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Le temple de Fushimi Inari
Le riz, le saké et le renard
Histoire et mythe : le riz
Les origines du peuple japonais s'inscrivent dans une histoire complexe qui n'est pas encore totalement élucidée. Après les peuples premiers – certainement originaires de Sibérie et dont descendent encore aujourd'hui les Aïnous d'Hokkaido – qui vivaient de chasse et de cueillette, les migrants venus d'Asie du Sud-Est qui, en passant par les Philippines, apportèrent les techniques néolithiques de la poterie, inaugurèrent la longue période protohistorique de la culture Jomon. L'évolution majeure se produisit vers le IIIe siècle av. J.-C., avec la période dite « Yayoi », durant laquelle une nouvelle vague de migrants, qui avait transité par la Corée, apporta la métallurgie du bronze et du fer et, surtout, la culture du riz irrigué, ce qui permit une forte poussée démographique. Selon le Nihongi (les chroniques du Japon, rédigées au VIIIe siècle), les îles nippones naquirent de l'union du couple primordial Izanagi et Izanami. Izanami engendra ensuite les principaux kamis – divinités spécifiques ou esprits – dont Amaterasu, la déesse solaire qui trône au sommet du panthéon shintoïste. Elle mourut grièvement brûlée en accouchant de Kagutsuchi, le kami du feu, mais de son corps jaillirent encore les kamis du métal, de la terre, de l'irrigation, de l'agriculture, le kami source de vie Ukanomitama-no-ōkami. C'est de cette dernière que naquit Ukanomitama no Mikoto, protectrice du riz, appelée aussi Inari.

Mythe : le renard
Ine-nari (« croissance du riz ») prit certainement la suite d'un esprit des champs ancestral, antérieur au développement du shintoïsme, et devint la divinité protectrice du puissant clan Hata, installé à Inari, près de Kyoto. A l'origine divinité masculine, représentée en vieillard barbu se tenant sur un sac de riz, Inari évolua progressivement vers une figuration féminine, symbole de fertilité. Devenue très populaire, Inari fut même intégrée dans le panthéon bouddhiste japonais au VIIIe siècle par le moine Kobo-Daishi, le fondateur de l'école bouddhiste Shingon à Nara. Que ce soit sous sa forme masculine ou féminine, Inari est toujours représentée accompagné d'un ou deux renards. Messager du dieu, animal réputé pour son intelligence et sa ruse, le renard est certainement aussi une divinité ancestrale, un kami rustique, protecteur du riz ensilé. Il est représenté généralement par paire, sous forme de statuettes de pierre, assis, les oreilles dressées, l'un tenant dans sa gueule la clef de la resserre à riz, l'autre une ou deux sphères représentant le kami de la nourriture. Appelées kitsune, ces statues se retrouvent dans nombre de temples shinto ou elles sont souvent confondues avec une représentation de la divinité elle-même. Dans les temples bouddhistes, le « renard Inari » est assimilé à Dakini Ten, un bodhisattva féminin chevauchant un renard volant blanc. Ambivalent, comme Inari, le renard s'inscrit bien dans la tradition japonaise qui mêle intimement le monde des hommes avec celui des esprits, de la nature et du divin. Nombre de mythes s'attachent au « renard Inari ». Celui-ci est censé pouvoir prendre un aspect maléfique et posséder les humains. Lorsqu'il atteint l'âge de cent ans, il devient capable, en plaçant sa tête sous un roseau, de se métamorphoser en un vieux moine ou, le plus souvent, en une jeune femme séduisante. Le jeune homme qui épouse une femme-kitsune trouve en elle une compagne dévouée et aimante, mais si, un soir de lune, il découvre la vraie nature de sa femme, celles-ci s'enfuit à jamais ! A l'origine kami du riz, Inari devint au fil du temps le gardien des moissons et des maisons, le protecteur des forgeurs de sabres, des pêcheurs, des pompiers, des prostituées et, enfin, des marchands et hommes d'affaires auquel il peut assurer la prospérité.

Symbolisme : les torii
Bien qu'ils soient devenus le symbole du Japon, l'origine des torii, ces grands portiques de bois ou de pierre, pratiquement toujours recouverts d'une laque vermillon, qui marquent l'entrée des temples shinto, demeure mystérieuse. Les premières mentions dans les textes remontent au IXe siècle. Certains y voient l'influence des toranas qui signalaient l'entrée des temples bouddhistes en Inde. Leur fonction est hautement symbolique : lorsque l'on franchit un torii, on quitte le monde profane pour pénétrer dans l'espace sacré, domaine de la divinité ou protégé par un esprit, dans un monde d'une autre dimension et hors du temps, un peu semblable au temenos, l'espace sacré qui ceignait les temples grecs. Il est donc important, pour un Japonais, de passer sous le même torii en sortant du temple afin de regagner le monde réel !

Fushimi Inari
C'est en franchissant un torii monumental que l'on accède à l'esplanade qui mène au temple de Fushimi Inari. De part et d'autre du grand escalier, flanqué de deux remarquables kitsune, qui précède la porte monumentale Romon, don du grand daimyo Toyotomi Hideyoshi en 1589, les petits heiden abritent les offrandes de riz et, surtout, de saké, alcool produit de la fermentation du riz, dans de magnifiques barils de bois recouverts de paille de riz et de papier décoré, les komodaru. Au-delà, on gagne le honden, bâtiment principal, demeure du kami. Consacré en 711, à l'aube de la période Nara, mais sur un autre emplacement, le temple fut transféré à Fushimi, au pied du mont Kukai, en 816 et reconstruit en 1499 dans le style Momoyama, caractéristique de l'époque des grandes luttes pour l'unification du Japon. Vénéré dans le temple sous le nom originel d'Ukanomitama, Inari est aussi considérée comme le kami de la montagne Kukai et plusieurs temples secondaires s'étagent jusqu'au sommet que l’on atteint à l’issue d’une promenade de deux heures, mais il 'agit d'une promenade extraordinaire : le sentier est presque entièrement couvert de torii, à certains endroits pratiquement jointifs. Inari étant le kami de la prospérité, de nombreux commerçants, négociants, banquiers, industriels ont financé chacun un torii qui porte, en idéogrammes élégants, leur nom ou celui de leur firme, si bien que le Senbon Torii – l'allée des mille torii – en compte plus de cinq mille, dix mille si l'on considère les torii miniatures posés sur de petits autels en pierre ou des niches creusées à flanc de rocher. Si le cœur vous en dit, sachez qu'il faut compter 10 000 € pour ajouter un beau torii à votre nom et vous mettre sous la protection du renard rusé et espiègle qui pourra vous assurer la fortune ou... vous jouer de bien vilains tours !
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