Ancré dans l’Océan indien, Bornéo – Kalimantan pour sa partie indonésienne – est célèbre pour ses Dayaks. S’ils furent d’émérites chasseurs de têtes, ils ont oublié (?) ces pratiques mais conservent vivants d’autres aspects de leur culture, notamment des formes singulières de chamanisme. Ainsi, chez les Ibans, le rôle des Manang ou guérisseurs est-il primordial. Mais en absorbant les maladies et désordres divers, ceux-ci deviennent vulnérables. Leur âme doit alors voyager dans le monde surnaturel pour être renforcée par les mânes. C’est le rituel saisissant du « Berendau Manang ». Quant aux danses « hudoq », caractéristiques des Modang et Berhau, elles s’articulent autour de grands masques d’aspect anthropo-zoomorphe féroce. Ils sont ambivalents : ils repoussent les mauvais esprits et attirent les bons qu'ils finissent par incarner. Les gestes saccadés, les voix gutturales et les incantations « dans la langue des dieux » sont autant de signe de la possession.
D’autres marqueurs identitaires sont les maisons longues, un art funéraire totémique ou encore les tatouages.
Bornéo, c’est aussi « l’île aux mille rivières » qui offrent des moments de détente mais également un moyen de transport majeur vers le cœur des terres. Ce circuit couvre trois régions bien distinctes et présente ainsi un ample panorama de cette île peu visitée. lire moins
Ancré dans l’Océan indien, Bornéo – Kalimantan pour sa partie indonésienne – est célèbre pour ses Dayaks. S’ils furent d’émérites chasseurs de têtes, ils ont oublié (?) ces pratiques mais conservent vivants d’autres aspects de leur culture, notamment des formes singulières de chamanisme. Ainsi, chez les Ibans, le rôle des Manang ou guérisseurs est-il primordial. Mais en absorbant les maladies et désordres divers, ceux-ci deviennent vulnérables. Leur âme doit alors voyager dan ... lire plus
Votre itinéraire
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J 1 - Mardi 23 juin 2026 Paris – Jakarta
Vol en direction de Jakarta
Nuit en vol.
J 2 - Mercredi 24 juin 2026 Jakarta – Pontianak
Votre conférencière Anne-Marie Wirja vous accueillera à l’aéroport de Jakarta.
Correspondance en fin de matinée ou début d’après-midi pour Pontianak, la capitale de Kalimantan-Ouest.
Pontianak vit le jour le 23 octobre 1771, à partir d’un petit village de pêcheurs malais et sur initiative de Syarif Abdurrahman Alkadrie, fondateur du Sultanat. Grâce à l’emplacement de la cité, Syarif réussit dans le commerce et, au XVIIIe siècle, fit venir des ouvriers chinois pour travailler dans des mines d'or de l’arrière-pays... de quoi attirer l’attention des Hollandais qui s’installèrent en grande pompe en 1778.
L’histoire permet ainsi de comprendre pourquoi 1/3 de la population de la ville est d’origine chinoise, une exception dans le paysage ethnique indonésien. Les descendants des Hokkiens dominent à l'Est de l'Indonésie, au Centre et à l'Est de Java et le long de la côte Ouest de Sumatra. Les Teochews, les voisins du Sud des Hokkiens en Chine, se trouvent sur toute la côte orientale de Sumatra, dans l'archipel de Riau et ici, dans l'Ouest de Bornéo.
En outre, la majorité des Indonésiens d’origine chinoise est aujourd’hui chrétienne, pour diverses raisons que nous aborderons. La communauté ne manque pas d’afficher avec luxe et ferveur son engagement et la cathédrale de Santo Yosef est un paradigme. Consacrée en 2015, elle est un panaché d’influence byzantine pour son dôme, dayak dans sa décoration ... et chinoise pour sa Vierge qui ressemble étrangement à Kuan Yin...
Nuit à Pontianak.
