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Kyongju
La capitale du royaume de Silla
L'émergence des Etats
Déjà marquée par une civilisation néolithique avancée, la Corée vit l'arrivée massive, à l'aube du premier millénaire avant notre ère, de peuples de langue toungouze, venus de Mandchourie et de Sibérie. Ils apportaient l'usage du bronze, et une société de structure clanique, proto-féodale, hiérarchisée, ainsi que l'atteste la présence de dolmens, sépultures réservées à l'élite dirigeante. La constitution d'une première ligue de tribus déboucha, vers le IVe siècle av. J.-C., sur la constitution d'un premier petit royaume, Chosŏn – le « Matin calme » – fondé par Tan'gun, né de l'union du fils du Ciel avec une femme-ours... Bien qu'il maîtrisât la fabrication des armes de fer et qu'il usât de la cavalerie montée, le royaume de Chosŏn fut conquis par la Chine en 108 av. J.-C. Après le retrait des Chinois, la Corée vit l'émergence d'Etats tribaux qui se consolidèrent en trois petits royaumes rivaux, ceux de Koguryŏ, de Paekche et de Silla auxquels s'adjoignit, au IVe siècle et jusqu'en 562, la colonie japonaise de Kaya, « Mimana » pour les Japonais.


Le royaume de Silla
Né de l'union de six villages, autour de Kŭmsŏng – l'actuelle Kyongju – qui en devint la capitale, le royaume de Silla était aux mains d'une aristocratie dont la stricte hiérarchie reposait sur l'origine familiale. Les membres de « l'os saint », de pur sang royal, détenaient le pouvoir suprême, mais ceux de « l'os véritable » formaient un conseil aristocratique – Hwabaek – qui se réunissait pour prendre les décisions les plus graves. Etat guerrier, le Silla, avec l'aide de la Chine, conquit le Paekche en 660 et le Koguryŏ en 668, avant de bouter les Chinois hors de la péninsule en 676, donnant naissance au premier royaume unifié de Corée. Réduisant l'influence des nobles, le roi de Silla se comporta en souverain absolu, et Kyongju, cité naturellement protégée par une double rangée de collines, devint la brillante capitale d'un Etat centralisé dont l'organisation sociale et administrative reposait sur les préceptes confucéens, à l'imitation de la Chine. Omniprésent, le bouddhisme, introduit en 528 par le moine Ado, se déclinait en deux écoles, celle de l'avatamsaka-sutra, adoptée par la famille royale, qui comparait les mérites à une guirlande de fleurs, tandis que celle de la terre Pure, promettant le Salut dans le paradis de l'Ouest par la simple invocation d'Amithaba, fut naturellement adoptée par le bas-peuple.


Kyongju, un « musée sans murs »
A l'époque de son apogée, Kyogju compta peut-être un million d'habitants. La prospérité du royaume permit à ses rois de se faire édifier de somptueux palais mais dont il ne reste que des vestiges sur les sites de Panwolsong et Sokpinggo. En revanche, au cœur de la ville, un parc protège maintenant une vingtaine de tumuli abritant les tombes royales. La tombe Cheonmachong, la « tombe du cheval volant », découverte en 1974, a livré des milliers d'objets, dont une couronne en or, merveille d'orfèvrerie qui atteste le niveau de développement de la Corée au VIIIe siècle. La tombe Kwaenung – peut-être celle du roi Wonsung – est l'une des plus belles, protégée par un mur portant, sculptés, les douze signes du zodiaque et précédée d'une allée flanquée de dignitaires, de guerriers et de lions de pierre d'une remarquable facture. Non loin de là, la tour de l'observatoire Cheomsongdae, érigée au VIIe siècle, montre que les sciences étaient aussi avancées à cette époque.


Les monastères
Les plus beaux monuments de Kyongju restent cependant ceux qui relèvent du bouddhisme. Le plus remarquable est certainement le temple Bulguksa, édifié en 535. S'il a conservé tous ses escaliers et pagodes de pierre, les temples en bois ont été remarquablement restaurés selon les plans d'origine. Bien qu'inspirés des techniques chinoises, les sculptures coréennes, tant de pierre que de bronze, se caractérisent par leur inventivité et une liberté bien éloignée des représentations conventionnelles. Il suffit, pour s'en convaincre, d'admirer le grand bouddha du Kulpul-sa, légèrement déhanché sous un drapé mouillé. La grotte de Sŏkkuram, rotonde creusée dans le granit, face au soleil levant, abrite aussi un grand bouddha qui dégage une impression de force et de sérénité rarement égalée, tandis que les bodhisattvas féminines qui l'entourent sont empreintes d'une grâce retenue, sous des draperies remarquablement sculptées dans le granit.


La fin de Silla
Si les rois de Silla aimaient à se reposer près du petit lac d'Anapchi où subsistent quelques vestiges du palais qu'y fit construire le roi Munmu en 674, ils devaient aussi guerroyer sans cesse. A la fin du VIIIe siècle, la multiplication des révoltes seigneuriales désagrégea le royaume de Silla et si, en 936, l'unité de la Corée fut rétablie, ce fut sous l'autorité de Wang Kŏn, roi de Koryŏ – aujourd'hui Kaesŏng en Corée du Nord –, et Kyongju ne fut plus qu'une capitale provinciale, statut qu'elle conserva jusqu'en 1601.
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CO 50 - 13 jours

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Bibliographie
La Corée dans ses fables
Patrick Maurus
Actes Sud, Arles, 2010
 
 

 
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