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Pourquoi découvrir l'Allemagne hanséatique avec Clio ?
A l'extrémité septentrionale de l'espace germanique, là où les ciels changeants se confondent souvent avec la mer, surgissent de la plaine infinie les silhouettes de clochers de briques effilés, traits encore visibles de la puissance de la Hanse. Hambourg, Lübeck, Lüneburg : voilà une trilogie de ces villes qui, dans les temps médiévaux, dominèrent dans toute l'Europe du Nord. La Ligue hanséatique a vécu, mais elle a si profondément marqué le patrimoine des villes du Nord de l'Allemagne que leur découverte est toujours synonyme d'étonnement et de ravissement.
La Hanse

La Ligue hanséatique est, lors de sa création, une association de commerçants de l'Allemagne du Nord qui s'assurent, par ce biais, une protection réciproque. Au milieu du XIVe siècle, elle s'étend à un nombre de plus en plus conséquent de cités prospères qui fondent alors une sorte de confédération de villes nommée « Hanse teutonique » ou « Hanse allemande ». Lübeck en prend la tête, grâce à sa position géographique stratégique au pied de l'isthme qui sépare la mer du Nord de la Baltique. Ce groupement offre aussi à ses membres des privilèges commerciaux importants, comme l'abolition du droit de douane, et sert également de juridiction dans le règlement des inévitables conflits internes. Son rôle principal, que la Hanse assume avec un bonheur inégal, est de défendre les villes contre les prétentions des princes étrangers, au premier rang desquels figure le roi du Danemark. Voulant faire de la Baltique un lac danois, il sera longtemps le principal ennemi de la Hanse. Forte de deux cents cités à son apogée, de Londres, à l'ouest, à Novgorod, à l'est, la Ligue hanséatique, outre le fait qu'elle joue un rôle commercial primordial, devient une force politique non négligeable. Les grandes transformations politiques du XVIe siècle, qui voient s'affirmer les Etats-nations, entraînent le lent mais inexorable déclin de la Hanse. La guerre de Trente Ans (1618-1648) lui porte un coup fatal et, après une dernière assemblée à Lübeck en 1669, la ligue se dissout.

Hambourg

A Hambourg, l'Elbe est un bras de mer. Sur ses flots puissants, les porte-conteneurs ont remplacé les cogge, ces navires hanséatiques ventrus, aptes à transporter un maximum de marchandises. Mais la ville reste profondément marquée par l'eau. L'Alster, petite mer intérieure, lui donne un charme original comme ses innombrables canaux qui traversent le cœur de la ville. Les édifices du temps de la Hanse y sont beaucoup moins nombreux qu'à Lüneburg et à Lübeck, en partie parce qu'à partir du XVIe siècle, Hambourg réorienta avec beaucoup de succès son commerce vers l'Atlantique... et reconstruisit beaucoup. Les héritages architecturaux des XIXe et XXe siècles y sont passionnants. Dans la Speicherstadt – ancien quartier des entrepôts ou plutôt des « greniers », comme on dit à Hambourg –, les immenses édifices de brique rouge coiffés de toits de cuivre vert à pignon, ont été remarquablement restaurés. Le quartier des comptoirs – Kontorhausviertel – fut construit par les négociants et sociétés d'armateurs entre 1910 et 1920 pour y installer leurs sièges et leurs bureaux. La maison du Chili – Chilehaus – avec sa façade nord en forme de proue de navire est exemplaire de cette architecture expressionniste spécifique au monde germanique. Hambourg est aussi une ville d'art et de culture. Le musée du Kunsthalle, fondé en 1850 par des bourgeois fortunés, offre au visiteur les chefs-d'œuvre de ses maîtres anciens – Bertram, Cranach ou Holbein – et de sa riche collection hollandaise. Il propose surtout un remarquable panorama de la peinture allemande depuis le début du XIXe siècle. Les romantiques ouvrent le bal avec Kaspar David Friedrich, suivi d'autres peintres souvent moins connus : Adolf Menzel, influencé par Courbet, Max Liebermann, principal représentant de l'impressionnisme allemand. Avant qu'au début du XXe siècle n'éclatent, tel un feu d'artifice, les mouvements d'avant-garde – die Brücke, le Bauhaus et la Nouvelle Objectivité – dont le Kunsthalle expose des tableaux majeurs.