J 3 - Jeudi 25 juin 2026 Pontianak – Putussibau – Data Dian – Putussibau (80km)
Vol du matin pour Putussibau, petite bourgade de 20 000 habitants sise sur les berges du fleuve Kapuas, qui bénéficie de son statut de « zone protégée » et a pu ainsi - partiellement - sauvegarder ses forêts primaires. Elle est aussi la porte d’entrée d’une myriade de groupes et sous-groupes dayaks. Nous aurons l’occasion de découvrir trois d’entre eux : les Kayan, les Taman et les Iban.
Pour les premiers, nous nous dirigerons vers Data Dian où nous serons accueillis selon le rite de la coutume ; ce sera aussi l’occasion d’échanger sur leurs croyances et quotidien et de partager un dîner communautaire. Le peuple Kayan est une société stratifiée complexe, avec des nobles, des roturiers et d’anciens esclaves. Jadis, ces féroces guerriers, chasseurs de têtes, ont souvent été employés par les sultanats côtiers comme mercenaires. Au faîte de leur puissance, entre le XVIIe et le XIXe siècle, ils contrôlaient la plupart des voies de communication et le commerce intérieur des produits forestiers. Ils ont introduit le « mandau », le principal sabre de « chasse aux têtes » utilisé par la plupart des groupes. Et ils sont aussi expert en pantoun, quatrain à rimes entrecroisées typique du monde malais.
Nuit à Putussibau.
J 4 - Vendredi 26 juin 2026 Putussibau – Lac Sentarum – Menua Sadap – Sungai Utik – Putussibau (195km)
Route vers Lanjak, port d’accès au Lac Sentarum, où nous embarquerons dans de petits hors-bords.
Contrairement aux lacs conventionnels, il s’agit ici d’un val inondable, dont le niveau des eaux monte et descend au fil des moussons – jusqu’à 12m -, et qui régule les crues du Kapuas. Ainsi se forment des lacs temporaires ... qui se transformeront en prairies en saison sèche.
Parc national depuis 1999, il est d’une étonnante biodiversité et offre une forêt marécageuse remarquable, dite “naine”, “rabougrie” ou “haute”. Nous nous y faufilerons, jouant à cache-cache avec les berges des lacs et des rus, où vivent sur pilotis les groupes « Melayu » ou Dayaks. Ils sont cultivateurs, pêcheurs ou « collecteur de miel » des abeilles api dorsata. Une belle escapade dans un milieu original et préservé.
Retour en bateau vers Lanjak avant de traverser une région Iban. Le village Menua Sadap, est spécialisé en ikat, technique d’ornementation textile qui utilise des teintures par réserve. C’est un symbole de richesse et de prestige partout en Indonésie mais les ikats de Bornéo sont assurément parmi les plus raffinés. Toute la maison longue tisse et ces dames commercialisent leurs produits jusqu’à Jakarta !
Un peu plus loin est fièrement campée la Betang Sungai Utik, maison longue qui fit parler d’elle...Elle possède 26 « tindoan » ou « appartement » et fut restaurée il y a une quarantaine d’années. En 1983, la rivière la longeant - dont la communauté dépend pour laver, se baigner et boire - est soudain devenue grise. La tribu, armée de lances, de machettes et de sarbacanes remonta le cours d’eau et trouva une entreprise locale dévastant sa forêt ancestrale. Menaçant de guerre la société, ils ont finalement réussi à chasser les coupables. En 2008, ils reçurent le prix « de gestion durable des forêts » pour avoir protégé leur territoire coutumier de 9 504 h - dont 7 500 h de forêt tropicale - contre les intérêts des entreprises. Ils sont devenus le modèle de la région. Nous serons accueillis selon la loi coutumière.
Nuit à Putussibau.
J 5 - Samedi 27 juin 2026 Putussibau – Banua Tengah – Semangkok – Putussibau (160km)
La betang Benua Tengah est l'une des plus anciennes et spectaculaires de Kalimantan-Ouest appartenant aux Dayaks Tamambaloh. Elle fut fondée en 1864, rénovée en 1940 puis en 2005. Elle se compose de « 38 portes » pour une longueur de 137m. Ses piliers sont d’origine mais ont perdu de la hauteur du fait des ravages du temps, passant de 9m à 4m. Depuis 2009, elle fait partie des édifices classés au patrimoine culturel de la régence de Kapuas Hulu.
