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L'Empire espagnol d'Amérique
Joseph Pérez
Professeur émérite à l’université de Bordeaux III
Ancien directeur de la Casa Velázquez

Le goût de l'aventure des conquistadors, les fabuleuses mines d'or et d'argent, les fortunes tirées du tabac et du sucre : toutes ces réalités ne doivent pas en cacher d'autres, qui eurent nom disparition des Incas et des Aztèques, esclavage et exploitation. Joseph Pérez, auteur d'une Histoire de l'Espagne (Fayard, 1996), revient ici sur cette histoire complexe et sur les liens que l'Espagne entretint avec ses colonies des « Indes » – qui prétendaient, de leur côté, au titre de territoires associés, avant de gagner leur indépendance.

Les voyages de découverte

En 1492, les Rois Catholiques acceptent de financer l'entreprise d'un Génois qui se fait fort de trouver une route maritime vers la Chine en naviguant vers l'ouest à travers l'océan Atlantique. Christophe Colomb appareille de Palos, le 3 août 1492. Le 12 octobre, il arrive dans l'archipel des Lucayes, puis à Cuba et, enfin, à Hispaniola, l'île espagnole qui deviendra Haïti. La deuxième expédition (1493-1496) permet de reconnaître les Petites Antilles. Au cours de la troisième (1498-1500), Colomb débarque sur le continent. La quatrième (1502-1504) est tout entière occupée à trouver un passage vers le Pacifique à hauteur du Honduras. Colomb meurt à Valladolid, le 21 mai 1506, convaincu d'être arrivé en Asie. Depuis quelques années déjà, ses contemporains sont persuadés du contraire : c'est un continent nouveau qu'on vient de découvrir, un continent qu'en 1507 on propose de baptiser l'Amérique en hommage à Amerigo Vespucci, un navigateur rival de Colomb.

Les Rois Catholiques se sont empressés d'obtenir l'investiture du pape sur les territoires découverts ou à découvrir ; ce sont les bulles alexandrines, signées en 1493 par Alexandre VI. Le monde est partagé en deux. On trace une ligne imaginaire de pôle à pôle ; tout ce qui est situé à cent lieues à l'est du méridien du Cap-Vert est réputé territoire portugais, ce qui est situé à l'ouest, territoire castillan. Devant les protestations du Portugal, la Castille accepte, en 1494, de repousser la ligne de démarcation à trois cent soixante-dix lieues à l'ouest des îles du Cap-Vert. C'est ainsi que le Brésil, découvert en 1500, devait revenir à la couronne de Portugal.

L'expansion coloniale

La conquête de l'empire d'Amérique s'est faite en trois étapes : conquête des Antilles, entre 1492 et 1515 ; du Mexique, à partir de 1520 et enfin du Pérou, à partir de 1530.

Dès le deuxième voyage de Colomb, en 1493, on était passé de la découverte à la colonisation, comme le prouvent l'ampleur des moyens utilisés – dix-sept bateaux – et la mise en place d'une administration élémentaire. À la mort de Ferdinand le Catholique, en 1516, les Antilles remplacent l'Andalousie comme base arrière pour l'exploration et l'administration du continent. On cherche de nouvelles terres à conquérir et à exploiter en direction du continent. C'est dans ce cadre que se situe l'expédition en direction du Mexique. Hernán Cortés appareille de Cuba le 18 novembre 1518, avec onze bateaux, cinq cent cinquante compagnons, deux ou trois cents Indiens et Indiennes, des Noirs, une quinzaine de canons et une quinzaine de chevaux. En avril 1519, il débarque sur la côte du Mexique. Un mois plus tard, il est au cœur de l'Empire aztèque, à Tenochtitlan, qu'il doit évacuer le 30 juin 1520, mais qu'il reprend définitivement en août 1521. À partir du plateau central, les territoires environnants sont méthodiquement soumis.

La prise de possession du Pérou se situe une dizaine d'années plus tard. En novembre 1531, Pizarro tend un guet-apens à l'empereur Atahualpa et exige de lui une rançon énorme. En novembre 1533, la capitale des Incas, le Cuzco, est occupée, mais Pizarro préfère installer le gouvernement du pays près du littoral, dans une ville nouvelle, Lima (1535). Les vainqueurs se divisent et se battent entre eux. L'ordre n'est rétabli qu'en 1548 avec l'arrivée du vice-roi Pedro de la Gasca.

