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Les Goths, de la Baltique à la mer Noire
Michel Kazanski
Directeur de recherche au CNRS
Peuple germanique originaire en partie de Scandinavie, les Goths s'établirent dans un premier temps en Poméranie, puis essaimèrent jusque sur les rivages de la mer Noire. L'archéologie témoigne de la fusion de ces arrivants avec les populations locales, avant que les textes des historiens romains ne relatent leurs conflits aux frontières de l'Empire et leur partition entre Ostrogoths et Wisigoths. Michel Kazanski auteur des Goths (Ier-VIIe siècle apr. J.-C.), nous présente ce peuple « barbare » sous un jour nouveau : une culture homogène, des souverains dont la fonction sacrée s'efface devant les nécessités guerrières, une économie qui s'enrichit des contacts avec le monde romain.

Des Scandinaves s'installent en Poméranie

Jordanès, dans son Histoire des Goths (vers 550-551), écrit que le peuple des Goths est originaire de la Scandinavie. Selon lui les Goths auraient traversé la mer Baltique pour s'établir quelque part sur la côte sud – dans l'actuelle Pologne –, où d'autres auteurs antiques, antérieurs à Jordanès, comme Pline, Strabon, Tacite et Ptolémée les connaissaient aux Ier et IIe siècles après J.-C. Deux itinéraires sont proposés pour leur migration avant que, conformément au témoignage de Ptolémée, ils soient attestés au IIe siècle dans la région de la Vistule inférieure. On considère le plus souvent que, partis de l'île de Gotland ou du sud de la Suède, les Goths auraient directement touché terre près de l'embouchure de la Vistule. D'autres historiens proposent un trajet plus complexe, en plusieurs étapes : les Goths, après avoir quitté la Suède, auraient accosté dans un premier temps sur la côte sud de la Baltique, près de l'île de Rügen. Ils se seraient ensuite dirigés vers l'embouchure de l'Oder, puis vers le bassin de l'Oder moyen où Strabon et Tacite les localisent au Ier siècle et seulement alors, seraient partis pour le bassin de la Vistule.

Les archéologues ont décelé sur les sites de la deuxième moitié du Ier siècle, en Pologne du Nord, en Poméranie orientale, à l'ouest de l'embouchure de la Vistule, des rites funéraires qui attestent l'infiltration d'une population d'origine scandinave parmi les peuples autochtones. Les nécropoles qui se distinguent par la présence de tertres avec des aménagements en pierres, telles que Odry ou Wesiory, attirent une attention spéciale. On a retrouvé en effet, sous ces tumuli, soit un amas de pierres au centre, soit un pavement, de forme parfois triangulaire, soit encore un cercle en pierres ; d'autres sont surmontés d'une stèle en pierre. Ces tombes contenaient indifféremment des inhumations et des incinérations. Les sépultures sous tertres de Poméranie orientale sont identiques à celles connues au sud de la Suède et de la Norvège ainsi que sur les îles de Gotland, Öland et Bornholm. Outre ces nécropoles à tertres, on a mis au jour, toujours en Poméranie orientale, de grands cercles en pierres qui surmontent des incinérations ou des inhumations au mobilier parfois très riche, datés également de la seconde moitié du Ier siècle. Il s'agirait dans ce cas non pas de simples tombes mais de lieux de réunion à caractère rituel. On peut les compter aussi au nombre des influences scandinaves car on a retrouvé des structures semblables au sud de la Norvège et au sud-ouest de la Suède.

Ces témoignages archéologiques ne contredisent pas les données des sources écrites. En effet, si l'on ne sait rien du lieu précis de l'installation primitive des Goths sur le continent, avant que Ptolémée ne les situe au IIe siècle près de l'embouchure de la Vistule, il est tout à fait possible qu'il s'agisse de la Poméranie orientale. D'autre part, la migration des Goths peut très bien avoir eu lieu pendant la seconde moitié du Ier siècle, lorsqu'apparaissent les traits scandinaves en Poméranie ; la chronologie mythique des rois gothiques, cités par Jordanès, ne le contredit pas. Enfin, la Suède du Sud – ou du Sud-Ouest ? – et les régions avoisinantes de la Norvège peuvent être bien la zone d'exode des Goths ; de toute façon les sources ne donnent sur ce sujet aucune précision.

