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La longue marche vers l’indépendance d’une nation déchirée (1914-1949)

4 août 1914 : La guerre mondiale prend la guerre civile de vitesse. Redmond assure le gouvernement britannique de la loyauté de l’Irlande et la grande majorité des Volontaires le suivent, sous le nom de National Volunteers. Une minorité, conservant le nom de Volontaires irlandais (des hommes de la Citizen Army, de la Fraternité républicaine et de l’aile gauche du Sinn Féin), reste néanmoins fidèle à la neutralité prônée par Mac Neill qui, avec Pearse et Connolly, pense même pouvoir profiter de la situation pour obtenir l’indépendance totale. « We serve neither king nor kaiser but Ireland » : tel est leur mot d’ordre.

18 septembre 1914 : Le Home Rule est voté aux Communes mais le gouvernement décide de surseoir à son application en raison de la guerre. De nombreux Irlandais s’engagent dans l’armée britannique, pensant défendre les droits des petites nations (Serbie, Belgique) et, par là, la liberté même de l’Irlande. Le frère de Redmond, qui devait mourir le 7 juin 1917, écrit : « Je voudrais que tous mes amis en Irlande sachent que, en rejoignant la brigade irlandaise et en partant pour la France, je crois sincèrement que je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour le bonheur de l’Irlande. » Les Irlandais s’illustrent en Flandres ou encore aux Dardanelles. Mais dans l’armée britannique, les vexations se multiplient à l’encontre de ces troupes volontairement dispersées, sans étendard national, à qui l’on donne des officiers protestants. On estime que 270 000 Irlandais se sont engagés sous les drapeaux britanniques. Près de 50 000 mourront au cours du conflit.

Mai 1915 : Edward Carson et d’autres meneurs ulstériens entrent dans le gouvernement d’Union nationale formé par Asquith, ce qui aggrave encore les ressentiments de nombreux nationalistes irlandais. Ces derniers font une démonstration de puissance au mois d’août, lors des obsèques de O’Donovan Rossa : 100 000 personnes écoutent l’oraison funèbre prononcée pour l’occasion par Pearse.

22 avril 1916 : Le Aud, un bateau de munitions envoyé par les Allemands, doit se saborder avant d’avoir pu livrer son chargement aux nationalistes. Sir Roger Casement, à l’origine de cette opération, est arrêté et pendu pour haute trahison.

24 avril - 29 avril 1916 : « Pâques sanglantes » de Dublin. Contre l’avis du chef d’état-major des Volontaires, Eoinn Mac Neill, qui craint les conséquences tragiques du « romantisme délirant » de certains de ses hommes, Tom Clarke, Mac Diarmada, Connolly, Pearse, mais aussi Eamon De Valera ou encore John Mac Bride organisent un soulèvement. Un peu plus d’un millier de Volontaires s’emparent de la Grande Poste de Dublin, situé dans O’Connell Street, sur lequel est hissé le drapeau tricolore, hérité de la Jeune Irlande. Pearse y proclame, dans une indifférence quasi générale, que l’Irlande est désormais un « État indépendant et souverain ». Durant cinq jours, ils tiennent les principaux points de la ville, avant de capituler sous les coups des 16 000 soldats du général Maxwell, secondés par une canonnière remontant la Liffey. On relève 300 morts, 1 300 blessés et le cœur de Dublin est en ruine. La loi martiale est instaurée et 40 000 personnes sont emprisonnées. Un conseil de guerre condamne les meneurs. Seize d’entre eux sont exécutés, dont les sept signataires de la proclamation de la République : parmi eux, Patrick et Willy Pearse, Mac Donagh, Tom Clarke, John Mac Bride, James Connolly… qui ne tardent pas à devenir les martyrs de la cause irlandaise : c’est à ce moment que la population prend fait et cause pour le soulèvement inconsidéré de ces nouveaux héros. Quatre-vingt-dix-sept peines de mort sont commuées en détention à perpétuité, dont celle d’Eamon De Valera, né aux États-Unis.

Juin 1916 : Lloyd George présente à Redmond un projet d’application immédiate du Home Rule excluant temporairement les six comtés ulstériens. Mais dans le même temps, il assure Carson du caractère permanent et définitif de cette partition.

Février 1917 : Lors d’une élection partielle dans la circonscription du North Roscommon, les Irlandais désignent le comte G.N. Plunkett, père d’un des fusillés, contre le candidat modéré soutenu par Redmond qui a condamné le soulèvement de Pâques. Triomphalement élu, il reste fidèle à la doctrine du Sinn Féin en refusant de siéger à Westminster. Il est bientôt rejoint par Eamon De Valera et William Cosgrave, élus dans l’East Clare et à Kilkenny.

Juin 1917 : Londres amnistie les prisonniers. Mais tandis que les Ulstériens sont libres de détenir un véritable arsenal et de parader dans les rues, la répression à l’encontre des nationalistes se fait de plus en plus féroce. Une Convention est réunie pour résoudre la question irlandaise. Mais les Britanniques refusant d’aborder la question de l’indépendance, le Sinn Féin n’y participe pas.