En moins de vingt ans, deux empires immenses, bien organisés et très peuplés, s'effondrent sous les coups d'aventuriers dont les effectifs n'ont jamais dépassé mille hommes. On s'est souvent interrogé sur les raisons d'une victoire aussi facile. On peut relever trois sortes de raisons qui expliquent ce succès. Tout d'abord, la supériorité technique des Espagnols qui compenserait leur infériorité numérique. L'avantage des Espagnols était certain, mais non déterminant. À la longue, la disproportion numérique aurait dû jouer en faveur des Indiens. Mais de toute autre portée étaient les facteurs religieux, ces croyances qui plaçaient les Indiens dans un état de moindre résistance psychologique : ils attendaient le retour imminent de dieux qu'ils eurent tendance à identifier avec les Européens. Il ne faut pas négliger, enfin, les aspects politiques : les Espagnols ont exploité les rivalités locales, le ressentiment qu'Aztèques et Incas avaient suscité chez les tribus soumises.

Qui étaient les conquistadors ? Ce sont des hommes de la moitié sud de la péninsule, des ruraux, des jeunes. Rares sont ceux qui ont reçu une instruction élémentaire. Ils viennent de milieux sociaux modestes ; il n'y a parmi eux aucun noble. Ce qui les anime, c'est le souci de s'élever au-dessus de leur condition et de faire fortune rapidement. Il ne faut pas sous-estimer d'autres motivations. Le goût de l'aventure, chez eux, est déterminant : ils cherchent la source de l'éternelle jeunesse, le royaume du Dorado… Presque tous les conquistadors ont été séduits par les paysages d'Amérique où ils ont cru trouver un paradis qui leur rappelait les pays de légende de l'Antiquité ou des romans de chevalerie, comme le montrent les noms qu'ils ont donnés à certaines de ces régions : la Floride, la Californie, le fleuve des Amazones…

Les problèmes de la conquête et de la colonisation

La conquête de l'empire colonial a eu pour conséquences la disparition de deux civilisations originales, celle des Aztèques et celle des Incas, ainsi que la mort d'une grande partie de la population autochtone. Les Européens ont introduit en Amérique des maladies contagieuses, jusque-là inconnues. C'est ce choc microbien qui a provoqué l'effondrement de la population amérindienne. Dès le début, des voix s'étaient élevées en Espagne pour dénoncer les méthodes de colonisation et l'exploitation des Indiens. Professeur de théologie, Vitoria conteste, en 1539, la plupart des titres qu'invoquent les Espagnols pour légitimer la colonisation. Un religieux dominicain, Bartholomé de Las Casas, juge le système colonial comme intrinsèquement pervers. Ses efforts aboutissent en 1542, quand les Lois nouvelles rappellent solennellement l'interdiction de réduire les Indiens en esclavage, mais la mesure provoque la révolte armée des colons du Pérou. En 1550, Charles Quint demande à une commission composée de hauts fonctionnaires et de théologiens de revoir l'ensemble du dossier ; c'est ce qu'on appelle la controverse de Valladolid. L'humaniste Sepúlveda justifie la colonisation en insistant sur les sacrifices humains et la pratique du cannibalisme, pour conclure à l'infériorité des Indiens et à la nécessité de les placer sous tutelle. Las Casas réfute les thèses de son adversaire à partir de sa propre expérience : les Indiens ne sont pas plus barbares que les Européens.

L'organisation politique et économique de l'Empire

Au milieu du XVIe siècle, l'empire colonial espagnol reçoit une organisation politique et administrative qui ne variera guère jusqu'au XVIIIe. Les territoires conquis dans le Nouveau Monde relèvent de deux administrations, les unes installées sur place, les autres dans la métropole. À la base, dans les villes fondées par les conquistadors, on trouve les municipalités, domaine réservé de l'aristocratie créole qui dispose de pouvoirs très étendus. Très vite, la couronne a envoyé sur place des agents avec des titres divers : gouverneurs, magistrats ou alcaldes mayores, corregidores… censés faire appliquer les lois. La couronne crée aussi des circonscriptions à la fois administratives et judiciaires, les Audiences. La première s'installe à Saint-Domingue dès 1511. Par la suite, on en crée de nouvelles à Mexico, au Guatemala, à Guadalajara, à Panama, à Lima, à Bogota… Enfin, le souverain est représenté par des vice-rois, d'abord, dans les deux territoires les plus importants – la Nouvelle Espagne, c'est-à-dire le Mexique – et le Pérou, puis, au XVIIIe siècle, dans la région septentrionale des Andes à Bogotá et dans le Río de la Plata à Buenos Aires.