Pourquoi les Scandinaves installés en Poméranie semblent-ils si peu nombreux – deux dizaines des sites à peine ont été attestés ? Est-ce à dire que la première migration des Goths serait-elle celle d'un groupe restreint ? C'est ce que semble également laisser entendre Jordanès, puisqu'il rapporte que les Goths sont venus de Scandinavie sur trois navires seulement. Comment justifier alors que cet auteur ait attaché tant d'importance à cette migration ? Le rôle politique et militaire joué par les nouveaux venus et la présence parmi eux de leur roi Berig, père-fondateur, peut-être mythique, de la lignée des rois gothiques sont sans doute à cet égard déterminants. On peut interpréter l'histoire de l'origine des Goths racontée par Jordanès comme celle de la dynastie gothique royale des Amales qui régnera jusqu'au VIe siècle et dont Berig, chef des migrants scandinaves, était le premier roi. On peut supposer que le roi des Goths, appartenant à une famille sacralisée et son entourage immédiat, une fois débarqués sur le continent, ont placé sous leur domination des populations locales. Il ne faudrait donc pas chercher l'origine de l'ensemble des Goths en Scandinavie. En ce cas, les ancêtres des Goths auraient vécu depuis longtemps, si ce n'est pas depuis toujours, sur le continent et seule la dynastie royale et son entourage pourraient avoir une origine scandinave. Ajoutons que les parallèles scandinaves des sites de Poméranie sont très dispersés : on les trouve aussi bien au sud de la Norvège qu'en Suède ou que sur les îles de la mer Baltique. Cette constatation pourrait montrer l'origine hétérogène des migrants.


La civilisation de Wielbark

Ainsi, aux premiers siècles après J.-C., les Goths vivent donc certainement dans la Pologne septentrionale d'aujourd'hui et font partie de la population germanique de la civilisation de Wielbark, qui occupe à cette époque la Poméranie orientale, la Prusse occidentale et la région le long de la Vistule inférieure et du Boug occidental, à peu près sur la frontière actuelle entre la Pologne et la Biélorussie. Les archéologues s'accordent aujourd'hui pour penser que la civilisation de Wielbark résulte de l'évolution des cultures archéologiques locales – Oksywie, Przeworsk – où il faut ajouter, nous l'avons vu, des composants scandinaves. À l'époque romaine, la fusion entre les éléments autochtones et allochtones est totale et l'on ne peut guère isoler des sites qui appartiendraient aux seuls descendants d'un ou de l'autre groupe. Mais l'homogénéité de la culture de Wielbark n'implique cependant pas qu'elle ait été liée à une seule ethnie. Grâce aux textes mais aussi à l'anthropologie et à la toponymie, les chercheurs polonais ont pu localiser sur le territoire de Wielbark non seulement les Goths identifiés avant tout au groupe des nécropoles poméraniennes du type Odry-Wesiory, mais aussi leurs parents les Gépides, qui les suivaient depuis la Scandinavie ainsi qu'un autre peuple germanique, les Ulméruges, les Lemoviens et les Vénèdes dont l'attribution ethnique reste énigmatique et qu'il ne faut pas confondre avec les Vénèthes slaves de l'Europe orientale, mentionnés par Tacite pour le Ier siècle. La culture de Wielbark relève donc de plusieurs peuples, germaniques et non germaniques et les Goths n'en constituent qu'une tribu.

Pourquoi ces différents peuples ont-ils laissé la même civilisation archéologique et quels sont les liens qui les unissaient ? On ne peut certainement pas envisager une origine ou une langue commune. D'autre part, aucun indice archéologique ne permet pas de supposer l'existence de liens politiques. Quant à leur activité économique, somme toute très archaïque, pratiquement « de survie », elle ne peut être considérée comme un facteur de cohésion particulier. On doit se tourner plutôt vers l'hypothèse d'une union de nature religieuse. L'archéologue allemand R. Hachmann a montré que les textes, avant tout ceux de Tacite, témoignent de l'existence chez les anciens Germains, de ligues tribales, qui possèdent le même panthéon de dieux. Tel doit être à notre avis le cas pour la civilisation de Wielbark. Rappelons que les éléments les plus significatifs d'une civilisation archéologique protohistorique, les rites funéraires, le décor des objets, les types de parures, la forme des récipients même, dépendent essentiellement de la sphère idéologique, cultuelle. Chaque récipient dans une tombe, chaque volute du décor d'un vase ou d'une fibule, le nombre d'épingles dans la coiffure et leur forme, toutes ces particularités ont, dans les sociétés primitives, un sens symbolique, magique. Les multiples aspects de la vie quotidienne ainsi que les grands événements – la naissance, le mariage ou la mort –, sont directement liés à la religion. Cette présence constante du sacré constitue la mentalité primitive des peuples archaïques et elle leur permet de se distinguer des « étrangers ». La communauté des croyances religieuses peut dans le second temps aboutir à une identité politique, linguistique, culturelle et économique. On ne peut que supposer les germes de cette évolution au sein de la culture de Wielbark. La famille royale gothique des Amales, très probablement sacralisée comme le laisse supposer le témoignage de Tacite (Ier siècle après J.-C.) sur l'autorité royale particulièrement forte chez les Goths, a certainement joué un rôle important dans ce processus de consolidation du futur peuple gothique.


