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Les grandes croisades
Jean Richard
Professeur émérite à l'université de Bourgogne
Membre de l'Institut (Académie des Inscriptions et Belles-Lettres)

Les historiens ont pris l'habitude de recenser huit croisades pendant la période qui sépare l'année 1095 – où Urbain II lança son appel à la première – de 1291, date de la chute d'Acre, dernière place en possession des Francs d'Orient. À vrai dire, en 1815, quand le « père de l'histoire des croisades », Joseph Michaud, écrivait son récit de la quatrième croisade, c'était l'expédition de l'empereur Henri VI qu'il désignait ainsi, alors que nous réservons ce nom à celle qui aboutit à la prise de Constantinople. On voit donc que le choix comporte une part d'arbitraire. L'on pourrait en effet considérer que telle expédition non retenue dans la liste des « grandes croisades » mériterait par son ampleur ou par ses résultats de prendre place à côté d'elles. Du moins cette appellation permet-elle d'esquisser un cadre pour une Histoire des croisades, titre que Jean Richard, membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, donna à un de ses ouvrages paru en 1996 aux éditions Fayard.

L'histoire des croisades doit-elle se limiter à la période que nous avons définie plus haut ? La question est chaudement débattue entre les spécialistes. Une vision que l'on pourrait dire traditionnelle – ce n'était pourtant pas celle de Michaud quand il écrivait la première version de son Histoire des croisades – identifie l'époque des croisades à cette période 1095-1291 et se limite aux expéditions qui ont eu la Terre sainte pour objectif et l'Orient pour théâtre d'opérations. Mais de nombreux historiens, surtout en pays anglophone, considèrent les croisades comme un mouvement d'ensemble dans lequel prennent place toutes les guerres qui ont été menées à l'initiative ou avec l'aval de la papauté, et pour cette raison dotées de privilèges spirituels, les « indulgences de croisade » – lesquelles ont pu avoir pour objet la lutte pour la défense des chrétiens ou de l'Église et avoir été menées contre les infidèles, les hérétiques ou les schismatiques. Et les dates extrêmes peuvent varier : il y a eu octroi de l'indulgence pour les luttes menées contre les Turcs ou les Maures jusqu'au temps de Lépante, d 'Alcazar-Kébir ou du siège de Vienne. À la limite, cette conception peut même – on le voit dans le langage courant – recouvrir des campagnes, parfois non guerrières, menées au nom d'un idéal, ouvrant la voie à des assimilations point toujours innocentes. Mais, sans juger de la valeur de l'une ou l'autre thèse, il nous suffira de citer ce propos d'un prélat qui, à la veille du concile de Lyon de 1274, distinguait la « croix d'outremer » de la « croix de deçà la mer », en ajoutant que la première rencontrait plus de faveur que la seconde : les contemporains faisaient donc la différence entre ces deux types de croisade. C'est au premier seul que nous nous attacherons.

La première croisade n'avait pas eu de véritable précédent, même si les guerriers qui étaient allés combattre les infidèles en Espagne ou ailleurs, ou qui avaient lutté contre les adversaires de la liberté de l'Église, étaient animés par le désir de servir Dieu, et si le pape avait déjà attaché l'indulgence plénière que l'on acquérait par un pèlerinage au Saint-Sépulcre à telle œuvre en rapport avec la Reconquista. Tout au plus Grégoire VII avait-il formé le projet d'une expédition d'outremer en vue de défendre les chrétiens victimes de l'invasion turque en Asie Mineure. Le pape Urbain II, au printemps de 1095, avait invité les guerriers d'Occident à répondre à l'appel de l'empereur byzantin Alexis Ier désireux de recruter des combattants pour lutter contre ces mêmes envahisseurs. Il reprenait ce propos en novembre, à Clermont d'Auvergne, mais cette fois sans allusion à l'empereur et en assignant comme tâche à ceux qui l'écoutaient de libérer les chrétiens orientaux de l'oppression turque et le Saint-Sépulcre de la domination des infidèles, cette entreprise étant enrichie de l'indulgence plénière. L'ampleur de la réponse dépassa certainement l'attente du pontife ; elle atteignit même des milieux qu'il n'avait pas visés. C'est ainsi que se mit en route, avant la date fixée, ce qu'on a appelé non sans exagération la « croisade populaire » – elle comprenait bon nombre de seigneurs et de chevaliers –, à la suite de Pierre l'Ermite et de ses émules. Ces bandes venues de la France du Nord et de la Rhénanie commirent en route des exactions dont souffrirent particulièrement les communautés juives ; elles furent en partie refoulées par les Hongrois et, après avoir atteint Constantinople, décimées par les Turcs.

