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La conquête arabe, le califat fatimide, l’émirat ayyoubide

639 Amr ibn al-As envahit le Sinaï et s’empare d’El-Arish avant de marcher sur Bubastis et Héliopolis sans rencontrer de résistance. Babylone d’Égypte tombe au printemps 641.


640 Prise de Péluse (janvier). Victoire sur les Byzantins à Ayn Chams (juillet).


avril 641 Reddition de Babylone d’Égypte située à la pointe méridionale du Delta.


été 641-septembre 642 Siège et prise d’Alexandrie évacuée par mer par sa garnison byzantine. Prise de Barka et occupation de la Cyrénaïque.


643 Amr fonde à hauteur de Babylone d’Égypte, à la pointe méridionale du delta du Nil, au contact de la basse et de la moyenne Égypte, la ville de Fostât. Il engage ensuite la conquête du pays jusqu’à hauteur de la première cataracte. La mainmise arabe sur l’Égypte a été facilitée par l’antagonisme religieux qui opposait Alexandrie à Byzance depuis le concile de Chalcédoine, ce dont témoigne au XIIe siècle l’historien copte Michel le Syrien : « Le Dieu des vengeances voyant la méchanceté des Grecs qui, partout où ils dominaient, pillaient cruellement nos églises et nos monastères et nous condamnaient sans pitié, amena de la région du sud les fils d’Ismaël pour nous délivrer… Ce ne fut pas un léger avantage pour nous que d’être libérés de la cruauté des Romains… [il entend ici les Byzantins] » Le patriarche d’Alexandrie, Benjamin, déposé par les Byzantins, est rétabli par les Arabes qui, peu nombreux, sont soucieux de ménager la masse de la population qui va bénéficier du statut des dhimmis, « protégés » et ne se convertira que progressivement à l’Islam, sans doute largement majoritaire dès le IXe siècle.


644 Amr ibn al-As est destitué par le calife Othman et remplacé par Abdallah ibn Sa’ad, nommé gouverneur de la province, mais il est rétabli dans ses fonctions en 658 ou 659 par l’Ommeyade Mo’awiya et les conservera jusqu’à sa mort, survenue en 664.


645 Un corps expéditionnaire byzantin reprend Alexandrie mais ne pourra s’y maintenir et en sera chassé par les Arabes l’année suivante.


652 Abdallah ibn Sa’ad remonte le Nil en direction de la Nubie mais se heurte à la résistance des chrétiens nubiens et doit conclure avec eux le traité de paix de Dongola portant notamment sur la fourniture d’esclaves noirs razziés dans la région du sud- Soudan.


706 Le calife ommeyade Walid Ier décide que l’arabe devient la langue officielle de l’Égypte et de la Syrie. En moins d’un siècle, les chrétiens coptes s’arabisent et ne conservent plus l’usage de la langue copte que dans la liturgie.


715 Les fonctionnaires chrétiens sont remplacés par des musulmans.


725 Révolte copte dans le Delta, suivie d’une autre insurrection en Haute-Égypte en 739. Elles sont écrasées.


750 Révolution abbasside. Le centre de gravité du monde musulman passe de Damas à Bagdad.


829-832 Une dernière révolte copte se produit dans le Delta, contre l’aggravation continue de la pression fiscale. Elle est réprimée par le calife abbasside Al-Mamoun


868 Ahmed ibn Touloun, d’origine turque, reçoit du calife abbasside Al-Mutaz mission de rétablir l’ordre en Égypte. Il s’installe à Fostât et construit sur les bords du Nil une nouvelle capitale, Kataf, appelée à devenir Le Caire. Il fait édifier la mosquée qui porte son nom et entreprend même de faire réparer le phare d’Alexandrie. Son fils Khoumaraway poursuit dans cette voie et l’Égypte connaît, sous les Toulounides, une période faste.


878 Ibn Touloun entre en lutte contre le calife abbasside, inquiet de la puissance grandissante de l’Égypte. Les forces d’Ibn Touloun occupent la Syrie, terrain d’expansion naturel de l’Égypte durant ses périodes de puissance.


884 Mort d’Ibn Touloun. Son fils Khoymaraway contraint le calife abbasside à lui reconnaître, pour lui et ses descendants et pour une période de trente ans, le gouvernement de l’Égypte et de la Syrie, contre le paiement d’un tribut annuel.


896 Khoumaraway est assassiné à Damas et ses successeurs ne peuvent maintenir l’autonomie de l’Égypte.


905 L’armée califale écrase les forces toulounides et s’empare de Fostât. L’Égypte redevient une simple province de l’Empire abbasside.


935 Mohammed ibn Toughdj est chargé par le calife de protéger l’Égypte contre les Fatimides et les Berbères d’Ifrikiya. Il reçoit en 939 le titre d’Ikhshid, « serviteur ».