La seconde migration des Goths

Selon Jordanès, le roi Filimer, fils de Gerdarig et le cinquième souverain gothique après Berig, a organisé la migration des Goths de la Vistule vers la Scythie, la région fertile au nord de la mer Noire, qui correspond à peu près à l'Ukraine d'aujourd'hui. Cette seconde migration des Goths, contrairement à la première depuis la Scandinavie, n'est contestée par aucun historien.

L'archéologie fournit des renseignements précieux sur cette migration et elle permet d'en reconstituer l'itinéraire. Ainsi, on note, grâce à la diffusion des sites de la civilisation de Wielbark, que ses porteurs partent du bassin de la Vistule, remontent le cours du Boug Occidental puis passent entre les marécages du Pripet au nord-est et les contreforts des Carpates au sud-ouest pour aboutir dans la plaine de la steppe forestière de l'Ukraine dans le bassin du Dniestr moyen et le Boug Méridional. De là, deux voies s'ouvrent à eux qui mènent vers l'œkoumène du monde civilisé. La première au sud-est, les conduit vers le bord de la mer Noire, lieu de contact avec la civilisation grecque antique. La seconde voie, au sud-ouest, les entraîne vers les plains fertiles de la Moldavie et dans la région du Danube moyen, à la frontière de l'Empire romain. La première vague des porteurs de la civilisation de Wielbark quitte son territoire d'origine vers la fin du IIe siècle et le début du IIIe siècle. À cette époque apparaissent en effet, en Biélorussie occidentale et dans les régions limitrophes de l'Ukraine, des nécropoles à incinérations caractéristiques de la culture de Wielbark. Il s'agit probablement des Goths proprement dits. La deuxième vague, au IIIe siècle, se manifeste essentiellement en Ukraine occidentale. Ce seraient les Gépides, qui ont suivi les Goths dans leur migration.


Une coalition de peuples barbares menace l'Empire romain

Les Goths se font rapidement connaître aux frontières romaines et, durant le deuxième tiers du IIIe siècle, apparaissent comme un réel danger pour l'Empire. Les Goths lancent alors des attaques répétées dans deux directions : d'une part depuis le Danube inférieur vers les Balkans et d'autre part, sous forme d'expéditions maritimes à partir de la mer Noire contre l'Asie Mineure et la mer Égée. Les Goths n'agissent pas seuls, ils font partie d'une coalition des peuples barbares, germaniques, tels que les Gépides, les Taïfales, les Vandales-Hastings et les Hérules et non germaniques comme les Carpes, les Peucines-Bastarnes ou les Sarmates. Cependant il semble que progressivement les Goths occupent une place de plus en plus importante et qu'ils finissent par prendre la tête de cette coalition. À cette époque, pour la première fois, deux branches des Goths apparaissent dans les sources écrites : les Greuthunges-Ostrogoths, dirigés par la dynastie charismatique des Amales et les Tervinges-Wisigoths, moins « nobles », car ils sont subordonnés à des chefs qui n'appartiennent pas à la famille illustre des Amales. Vers 271-275 les Goths et leurs alliés sont repoussés au nord du Danube et de la mer Noire. L'Empire romain, bien que terriblement ravagé, sort vainqueur de cette première confrontation, tandis que les Goths se fixent pour un siècle sur les terres récemment conquis en Roumanie, en Moldavie et en Ukraine actuelles.