Les armées des barons, venant de la France du Midi, de Normandie, de la France capétienne, des deux Lorraines, que rejoignirent les Normands d'Italie du Sud, après avoir suivi des itinéraires différents, se concentrèrent à Constantinople, au nombre de peut-être soixante mille hommes, et leurs chefs négocièrent un accord avec l'empereur, prévoyant notamment la remise à celui-ci des places reconquises. Leur premier succès fut la prise de Nicée ; ils traversèrent l'Asie Mineure en balayant l'armée du sultan à Dorylée et, atteignant Antioche après de rudes épreuves, ils assiégèrent et prirent cette ville (juin 1098) en mettant en déroute une armée de secours. C'est alors qu'ils entreprirent l'établissement d'une domination franque en Syrie du Nord, sans tenir compte des revendications de l'empereur dont ils avaient vainement attendu le secours, en s'appuyant sur les populations chrétiennes locales et en particulier sur les Arméniens ; ainsi naquirent la principauté d'Antioche et le comté d'Édesse. La masse des croisés, désormais bien réduite, prit le chemin de Jérusalem, qui fut assiégée et prise d'assaut le 15 juin 1099. L'armée du calife d'Égypte fut mise en déroute à son tour, et les Francs purent commencer à construire le royaume de Jérusalem.

Une deuxième vague suivit la première, composée de ceux qui n'avaient pas réagi au premier appel d'Urbain II ; elle venait de Lombardie, de Bourgogne, d'Allemagne, du Poitou. Sans attendre de se concentrer, elle se lança par des voies différentes à travers l'Asie Mineure, et chacune des armées connut un désastre. Seuls quelques éléments parvinrent en Syrie, où ils contribuèrent à jeter les fondements du comté de Tripoli (1102). Ces succès avaient rendu possible un afflux extraordinaire de pèlerins, pour la plupart acheminés par voie de mer : chaque année, les flottes amenaient des milliers d'hommes dont certains s'établissaient à demeure en Orient, tandis que la plupart se rembarquaient après avoir accompli leurs dévotions – mais souvent après s'être mis au service des défenseurs de la Terre sainte pour des opérations ponctuelles. Parmi ces pèlerins figuraient de grands barons qui arrivaient avec de nombreux compagnons, parfois avec une flotte, comme le frère du roi de Norvège qui aida les Francs à prendre Sidon : ces pèlerinages pouvaient ainsi prendre l'allure de petites croisades. D'autres fois, c'est au pape que parvenaient des demandes de secours venant de Terre sainte, auxquelles il répondait par l'octroi d'indulgences de croisade : ainsi Bohémond de Tarente prépara-t-il avec Pascal II une expédition qu'il voulut utiliser pour des opérations contre l'Empire byzantin (1106-1108) ; en 1122, Calixte II répondait aux appels à l'aide des Latins de Jérusalem en prêchant une croisade qui conduisit les Vénitiens au siège de Tyr, en 1124.