Les appartements présentent des parois joliment décorées et les objets rituels y sont nombreux. Outre les classiques gongs, jarres et chapeaux, au plafond sont suspendus les « kalangkang », sorte de caissons utilisés pour les offrandes envers Sampulo Padari, le dieu suprême, lors des rituels des moissons. Nous partagerons un repas traditionnel avec les habitants.
Direction Semangkok, qui est au cœur de l’ethnie Tamam et qui abrite plusieurs maisons longues. Toutes sont construites en parallèle à la rivière, leur façade étant tournée vers elle. L'amont est considéré comme propitiatoire et là résident les chefs.
La Semangkok II, perchée à 7m de haut pour se prévenir des attaques, fut élevée en 1916 et s’étire sur 40 m ; elle présente 15 « tindoan ». A l’avant, une terrasse que tous partagent parcourt la longueur de la maison longue.
La communauté Dayak Tamam a sa propre façon de continuer à aimer ceux qui l’ont quittée, en n’enterrant pas ses défunts mais en plaçant les cercueils dans des maisonnettes dites « Kulambu ». Des objets que le mort avait possédés y sont aussi déposés pour l’accompagner dans l’au-delà en tout confort ! Cette tradition était réservée aux classes supérieures et « n’est plus à la mode », ne serait-ce que par la rareté du bois.
Nuit à Putussibau.
J 6 - Dimanche 28 juin 2026 Une journée consacrée au chamanisme iban et aux Manang guérisseurs (250km)
Les croyances traditionnelles des Ibans reposent sur un être suprême, Bunsu Petara, qui créa le monde et qui donna ses instructions à sept divinités, dont Menjaya, le premier chamane et dieu de la médecine. Il intervient sur terre par le truchement des Manang qui ont pour mission de guérir les humains, transmettant une partie de leur force vitale aux malades afin de les regénérer. Eux-mêmes ne sont pas exempts d’affaiblissement et ils doivent vivifier leur pouvoir par divers rituels, tels les « Ketimba Manang » ou « Berandau Manang ». Tombé en catalepsie au son des gongs, des offrandes et des incantations, le chamane sera envoyé, avec l’aide d’un de ses condisciples, dans un univers surnaturel où il retrouvera son énergie. Une célébration d’une grande intensité.
Certains groupes ibans pratiquent le rituel de Mali Umai après avoir ensemencé les champs. A cette occasion, ils sculptent des « Agum » (statues) dans le tronc d’arbres sacrés pour les placer dans leurs champs. Ces représentations sont leurs ancêtres à qui ils demandent leur intercession pour préserver leurs récoltes des parasites et autres éléments susceptibles de nuire. Au fil des années, le nombre de sculptures s’accroît puisque la célébration est annuelle, individuelle ou collective. Nous nous rendrons auprès de ces « rassemblements », situés près de la maison longue, d’où émane une étrange atmosphère.
Nuit à Putussibau.
J 7 - Lundi 29 juin 2026 Putussibau – Bali Gundi – Putussibau – Pontianak (50km)
Une autre maison longue du groupe Tamam est Bali Gundi. Particulièrement soignée et entretenue, elle mesure 150m de long et abrite 33 « appartements » que se partagent quelque 46 chefs de famille. A l’intérieur sont précieusement conservés les « pusaka » ou objets de vénération transmis de génération en génération : instruments de musique, gongs, jarres chinoises … et têtes des ennemis cachées au grenier…
Le lieu est aussi historique : devant la maison longue se dresse un monument inauguré en 2003 qui rappelle que l’esclavage fut aboli ici en 1860, ainsi que les sacrifices humains lors des obsèques. De nombreux « Tooras », piliers à sacrifice, rappellent ces anciennes célébrations.
Vol pour Pontianak.
Nuit à Pontianak.
