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Du Viet-Nam socialiste au nouveau dragon asiatique

20-21 juillet 1954 : Conclusion des accords de Genève. Le Vietnam est divisé en deux zones séparées par le 17e parallèle. Le Viet Minh installe son gouvernement à Hanoïialors que le sud demeure sous le contrôle de l’empereur Bao Dai qui a confié le gouvernement à Ngo Dinh Diem. Le 17e parallèle est cependant considéré comme une ligne de démarcation provisoire « qui ne saurait être interprétée comme une limite politique et territoriale ». Les circonstances de la guerre froide créent ainsi deux Vietnams comme elles avaient entraîné l’apparition au cours des années précédentes de deux Chines, de deux Allemagnes et de deux Corées. Des élections générales placées sous le contrôle d’une commission internationale sont cependant fixées au mois de juillet 1956, avec pour objectif final la réunification du pays. Signé par la France au nom de l’armée vietnamienne, le texte ne reçoit cependant pas l'agrément de la délégation du gouvernement de Saigon dirigé par Tran Van Do et Ngo Dinh Diem refuse de reconnaître « l’abandon du nord du pays et de quatre provinces du centre aux communistes ». Contraintes de se replier au Nord, les forces du Viet Minh laissent sur place les cadres appelés à constituer au Sud des maquis chargés de poursuivre la lutte en vue de la réunification du pays sous l’autorité du Viet Minh communiste.
Septembre 1954 : Ngo Dinh Diem fait entrer le Sud-Vienam dans l‘organisation du traité de l’Asie du Sud-Est (OTASE) qui vise à contenir, sous l’égide américaine, l’expansion communiste en Asie orientale et méridionale. Sur le plan intérieur, il rallie à la cause anticommuniste les sectes caodaïstes, Hoa Hao et Binh Xuyen. Le Sud-Vietnam doit compter avec l’afflux des 850 000 réfugiés catholiques du Tonkin dont l'arrivée constitue une charge très lourde pour un petit État encore sous-développé de douze millions d’habitants.
15 mai 1955 : Évacuation de Haïphong par les dernières troupes françaises présentes au Tonkin.
20-23 octobre 1955 : Consultés par référendum, les Sud-Vietnamiens acceptent la déposition de l’empereur Bao Dai et la désignation de Ngo Dinh Diem comme président de la République du Vietnam. Alors que Ngo Dinh Diem concentre tous les pouvoirs sur sa personne au Sud, l’unité qui prévaut au sein du parti fait que Ho Chi Minh se fait reconnaître président de la République démocratique du Nord-Vietnam, avec le maréchal Vo Ngyuyen Giap comme vice-président et Pham Van Dong comme président du Conseil.
1956 : La réforme agraire réalisée au Nord-Vietnam entraîne mécontentements et révoltes. Globalement l’indépendance correspond cependant, de 1955 à 1961, à des progrès rapides de la production rizicole et industrielle, aussi bien au Sud qu’au Nord, qui est en revanche seul à bénéficier de ressources charbonnières importantes.
14 septembre 1956 : Évacuation totale du Vietnam par les troupes françaises.
 Septembre 1960 : Le troisième congrès du Parti des travailleurs vietnamiens (Vietnam Dang Lao Dong, héritier du Viet Minh) se réunit à Hanoi et appelle à la « réunification pacifique » du pays car les élections prévues en 1956 n’ont jamais eu lieu du fait du refus des deux Etats vietnamiens d’organiser une consultation libre susceptible de se révéler favorable au camp adverse.
8 novembre 1960 : Élection du démocrate J. F. Kennedy comme président des États-Unis. Le vainqueur de Richard Nixon est d’abord très réservé quant à une implication trop forte des USA au Vietnam mais il va rapidement évoluer sur la question.
11 novembre 1960 : Ngo Dinh Diem est menacé par une tentative de putsch militaire
20 décembre 1960 : Création au Sud-Vietnam du Front national de libération (FNL) dont les militants et les combattants seront désignés sous le nom de Viet Cong et qui sera dirigé, à partir de 1961, par Nguyen Huu Thô.
