Les paysages du Nord-Pakistan sont parmi les plus prodigieux du « toit du monde ». Pour les découvrir, ce voyage exceptionnel emprunte la célèbre Karakorum Highway dont le tracé suit la longue route des marchands et pèlerins qui autrefois reliaient le Cathay à l'Occident. C’est ainsi que plus de 50 000 pétroglyphes et graffiti furent découverts, dépeignant des scènes de chasse qui progressivement cédèrent le pas à des expressions religieuses : Bouddhas, boddhisattvas et stoupas. Du temps d’Ashoka, l’empire se construisit autour du bouddhisme, comme en témoigne Taxila, avant que les Kushans deviennent les mécènes de cette religion qui n’était pourtant pas la leur. Riches des influences passées, c’est à leur époque, autour des premiers siècles de notre ère que l’on donna un visage au Bouddha. Ainsi était né l’art du Gandhara aux traits hellénisants ; nous le découvrirons le long de notre chemin.
Des ethnies se sont agrippés dans cet environnement, vivant dans des villages de caractère : nous rencontrerons des Hunzakuts chiites, des Pachtouns sunnites et des Kalash demeurés partiellement animistes, ultimes témoins de cette route des caravanes. Nous assisterons à leur festival des moissons, l’Uchal, où ils dansent et chantent pour remercier la nature. C'est un moment privilégié où la communauté se resserre, où l'on partage fromage, pain de maïs et babeurre.
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Les paysages du Nord-Pakistan sont parmi les plus prodigieux du « toit du monde ». Pour les découvrir, ce voyage exceptionnel emprunte la célèbre Karakorum Highway dont le tracé suit la longue route des marchands et pèlerins qui autrefois reliaient le Cathay à l'Occident. C’est ainsi que plus de 50 000 pétroglyphes et graffiti furent découverts, dépeignant des scènes de chasse qui progressivement cédèrent le pas à des expressions religieuses : Bouddhas, boddhisattvas et stoup ... lire plus
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J 1 - Dimanche 9 août 2026 Paris - Islamabad
Vol pour Islamabad avec escale.
J 2 - Lundi 10 août 2026 Islamabad
Arrivée à Islamabad et court repos à l'hôtel.
Islamabad, la capitale fédérale du Pakistan, est sortie de terre il y a une cinquantaine d’années, en remplacement de Karachi qui demeure la mégapole économique. Elle donne une impression de modernité et jouit de nombreux espaces verts. Centre politique, Islamabad est la ville des ambassades tout comme des institutions nationales et internationales. L’on ne saurait manquer celle qui fait la fierté du pays, la très moderne Mosquée Faisal, financée par l’Arabie saoudite et la quatrième au monde en dimension.
Nous poursuivrons cette première promenade par le Raja Bazar de Rawalpindi, cité jumelle d’Islamabad, aux petites boutiques traditionnelles.
Nuit à Islamabad.
J 3 - Mardi 11 août 2026 Islamabad – Taxila – Mardan (150km, 3h)
Départ pour Taxila, l'un des sites archéologiques les plus remarquables du sous-continent. Les trois cités successives qui y furent bâties, Bir-Mound, Sirkap et Sirsukh, témoignent de la position-clé acquise par Taxila de la période achéménide à celle des grands Kushans.
Jaulian, érigé au IIe siècle de notre ère, abrite sur sa colline de nombreux stupas votifs et un monastère important, considéré comme l’une des plus vieilles « universités » du monde.
Nous poursuivrons notre découverte par la visite de la cité grecque - mais aussi parthe, saka et koushane - de Sirkap, fondée au milieu du IIe siècle av. J.-C., où maisons privées, stupas et temples sont disposés selon un plan quadrillé hellénique caractéristique.
Dans l’après-midi, nous visiterons le musée puis le site archéologique de Dharmarajika, qui fait partie des huit sanctuaires bâtis au IIIe siècle avant notre ère par l’empereur Maurya Ashoka.