Lübeck

C'est sans doute la ville « coup de cœur » par excellence. Particulièrement préservée, elle aligne, dans le périmètre de ses vieux quartiers enlacés par les eaux romantiques de la Trave et de la Wakenitz, pignons à escaliers de ses maisons patriciennes, arcs-boutants de ses églises de brique rouge, nobles décorations de ses bâtiments communaux. Autant de témoignages d'une bourgeoisie triomphante, si bien décrite par Thomas Mann, l'enfant du pays, dans les Buddenbrooks. La pittoresque silhouette du Holstentor, avec ses deux grosses tours rondes encadrant une porte surmontée d'un pignon à gradin, marquait, au Moyen Âge, la transition entre la ville libre et prospère et le monde féodal. Il faut ensuite se promener le long des ruelles pavées et pénétrer dans les cours (Höfe) jadis occupées par de petites maisons louées aux plus modestes des artisans et aujourd'hui transformées en petits havres de paix fleuris. A tout moment, on débouche sur l'architecture de brique d'une église, la plus importante étant Sainte-Marie dont la façade de forteresse cache un intérieur raffiné et qui servit de modèle à de très nombreuses églises du monde hanséatique. A quelques pas de là, se dresse l'hôtel de ville avec ses briques émaillées et son mur de parade ajouré de motifs à trèfle et à étoiles, où, depuis 1358, siégeait l'assemblée des cités membres de la Hanse. Tout au sud de la vieille ville, l'ancien couvent Sainte-Anne fut sécularisé au moment de la Réforme. Il abrite aujourd'hui un exceptionnel musée d'art sacré des XVe et XVIe siècles.

Lüneburg

Le sel est au cœur de l'histoire de cette cité bâtie sur les rives d'un affluent de l'Elbe. Extrait de sa lande, le sel gemme dont elle obtint le monopole jusqu'au XVIIe siècle, fit alors sa fortune. De cette époque faste, Lüneburg a conservé des maisons patriciennes de brique gothiques et Renaissance qui bordent la place centrale Am Sande ou sont disséminées dans la ville. Leurs pignons en escalier caractéristiques sont ornés de médaillons et de motifs de briques torsadées particuliers à Lüneburg qui rappellent les cordages des bateaux. Le Wasserviertel – l'ancien quartier du port – a conservé son ancienne grue de bois à la toiture de cuivre qui servait à charger « l'or blanc » avant qu'il soit acheminé par voie d'eau jusqu'aux entrepôts de Lübeck et vendu dans toute l'Europe du Nord. Comme la plupart des autres cités de la Hanse, Lüneburg avait alors le statut de ville libre et était dirigée par les familles de négociants les plus importantes. Les salles magnifiquement décorées de l'hôtel de ville, telle celle du Conseil recouverte de précieux lambris Renaissance, sont à la mesure de leur richesse et de leur pouvoir.

La brique en majesté

La brique sera au rendez-vous tout au long du voyage, plus particulièrement le Backsteingotik – gothique de brique – qui façonna la physionomie des villes de la Hanse. Les édifices qu'il nous a laissés sont à la fois massifs et tendus vers le ciel, d'une élégance et d'une légèreté presque paradoxales. Artisans et architectes usèrent des jeux de couleurs entre le rouge naturel et le violet, le noir ou le vert de l'émail, des effets de contraste entre les reliefs saillants de brique nue et les surfaces planes blanchies à la chaux ornées de délicates guirlandes de fleurs des champs. Plus encore, architectes et artisans jouèrent de l'opposition entre les pleins et les vides auxquels ils donnèrent la forme de trèfles, d'étoiles et de rosaces. Le Backsteingotik n'incarne-t-il finalement pas de belle manière l'esprit des marchands hanséates, hommes de biens, attachés à leur cité d'origine où ils se firent bâtir des demeures cossues et qui sillonnèrent la mer du Nord et la Baltique, inventant une forme de confédération inédite qui leur assura pendant plusieurs siècles le contrôle du négoce dans toute l'Europe septentrionale ?
 
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AL 34 - 4 jours

La Hanse évoque les puissants navires qui, de Londres à Novgorod, transportaient au XIVe siècle draps anglais, épices des Indes, ambre, fourrure et cire de Königsberg, fer et bois de Suède. ... Découvrir ce voyage
 

 
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