25 septembre 1917 : Thomas Ashe, le commandant des forces rebelles d’Ashbourne durant la rébellion de 1916, meurt gavé de force après six jours de grève de la faim à la prison de Mountjoy.

Mars 1918 : La mort de Redmond, remplacé par John Dillon à la tête d’un parti parlementaire en pleine décomposition, marque symboliquement l’échec des tentatives pacifiques inaugurées jadis par O’Connell, Butt et Parnell. De Valera l’avait déjà remplacé à la tête du Sinn Féin.

Avril 1918 : Tandis que Plunkett présente à Lloyd George le rapport de la Convention sur l’Ulster, la Grande-Bretagne étend la loi de conscription à l’Irlande. La contestation est générale et, à l’appel de l’Irish Trade Union Congress, une grève générale paralyse l’île. La plupart des chefs nationalistes sont arrêtés, mais le gouvernement anglais devra renoncer à appliquer cette mesure par trop impopulaire.

6 mai 1918 : Le maréchal French est nommé vice-roi d’Irlande. Prenant prétexte d’un pseudo-complot allemand, il fait arrêter de nombreux chefs nationalistes, emprisonnés sans jugement, et interdit de nombreuses associations. Le Sinn Féin passe alors sous la coupe d’hommes ayant échappé aux rafles, comme Michael Collins ou encore Cathal Brugha.

Décembre 1918 : Des élections anticipées sont organisées dans le pays. Le gouvernement met tout en œuvre pour nuire au Sinn Féin dont 34 candidats sont en prison, 6 en fuite et 4 autres réfugiés aux États-Unis. Mais en dépit de la censure de son manifeste électoral, de la dispersion de ses réunions, les murs se couvrent d’affiches représentant un prisonnier en tenue de bagnard avec pour slogan « Put him in to get him out » (« élisez-le pour le sortir de là »). Le Sinn Féin triomphe en remportant 73 sièges. Les modérés ne conservent que 6 des 80 sièges qui avaient fait leur force jusqu’à présent. Les 26 élus d’Ulster sont tous unionistes.

21 janvier 1919 : À la Mansion House de Dublin, constitution d’un Parlement national, le Dail Eireann (« Assemblée d’Irlande »). Une déclaration d’indépendance ratifie la proclamation républicaine de Pâques 1916 et De Valera, toujours incarcéré, est choisi comme chef du gouvernement. Depuis sa prison, il crée de véritables institutions nationales. Des représentants sont désignés pour la Conférence de la Paix qui se tient à Paris, bercés par l’illusion que les quatorze points de Wilson et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes pouvaient s’appliquer à l’Irlande. Sean T. O’Kelly, chef de la « délégation du gouvernement élu de la République irlandaise » fera antichambre en pure perte. Les Irlando-Américains ne pardonneront pas à Wilson sa responsabilité dans l’échec de la carte pacifique et diplomatique.

21 juin 1919 : Certains groupes de Volontaires, rebaptisés Irish Republican Army (IRA) passent à l’action : Dan Brean et Sean Tracy tirent les premiers coups de feu de la guerre d’indépendance en attaquant un convoi d’explosifs. Organisée par comté en compagnies, bataillons et brigades, l’IRA et ses colonnes volantes entament une guérilla incessante, omniprésente et multiforme. L’âme de la lutte armée devient alors le charismatique Michael Collins. Il constitue un réseau formidable d’informateurs et de contre-espions, s’assurant des complicités jusqu’au sein du Château lui-même.

Septembre 1919 : Dissous par les autorités anglaises, le Dail Eireann continue son action dans la clandestinité et obtient des résultats notables. Un département d’information se charge de la propagande en alimentant en faits et en chiffres plus de 900 journaux étrangers. Les conseils de comté passent sous le contrôle du Sinn Féin qui perçoit à son profit taxes et impôts. Aux États-Unis, la tournée triomphale de De Valera, qui s’est échappé de prison le 3 février, permet de récolter plus de 5 millions de dollars. Les fonds du parti sont cachés en Irlande ou déposés en banque en fidéicommis : un magistrat chargé de les localiser est abattu en pleine rue. Enfin, tout le système judiciaire anglais est rapidement supplanté par les tribunaux d’arbitrage des nationalistes, auxquels mêmes les unionistes s’adressent de préférence à la justice officielle, devenue impuissante.

1920 : Le gouvernement britannique déclare illégal le Dail Eireann, le Sinn Féin et la ligue Gaélique. Dans la seule année 1920, 176 policiers et 54 soldats sont tués dans des attentats. À Pâques, les archives d’une centaine de bureaux de perception sont détruites par l’IRA.