Mais de toutes ces expéditions qui associaient la croisade au pèlerinage, une seule a pris rang parmi les grandes croisades : la deuxième croisade (1147-1148À la suite de la prise d'Édesse par les musulmans en 1144, Eugène III fit prêcher par saint Bernard une croisade qui obtint l'adhésion des rois de France et d'Allemagne, Louis VII et Conrad III.  Ceux-ci ne purent obtenir de l'empereur Manuel que des facilités pour la traversée de son empire. Conrad fut arrêté par les Turcs avant d'avoir franchi la steppe de l'Anatolie centrale ; Louis parvint en Syrie en suivant la côte jusqu'à Adalia et en terminant le voyage par mer, non sans pertes. Les deux rois se préoccupèrent d'abord d'accomplir leur pèlerinage, puis se mirent à la disposition du roi de Jérusalem pour aller assiéger Damas. On abandonna bientôt le siège, et les rois se rembarquèrent. La croisade devait susciter une grosse déception en Occident ; les Francs d'Orient gardèrent l'impression qu'ils trouveraient chez Louis VII une oreille favorable à de nouveaux appels. Ils mirent par la suite les mêmes espoirs en Henri II Plantagenêt. Ces deux rois devaient prendre la croix ensemble en 1177, mais sans réaliser leur projet. En effet, la nécessité d'une croisade paraissait pressante, du fait de la montée des dangers que faisait courir aux établissements latins la réunion des principautés musulmanes de Syrie, suivie de leur union avec l'Égypte, du fait de Nûr al-Dîn et de Saladin. Le pape Alexandre III multiplia les appels, donnant une nouvelle définition de l'indulgence qui unissait aux mérites acquis par le pèlerinage ceux qu'entraînait l'aide à apporter aux princes latins ; il cherchait à associer la venue de croisés aux opérations du roi Amauy en Égypte ou de Manuel Comnène en Anatolie. Des croisés se mirent en route, mais il n'y eut pas d'expédition d'envergure.

C'est la victoire remportée en juillet 1187 à Hattin par Saladin sur le roi Guy, suivie de la chute de Jérusalem, qui provoqua l'ébranlement d'où sortit la troisième croisade. L'Occident ressentit ces désastres comme une marque de la colère divine, qu'il fallait apaiser par une pénitence publique. Le roi normand de Sicile envoya dès 1188 sa flotte défendre les côtes syriennes, tandis que les papes organisaient la prédication de la croisade. L'empereur Frédéric Barberousse se mit en route par la vallée du Danube avec une grosse armée ; malgré la mauvaise volonté de l'empereur byzantin, il traversa l'Asie Mineure pour trouver une mort accidentelle au moment d'arriver en Syrie. Son fils amena ses troupes sous Acre, que le roi Guy avait commencé à assiéger avec les premiers contingents de croisés déjà arrivés. Philippe-Auguste et Richard Cœur-de-Lion, partis seulement en 1190, arrivèrent en 1191, non sans que Richard eût conquis Chypre au passage. Acre tombée, Richard poursuivit la campagne, sans oser marcher sur Jérusalem. Il finit par conclure une trêve avec Saladin, qui devait ainsi renoncer à son projet d'éliminer la présence des Francs en Orient. L'énorme effort de la troisième croisade prolongeait d'un siècle la vie de la Syrie franque et apprit aux princes musulmans quelle force l'Occident pouvait déployer au service de la Terre sainte. Mais cette Syrie franque n'était plus que l'ombre de ce qu'elle avait été ; Jérusalem restait aux mains des musulmans, et de nouveaux efforts allaient être nécessaires. C'est l'empereur Henri VI, devenu roi de Sicile par son mariage, qui prit l'initiative, sans rencontrer chez le pape un grand enthousiasme, d'y conduire une forte armée et une flotte nombreuse. Les contingents avancés étaient déjà à l'œuvre quand on apprit sa mort, et la croisade tourna court (1197-1198).