Les Goths qui se stabilisent près des frontières romaines au IIIe siècle n'ont plus grand-chose à voir du point de vue de leur composition ethnique avec ceux de l'époque précédente, puisqu'ils intègrent à l'intérieur de la fédération qui porte leur nom d'autres peuples. Les guerres que les Goths mènent sans discontinuer pendant le second tiers du IIIe siècle sur le Danube et sur la mer Noire contre l'Empire jouent un rôle déterminant dans cette évolution. Les Goths s'allient avec d'autres Barbares, germaniques et non germaniques, thraces et iranophones notamment. De telles vastes fédérations de tribus, nées de la nécessité de se regrouper pour combattre l'Empire, sont caractéristiques de l'Europe barbare de l'époque romaine tardive (fin du IIe-IVe siècles) et celle des grandes migrations, de la fin du IVe siècle au VIe siècle. On assiste alors à une véritable fusion entre les Goths et leurs alliés, ce dont l'archéologie témoigne très clairement. En effet, la civilisation archéologique, qui correspond aux Goths et leurs alliés germaniques et non germaniques, dite de Cernjahov – ou de Sîntana-de-Mureş/Cernjahov selon la terminologie des archéologues roumains – et qui occupe le territoire entre le Danube inférieur et le Donetz, représente une culture très homogène, où les éléments germaniques, apportés de la Vistule sont mélangés aux éléments autochtones, à tel point qu'il n'est guère possible de distinguer les Goths des Thraces, des Sarmates et des autres peuples.

D'autre part la structure interne de la société gothique se trouve modifiée, en particulier le rôle du chef de tribu. L'afflux de prisonniers et le butin des guerres accentuent la stratification sociale. Les chefs de guerre prennent une place de plus en plus importante et la fonction militaire du roi barbare l'emporte sur la fonction sacrale, essentielle à l'époque antérieure, celle des ligues cultuelles. Certes, les Amales ostrogothiques gardent leur pouvoir, mais les Wisigoths sont gérés au IVe siècle par des chefs qui n'appartiennent pas aux clans « nobles » sacralisés.


La romanisation

La romanisation profonde constitue un autre aspect de l'évolution de la société gothique. L'énorme butin pris aux Romains durant les guerres du IIIe siècle provoque un changement des goûts et du mode de vie des Goths. La vaisselle, les armes, les accessoires vestimentaires produits dans l'aire de la civilisation de Cernjahov ont souvent des prototypes romains. En outre, la grande quantité d'objets importés de l'Empire montre que les Barbares ne se contentent plus de leur propre production mais qu'ils s'intègrent dans le marché romain. Il ne s'agit plus comme auparavant de rares objets de luxe venant de Rome et réservés aux chefs tribaux mais de marchandises commercialisées à une vaste échelle, comme le vin et l'huile : les multiples tessons d'amphores romaines découvertes pratiquement sur tous les habitats importants de la civilisation de Cernjahov en témoignent. La présence de nombreux Romains et de Grecs sur le territoire gothique – des prisonniers, des esclaves, des otages, des déserteurs, des artisans ou des commerçants – a sans doute accéléré l'adoption par les Barbares des usages romains. Les nouveaux venus sont porteurs de nouvelles mentalités. Le christianisme, dernière barrière à tomber entre les mondes romain et barbare, se diffuse assez rapidement chez les Goths au IVe siècle.


L'Empire ostrogoth d'Hermanaric

À cette époque, les Greuthunges-Ostrogoths occupent le territoire au nord de la mer Noire, en Ukraine actuelle, à l'est du Dniestr, tandis que les Tervinges-Wisigoths, sans doute subordonnés aux Greuthunges, vivent sur le territoire entre le Danube inférieur et le Dniestr, en Roumanie et en Moldavie actuelles. Vers le second tiers du IVe siècle, le célèbre roi ostrogothique Hermanaric, descendant de la dynastie des Amales, s'efforce d'agrandir sa zone d'influence ; il s'acharne contre les Hérules, un peuple germanique oriental, qui habite sur le Don inférieur, puis contre les arctoi gentes, c'est-à-dire contre les populations finnoises de la Russie forestière, contre les Slaves-Vénèthes du bassin du Dniepr supérieur et, enfin, contre les Aestii, la population balte de la Prusse et de la Lituanie actuelles. Il est peu probable qu'Hermanaric ait pu tenir solidement toutes ces vastes régions, de la mer Baltique à la mer d'Azov. Il s'agit plutôt d'une tentative de contrôler les routes fluviales du Dniepr, du Niémen, du Don et de la Volga qui traversent ces terres. Sans doute Hermanaric a pu également imposer un tribut, ne fut-ce qu'épisodique, aux peuples de la grande plaine russe.