Mars 1920 : Le Château est réorganisé et le général Nevil Macready est nommé commandant en chef des forces en Irlande avec pour mission de « supprimer la rébellion par tous les moyens ». Deux mois plus tard, le général Tudor prend la tête de la Royal Irish Constabulary : la direction des opérations allait désormais échapper à la bureaucratie anglo-irlandaise. Les constables sont néanmoins quotidiennement attaqués par l’IRA et victimes d’un ostracisme éprouvant. Totalement discrédités par les exactions des Blacks and Tans et des Auxies, les forces spéciales recrutées parmi les anciens officiers et soldats britanniques, ils sont nombreux à démissionner.

Avril - juin 1920 : De violents incidents éclatent dans le quartier catholique du Bogside, à Londonderry.

Août 1920 : Tous les catholiques de Lisburn et de Banbridge, dans le nord, sont chassés de chez eux et voient leurs biens détruits. L’IRA, trop faible au nord de la frontière, est impuissante à protéger ses coreliogionnaires de la fureur orangiste.

25 octobre 1920 : La mort en prison de Terence Mac Swiney, lord-maire de Cork, après une grève de la faim de soixante-quatorze jours, suscite une forte émotion dans le monde entier.

Ier novembre 1920 : Une Ulster Special Constabulary est adjointe aux forces de police dans le nord : les orangistes sont ainsi officiellement armés par les autorités.

21 novembre 1920 : « Bloody Sunday ». Dans le cadre de la lutte implacable menée contre les réseaux d’informateurs à la solde du Château, Collins fait assassiner onze officiers de renseignements britanniques par huit commandos de l’IRA. En guise de représailles, l’après-midi même, un détachement de Blacks and Tans et d’auxiliaires fait irruption dans le stade de Croke Park, et tire sur les spectateurs qui assistaient à un match de foot gaélique, faisant 12 morts et 60 blessés.

11 décembre 1920 : Suite à une attaque de l’IRA, la ville de Cork est entièrement mise à sac par des bandes de Blacks and Tans et d’auxiliaires. Sir Henry Wilson enrage de voir l’Irlande ainsi livrée au chaos et aux représailles « non officielles » de forces incontrôlées.

23 décembre 1920 : Lloyd George fait voter par une majorité exclusivement anglaise le Government of Ireland Act, souvent appelé Partition Act puisqu’il consacre la séparation de 6 des 9 comtés de l’Ulster du reste de l’Irlande. La division de l’île ne respecte ni les limites provinciales ni les clivages confessionnels : deux comtés ont en effet une majorité catholique.

Au nord, 430 000 catholiques (un tiers de la population) sont laissés au bon vouloir des protestants. En revanche, les 327 000 protestants du sud (10 % de la population) sont investis d’un véritable droit de veto dans les institutions prévues. Une autonomie assez large est prévue de part et d’autre de cette frontière, l’unité n’étant maintenue que par un vague Conseil d’Irlande. Mais le Parlement ne sera jamais mis en place dans le sud, le Sinn Féin majoritaire y constituant une nouvelle assemblée révolutionnaire.

24 février 1921 : Les juges de la cour du Banc du roi reconnaissent officiellement qu’il existe un état de guerre en Irlande, ce que le gouvernement britannique s’était jusque-là refusé à reconnaître, ne parlant que de troubles criminels. Au même moment, le général Crozier, à la tête des Auxies, démissionne avec éclat après que le général Tudor eut refusé de ratifier les sanctions qu’il avait prononcées contre un groupe d’auxiliaires, pris sur le fait dans une opération de pillage près de Trim, dans le comté de Meath.

Mars 1921 : Le Dail déclare assumer la responsabilité des actes de l’IRA.

Mai 1921 : En Ulster, les unionistes enlèvent 40 sièges sur 52 lors des élections. Sir James Craig devient Premier ministre. Dans le Sud, les Sinn Feiners obtiennent 124 sièges sur 128 (les 4 autres élus représentant en réalité les députés unionistes de Trinity College) et refusent de siéger au Parlement de Dublin. La guérilla continue : Custom House est incendiée, ainsi que les archives de la douane de la capitale.

22 juin 1921 : À l’occasion de l’inauguration du Parlement nord-irlandais, George V lance depuis Belfast un vibrant appel à la paix.