Continuation vers Mardan, région agricole fertile produisant blé, canne à sucre et fruitiers.
Nuit à Mardan.
J 4 - Mercredi 12 août 2026 Mardan – Mingora (175km, 4h)
Le Swat fut l’une des grandes terres du bouddhisme entre le IIIe siècle avant J.-C. et le Ve de notre ère, particulièrement sous l'Empire Kushan (78 à environ 400 de notre ère) qui s'étendait de l'Afghanistan au Pakistan et au nord de l'Inde. À l'époque, le Gandhara était connu pour son style d'art gréco-bouddhique et nous débuterons ce jour par la visite des ruines de Takht-i-Bahi classées sur la liste de l’UNESCO. Perché sur la crête d’une haute colline, il s’agit du complexe religieux le plus imposant du Gandhara, couvrant une superficie d'environ 33 ha et fondé au début du Ier siècle après J.-C. Il fut utilisé de façon continue jusqu'au VIIe siècle. Pas moins de 270 statues furent excavées, protégées aujourd’hui dans divers musées. Outre sa diversité architecturale, ce qui distingue Takht-i-Bahi est son cadre montagneux serein.
En remontant vers le Nord, nous aborderons les vastes vestiges archéologiques du Gumbatona, dispersés sur une étendue de 1 500 mètres du nord au sud et de 1 000 mètres d'est en ouest, sur des champs en terrasses ; ils présentent les mêmes structures classiques des espaces sacrés de l’époque. Un peu plus loin se distingue le Nemogram, daté entre les IIe et IIIe siècles après J.-C, qui se compose de trois stupas principaux et de cinquante-six stupas votifs placés dans la cour du monastère. Continuation vers Mingora, la plus grande ville du Swat, bruyante et animée.
Nuit à Mingora.
J 5 - Jeudi 13 août 2026 La Vallée du Swat
Une première approche sera pour le musée de Saidu Sharif, capitale du Swat. La collection d’art du Gandhara y est des plus belles. Tout près se trouve le stupa de Butkara datant de l’époque d’Ashoka mais remodelé maintes fois. 215 petits stupas votifs l’entourent.
Le long de la grand-route, de part et d’autre de la rivière Swat, s’égrènent statues esseulées, stupas et monastères. Notre premier arrêt sera pour le Bouddha de Ghaligay, haut de 4m, l’une des nombreuses représentations gravées dans la roche de l'ancienne Udayana. Malheureusement, il fut défiguré par les talibans. Les stupas de Shingardara et d’Amluk seront notre étape suivante. Ils furent probablement édifiés au IIe siècle après JC sous le règne de Kanishka et le second a accueilli des fidèles jusqu’au Xe siècle. Le majestueux stupa est considéré comme l’un des joyaux de la civilisation du Gandhara.
Toujours dans la région de Barikot se dresse le stupa de Tokar Dara (Najigram) qui est certainement le mieux préservé. Il était placé sur une esplanade qui portait quatre colonnes à ses angles, caractéristique de l’art du Swat. Notre dernière visite sera pour Balo Kaley Gumbat qui offre une terrasse où jadis se tenaient trois édifices. Demeure le central, un temple, qui surprend par sa toiture à double ressaut, seul exemple connu au Gandhara.
Nuit à Mingora.
J 6 - Vendredi 14 août 2026 Swat -Besham (100km, 2h30)
Tôt le matin, nous nous dirigerons vers le point extrême Nord-Est de la vallée où, agrippé à la falaise, le Bouddha de Janabad semble veiller. C’est une réalisation impressionnante de 7 mètres de haut et présentant les caractéristiques de l’art gandharien. Une très belle promenade aussi.