J 8 - Mardi 30 juin 2026 Pontianak
Ce matin, nous nous rendrons au quartier du Sultanat, au confluent des Kapuas et Landak, ce qui permettait de garder un œil sur le trafic fluvial. Syarif Abdurrahman Alkadrie y fit élever son palais, entièrement en bois, pour son couronnement en 1778 alors que la mosquée portant son nom fut rénovée par son fils en 1827. Elle est typique des mosquées indonésiennes, dont les toits de bardeaux à plusieurs niveaux sont exhaussés par six piliers, ici en bois de fer.
Tout près se tient le Kampung Beting, quartier lacustre où vivent les descendants d’Arabes et de Bugis.
Visite du Musée régional qui présente une belle collection d’objets ethnographiques et un récapitulatif historique de la région.
Et nous ne manquerons pas de flâner au marché traditionnel, exposant tous les objets d’artisanat – nombreux – produits à Kalimantan Ouest.
Nuit à Pontianak.
J 9 - Mercredi 1er juillet 2026 Pontianak – Palangkaraya – Tumbang Malahoi (180km)
Vol non direct pour Palangkaraya, la capitale de Kalimantan-Centre, sise sur les berges du fleuve Kahayan dit « le Grand Dayak ». Il rejoindra la Mer de Java après avoir serpenté pendant 600 km. Si les communications furent longtemps exclusivement fluviales, le gouvernement s'attache aujourd'hui à la percée de la jungle en des routes parfaites ou des pistes cahotantes, comme ce jour.
C’est ainsi que nous atteindrons Tumbang Malahoi, au cœur de l’ethnie Ngaju, l’un des trois groupes dayaks de la région. Ce village est célèbre pour sa maison longue encore habitée par les descendants de Toyoi qui migra de Kalimantan-Ouest, ouvrit la jungle et édifia avec son clan cette « betang », officiellement en 1869.
Soirée de danses dayaks ngaju réservée à notre groupe. Une occasion aussi de faire participer les jeunes du village.
Nuit dans la maison longue (confort rudimentaire).
J 10 - Jeudi 2 juillet 2026 Tumbang Malahoi – Batu Suli – Tewah – Palangkaraya (270 km)
De bon matin, promenade dans le village qui est l’un des fiefs de la religion kaharingan, un panaché d’animisme et de culte des ancêtres. Sa principale expression est un art funéraire inédit qui se compose d’ossuaires réservés aux os sacralisés après les « secondes funérailles », de mâts à sacrifices élégamment sculptés et de centaines de statues immortalisant les ancêtres déifiés.
Le fleuve Kahayan traverse le domaine des Dayaks qui ne pouvaient rester indifférents à la puissance de ses flots et divers lieux sont liés à des légendes, telle la falaise Batu Suli, remontée des eaux par une coalition de poissons qu’elle empêchait de frayer ! Ceux-ci manquant de force, elle s’est retrouvée penchée. C’est un lieu particulièrement sacré.
Arrêt à Tewah qui présente une grande collection de « sandung » et « sapundu », art funéraire qui ne se trouve qu’à Kalimantan-Centre et qui souvent retrace la vie du défunt, ses actes de bravoure, ses petits vices et menus plaisirs. Promenade au marché. Retour à Palangkaraya où nous scellerons notre passage à Kalimantan-Centre en assistant aux danses Wadian Bulat. C’était à l’origine un rituel de certains Dayaks qui faisaient appel à des chamanes « Wadian » (Balian) pour soulager les malades. S’il est aujourd’hui encore pratiqué dans le cadre des guérisons, c’est aussi une expression artistique ayant cours lors des mariages, à l'accueil des invités et lors de la première récolte.
Nuit à Palangkaraya.
J 11 - Vendredi 3 juillet 2026 Palangkaraya – Balikpapan – Mangrove Centre Graha Indah – Samarinda (175 km)
Vol pour Balikpapan, l’une des grandes métropoles pétrolières de Kalimantan-Est.
Avant de prendre la route vers Samarinda, nous ferons un arrêt au Mangrove Center Graha Indah. 60% de la mangrove de l’Asie du Sud-Est pousse en Indonésie et est souvent en péril, du fait de l'exploitation du bois, l'aquaculture, l'élevage, la pollution, les changements climatiques. Ce centre, d'une superficie de 150 hectares, englobe la partie nord de la baie de Balikpapan et abrite 40 espèces de palétuviers, dont la majorité est constituée de « Rhizophora mucronata ». C’est aussi l’habitat du nasique.