11 juillet 1921 : Après des pourparlers entre sir James Craig, Premier ministre de l’Irlande du Nord, et De Valera, tous deux réunis à l’initiative de Lloyd George, une trêve est signée entre l’IRA et l’armée britannique. De façon générale, l’opinion anglaise n’approuve plus la politique irlandaise de Lloyd George. De nombreuses personnalités, des intellectuels mais aussi des évêques anglicans dénoncent la politique de violence inhumaine perpétrée dans l’île voisine. Ainsi, le rapport Henderson, mandaté par le parti travailliste, conclut : « Il a été fait en Irlande au nom de la Grande-Bretagne, des choses qui font que son nom doit être en horreur au monde. L’honneur de notre pays a été gravement compromis. Non seulement il existe en Irlande un règne de terreur qui devrait faire rougir de honte tout citoyen britannique, mais il y a une petite nation tenue en sujétion par un empire qui s’est fièrement vanté d’être l’ami des petites nations. » Mais les discussions tournent court entre De Valera, qui se considère comme le Président de la République irlandaise, et le Premier ministre anglais qui ne voit en lui que « le leader choisi par la grande majorité des Irlandais du Sud ». Ce dernier, qui en 1920 qualifiait encore la nationalité irlandaise « d’artifice et d’imposture », refuse d’entendre parler de souveraineté et d’indépendance et ne propose qu’un statut de Dominion. Partisan d’une association externe au Commonwealth, De Valera refuse alors de conduire la délégation irlandaise devant négocier avec les autorités anglaises au 10 Downing Street. Craignant peut-être de se discréditer auprès de l’opinion publique, il laisse cette tâche difficile à Griffith et Collins.

Novembre 1921 : Roderic Connolly, le fils de James Connolly, fonde le Parti communiste irlandais qui ne rencontrera jamais véritablement d’écho dans l’opinion publique.

6 décembre 1921 : Sous la menace d’une reprise de la guerre « immédiate et terrible », les plénipotentiaires irlandais (Duffy, Collins et Griffith) signent le traité de Londres. L’État libre d’Irlande reçoit le statut de dominion et devient membre du Commonwealth. Une très large autonomie, y compris sur le plan douanier et militaire, lui est reconnue. En revanche, un certain nombre de bases navales sont concédées à l’Angleterre. Les membres du gouvernement doivent prêter serment d’allégeance non pas à la Couronne, qui conserve un représentant en Irlande, mais à la Constitution. Les six comtés du Nord se voient confirmés le droit de sécession, une commission devant se pencher sur le tracé de la frontière et notamment sur le problème des comtés litigieux de Tyrone et Fermanagh, à majorité catholique. La suprématie anglaise établie en 1172 prenait fin, l’Union de 1800 était dissoute : c’était bien la fin du gouvernement colonial. Mais ce traité humilie les conservateurs unionistes et divise profondément les nationalistes irlandais : en dépit des propos rassurants de Michael Collins qui voyait dans ce texte « assez de liberté pour parachever la liberté », il fallait encore renoncer à l’indépendance totale et à l’unité territoriale, tout en acceptant certains symboles de la souveraineté impériale. En revanche, l’Église soutient le traité qui a le mérite, à ses yeux, d’éviter la mise en place d’un régime républicain.

7 janvier 1922 : À l’issue de longues semaines de débats passionnés, portant essentiellement sur les modalités de l’État à construire en Irlande du Sud et très peu sur le problème de la partition, le Dail ratifie le traité par 64 voix contre 57. De Valera démissionne de son poste de président. Griffith le remplace et forme un gouvernement provisoire.

1922 : En Irlande du Nord, un Civil Authorities Special Power Act prévoit une abdication des pouvoirs du Parlement au ministre de l’Intérieur, en cas d’atteinte à la sûreté de l’État.

Avril 1922 : Sous la direction de Rory O’Connor, des membres de l’IRA hostiles au traité s’emparent de Four Courts, le palais de justice de Dublin. Le gouvernement provisoire se refuse à employer la force pour les déloger : une trêve est signée pour préparer les élections.

16 juin 1922 : Lors des élections, 92 députés favorables au traité sont élus. Ses adversaires, avec seulement 36 sièges, sont battus, mais choisissent néanmoins de conserver le nom de Sinn Féiners.

Été 1922 : Le gouvernement nord-irlandais de Belfast établit un régime très dur envers les catholiques, qui représentent pourtant un tiers de sa population. Des émeutes à Belfast font près de 450 morts. En représailles, deux Sinn Féiners assassinent à Londres le maréchal Wilson, qui venait d’être élu député unioniste en Irlande du Nord. Sous la pression des autorités britanniques, Collins et Griffith réclament alors l’évacuation du palais de justice, qui était devenu le quartier général des républicains. C’est le début de la guerre civile. Le bâtiment n’est repris qu’après une semaine de combats (28 juin-5 juillet). Cathal Brugha, l’ancien ministre de la Défense du Dail révolutionnaire, préfère mourir l’arme au poing plutôt que de se rendre. Il faut attendre la mi-juillet pour que l’armée gouvernementale de Michael Collins ne reprenne entièrement possession de la ville. La rupture est consommée entre les pragmatiques rassemblés autour de Collins et Griffith et les partisans intransigeants d’une indépendance complète représentés par Eamon De Valera.

Août 1922 : Arthur Griffith, désespéré par la dégradation de la situation, meurt d’une crise cardiaque. Le 20 août, en route pour Limerick afin d’offrir aux républicains « la paix des braves », Michael Collins est tué à 32 ans par une balle irlandaise dans une embuscade près de son village natal dans le comté de Cork, grand centre de la résistance républicaine. Au lendemain de la signature du traité de Londres, il avait écrit à un ami : « Tu vois, ce matin, j’ai signé mon arrêt de mort. » Cosgrave et O’Higgins les remplacent à la tête du gouvernement provisoire.