Le séjour des Goths au nord de la mer Noire et sur le Danube inférieur peut certainement être considéré comme l'époque la plus importante de leur histoire. En effet, ce peuple obscur, pour ainsi dire inconnu du monde civilisé, devient alors célèbre et puissant. Au IVe siècle, les Goths acquièrent, au-delà des bornes tribales, une conscience « nationale » et donnent leur nom à une puissante fédération composée de divers peuples avec une économie développée. La prédominance des liens économiques et politiques sur tout autre – liens de parenté ou religieux, par exemple – fait de cette union de peuples une véritable formation pré-étatique. Les Goths et leurs alliés germaniques et non germaniques constituent une « nation » qui possède sa langue écrite, car leur premier évêque Ulfila a traduit au IVe siècle la Bible en langue gothique. La civilisation matérielle des Goths, connue d'après les sites de la culture de Černjahov, se distingue de celle d'autres Barbares de cette époque et les place au rang de la civilisation rurale des provinces romaines. La société gothique est alors la seule en Barbaricum européen à être parvenue à un tel stade de développement, à posséder un territoire si étendu et ceci explique le rôle exceptionnel que tiendront les Goths durant la période suivante, celle des grandes migrations.


Les Goths face aux migrations venues d'Asie

Mais « l'empire » d'Hermanaric était condamné dès sa naissance. En effet, ses centres vitaux, comme d'ailleurs presque toute la zone de la civilisation de Cernjahov, se localisent dans la steppe et la steppe forestière, sur la route empruntée dans leurs migrations vers l'ouest par les nomades venus d'Asie. Dès le début de l'âge du fer, l'histoire de la grande steppe eurasienne est marquée par les ravages des hordes nomades qui passent par ce long couloir qui mène de la Mongolie jusqu'au bassin des Carpates. Ainsi, en 375, les Huns, venus de l'est, attaquent les Goths. Hermanaric ne peut maîtriser la situation et son « empire » s'effondre. Hermanaric meurt après une résistance désespérée et les Greuthunges-Ostrogoths deviennent les sujets des Huns. Une partie des Greuthunges, alliée à quelques bandes des Alains, nomades iranophones de la steppe russe, s'enfuit vers l'ouest, emmenant avec elle le petit roi Videric, héritier d'Hermanaric. À partir de 380, ces Greuthunges s'installent en tant que fédérés romains dans les provinces danubiennes de l'Empire. Les Tervinges-Wisigoths, qui s'étaient détachés d'Hermanaric peu avant l'invasion hunnique, décident de se défendre seuls sur leur frontière orientale, le Dniestr. Mais ils sont battus à leur tour et la plupart d'entre eux quittent la côte nord du Danube, pour passer sur le territoire de l'Empire.

Ainsi termine l'histoire commune des Goths ; à partir de la fin du IVe siècle les Ostrogoths, les Wisigoths et d'autres branches de ce peuple suivent chacun leur destin.

Michel Kazanski
Février 2003
 
Bibliographie
The Goths The Goths
P. Heather
Oxford, 1996

I Goti (catalogue d'exposition) I Goti (catalogue d'exposition)
Collectifs
Milan, 1994

Les Goths (Ier-VIIe siècle ap. J.-C.) Les Goths (Ier-VIIe siècle ap. J.-C.)
Michel Kazanski
Errance, Paris, 1991

Histoire des Goths Histoire des Goths
H. Wolfram
Paris, 1990

Die Goten und Scandinavien Die Goten und Scandinavien
R. Hachmann
Berlin, 1970

Archäologie und Geschichte der Goten vom I-VII Jahrhundert Archäologie und Geschichte der Goten vom I-VII Jahrhundert
V. Bierbrauer
In Frühmittelalterliche Studien 28
p. 51-171.

1994

Histoire des Goths Histoire des Goths
Jordanés
In La Roue à Livres
Les Belles Lettres, Paris

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