Dans la métropole, le Conseil des Indes, constitué en 1524, dirige toute la politique coloniale, avec une triple mission : réunir l'information sur les Indes ; administrer les territoires et contrôler la façon dont ses ordres sont exécutés. Il dispose pour cela de deux instruments relativement efficaces : des inspections périodiques ou visitas, et les comptes que doivent rendre les fonctionnaires et qui donnent lieu à de véritables procès : tout agent – vice-roi ou corregidor – arrivé en fin de mandat est tenu de répondre de sa gestion ; ses administrés – créoles et Indiens – ont la faculté de porter plainte contre lui s'ils estiment avoir été victimes d'abus ; à l'issue du procès, le magistrat peut être condamné à réparer les préjudices commis.

Cette organisation appelle plusieurs remarques. On est frappé d'abord par le sous-encadrement administratif et militaire de ces territoires. Des forteresses et des garnisons défendent les points stratégiques, ceux qui commandent les liaisons maritimes : La Havane, l'isthme de Panama, Carthagène des Indes, El Callao… mais il s'agit de prévenir des attaques venues de l'extérieur. Pour maintenir l'ordre à l'intérieur, les autorités espagnoles ne disposent que d'effectifs très faibles. Cela n'a pas empêché l'Espagne de maintenir sa domination sans rencontrer d'opposition, ni de la part des Indiens ni de la part des créoles – à l'exception de la révolte des colons du Pérou, en 1543.

Le secret de cette réussite tient peut-être à la nature des liens qui se sont noués entre les Indes et la métropole. Les Indes doivent-elles être considérées comme des colonies ou comme des royaumes associés, comme peuvent l'être la Navarre ou Naples, en Europe ? Les Habsbourg ont fait respecter le monopole commercial de l'Espagne ; pour le reste, ils se sont contentés de poser quelques principes généraux en matière d'administration publique et ils ont laissé les créoles à peu près libres de se gouverner eux-mêmes. Comment faire autrement, d'ailleurs, étant donné les distances ? En réalité, l'administration locale est le plus souvent livrée à elle-même ; elle est autonome en fait, sinon en droit. Quand les Bourbons voudront reprendre les choses en main, dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, ils se heurteront à la résistance des créoles.

Très vite, la couronne pose le double principe qui va régir ses relations avec les Indes : le monopole et la priorité donnée au sous-sol et aux mines.

En droit, les Indes sont incorporées à la couronne de Castille ; les étrangers en sont exclus : ils ne peuvent ni y émigrer ni se livrer au commerce avec elles. En fait, la couronne réserve à Séville et à la basse Andalousie l'exclusivité des liaisons avec les Indes. Ce privilège s'explique par des raisons géographiques – la proximité des alizés – et économiques : depuis longtemps, le port de Séville est un relais pour les marchands italiens en route vers l'Europe du nord ; de plus, l'Andalousie fournit en abondance blé, huile, vin… Pour faire respecter le monopole, on crée à Séville, en 1503, la Casa de la Contratación, institution complexe : c'est une chambre de commerce destinée à fournir au Nouveau Monde les articles dont il a besoin et à entreposer les produits qui en viennent ; c'est aussi un bureau de douane, un dépôt de marchandises confisquées, un arsenal, un magasin militaire, un office d'émigration, une école de cartographie et de navigation, un tribunal qui connaît des différends liés à la législation indienne… C'est la préfiguration de ce qu'on appellera, au XVIIIe siècle, le système de l'exclusif : les colonies sont faites par et pour la métropole.