Agus Bei, à l’origine de cette initiative, a planté les premières mangroves en 2001 afin de préserver l'environnement autour de sa résidence. Il a reçu de nombreux prix et s’est ici développé un lieu d’études La mangrove est en bonne santé et s’y promener en « klotok » (bateau plat traditionnel) est un plaisir.
Continuation vers Samarinda, capitale de la province du Kalimantan oriental, qui présente une forte minorité d’origine bugis, de Sulawesi-Sud. Nous sommes en 1667, la lutte contre les Hollandais est féroce, la défaite tout aussi retentissante pour les « autochtones ». Ils s’exilent alors vers Bornéo et s’installent, sans autre choix, sur des maisons-radeaux de même hauteur « sama rendah » … Samarinda n’est pas loin.
Nuit à Samarinda.
J 12 - Samedi 4 juillet 2026 Samarinda – Tenggarong – Rituel des Hudoq – Rivière Mahakam – Muara Muntai
Après un court transfert en bus vers Tenggarong, un moment fort de notre voyage nous attend, à savoir le rituel des Hudoq, qui est une manifestation de la présence du dieu Hunyang Tenangan, le gardien du riz. Il descendra sur terre au moment des premières semailles de riz, de maïs et de canne à sucre, suite à la demande explicite des humains en quête de sa bénédiction. Les danseurs portent d’impressionnants masques représentant les fléaux qui détruisent les récoltes, les rats, singes, corbeaux ...Le masque est surmonté de plumes et le costume est fait d’écorces, décoré de feuilles de bananiers ou de cocotiers. Le masque ne se contente pas de couvrir le visage : il transforme la personne en symbole vivant des espoirs de la communauté.
Après la danse, les esprits sont renvoyés par le chamane, en forêt, dans les montagnes, les cavernes ou aux points cardinaux.
Tout près de dresse le palais de Kutai Kartanegara – nom historique de la ville moderne de Tenggarong – qui était à l'origine la résidence du sultan avant d’être transformé en centre culturel. Il abrite une exposition de costumes traditionnels, d’instruments de musique et de « yupa » ou épigraphies attestant du passé hindou de l’île, dès le IVe siècle de notre ère. C’est en 1607 que le royaume devint un sultanat suite à la venue de prédicateurs de Sumatra.
A côté se trouvent les tombes royales en bois de fer et la mosquée Amir Hasanoeddin Jami, en bois aussi et datant du XIXe siècle.
Sera venu le moment d’embarquer sur le Miramar I ou II ou leur équivalent, affrété pour notre groupe.
Navigation de nuit vers Muara Muntai.
J 13 - Dimanche 5 juillet 2026 Muara Muntai – Lac Jempang – Mancong – Muara Muntai – Tanjung Isuy – Melak (5h de navigation en canoë motorisé en cours de journée)
Au petit matin, nous serons à Muara Muntai, gros bourg perché sur pilotis entre le puissant Mahakam et le réseau d’affluents menant aux lacs de l’Ouest. En canoë motorisé, nous traverserons le lac Jempang, luisante et paisible étendue, avant de nous faufiler le long de la rivière Ohong, semblant prise en étau entre sa mangrove et la forêt vierge, là où se dissimulent les singes nasiques, des macaques et parfois des crocodiles.
Nous atteindrons ainsi Mancong, la terre des Dayaks Benuaq. Ici se tient une ancienne et belle « lamin » – maison longue – qui a été récemment restaurée par le gouvernement. Elle s’allonge sur quelque 100 mètres et sert encore pour les rituels. Elle est perchée à 2 mètres au-dessus du sol et de beaux totems sont installés sur toute sa longueur.