25 octobre 1922 : Le Dail adopte la nouvelle constitution. Le Parlement britannique et le Roi en prennent acte, laissant le nouveau régime naître dans l’équivoque : à qui revient réellement la souveraineté de l’Irlande ?

17 novembre 1922 - 2 mai 1923 : soixante-dix-sept républicains entrés en rébellion par hostilité au compromis passé avec l’Angleterre sont exécutés. La répression du nouvel État irlandais est encore plus meurtrière que celle des autorités britanniques.

17 décembre 1922 : En pleine guerre civile, les dernières troupes anglaises quittent le sol irlandais.

1923 : Les partisans de Griffith et de Collins fondent le Cumann na nGaedheal (la « communauté des Gaëls »), pour défendre le régime issu du traité de 1921.

24 mai 1923 : Après la mort de Liam Lynch, le chef d’état-major de l’IRA, dans les montagnes du Tipperary, De Valera appelle ses partisans à renoncer à la lutte armée. Ses adversaires continuent néanmoins de le considérer comme le premier responsable de la guerre civile, qui prend fin en mai. Le bilan de celle-ci est effroyable : on dénombre des milliers de morts, les familles sont déchirées, les dégâts matériels considérables (plus de 30 millions de livres). La fibre morale du pays est détruite.

27 août 1923 : De Valera est triomphalement élu dans le comté de Clare. Lors de ces élections, Cosgrave, héritier de Michael Collins et d’Arthur Griffith, emporte 66 sièges, le Sinn Féin d’Eamon De Valera 44.

6 mars 1924 : Le major général Liam Tobin, un vétéran du Squad de Collins, hostile à la politique de compression des effectifs militaires, présente un ultimatum au gouvernement. La mutinerie qui s’ensuit est réprimée, les officiers compromis avec la vieille garde de l’IRA et de l’IRB sont révoqués.

Été 1924 : Les détenus républicains, qui étaient encore plus de 11 000 l’année précédente, sont libérés mais cette mesure d’amnistie ne suffit pas pour pacifier les esprits.

Octobre 1924 : L’État libre d’Irlande désigne un représentant diplomatique séparé à Washington.

1925 : Joe Devlin, un ancien député du parti parlementaire irlandais pour Belfast-Ouest, se décide à siéger à la Chambre des communes à Belfast sans arriver néanmoins à créer une ligue du Nord rassemblant tous les catholiques. La plupart d’entre eux refusent de prendre part à la vie politique.

17 décembre 1925 : Le Dail ratifie le tracé de la frontière établi en 1920.

Mars 1926 : Des leaders sinn féiners comme De Valera et Buachalla préconisent de sortir de l’illégalité, de renoncer à la lutte armée pour participer à la vie parlementaire. Mis en minorité au congrès du Sinn Féin, ils quittent le mouvement qui va devenir le refuge des extrémistes : l’opposition extraparlementaire explose, l’IRA rompt définitivement avec le Sinn Féin. Une minorité radicale continue ainsi à refuser tout compromis sur l’indépendance complète et sur la question de l’Ulster laissé aux protestants.

16 mai 1926 : De Valera fonde un nouveau parti, le Fianna Fáil (les « Soldats de la Destinée »), constitutionnel dans ses méthodes et dans ses buts. Son programme repose sur la rédaction d’une nouvelle constitution, l’annulation du paiement des annuités à la Grande-Bretagne et la fin de la partition. Si De Valera cherche à terme à supprimer le serment d’allégeance, il enjoint ses fidèles de le prêter afin de pouvoir se présenter aux élections. Son programme, plus ferme à l’égard de l’Angleterre et plus avancé dans le domaine social par rapport à celui de Cosgrave, lui vaut l’appui du petit parti travailliste.

Juin 1926 : Le Fianna Fáil remporte 57 sièges sur 153. Jim Larkin, fondateur de l’Irish Worker’s League, est également élu dans la circonscription nord de Dublin.

10 juillet 1927 : Un groupe dissident de l’IRA assassine Kevin O’Higgins, le vice-président de l’État libre, considéré comme l’homme fort du régime. L’attentat est publiquement condamné par De Valera.

10 août 1927 : Les députés du Fianna Fáil entrent enfin au Parlement après avoir accepté de prêter serment d’allégeance.

1929 : En Irlande du Nord, les unionistes abandonnent la représentation proportionnelle qui leur assurait déjà pourtant la majorité, pour un scrutin majoritaire à un seul tour, visant les partis minoritaires libéraux et travaillistes. Ils monopolisent toujours davantage le pouvoir politique. Dans le Sud, le Dail vote une loi sur la censure des publications : les œuvres de Boccace, Colette, Montherlant, Proust, Steinbeck, Joyce… ne peuvent être publiées. En 1923 avait déjà été instaurée la censure cinématographique, ainsi que la réglementation des heures d’ouverture des débits de boissons.

