'Urumqi. Là, dans la pénombre d'une salle climatisée, il pourra contempler en face des corps momifiés par la sécheresse, ornés de peintures corporelles, vêtus de pantalons, bottes et kaftan ceinturé ; plus loin, il détaillera à loisir la complexité des décors des tissus polychromes, la finesse de gravures sur bois, l'élaboration d'une selle de cheval en cuir, ou tentera d'imaginer le son émis par une harpe. La civilisation des steppes avait donc traversé le Taklamakan vers le sud, et s'était ensuite répandue dans les vallées de l'Himalaya-Karakoram, aux confins du Tibet.

Les conquérants achéménides, de leur côté, n'avaient atteint au VIe siècle que les contreforts du Pamir et le fertile bassin de l'Oxus, la Bactriane notamment, qui fut le siège d'une de leurs grandes satrapies orientales. Ils en obtenaient un tribut en or ainsi que de vaillantes troupes de cavalerie. Le trésor dit de l'Oxus (British Museum), comme ceux trouvés au temple de Takht-i Sangin (musée de Douchambé) attestent, au même titre que certains thèmes des arts scythes orientaux, la profonde influence exercée sur l'Asie centrale par les artistes travaillant pour les cours perses. On y découvre aussi bien des figures d'officiants zoroastriens du culte du feu que l'omniprésente scène de prédation, empruntée aux steppes, où un carnassier assaille un herbivore – mais là, le lion moyen-oriental remplace le tigre ou le léopard centrasiatique ; un char miniature royal en or y fait écho au char en bois trouvé intact dans un kourgane de Pazyryk.

… à la colonisation grecque

Lorsqu'Alexandre conquit ces territoires et colonisa l'Asie centrale achéménide, une ère nouvelle s'ouvrit, entre 329 et 128 avant J.-C. Des villes furent fondées, des richesses drainées, le polythéisme réapparut – et avec lui les cimetières – et une fièvre de construction et de production artisanale s'empara de la région, sous l'impulsion de dynasties grecques locales. Il n'est pas une oasis, du Turkménistan au Tadjikistan, qui n'ait livré des antiquités de l'Orient hellénisé : de Nisa (à Ashghabat), de Takht-i Sangin (à Douchambé), d'Aï-Khanoum et Dilbardjin (au musée aujourd'hui hélas détruit de Kaboul). Et les niveaux profonds, peu accessibles, des grands tépés de Merv, de Samarcande, de Bactres cachent les vestiges des grandes capitales. Dans cette koinè qui s'étend jusqu'à la Syrie séleucide, les colonnes des palais et des temples se couronnent de chapiteaux corinthiens, doriques ou ioniques ; les orfèvres et les ivoiriers cisèlent les effigies des dieux et des souverains, tandis que les sculpteurs leur dressent des statues d'argile ou de marbre. Avec la gravure des pierres fines, comme avec celle des monnaies, l'art du portrait atteint son apogée. Au cabinet des Médailles de Paris, l'on pourra méditer devant les profils orgueilleux de ces parvenus du bout du monde, frottés à l'encyclopédisme aristotélicien et amateurs de littérature.

Cependant, la steppe reprit ses droits et les « barbares » achevèrent en quelques décennies les royaumes grecs moribonds, minés par les conflits.

Iraniens orientaux, cousins des Perses, des Bactriens et des Scythes, – par leur langue et leur costume : pantalon, bottes, kaftan et ceinture – les nouveaux venus ont laissé d'impressionnants vestiges artistiques, comme ceux de Khalchayan (pensons au décor palatial du musée de Tachkent) et les trésors des tombes de Tillya-Tépé (Kaboul).

Quand l'héritage de l'hellénisme, Rome, la Chine et l'Inde se mêlent à l'art des steppes…

Les nouvelles dynasties, les Parthes à l'ouest, les Kouchans en Bactriane et en Inde instaurèrent une période de prospérité qui, par bien des aspects, prolongea la période hellénistique. Les contacts avec le monde méditerranéen, devenu romain, sont soutenus, et le commerce se développe au long des itinéraires connus sous le nom de « route de la Soie », de Khotan à Palmyre. Les découvertes de Bégram (Afghanistan), dont une partie est conservée au musée national des Arts asiatiques Guimet, l'illustrent parfaitement, avec des ivoires indiens, des verres syriens, des bronzes romains, des laques chinois.

Au Xinjiang, à Urumchi, Tourfan, Koutcha, Kashgar, Khotan s'exposent du verre, des tissus brodés, des tapisseries, des bois sculptés qui montrent que, sous les Han, les oasis du bassin du Tarim, par lesquelles transitait la soie, recevaient en retour des denrées précieuses du Proche-Orient. Dans les steppes, au nord, des soieries chinoises, identiques à celles trouvées au Xinjiang et à Palmyre, ont été découvertes dans des tombes des Huns du bassin de Minusinsk. Le bouddhisme, venu d'Inde, se répand alors progressivement aux côtés des anciennes religions et l'on voit fleurir, peinte, sculptée ou modelée, l'imagerie du « grand compatissant » dans de nombreux monastères, construits ou creusés dans des falaises par des communautés industrieuses et méditatives qui essaiment de la Margiane à Dunhuang. Les plus anciennes peintures bouddhiques du Xinjiang sont très indianisées, comme est d'origine indienne l'écriture la plus répandu d'Asie centrale, la kharoshti. Celle-ci est dérivée du vieil alphabet araméen, apporté jadis par les Perses, qui enferme comme dans une parenthèse historique l'épisode de l'alphabet grec encore en usage sous les premiers Kouchans pour écrire le bactrien, et en attendant d'être définitivement supplantée par l'écriture arabe.