Le pape Innocent III fit de la croisade la grande pensée de son pontificat. Dès son avènement en 1198, il promulgua une bulle qui ouvrait la quatrième croisade et désigna ses légats pour la prêcher ; l'un d'eux, Pierre Capuano, s'associa le célèbre prédicateur Foulques de Neuilly. Plusieurs grands barons prirent la croix, notamment lors du tournoi d'Écry : le comte de Champagne, qui devait être leur chef, ceux de Blois, de Flandre, d'autres encore. Mais le premier mourut, et il fallut le remplacer par le marquis de Montferrat. Des envoyés – dont Geoffroy de Villehardouin – se rendirent à Venise pour préparer le transport des croisés. Les effectifs se révélèrent très inférieurs au chiffre attendu : pour dédommager de leurs frais les Vénitiens, qui acceptaient de s'associer à la croisade, les croisés durent les aider à assiéger Zara, malgré les objurgations du pape. Puis ils prêtèrent l'oreille aux propositions d'un prétendant byzantin, sans doute appuyé par Philippe de Hohenstaufen, et acceptèrent de le ramener à Constantinople et de le réinstaller sur son trône avec son père. Mais Alexis IV ne put tenir ses engagements ; il fut détrôné et mis à mort par ses sujets. Les croisés, à bout de ressources, se décidèrent à donner l'assaut à la ville et y fondèrent un empire latin de Constantinople en 1204. Innocent III ne put qu'accepter le fait accompli, bien qu'il se fût opposé à cette déviation, dont Venise avait largement profité. Le pape reprit ses projets quand le sultan eut édifié sur le mont Thabor une forteresse qui menaçait Acre.

Après avoir vainement proposé en 1213 au prince musulman un traité de paix qui eût mis fin aux croisades tout en laissant la Terre sainte aux chrétiens, il convoqua le IVe concile du Latran au programme duquel figurait une nouvelle expédition qui devait être la cinquième croisade. La constitution conciliaire très complète qui fut adoptée forme un véritable code de la croisade, comprenant jusqu'aux mesures destinées à priver l'ennemi du concours de certains marins occidentaux et à encourager les armateurs à fournir des navires. Mais l'élément le plus important visait le financement de l'expédition que devaient assurer les revenus des bénéfices ecclésiastiques – tel est l'origine du système des décimes.

Les rois de Chypre et de Hongrie furent les premiers à partir, mais échouèrent devant le Thabor et quittèrent la Syrie en 1217. De nombreux autres contingents suivirent ; cependant le roi de Jérusalem, Jean de Brienne, adopta une nouvelle tactique : en vue d'obliger le sultan à lâcher prise en Syrie, il fallait attaquer l'Égypte, base de son pouvoir. Le siège fut mis devant Damiette où affluèrent les nouveaux venus, parmi lesquels beaucoup d'Italiens. La ville finit par tomber en 1221, et l'inquiétude fut grande en milieu musulman tandis que les chrétiens orientaux soutenaient les croisés par toute une littérature prophétique. Mais on ne put se mettre d'accord sur une éventuelle rétrocession de Jérusalem ; le légat Pélage fit prévaloir l'idée d'une conquête de l'Égypte ; l'armée se mit en marche vers Le Caire mais, prise dans des inondations, fut trop heureuse d'obtenir de se retirer en abandonnant Damiette ; on avait vainement attendu l'arrivée de l'empereur Frédéric II, qui dès 1215 avait prononcé son vœu (1222).

Celui-ci annonça la reprise de son projet : une sixième croisade se mit en route, comprenant notamment des Anglais (1226), et, en attendant Frédéric, on travailla à rebâtir des fortifications. Mais l'empereur tarda tant que le pape Grégoire IX finit par le frapper d'excommunication. C'est alors que Frédéric se mit en route, malgré cette sentence. Comme il était par mariage roi de Jérusalem et d'autre part suzerain de Chypre, sa croisade se présentait sous un aspect très particulier. Il avait avant son départ noué des relations avec le sultan d'Égypte, promettant à celui-ci son alliance contre son frère, le sultan de Damas. Finalement les deux souverains se mirent d'accord : le sultan restituait à Frédéric Jérusalem, moins les lieux saints musulmans, Bethléem et Nazareth, et on passait des trêves pour dix ans (traité de Jaffa, 1229).

Grégoire IX finit par accepter ce compromis, mais se prépara pour la reprise des hostilités au terme de la trêve. Une croisade s'organisa avec plusieurs barons français, dont Thibaud de Champagne, roi de Navarre, tandis que d'autres se portaient au secours de l'empire de Constantinople (1239). Les opérations furent limitées ; mais le comte Richard de Cornouailles, jouant à son tour des difficultés entre les princes musulmans, parvint à faire étendre les rétrocessions du sultan à la totalité de Jérusalem et à la Galilée en 1240.