945 Mort de Mohammed ibn Toughdj. C’est le chef de son armée, un eunuque noir du nom de Abou el-Misk Kafour, qui gouverne au nom de ses fils.


966 À la mort du dernier fils de Mohammed ibn Toughdj, Abou el-Misk Kafour est reconnu comme le maître de l’État ikhshide d’Égypte par le calife abbasside. Il meurt deux ans plus tard.


6 juillet 969 L’armée berbère fatimide s’empare de Fostât et du Caire. L’histoire des Fatimides commence avec la rencontre à La Mecque, à l’extrême fin du IXe siècle, d’un prédicateur shi’ite ismaélien et de pèlerins issus de la tribu berbère des Kutama installée en Petite Kabylie. Ces Berbères vont adopter le chi'isme ismaélien pour combattre le royaume aghlabide sunnite de Kairouan dont ils dépendaient jusque-là. C’est ainsi qu’un Arabe, Obeid Allah, se présente comme le « Mahdi », l’envoyé de Dieu, comme l’imam caché attendu depuis la disparition du septième imam de la succession d’Ali, le gendre du Prophète. Obeid Allah prend Kairouan en 904, chasse le dernier Aghlabide, conquiert le royaume kharidjite de Tahert. Partisans d’Ali, les Kharidjites s’en étaient « séparés » quand ils avaient refusé « l’arbitrage » de Siffin lors de la lutte opposant Ali aux Ommeyades et c’est un opposant kharidjite qui avait ensuite assassiné Ali. Après avoir écrasé plusieurs révoltes, Obeid Allah fonde une nouvelle capitale, Mahdia, et entreprend de faire la guerre au califat abbasside de Bagdad, ce qui implique la conquête de l’Égypte. Le Mahdi meurt en 934 et ses successeurs, El-Quaim (934-945) et El-Mansour (946-952), doivent avant tout affermir leur autorité mais El-Mu’izz (952-975) achève d’établir le pouvoir de la dynastie sur le Maghreb. En 969, une expédition formée de contingents berbères placés sous les ordres de Djawar est lancée contre l’Égypte et réalise la conquête de la vallée du Nil. Le centre de gravité du pouvoir fatimide se déplace ainsi du Maghreb vers l’Égypte.


970 Les troupes fatimides s’emparent de Ramallah, Tibériade et Damas. Elles échouent devant Antioche reconquise depuis peu par les Byzantins et doivent faire face à la réaction du calife abbasside Al-Mouti qui les contraint à évacuer la Syrie et la Palestine. Bientôt, les royaumes ziride et hammadide constitués en Afrique du Nord rejetteront l’autorité du calife fatimide du Caire.


973 Le calife fatimide El-Mu’izz s’installe au Caire où a été entreprise la construction de la mosquée al-Azhar.


975-996 Règne d’Al-Aziz qui incorpore des contingents turcs dans l’Armée fatimide.


990-1003 Construction de la mosquée dite d’Al-Hakim.


991 Institution au Caire d’un « office de la broderie ».


996-1021 Règne d’Al-Hakim, marqué par les luttes opposant les contingents berbères de l’Armée fatimide à ses autres composantes.


1006 Une armée berbère conduite par un certain Abu Rakwa qui se prétend membre de la famille ommeyade parvient jusqu’à Fostât mais elle est repoussée grâce à l’enrôlement massif de mercenaires nubiens.


1009-1014 Al-Hakim met en œuvre une politique de persécution des coptes, des juifs et des chrétiens de Palestine.


1021-1035 Règne d’Al-Zahir.


1035-1094 Règne d’Al Mustansir. L 'indiscipline gagne l’armée et, pour écarter les Bédouins qui venaient régulièrement piller la vallée du Nil, Al-Mustansir les envoie en 1050 vers le Maghreb pour punir les Zirides de leur dissidence et de leur ralliement au calife de Bagdad. C’est l’origine des invasions « hilalliennes », du nom de la tribu des Beni Hillal, qui seront catastrophiques pour les régions concernées.


1055 Nouveaux venus dans l’Orient arabe, les Turcs Seldjoukides s’imposent comme les protecteurs du calife abbasside de Bagdad. En Égypte, une vague de persécutions s’abat sur les coptes.


1072 Un chef de guerre fatimide, Nasir el-Dawla, emprisonne le calife Al-Mustansir et se rallie au calife abbasside de Bagdad mais le gouverneur fatimide de Palestine, Bar al-Jamali, sauve la dynastie en marchant sur Le Caire et en rétablissant Al-Mustansir en 1074. Une fois brisées diverses mutineries et rébellions, l’Empire fatimide se trouve réduit à l’Égypte (Damas est prise par les Seldjoukides en 1076) mais celle-ci jouit alors d’une belle prospérité, liée pour une part au développement du commerce avec les cités italiennes. Bar al-Jamali, lui-même converti à l’Islam d’origine arménienne, met en œuvre par ailleurs une politique favorable à la minorité copte.