Le temps sera venu de monter vers le col de Shangla, à 2 135m, reliant le district éponyme à la vallée de Swat. La route, l’une des plus spectaculaires du Pakistan, offre des vues panoramiques sur les sommets enneigés de l'Himalaya, les glaciers de l'Hindou Kouch et les forêts de pins et de cèdres. L'armée d'Alexandre le Grand passa par là en 320 av. J.-C.
Peu avant Besham, nous emprunterons la mythique Karakorum Highway reliant la Chine au Pakistan, la KKH pour les intimes, achevée en 1978 après 20 ans d’efforts conjugués entre les armées des deux pays. Ce sera aussi notre rencontre avec l’Indus. Le Grand Fleuve y est sauvage, à l’image de son décor minéral.
Nuit à Besham.
J 7 - Samedi 15 août 2026 Besham - Chilas (200km, 6h)
Direction Chilas par cette KKH devenue nôtre, le long de l’Indus. Des siècles durant, ce couloir était un incontournable de la Route de la Soie, emprunté par les commerçants bouddhistes. Suivant d’abord les gorges de l’Indus, encaissées et dominées par des sommets de 5 000 m, nous poursuivrons ensuite le long de son lit apaisé et élargi où de nombreuses oasis des Hauts Plateaux désertiques colorent les paysages en autant de points d’un vert intense.
Un grand nombre de sites rupestres demeure, vibrants témoignages qui attestent aussi, par la variété de leurs thèmes, d’un peuplement plus ancien. Nous les découvrirons à Shatial et Chilas.
Nuit à Chilas.
J 8 - Dimanche 16 août 2026 Chilas – Karimabad (220km, 5h)
Au-delà de Chilas, les paysages sont à couper le souffle et Thalichi offre un point de vue extraordinaire sur le Nanga Parbat (8 125m), le deuxième sommet du Pakistan après le K2, connu sous le nom de la « montagne tueuse ». Plus loin se profile le Rakaposhi (7 788m) et le pic Haramosh (7 397m). En continuant vers le nord, nous longerons la rivière Gilgit vers laquelle convergent les trois plus hautes chaînes du monde que sont le Karakorum, l'Himalaya et l'Hindu Kush.
La station suivante sera marquée par notre entrée dans l’originale vallée de Hunza, que le Rakaposhi domine de sa magnificence. John H. Tobe nous le présente ainsi : « se détachant sur un fond de ciel bleu, elle semblait un bijou précieux dans un écrin magnifique. J’ai alors compris pourquoi les humains qui ont eu le privilège de la voir la considèrent comme la plus belle des montagnes du monde, la plus majestueuse, la plus éblouissante dans sa blancheur éclatante : je ne connais aucune autre montagne qui puisse rivaliser avec elle ».
Karimabad, charmante petite bourgade de Hunza, que l’on nommait Baltit lorsqu’elle était capitale du royaume, offre une vue magnifique sur les pics et sur la vallée, royaume des arbres fruitiers et fleurs sauvages.
Nuit à Karimabad.
J 9 - Lundi 17 août 2026 Karimabad – Attabad – Gulmit – Pasu – Karimabad (120km, 3h)
Sur la route de Gulmit, la nature a prouvé qu’elle est indomptable. Le 4 janvier 2010, un pan entier de la montagne s’est écroulé, barrant accidentellement la rivière Hunza. Le lac d’Attabad vit le jour, long aujourd’hui de 18 km et pouvant atteindre 100 m de profondeur ! Des villages entiers ont été noyés ainsi que le tronçon voisin de la Karakorum Highway. Pendant 5 ans, des bateaux de fortune permirent de rejoindre Gulmit, sur l’autre berge, dans un environnement lunaire, alors que les eaux bleues du lac laissaient deviner la vie engloutie. Les Chinois ont fini de percer la montagne en 2015 pour rétablir la route et le commerce entre les deux pays.