En gagnant l'Amérique, découvreurs et conquistadors pensaient aux épices, aux perles, aux métaux précieux ; ils recherchaient le profit immédiat, la part de la couronne, fixée au cinquième des bénéfices, étant réservée dans tous les cas. Dans un premier temps, on s'est livré au pillage et à l'extorsion des bijoux et des trésors ; puis on a recherché les perles et les paillettes d'or que charriaient les rivières ; enfin, on s'est concentré sur les mines d'or et d'argent. La production américaine inonde l'Europe à partir des premières années du XVIe siècle : or et surtout argent. C'est parce qu'ils sont producteurs d'or et d'argent que le Mexique et le Pérou occupent tout de suite la première place dans l'empire et deviennent le siège des deux premières vice-royautés ; les autres territoires passent au second plan jusqu'au XVIIIe siècle quand on s'apercevra des profits qu'on peut tirer des plantations de tabac, de sucre, de cacao.

Le gisement d'argent de Potosí, au Pérou, découvert en 1542, est de loin le plus important du Nouveau Monde. La colline, à 4 830 m d'altitude, domine un plateau aride et glacé, la puna. À mille mètres au-dessous, on construit à la hâte des installations précaires : on croyait que ces filons prodigieux seraient vite épuisés. Il n'en fut rien et Potosí devient en quelques années la ville la plus peuplée d'Amérique : au début du XVIIe siècle, elle comptait cent cinquante mille habitants, plus que Londres, Paris, Rome et Séville. En 1555, on remplace le procédé primitif d'exploitation – la fonte du minerai d'argent – par la technique de l'amalgame au mercure qui accroît le rendement. On a d'abord utilisé le mercure d'Almadén, dans la péninsule Ibérique, jusqu'à ce qu'on découvre du mercure dans les Andes, à 4 700 m d'altitude, à Huancavelica.

L'exploitation des mines du Nouveau Monde posait trois problèmes : le financement, la technique et la main-d'œuvre. Au Pérou, les exploitants étaient presque tous des aventuriers sans capitaux qui empruntaient aux marchands de Lima l'argent nécessaire pour payer le matériel, les salaires et les frais annexes. Faute de moyens pour investir, ils s'en tenaient à des procédés archaïques ; ils n'ont jamais cherché à apporter d'innovations techniques et se sont toujours efforcés de réduire les frais au minimum : la richesse des gisements suffisait à garantir une production abondante, au prix d'un gaspillage énorme. L'argent, sous forme de lingots, était transporté dans les magasins du roi, puis descendu jusqu'à la mer pour être livré à Séville, via Panama. À tous les stades, la fraude était considérable ; on calcule qu'elle était au moins égale aux quantités officiellement déclarées.

Pour la main-d'œuvre, on a eu recours au travail forcé des Indiens. Les esclaves noirs, coûteux à l'achat et mal adaptés au climat, sont très peu employés. À Zacatecas, au Mexique, en 1570, on relève même une forte proportion de travailleurs blancs : trois cents Espagnols contre cinq cents esclaves et beaucoup de métis libres, attirés par des salaires relativement élevés. Au Pérou, l'exploitation a d'abord reposé sur la encomienda – le travail forcé des Indiens. En 1572, lorsque se généralise le procédé d'extraction de l'argent par l'amalgame avec du mercure, le vice-roi Francisco de Toledo a l'idée de reprendre une institution qui datait des Incas : la mita. Il s'agit de mobiliser des travailleurs par roulement et de les répartir entre les ayants droit espagnols. De toute la région du lac Titicaca, les Indiens arrivaient avec leur famille et leurs lamas ; ils devaient passer un an à la mine. Le vice-roi Toledo assortit cette contrainte d'un certain nombre de mesures destinées à empêcher les abus. Ses ordonnances fixaient le salaire minimum, réglementaient la durée du travail, prévoyaient la création d'hôpitaux… Cette réglementation n'a pas empêché la mine d'être terriblement meurtrière. Malgré les protestations des moralistes et de certains théologiens, la mita s'est maintenue jusqu'au XVIIIe siècle.