1094: Mort de Badr al-Jamali, suivie de celle d’Al-Mustansir en 1095. Al-Afdal, fils de Badr al-Jamali, installe sur le trône le jeune Al-Hasan mais écarte son frère aîné Nizar dont l’emprisonnement et la mort seront à l’origine de l’ordre des Nizarites, plus connus sous le nom d’« Assassins ».


juillet 1098 Siège de Jérusalem par le vizir fatimide Al-Afdal.


15 juillet 1099 Prise de Jérusalem par les croisés. Francs et Fatimides se font face à hauteur d’Ascalon.


1102 Baudouin Ier de Jérusalem bat les Fatimides à Ramallah et prend Qaysarriya (Césarée).


1116-1118 Expédition des croisés contre l’Égypte, Baudouin Ier occupe le port d’Ayla.


août 115 : Baudouin III s’empare d’Ascalon, dernière base fatimide sur la côte syro-palestinienne.


1154 Nur al-Din, devenu « l’homme fort » du califat abbasside de Bagdad, s’installe à Damas pour entreprendre la reconquête des États latins de Terre sainte.


1161 Face au danger que représente Nur al-Din, les princes francs de Terre sainte se rapprochent des Fatimides, ce qui conduit Nur al-Din à envoyer en 1164 en Égypte une armée commandée par Shirkuh. Elle se retire sous la pression du roi de Jérusalem Amaury Ier. En 1167, Amaury oblige de nouveau Shirkuh à évacuer l’Égypte qui devient tributaire des croisés mais Amaury échoue devant Damiette en 1168. L’année suivante, à la mort de Shirkuh, son neveu Salah al-Din ibn Ayyub (Saladin) lui succède et dépose, pour prendre sa place, le grand vizir du calife fatimide Al-Adid dont il fait massacrer la garde noire.


1171 Mort d’Al-Adid, dernier calife fatimide. La prière est désormais dite au nom du calife abbasside de Bagdad ; l’Égypte se rallie à l’orthodoxie sunnite après deux siècles de califat fatimide ismaélien.


1174 Mort de Nur al-Din. Saladin, maître de l’Égypte, s’impose également à la Syrie et constitue l’empire ayyubide dont l’unité va être cimentée par la lutte contre les croisés francs installés en Palestine et en Syrie. Aden est occupée. Les persécutions reprennent contre les coptes, suspectés de complicité avec les Latins et la cathédrale d’Alexandrie est détruite.


1176 Saladin entreprend la reconstruction de la Grande Citadelle du Caire.


1177 Baudouin IV de Jérusalem, le roi lépreux, bat Saladin à Montgisard.


4 juillet 1187 Victoire de Saladin sur les forces chrétiennes à Hattin (Tibériade) et reconquête de Jérusalem par les musulmans (novembre).


1190-1192 Troisième croisade.


1193 Mort de Saladin. Des querelles de succession affaiblissent durablement l’État ayyubide.


1200-1218 Règne d’Al-Malik al-Adil qui reconstitue l’unité des territoires ayyubides.


1217-1221 Cinquième croisade. Après un échec en Syrie, les croisés débarquent à Damiette prise en 1219 puis reperdue. Une trêve est conclue pour huit ans.


1218-1238 Règne d’Al-Kamil. Il apparaît tolérant vis-à-vis de la communauté copte, reçoit saint François d’Assise et négocie en 1229 avec Frédéric II de Hohenstaufen, chef de la sixième croisade, la paix de Jaffa qui permet à l’Empereur de coiffer pour un temps la couronne de Jérusalem.


1240 Al-Malik al-Salih, arrière petit-neveu de Saladin, s’installe au Caire et y règne jusqu’en 1249. Il reprend Ascalon et la Galilée en 1247.


1243 Inauguration au Caire de la madrasa Salihiyya.


1249 Débarquement à Damiette de la septième croisade conduite par saint Louis. Les Francs sont vaincus à la bataille de La Mansourah (1250) et le roi est fait prisonnier. Alors que le successeur d’Al-Malik al-Salih, Turanshah, est absent d’Égypte, ce sont les Mameluks – des mercenaires turcs, slaves et circassiens recrutés ou achetés initialement comme esclaves par le Sultan – qui, commandés par Baybars, battent les croisés. Ils en tirent un prestige qui ne peut que mettre en cause l’autorité de Turanshah dont ils se débarrassent en 1259 pour proclamer sultan l’un des leurs, Koukouz, le premier d’une dynastie de quarante-cinq sultans mameluks appelés à régner sur l’Égypte jusqu’à la conquête ottomane (dont vingt-deux arriveront au pouvoir par la force).


1258 Chute de Bagdad dévastée par les Mongols. Mort d’Al-Mustasim, le dernier calife abbasside.


3 septembre 1260 Les Mameluks égyptiens battent les Mongols non loin de Naplouse et les contraignent à la retraite au-delà de l’Euphrate.

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