Les objectifs des croisades paraissaient assez largement atteints ; cependant, en soutenant le sultan de Damas contre son frère, les Francs subirent la grave défaite de la Forbie et se virent enlever Jérusalem en 1244. C'est alors que Saint Louis prit la croix, pour des motifs personnels, mais qui répondaient aux nécessités du moment. Le pape Innocent IV donna son assentiment à cette septième croisade, avec l'accord du premier concile de Lyon (1245), bien qu'il fût alors d'abord attentif à son conflit avec l'empereur. Après une remarquable préparation, sur le plan moral, militaire et financier, le roi s'embarqua à Aigues-Mortes avec une belle armée en 1248. Un séjour prolongé en Chypre ne compromit pas le succès de son débarquement devant Damiette, dont il s'empara sans coup férir en 1249. En revanche, la marche sur Le Caire fut difficile ; malgré une victoire sur l'armée égyptienne, le roi ne put franchir l'obstacle de la forteresse de la Mansura ; et, contraint à la retraite avec une armée affaiblie par une épidémie, il fut capturé avec ses hommes. Libéré moyennant une rançon et la livraison de Damiette, il se rendit en Syrie où, de 1250 à 1254, il se consacra à la mise en état de défense du royaume de Jérusalem, en tenant en échec le sultan de Damas.

Dès lors toutes les ambitions se limitèrent au maintien du ruban de places et de territoires qui constituaient ce qui restait de la Syrie franque, en se fiant au jeu des trêves. Mais l'invasion mongole fit disparaître les États musulmans de Syrie qui faisaient contrepoids à l'Égypte passée aux mains des Mamelouks. Les efforts faits pour coordonner les opérations des Mongols avec celles des croisés n'aboutirent pas. Le sultan Baîbars fit tomber, de 1263 à 1270, toutes les places de l'intérieur, y compris le Crac des Chevaliers ; il s'empara d'Antioche en 1268.

Les papes Urbain IV et Clément IV prêchèrent une croisade ; de petits détachements vinrent renforcer les défenses franques, jusqu'à ce que se déclenchât la huitième croisade. Le roi d'Aragon fut le premier à partir en 1269, mais fit marche arrière à cause d'une tempête. Saint Louis partit d'Aigues-Mortes, mais, en chemin, annonça son débarquement en Tunisie. On s'interroge sur le motif de ce choix : il est possible que le roi ait envisagé des opérations combinées avec les Mongols de Perse, lesquels avaient dû reporter leur campagne à une date ultérieure, ou que les missionnaires dominicains aient fait entrevoir à saint Louis la perspective d'une conversion du roi de Tunis. Mais Tunis résista et le roi mourut de maladie en 1270. Sa flotte détruite par une tempête, son fils rentra en France ; c'est le prince Édouard d'Angleterre qui se rendit en Syrie et obtint, en 1272, le renouvellement des trêves. Le projet de la huitième croisade fut repris par le pape Grégoire X et adopté au concile de Lyon en 1274. Il comportait la participation, y compris financière, de l'Occident tout entier, celle des Byzantins – redevenus maîtres de Constantinople en 1261 – et des Mongols. La préparation commença, mais les affaires de Sicile et d'Aragon le firent abandonner, et la perte des dernières places franques intervint dès 1291.

Il ne restait plus que la perspective d'une « récupération de la Terre sainte » qui fit naître, à la fin du XIIIe et au début du XIVe siècle, toute une littérature de projets de croisade…

Jean Richard
Janvier 2002
 
Bibliographie
Les Croisades Les Croisades
René Grousset
Collection Quadrige
PUF, Paris, 1994

Histoire des croisades Histoire des croisades
Jean Richard
Fayard, Paris, 1996

Histoire des croisades et du royaume franc de Jérusalem Histoire des croisades et du royaume franc de Jérusalem
René Grousset
Perrin, Paris, 1991

Les Croisades Les Croisades
Henri Platelle
X, Paris, 1994

Atlas des croisades Atlas des croisades
Jonathan Riley-Smith
Autrement, Paris, 1996

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