1931 : Le Statute of Westminster libère les dominions de la tutelle de Westminster, donnant à l’Irlande le pouvoir et le droit d’abroger purement et simplement n’importe quelle décision du traité ou de la Constitution. Une nouvelle organisation socialisante, le Saor Eire, se détache de l’IRA traditionnelle en septembre. Le conseil du comté de Mayo est dissout, pour avoir refusé de nommer une protestante à la direction du conseil. Un commissaire investit la postulante. Fondation de Muintir na Tire (« Le Peuple de la Terre ») par le père John Hayes, mouvement social d’inspiration catholique pour stimuler le mouvement coopératif.

1932 : Cosgrave perd les élections. Il faut dire qu’il a dû réprimer l’agitation d’extrême gauche républicaine (le Saor Eire, le mouvement An Phoblacht et la Cumann na Bhan). Son action a également pâti des effets de la crise mondiale. De Valera a présenté le Fianna Fáil comme parti de l’indépendance nationale, a promis d’ouvrir les prisons et d’abroger le Public Safety Act interdisant l’IRA. Cette dernière organise le 19 juin une manifestation spectaculaire en rassemblant quinze mille personnes sur la tombe de Wolfe Tone. De Valera devient donc, avec 72 sièges et le soutien des travaillistes, le chef du conseil exécutif d’un dominion de la couronne britannique. Les vaincus de la guerre civile tiennent leur revanche, les anciens gunmen investissent les ministères. Dès le début de son gouvernement, De Valera refuse de payer les annuités foncières correspondant aux sommes que les paysans irlandais devaient payer aux landlords en guise de dédommagement pour le rachat de leurs terres. Le gouvernement britannique réagit par des sanctions économiques, en privant les produits irlandais du système de préférence impériale et en les frappant d’une surtaxe douanière (40 % ad valorem sur le bétail). De Valera voit là un moyen de stimuler l’industrie du pays. Il supprime également le serment d’allégeance à la Constitution, ce sur quoi la Grande-Bretagne ne cédera qu’en 1935. Enfin, il prend le parti d’ignorer le gouverneur général en Irlande : James Mac Neill est ainsi boycotté puis contraint de démissionner.

1932 : Naissance d’une amicale d’anciens soldats et d’officiers de l’État libre, l’Army Comrades Association (ACA). Présidée par le colonel O’Higgins, frère du ministre assassiné, elle se dresse bientôt contre les forces du désordre, à savoir l’IRA et les communistes. L’IRA dénonce les tendances factieuses et antirépublicaines du mouvement qui adopte le salut à l’italienne et se donne un uniforme qui lui vaudra le surnom de Blue Shirts. Le général Eoinn Mac Duffy (ou O’Duffy), le populaire chef de la police de l’État libre, en prend la direction et rebaptise l’association « Garde nationale », tout en lui donnant une coloration anticommuniste, corporatiste et antiparlementaire.

Septembre 1932 : De Valera est porté à la présidence du conseil de la SDN et inaugure la session de l’assemblée par un coup d’éclat, en dénonçant dans son discours les tares de l’organisation et le désarroi des petites nations réduites à l’impuissance par les intrigues des grands États.

Novembre 1932 : Le prince de Galles inaugure le Stormont, le nouveau siège du Parlement nord-irlandais.

1933 : Pour renforcer sa position, De Valera fait procéder à de nouvelles élections. Disposant de la majorité des voix, le Fianna Fáil en profite pour faire voter un amendement constitutionnel abolissant le droit de veto du roi sur les lois votées par le Parlement irlandais. L’assistance aux chômeurs est mise en place. Une taxe sur les journaux anglais est instaurée.

Février 1933 : L’Army Council, l’organe suprême de l’IRA, publie un manifeste détaillant ses griefs contre le gouvernement De Valera, à qui il est notamment reproché de perdre de vue l’unification du pays et de ne pas soutenir les attaques de l’organisation clandestine sur la frontière, le Border. L’IRA n’en reste pas moins divisée quant à l’opportunité d’adopter les thèses socialistes de Connolly et de Liam Mellows, prônant sa transformation en une « fraction armée du prolétariat ».

8 septembre 1933 : Les partis d’opposition décident de s’unir : le Cumann na nGaedheal et le National Centre Party se rapprochent ainsi des « Chemises bleues » au sein du Parti de l’Irlande unie ou Fine Gael (la « famille des Gaels »), avec Duffy pour président. Les Chemises Bleues deviennent le mouvement de jeunesse du parti sous le nom de Young Ireland Association. Mais Cosgrave quitte rapidement l’organisation pour ne pas avoir à suivre les excès totalitaires de son chef.