Gulmit est la capitale du Gojal ou Haute Hunza. Les gens d'ici, réputés pour leur hospitalité, parlent le persan wakhi, sont ismaéliens comme leurs voisins de la Basse Hunza et se réclament descendants des nomades tadjiks d'Afghanistan. La bourgade s’articule autour de son terrain de polo et ses vieilles maisons. La plus célèbre est la « Old Hunza House », ancienne résidence d'été des Mirs, transformée en lieu de formation au tissage de tapis.
Sur les hauteurs de la bourgade, le Fort Andra défendait la vallée dans les temps anciens ; aujourd’hui on y admire pics impressionnants et glaciers. Au loin se devine Pasu, havre de paix surplombé par de magnifiques montagnes ocre et marron s'élevant à la verticale. On les nomme les « Cônes de Pasu » ou encore les « Pics cathédrales » et plus joliment les « Montagnes regorgeant de soleil ». Un incontournable est le Glacier de Pasu, aux séracs dressés comme une mer en furie pétrifiée, dominée par les pics vertigineux de Shispare (7 611m) et Pasu (7 478m). Tout près, le pont suspendu de Pasu, dodelinant sur ses 250 mètres de long et toujours utilisé par les populations locales.
Retour sur Karimabad au cœur du pays Hunza, peuplé par les Hunzakut qui descendraient de trois soldats d’Alexandre le Grand mariés à des femmes perses ! Musulmans de la secte d’Ismaël, ils sont cultivateurs ou plutôt jardiniers experts. L’abricot, véritable base alimentaire, symbolise ces terres que les premiers explorateurs identifièrent à un Shangri-La. Comme bien d’autres régions, la vallée de Hunza eut ses heures royales, jusqu’à ce que tous les souverains soient déposés par le Pakistan indépendant. De ces temps anciens demeurent plusieurs forts. Nous visiterons le fort Baltit, restauré par la Fondation Agha Khan. Datant principalement du XVIIIe siècle, cette forteresse commande la Vallée de Hunza du haut de ses 2 800m, en un bel appareillage militaire. L’intérieur offre le charme d’une demeure princière de montagne : charpentes majestueuses et murs de terre séchée, pour mieux résister aux tremblements de terre. Le Fort Altit, antérieur à son confrère Baltit, renferme un dédale de pièces réparties sur trois niveaux, allant des cellules et cachots aux appartements royaux dont les poutres sont décorées de symboles porte-bonheur.
Nuit à Karimabad.
J 10 - Mardi 18 août 2026 Karimabad – Ganish – Gilgit – Kargah – Gupis (220km, 5h30)
Ganish sera notre dernier regard sur le pays Hunza. C’est le plus ancien hameau-étape de la Route de la soie qui a préservé ses tours de guet et mosquées traditionnelles faites de bois.
Nous retournerons sur nos pas, momentanément sur la KKH, ancienne Route de la Soie reliant aujourd’hui Islamabad à Kashgar. Elle nous dévoilera les plus beaux tableaux du Karakorum, hérissé de ses sommets dépassant 7 000m. De villages en moraines, de lacs en torrents, nous arriverons à Gilgit et nous rendrons à Kargah, qui fut un lieu de halte privilégié des moines bouddhistes en route vers Taxila. Au Ve siècle de notre ère, ils gravèrent un Bouddha dans le flanc de la montagne : le Maître dans la roche.
Nous prendrons ensuite la direction de Gupis. Nous nous faufilions dans la vallée de Ghizer où les vals sont de larges cuvettes environnées de déserts d'altitude. L’eau issue de la fonte des neiges et amenée par des canaux d'irrigation transforme les flancs des montagnes en terres agricoles et en vergers. Ces oasis de verdure, cultivées en terrasses, contrastent ainsi avec les camaïeux gris et brun du vaste paysage alentour.
Nuit à Gupis.
J 11 - Mercredi 19 août 2026 Gupis – Shandur – Mastuj (150km, 5h)
Vers Mastuj, sur cette route convulsée, le plus étonnant est de croiser les célèbres camions et bus pakistanais, toujours aussi bariolés et enjolivés, dont les chauffeurs possèdent la virtuosité de funambules pour évoluer à la verticale d’à-pics saisissants.
