1492 représente, pour la conscience occidentale, une date fétiche, généralement célébrée comme l’avènement de la modernité. Une modernité paradoxale, grosse des promesses mais aussi des angoisses que recouvre aujourd’hui le terme de mondialisation. Si la capture de l’Amérique par les Européens est évidemment un événement décisif, elle s’inscrit dans une conjoncture globale de décloisonnement séculaire des espaces et des temps du monde. En commencer le récit à la mort de Tamerlan (1405) pour l’achever avec le retour du périple de Magellan (1522) ne consiste pas seulement à décaler la chronologie pour étudier les prémices médiévales de ce qu’il est convenu d’appeler, dans l’Europe occidentale, « les grandes découvertes ». Il s’agit surtout de déplacer le regard pour déstabiliser certaines certitudes européocentriques et comprendre que d’autres mondialisations étaient possibles. C’est donc à une histoire décentrée du monde, qui ne se réduit pas à la chronique glorieuse de son occidentalisation, que l’on tentera de s’atteler cette année.
- Les inventions du monde : une autre histoire des Grandes Découvertes
mardi 22 mars 2011 à 13h00