1934 : Création d’une compagnie nationale, le Turf Board (plus tard rebaptisée Bord na Mona) pour favoriser l’extraction de la tourbe. En février, une loi interdit le port d’uniformes et d’insignes. Elle est explicitement dirigée contre la Young Ireland Association, rebaptisée pour cause de dissolution la League of Youth.

Septembre 1934 : Tandis que le bouillant O’Duffy est contraint d’abandonner la direction du Fine Gael, l’IRA éclate : 4 000 de ses 30 000 membres rejoignent le Republican Congress Party qui reçoit le soutien compromettant du parti communiste. Cette nouvelle expérience politique prendra fin dès 1936. Près de 200 de ses membres s’engageront alors dans les brigades internationales de la République espagnole. Duffy, quant à lui, rejoint les troupes de Franco avec plusieurs centaines de volontaires.

1935 : Dans le Nord, le Summary Jurisdiction and Criminal Justice Act crée l’infraction de « conduite émeutière, désordonnée ou indécente » sur la voie publique. Les rapports entre la Grande-Bretagne et l’Irlande s’améliorent, grâce à l’action de M. MacDonald, le nouveau ministre des Dominions. Un accord charbon-bétail est signé.

1936 : Dans l’Executive Authority External Relations Act, le roi est reconnu comme un simple symbole de coopération entre les États du Commonwealth. Par ailleurs, le 27e amendement voté à la Constitution de 1922 supprime toute référence au souverain et au gouverneur général.

Mai 1936 : Le Sénat irlandais, dont l’une des seules raisons d’être avait été de représenter l’unionisme, est aboli. Des opérations de grande envergure sont menées contre l’IRA qui a repris une campagne d’attentats. Maurice « Moss » Towney, le chef de l’organisation, est arrêté.

Juin 1936 : Face aux menées italiennes en Éthiopie et à l’échec de la SDN, De Valera prône la neutralité pour les petites nations.

Ier juillet 1937 : Eamon De Valera fait voter une nouvelle Constitution (rédigée en gaélique et en anglais) créant l’Eire, un État démocratique, indépendant et souverain, doté d’un président. Elle doit en théorie s’appliquer à l’île entière. L’influence du catholicisme social et l’imprégnation confessionnelle du texte, placé sous l’invocation de la Sainte Trinité, n’échappent pas aux protestants. Le mariage est déclaré indissoluble et la position spéciale de l’Église catholique reconnue (non pas du fait de sa supériorité mais parce qu’elle est pratiquée par l’immense majorité des Irlandais). Yeats prévient pourtant le président que « si vous montrez que ce pays va être gouverné uniquement par une idéologie catholique, vous n’obtiendrez jamais le Nord ». La Constitution n’est approuvée que par moins de 40 % des électeurs. Le nombre des abstentionnistes s’élève à un demi-million : l’Irlande reste profondément divisée.

1938 : Le Fine Gael de Cosgrave, et le Fianna Fáil s’accordent sur le nom de Douglas Hyde, le protestant inspirateur de la renaissance gaélique, pour l’élection présidentielle. Il devient le premier Président de l’Eire.

Avril 1938 : Un accord anglo-irlandais met fin à la guerre des tarifs : l’Irlande se reconnaît redevable d’une somme globale de dix millions de livres sterling en échange de la suppression du système des annuités. Chamberlain accepte par ailleurs de restituer, sans contrepartie, les bases navales concédées aux Anglais en 1921.

1939 : De Valera prononce l’illégalité de son ancienne organisation, l’IRA, qui persiste dans ses activités terroristes, au nom du combat pour l’unité territoriale. L’organisation, en obtenant des membres du second Dail républicain de 1920 qu’ils abdiquassent leur pouvoir entre ses mains, continue de se considérer comme le gouvernement de jure du pays.

16 janvier 1939 : À l’expiration d’un ultimatum du chef de l’IRA, Sean Russell, exigeant l’évacuation par les troupes anglaises de l’Irlande du Nord, huit explosions retentissent à Londres, Birmingham, Manchester et Liverpool. Durant les quinze mois suivants, près de 200 attentats seront perpétrés sur le sol anglais : des stations balnéaires, les gares londoniennes de King’s Cross et de Victoria seront ainsi touchées. Les gouvernements de Dublin et de Londres réagissent de concert : bientôt traqués par toutes les polices, les membres de l’IRA marquent le pas. La Seconde Guerre mondiale verra le recul de l’organisation, notamment après l’affaire rocambolesque du 30 juin 1941 qui décrédibilisera l’organisation aux yeux de l’opinion : Stephen Hayes, le successeur de Sean Russell, est torturé par les siens et contraint d’avouer sa trahison au profit du gouvernement. Ayant réussi à s’échapper, c’est au poste de police le plus proche qu’il trouve refuge.