Il nous faudra franchir le col de Shandur (3 730m) qui débouche sur un large plateau et un lac endormi, sur les prairies d’altitude, que se déroulent en juillet les plus célèbres matchs de polo entre les équipes de Chitral et de Gilgit.
Nuit à Mastuj.
J 12 - Jeudi 20 août 2026 Mastuj – Chitral (130km, 4h30)
Quittant le petit village de Mastuj, nous sillonnerons un paysage dégageant grandeur et sérénité : le Tirich Mir, le plus haut sommet de l’Hindu Kush, surveille les lieux de ses quelque 7 700m, rivalisant avec le massif Buni Zom de la chaîne Hindu Raj. Le fleuve Mastuj parcourt joyeusement son lit, arrosant des champs de blé ou de maïs bordés de vergers où s’épanouissent abricotiers et mûriers.
L’étape suivante sera Chitral, enchâssée entre deux hauts cols et souvent coupée du monde durant les mois d’hiver. Pourtant, pendant des siècles, cette route a été empruntée pour tous les échanges commerciaux entre Gilgit et Chitral. De ce fait, le principal marché du district se tient ici et nous découvrirons son animation. Dans ce lieu de rencontre, des affaires plus ou moins légales se traitent, allant du commerce des pierres précieuses aux tapis afghans, en passant par le haschisch, les armes et le sel. Nous irons aussi admirer la Mosquée Shahi, alors que perce dans le lointain le Tirich Mir.
Nuit à Chitral.
J 13 - Vendredi 21 août 2026 Chitral - Le Pays kalash
Nous nous dirigerons par une piste difficile vers le « Kafiristan » : c’est ainsi que l’on désigne communément le territoire des Kalash, constitué par trois vallées, celles de Birir, Rumbur et Bambur et qui est la plus étendue. « Kafir » signifie en arabe « les mécréants », ceux qui refusent d’obéir aux préceptes de l’islam, tels les quelque 4 000 Kalash. Les Kafirs rouges, comme on les appelait à l’époque, furent convertis par les Afghans à la fin du XIXe siècle. Aujourd'hui subsistent les Kalash du Pakistan, les seuls à avoir gardé partiellement leur propre religion polythéiste, leurs coutumes, leurs fêtes et leurs sacrifices d'animaux. De leur teint clair et prunelles souvent bleues, la légende raconte qu’ils seraient descendants des troupes d’Alexandre Le Grand.
Depuis longtemps, les chercheurs ont déterminé que les Kalash sont les enfants de la grande migration aryenne, au troisième millénaire av. J.-C., venue s'établir dans ce qui est à présent la région indo-pakistanaise. Ils sont les derniers témoins d’un ensemble socioculturel datant de l’époque védique et apparenté aux premières formes de l’hindouisme ancien.
La vie pour la vaste majorité des Kalash s’articule autour des activités traditionnelles : culture du blé et de légumes ainsi que pastoralisme d’été ; réclusion en hiver quand le niveau de neige atteint plus d’un mètre cinquante dans les vallées. Les maisons de pierres et bois se serrent les unes contre les autres, accrochées aux flancs des collines, comme pour mieux se préserver des agressions extérieures. De-ci de-là, des tâches de couleurs, celles des femmes à la tenue traditionnelle : robe noire rehaussée de broderies éclatantes au col, aux manches, à la ceinture et en feston final. La coiffe, le shut shut, est entièrement composée de perles et de cauris. Nous ne manquerons pas de les rencontrer dans leurs splendides atours.