Que deviennent les « trésors américains », une fois arrivés à Séville ? Il faut distinguer ceux qui sont propriété de la couronne et ceux qui appartiennent à des particuliers. Dans la première catégorie figure le cinquième des profits coloniaux, le quinto real. La seconde catégorie de l'argent d'Amérique – celui qui appartient à des particuliers – comprend à son tour deux éléments. Une partie représente la contre-valeur de marchandises exportées. Une autre partie consiste en transferts opérés par conquistadors et colons ; ce sont les profits coloniaux, le plus souvent consacrés à des dépenses de prestige. De cette façon, une quantité d'argent, qui a dû être très élevée, a été thésaurisée sous forme de palais, d'objets d'art, de vaisselles, d'ornements religieux, de fondations pieuses – hôpitaux, églises, monastères…

L'émancipation de l'Amérique espagnole

Au début de l'année 1810, en Amérique, tout le monde est convaincu que Napoléon a gagné la partie en Espagne. Pour éviter que leur pays ne subisse le même sort, les créoles décident de s'organiser en juntes, mais refusent de reconnaître l'autorité des Cortès de Cadix ; ils considèrent, en effet, que les Indes ne sont pas des colonies, mais des territoires associés. Dans un premier temps, les tendances sécessionnistes sont loin d'être majoritaires ; au Venezuela, par exemple, la république s'effondre rapidement et son fondateur, Bolivar, doit fuir le pays. En 1815, seule l'Argentine peut être considérée comme définitivement perdue pour l'Espagne. Le retour de Ferdinand VII autorise tous les espoirs puisque les juntes prétendaient avoir pris les armes en son nom. Or, le roi commet l'erreur de considérer les « patriotes » comme des traîtres et des rebelles. Cette attitude transforme en ennemis de l'Espagne des hommes qui se seraient peut-être contentés de réaménager les rapports entre la métropole et les territoires d'Amérique. Le pronunciamiento de Riego, en 1820, précipite la décomposition de l'empire. En apprenant que les Cortès ont déclaré la liberté de la presse, se préparent à mettre en vente les biens du clergé, ont aboli l'Inquisition et les privilèges du clergé et de l'armée, les Mexicains rompent les liens avec la péninsule. Au Venezuela, Bolivar reprend le combat. La bataille d'Ayacucho (décembre 1824) marque la fin du processus de désintégration de l'empire d'Amérique.

Depuis 1825, l'Espagne ne conservait plus que quelques colonies dispersées. En septembre 1868, les esclaves et les petits Blancs de Cuba se soulèvent pour réclamer l'abolition de l'esclavage et un certain degré d'autonomie. L'esclavage est aboli en 1870, mais l'incompréhension des gouvernements amène les rebelles à envisager l'indépendance. La guérilla fait place, en 1895, à une insurrection autrement sérieuse. En avril 1896, les États-Unis proposent leurs bons offices à l'Espagne qui les refuse. Ils profitent d'un accident – l'explosion d'un bateau dans le port de La Havane – pour déclarer la guerre. À la marine américaine, dotée de bâtiments modernes, l'Espagne ne peut opposer que de vieux bateaux et des troupes épuisées. L'Espagne se résigne à négocier dans les pires conditions. Au traité de Paris, signé le 10 décembre 1898, elle cède les Philippines et Puerto Rico aux États-Unis et reconnaît l'indépendance de Cuba.

Joseph Pérez
Janvier 2003
 
Bibliographie
La Découverte de l'Amérique La Découverte de l'Amérique
Marianne Mahn-Lot
Flammarion, Paris, 1991

Très brève relation de la destruction des Indes Très brève relation de la destruction des Indes
Bartolomé de Las Casas
La Découverte, 1999

Les Conquistadores Les Conquistadores
Ruggiero Romano
Champs
Flammarion, Paris, 1999

Barthelemy De Las Casas. L'Évangile et la force Barthelemy De Las Casas. L'Évangile et la force
Marianne Mahn-Lot
Le Cerf, Paris

Portrait historique de Christophe Colomb Portrait historique de Christophe Colomb
Marianne Mahn-Lot
Points histoire
Le Seuil, Paris, 1988

Colonisation et conscience chrétienne au XVIe siècle Colonisation et conscience chrétienne au XVIe siècle
Lewis Hanke
Plon, Paris, 1957

La vie quotidienne des Aztèques à la veille de la conquête espagnole La vie quotidienne des Aztèques à la veille de la conquête espagnole
Jacques Soustelle
Hachette, Paris, 1955

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