1939 - 1945 : Lorsque commence la Seconde Guerre mondiale, le 3 septembre 1939, De Valera entraîne son pays dans une politique de stricte neutralité : son refus d’aider la Grande-Bretagne est clair. Il s’agit là pour lui d’affirmer pour la première fois l’indépendance véritable de son pays. Durant tout le conflit, cette neutralité irlandaise constitue un lourd handicap pour les Anglais qui ne peuvent plus disposer des bases de Cobh et de Berehaven. Le 26 juin 1940, en désespoir de cause, Churchill propose de mettre fin à la partition en échange de l’entrée en guerre de l’Irlande. De Valera refuse un tel marché de dupes, à la merci du veto ulstérien. Le blocus économique de l’île commence alors et le rationnement doit bientôt être instauré. Dans le Nord, le gouvernement britannique renonce à étendre la loi de conscription, d’autant plus que près de 40 000 volontaires s’engagent aux côtés des Anglais. En avril, Belfast doit subir les foudres du Blitz qui cause la mort de plus de 700 personnes. Les Américains s’installent dès le début de l’année 1942 à Londonderry. L’Allemagne, quant à elle, a envoyé quelques agents prendre contact avec les nationalistes pour créer les conditions d’un soulèvement général. Leur mission se solde par un échec total, d’autant plus que l’IRA se déchire en querelles internes. Néanmoins, en août 1944, près de 165 000 Irlandais combattent sous le drapeau britannique. Les Irlandais du Sud recevront plus de Victoria Cross, à proportion de leur population, que n’importe quel pays du Commonwealth. Près de 200 000 travailleurs sont également venus relayer dans les usines anglaises les ouvriers mobilisés. L’Irlande coopère activement avec les Alliés dans le domaine de l’espionnage. Mais tandis que les protestants d’Ulster gagnent pour longtemps la sympathie reconnaissante des Anglais, l’opinion britannique ne décolère pas à l’encontre de la politique officielle du Sud, également condamnée par les Américains.

1940 : La Constitution du Labour Party irlandais remplace dans son programme « la République des travailleurs » par « une force de gouvernement républicaine » et met l’accent sur la reconnaissance de la propriété privée. Un tel discours témoigne de la paralysie de la gauche irlandaise qui, fait unique en Europe, s’embourgeoise, faute de rencontrer ne serait-ce qu’un mince écho dans une population foncièrement conservatrice. Il faut dire aussi que les différents gouvernements ont mené une véritable politique sociale dans le domaine de l’emploi, de l’assistance sociale ou encore du logement.

Mai 1944 : Le Fianna Fáil obtient la majorité absolue des sièges au Dail, donnant ainsi la mesure de la popularité de son chef et de sa politique de neutralité. Le chef du Fine Gael, Richard Mulcahy, n’est même pas élu.

1945 : Sean T. O’Kelly, un proche de De Valera, est élu Président de la République.

Mai 1946 : L’ancien chef d’état-major de l’IRA, Sean Mac Caughey, meurt en prison d’une grève de la faim.

1947 : Samuel Hall-Thompson, ministre de l’Éducation du Nord, fait instituer l’éducation secondaire pour tous aux frais de l’État. Sa mesure déclenche la colère des ultras des deux communautés, mais elle prépare à long terme une véritable révolution sociale. C’est cette loi qui permettra par exemple à John Hume (prix Nobel de la paix en 1998), fils d’un ouvrier chômeur du Bogside, de faire ses études au St Columb’s College de Londonderry.

1948 : Un nouveau parti fait une percée aux élections. Le Clann na Poblachta (les « Enfants de la République ») est animé par d’anciens internés de l’IRA, préférant la voie constitutionnelle à la violence, et des dissidents du Fianna Fáil. Son chef, Sean Mac Bride, est le fils d’un des insurgés de Pâques 1916 et de Maud Gonne, l’égérie de Yeats. Il reprend à son compte les éléments du programme populiste du Fianna Fáil d’antan. L’ensemble de l’opposition s’unit sous la bannière du slogan « put them out » : « sortez les sortants ».

1948 - 1951 : Mis en minorité, De Valera doit céder la place à cet amalgame hétérogène. Un gouvernement est constitué sous la direction de John A. Costello.

Novembre 1948 : Abrogation de l’External Relation Act de 1936.

1949 : Afin de mettre un terme à la polémique sur la forme de l’État, le jour de Pâques, la République est officiellement proclamée devant la Grande Poste par le Fine Gael, qui était pourtant jusqu’à présent le parti le plus attaché au Commonwealth. Tous oublient la réputation d’antirépublicanisme qui avait été la sienne du fait de ses accointances passées avec les Blue Shirts. De Valera ne participe pas à la manifestation en signe de protestation contre la proclamation d’une République irlandaise amputée de ses comtés du nord-est. De fait, l’Ireland Act officialise la politique de Londres – et donc la partition – à l’égard de l’île sœur. L’Irlande refuse d’adhérer à l’Otan, tant que sa souveraineté sur l’île ne sera pas pleine et entière. Les États-Unis, déjà présents en Irlande du Nord, refusent en retour de conclure avec elle tout accord bilatéral.
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