En véhicule toujours, nous poursuivrons vers Tanjung Isuy, où la maison longue, comme beaucoup d'autres maisons du village, est décorée de « hampatung », statues des ancêtres et des gardiens surnaturels, protecteurs contre les mauvais esprits et la maladie. Elles sont généralement placées le long des chemins menant aux villages et devant les maisons.
En fin d’après-midi, nous regagnerons notre bateau.
Navigation de nuit en direction de Melak.
J 14 - Lundi 6 juillet 2026 Melak – Eheng – Tering – Datah Bilang – Long Bagun (3h de route ; 2h30 de hors-bord)
En voiture ou minibus, nous passerons tout d’abord par les terres des Dayaks Tunjung avant d’atteindre Eheng où se dresse une lamin des Dayaks Benuaq, encore habitée par quelques familles. Elle présente des murs faits d’écorces d’arbre et les statues des ancêtres, placées tout le long de la maison, sont remarquables.
Court transfert vers Tering pour embarquer en hors-bord rapide sur le Mahakam et le “bout du chemin” de notre grande aventure.
Comme tout village Kenyah, Datah Bilang est unique à plusieurs titres. Le monde se modernisant, la forêt se rétrécissant, l’exploitation minière engloutissant les terres, des Dayaks migrèrent dans les années 1970. Nous ne trouverons pas de maison longue ici mais des salles communautaires reprenant les caractéristiques décoratives des anciennes demeures. Et quel art ! Il s’en dégage force, accentuation des traits de férocité et une association délibérée des formes animales et anthropomorphes.
Mais c’est aussi de l’embellissement des corps dont il s’agit, par l’étirement des lobes des oreilles dû aux lourdes boucles… elles ne sont plus que quelques dames à les porter, témoins de cet âge révolu.
Plus haut sur le Mahakam, nous verrons la célèbre Batu Dinding, falaise tombant à pic sur le fleuve, prélude à l’arrivée à Long Bagun.
Nuit à Long Bagun (guest-house au confort simple)
J 15 - Mardi 7 juillet 2026 Redescente du fleuve de Long Bagun vers Rukun Damai Tering – Melak (3h de hors-bord ; 1h de route)
Face à notre logement se trouve la jolie lamin de ces Kenyah du sous-groupe Bahau. Nous y serons conviés pour assister à leurs danses traditionnelles d’une grande douceur et d’autant d’élégance.
Toujours en bateau rapide, nous prendrons le chemin de retour avec un arrêt au village Kenyah de Rukun Damai. Sur la colline se dresse l’une des plus belles « lamin » à la décoration foisonnante et symbolique parfaite. A son pied, les ancêtres sont déifiés sous forme de statues et semblent garder l’entrée alors qu’au-dessus d’eux, sur un grand mât, se trouve sculpté un calao, l’emblème des Dayaks et du paradis.
Nous quitterons notre hors-bord à Tering pour reprendre un véhicule jusqu’à Melak, où nous attend notre “bateau-hôtel”.
Navigation de nuit vers Lekaq Kidau.
Nuit à bord.
J 16 - Mercredi 8 juillet 2026 Lekaq Kidau – Sebulu – Balikpapan – Jakarta
Au petit matin, nous serons face à la maison communautaire de Lekaq Kidau qui est aussi un bel exemple de la culture Dayak Kenyah. Le village s’est formé pour se rapprocher des voies de communication et parce que la terre est ici plus fertile qu’ailleurs, comme l’indique son nom en langue locale. Le cimetière abrite de nombreuses tombes qui sont tout aussi décorées que les maisons longues, débauche d’arabesques, de couleurs et de calaos stylisés.
Sebulu verra la fin de notre navigation. Transfert en bus ou voiture vers l’aéroport de Balikpapan (3h30 de route) pour votre vol de retour vers Jakarta puis l’Europe.
J 17 - Jeudi 9 juillet 2026 Vol Jakarta - Paris
Arrivée à Paris
Les informations prévisionnelles concernant le programme, les hôtels ou bateaux, les horaires de transport et le nom de votre conférencier vous sont données ici à titre indicatif et sont valables au 14/01/2026. Les précisions définitives vous seront communiquées au moment de la confirmation du rendez-vous de départ.