Animistes, les Kalash partagent leur territoire avec des fées ou des esprits malveillants, propriétaires capricieux des sources de la prospérité. Ils vénèrent aussi un panthéon de dieux pour lesquels ils dressaient des autels de pierres d'où émergeaient des têtes de chevaux en bois symbolisant les montures divines. Ils érigeaient pour leurs morts glorieux de grandes statues monoxyles, impressionnantes gardiennes des tombes sous le couvert de chêne-houx. Elles sont devenues très rares aujourd’hui, détruites par les iconoclastes ou simplement volées.
L’acteur religieux primordial est le chamane qui, en transe, communique avec les forces occultes afin de répondre aux problèmes de la communauté. Ainsi était dictée la coutume, organisée la vision du monde, réparé le désordre collectif et individuel. Voici des millénaires que les Kalash ont préservé une culture et une religion uniques, pourtant aujourd’hui menacées par le prosélytisme musulman tout comme par le désir « d’être moderne ». Même si la disparition de ces traditions semble inexorable, des individus luttent. Des associations sont nées, locales comme étrangères, pour la protection de l’environnement, la scolarisation, le maintien de la langue… L’une d’elles est le Kalash Dur qui soigne, éduque et qui a édifié un centre culturel où tous se regroupent. Un riche musée y est hébergé.
La journée sera consacrée à des promenades dans les villages traditionnels de Krakal et Brun pour admirer la belle architecture de montagne, la « maison des femmes » ou encore des effigies d'ancêtres, gandao et kundurik.
Nuit à Bamburet.
J 14 - Samedi 22 août 2026 Le Pays kalash - Le festival Ushal des moissons – Gahirat / Nagar Fort (90km, 3h)
Les festivals sont les temps forts de la vie culturelle et religieuse Kalash, une occasion de resserrer les liens communautaires. Au nombre de quatre, ils correspondent chacun à un changement de saison et de cycle agraire.
Le Uchal, festival d'automne, célèbre les moissons. Les Kalash vont danser, chanter en s’accompagnant des bruits sourds de tambours afin de payer une sorte de tribut à la nature en s'excusant de l'avoir blessée par la récolte du blé et de l'orge. Les hommes offrent du pain et du fromage frais au sanctuaire et retournent ensuite à la maison pour le distribuer à leur famille et aux femmes mariées de leur parenté.
Nous quitterons le Pays kalash dans l’après-midi pour Gahirat ou Nagar Fort.
Nuit à Gahirat ou Nagar Fort.
J 15 - Dimanche 23 août 2026 Gahirat ou Nagar Fort - Islamabad
De bon matin nous serpenterons le long de la rivière de Chitral : la route est parsemée de forts, tantôt nichés au fond d’une vallée, tantôt perchés sur une paroi rocheuse. Ils assuraient la défense de ce lieu stratégique qui fut emprunté par les caravaniers persans tout comme par Marco Polo.
Abandonnant les douces courbes du paysage, nous nous hisserons vers le col de Lowari (3 040 m) dont le tunnel nous épargnera la piste dite « aux 40 épingles »… Y faire passer transports en commun et camions lourdement chargés est un défi de chaque jour, qu’il faut relever pour assurer l'approvisionnement des villages et maintenir le lien entre le Nord du pays et sa capitale.
Chemin faisant, nous passerons par le Fort de Malakand, le Churchill’s Picket, où résida en 1897 le jeune Winston, alors correspondant de guerre. Pour le Raj, 1 000 fantassins sikhs repoussèrent ici 10 000 Pathans, conduit par le « mollah fou de Malakand » qui leva les tribus contre la domination britannique.
Continuation vers la capitale.
Nuit à Islamabad (ou temps de repos en fonction de l'heure de décollage du vol).
J 16 - Lundi 24 août 2026 Islamabad – Paris
Transfert à l’aéroport et vol pour Paris
Les informations prévisionnelles concernant le programme, les hôtels ou bateaux, les horaires de transport et le nom de votre conférencier vous sont données ici à titre indicatif et sont valables au 12/12/2025. Les précisions définitives vous seront communiquées au moment de la confirmation du rendez-vous de départ.