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Nemrud Dag
A la croisée de deux mondes : la Commagène
Porte des passes du Taurus vers la vallée du haut Euphrate, à l’est de la Cilicie et au sud de la Cappadoce, au cœur du massif anatolien, autour de la cité de Samosate, la Commagène est une région qui se singularisa dès la haute antiquité. Elle ressortissait de l’administration de l’empire des Séleucides, héritier des conquêtes d’Alexandre le Grand, mais celui-ci se désintégra progressivement à partir du IIe siècle av. J.-C., vers 188, dut céder au royaume de Pergame, protégé de Rome, toute la partie occidentale de l’Anatolie. Incapable de contrôler l’ensemble de son territoire, le faible empereur séleucide Antiochos V Eupator choisit, en ~162, de faire de son fidèle satrape, Ptolémée de Commagène, un souverain héréditaire.

Entre Rome et l’Empire parthe
De culture grecque, mais certainement de lointaine origine persane, la nouvelle dynastie, profitant de la position stratégique remarquable de la Commagène entre les deux empires, romain et parthe, en pleine expansion, réussit, par d’habiles manœuvres politiques, à préserver l’indépendance et à faire la prospérité de son royaume. Le roi Mithidate Ier Kallinikos, qui choisit d’épouser Laodicée, une princesse séleucide, s’attira la reconnaissance des Romains en adoptant une attitude de neutralité bienveillante lors de la difficile lutte menée par Sylla contre l’ambitieux Mithridate du Pont. Mais ce fut surtout son fils et successeur, Antiochos Ier Epiphane (~69 – ~34) qui porta la Commagène à son apogée. Il fit le choix judicieux d’apporter son aide à Pompée, victorieux des Parthes en ~64. Reconnaissant, Pompée lui fit attribuer la souveraineté sur plusieurs territoires jouxtant la Commagène.

Gigantisme...
Mais Antiochos Ier ne serait certainement connu aujourd’hui que des seuls spécialistes s’il n’avait fait preuve de démesure pour faire édifier un monument à la mémoire de son père, à sa propre gloire et à celle de ses dieux. En Anatolie, depuis les Hittites, les dieux sont fréquemment représentés juchés au sommet de montagnes. Antiochos porta donc son choix sur la “montagne de Nemrod” dont le sommet, à 2150 m d’altitude, se profilait à l’horizon de Samosate. Le sommet de la montagne fut arasé pour constituer une vaste terrasse sur laquelle fut édifié un tumulus artificiel de 50 m de haut et de150 m de diamètre, composé de pierres de la taille d’un poing. Ce tumulus, qui n’a pas encore été fouillé, recèle peut-être la tombe du souverain, mais il n’est pas le seul exploit de cette titanesque réalisation. On y accédait, au nord, par une voie processionnelle entourée de murs et gardée par l’imposante statue d’un aigle. Chacune des terrasses orientale et occidentale était ornée de statues colossales d’une dizaine de mètres de haut et d’orthostates dont les bas-reliefs figurent les ancêtres macédoniens et perses d’Antiochos, puis que celui-ci prétendait descendre, par son père Mithridate, de Darius Ier et par sa mère, Laodicée, d’Alexandre le Grand...

... et syncrétisme
Les statues des dieux illustrent remarquablement le syncrétisme religieux auquel s’était efforcée la dynastie de Commagène. Aux côtés d’Antiochos divinisé et de Tyché, sous la forme de la divinité de la fertilité locale, y sont représentés Zeus/Oromasdès, Apollon/Mithra/Hélios/Hermès et Héraklès/Verethragna/Arès, témoignant, bien avant les recherches de Dumézil sur le panthéon ancestral indo-européen, de la conscience qu’avaient les anciens d’une certaine identité de ces divinités à travers des contextes culturels différents ! Un autel du feu y faisait référence au zoroastrisme tandis qu’une stèle astronomique marquait, par la conjonction de Jupiter, Mercure et Mars associée à 19 étoiles et un croissant de lune, la date du 17 juillet 61 où Antiochos reçut la consécration de Pompée.

Sic transit gloria mundi
Mais Mithridate, fils d’Antiochos, commit l’erreur d’épouser la fille du roi parthe Orodès II, puis de soutenir Marc-Antoine contre Octave à la bataille d’Actium. Alors, la Commagène perdit l’appui de Rome et fut annexée en 17 par Tibère. Après une restauration éphémère par Caligula en 38, la dynastie disparut définitivement lors du rattachement de la Commagène à l’empire par Vespasien en 72. Toutefois, n’oublions pas que la province romaine de Commagène vit, au IIe siècle, naître Lucien de Samosate, l’un des plus originaux auteurs grecs antiques.
Chronologie de la Turquie
La Turquie
De l'Asie Mineure ancienne à l'époque contemporaine

Anatolie (pays du Soleil levant) pour les Grecs, province d’Asie pour les Romains et Asie "mineure" pour les Byzantins, les terres – étendues du littoral ...
 

 
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