À l'approche de la conquête arabe, Byzance, les Sassanides et les Tang prospèrent sur la route de la Soie, et les Turk progressent dans les steppes ; venus de l'Altaï, ils adoptent bien des traits des peuples qu'ils rencontrent, mais ils laissent sur leur passage les balbals, stèles qui représentent un guerrier généralement moustachu et tenant une coupe à la main. À cette même époque, un petit peuple iranien oriental, les Sogdiens, de religion zoroastrienne, joue un rôle capital de transitaire entre Samarcande, le Haut-Indus et le bassin du Tarim, la Chine. Ses réalisations, tant dans les arts mineurs (orfèvrerie) que dans l'art aulique et religieux (peinture, ossuaires) sont parmi les plus fascinantes pour qui se rendra sur les sites et aux musées, à Samarcande (Ouzbékistan) et à Pendjikent (Tadjikistan). Là, comme à l'Ermitage, de monumentales peintures murales, très animées et colorées, offrent à la vue des divinités, des épisodes de contes, d'anciennes épopées iraniennes, ou encore le souvenir de cérémonies du culte zoroastrien.

Mais un grand bouleversement se préparait : les armées arabes de Qutaiba vainquirent les Sassanides, Bactriens, et Abu Muslim défit les Chinois sur le Talas en 751. La civilisation de l'Asie centrale allait profondément être changée. Les premières dynasties musulmanes d'Asie centrale seront encore persanophones, et c'est à la cour du Turk Mahmoud de Ghazni encore que Ferdowsi écrira sa version du Shah-Nâmeh, l'épopée iranienne. Mais progressivement l'islam et la turcophonie se répandront, faisant de l'Asie centrale une mosaïque complexe.

De ce trop bref aperçu, qui ne fait pas la place qu'ils mériteraient ni à la Chorasmie, d'accès difficile, ni à l'Afghanistan, inaccessible ou détruit, on aimerait qu'il ne restât pas dans l'esprit du lecteur une image passéiste d'âge d'or révolu.

La connaissance du passé aide, c'est un lieu commun, à appréhender l'aujourd'hui. La permanence des données naturelles est incompatible avec les irrigations brutales, les labours intensifs ou le surpâturage. Le développement des artisanats sort de la copie servile et médiocre des chefs-d'œuvre d'autrefois et du réalisme socialiste. L'industrie pétrolière, cotonnière et minière dessine un avenir incertain.

Les époques d'ouverture, d'échanges, de tolérance, ont été les plus prospères, les plus fécondes, les plus brillantes. C'est d'elles que sont issus les ouvrages documentaires et les récits de voyage célèbres, remontant parfois à l'Antiquité, où l'aventure et l'érudition rivalisent pour éveiller l'intérêt du voyageur curieux qui s'en délectera avant, pendant et après son propre périple.

Aujourd'hui, les nations de l'Asie centrale s'intéressent activement à leur patrimoine, et des coopérations ont été nouées avec de nombreux pays. Pour ne mentionner qu'elles, des missions archéologiques françaises dépêchées par des universités, le Centre national de la recherche scientifique et le ministère des Affaires étrangères conduisent actuellement des fouilles au Turkménistan, en Ouzbékistan, au Kazakhstan, en Sibérie, en Mongolie et au Xinjiang. Ces recherches, effectuées avec les méthodes les plus modernes, enrichissent et modifient profondément notre connaissance de l'histoire de l'Asie centrale, depuis les époques les plus anciennes.

Puisse le voyageur qui se délassera dans une tchaïkhâna, une maison de thé, des visites de monuments, de sites, de musées, de bazars, entendre que le tempo d'un luth, le damboura, la rotation des dévidoirs de cocons et les pas des chameaux battent à l'unisson du galop grondant des bouzkachi et des grandes pulsations qui sont venues parfois, du cœur de l'Eurasie, ébranler tout le continent.

Henri-Paul Francfort
Décembre 1999
 
Bibliographie
L'Asie centrale. Histoire et civilisations L'Asie centrale. Histoire et civilisations
Jean-Paul Roux
Histoire et civilisations
Fayard, Paris, 1997

Histoire de l'Asie Centrale (LB) Histoire de l'Asie Centrale (LB)
Vincent Fourniau
Que sais-je ?
PUF, 1994

Nomades et sédentaires en Asie centrale Nomades et sédentaires en Asie centrale
Sous la direction d' Henri-Paul Francfort
Éditions du CNRS, Paris, 1970

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