1962 : Le nombre de conseillers américains auprès de l’armée sud-vietnamienne s’élève à quinze mille. La mission du professeur Staley et du général Maxwell Taylor au Vietnam débouche sur la création – préparée avec Ngo Dinh Nhu, le frère du président Diem – des « hameaux stratégiques » dans lesquels des milices villageoises seraient en mesure de s’opposer à la guerre révolutionnaire visant au contrôle des populations menée par le FNL dont les unités proprement militaires devaient être traquées par l’armée régulière.
8 mai 1963 : L’interdiction d’une grande manifestation bouddhiste prévue à Hué déclenche une émeute à la suite de laquelle un bonze octogénaire se suicide par le feu. Son exemple est suivi par sept autres moines au cours des mois qui suivent et le bouddhisme s’affirme alors comme la principale force d’opposition politique au régime de Diem qui s’est appuyé trop exclusivement sur les catholiques, très mobilisés dans le combat anticommuniste. La mise à sac des principales pagodes de Saigon et de Hué par les forces gouvernementales aggrave la crise au début de l’automne 1963.
1er novembre 1963 : Un complot militaire fomenté par les généraux Duong Van Minh et Tran Van Don et mis en œuvre par le général Ton That Dinh aboutit au renversement et à l’assassinat de Ngo Dinh Diem et de son frère. Un conseil révolutionnaire désigne un comité éxécutif présidé par le général Minh, qui est à la fois chef de l’État et commandant en chef. Dès janvier 1964, un nouveau putsch donne le pouvoir au général Nguyen Khahn mais celui-ci sera remplacé en juin 1965 par les généraux Nguyen Van Thieu et Nguyen Kao Ky. Le pouvoir sud- vietnamien connaît une phase d’instabilité prolongée pendant près de quatre ans.
22 novembre 1963 : Assassinat à Dallas de J. F. Kennedy, remplacé par le vice-président Lyndon B. Johnson qui sera réélu en 1964. Sous sa présidence, les États-Unis vont intervenir de plus en plus massivement au Vietnam. Après le soutien financier et matériel et l’engagement de « conseillers », ce sont des effectifs très importants qui viennent combattre sur place. Les premiers « marines » débarquent en mars 1965 à Da Nang et les forces américaines déployées sur le territoire sud-vietnamien compteront 544 000 hommes en 1968.
2 août 1964 : Incident du golfe du Tonkin entre une vedette nord-vietnamienne et un navire de la VIIe Flotte US. Il entraîne le 5 le premier raid aérien américain contre le Nord-Vietnam et le vote, le 7, de la résolution dite « du golfe du Tonkin » par le Congrès américain qui autorise le président à riposter à sa guise à toute agression nord-vietnamienne.
Février 1965 : Début des bombardements américains systématiques sur le Nord-Vietnam (opération Rolling Thunder). Les États-Unis justifient leur intervention en dénonçant l’appui apporté par les Soviétiques et les Chinois au Nord-Vietnam qui menace, par FNL interposé, le régime de Saigon.
1er septembre 1966 : Discours à Pnom Penh du général de Gaulle, qui critique l’intervention américaine au Vietnam.
11 septembre 1966 : Une assemblée constituante est élue au Sud-Vietnam à la représentation proportionnelle.
1er avril 1967 : Promulgation d’une Constitution au Sud-Vietnam. Le 15, de nombreuses manifestations dénonçant la guerre du Vietnam sont organisées en Amérique.
3 septembre 1967 : Élection de Nguyen Van Thieu à la présidence de la République. Il voit son mandat renouvelé le 3 octobre 1971.
31 janvier 1968 : Le VietCong déclenche une offensive générale, à la faveur de la fête traditionnelle du Têt, le Nouvel An vietnamien.
16 mars 1968 : Une unité américaine se rend coupable de massacres de civils dans le village de My Lai.
31 mars 1968 : Alors que l’offensive vietcong lancée au sud a été brisée, le président Johnson annonce l’arrêt des bombardements sur le Nord et propose l’ouverture de négociations de paix, acceptées trois jours plus tard par le gouvernement de Hanoi.
13 mai 1968
: Ouverture des négociations en vue de la conférence de Paris novembre 1968 : Élection du républicain Richard Nixon à la Maison Blanche. Il entend « vietnamiser » la guerre et va replier en trois ans les quatre cinquièmes des forces américaines engagées sur place, tout en continuant à fournir au Sud-Vietnam l’appui aérien et logistique dont il a besoin.
18 janvier 1969 : Ouverture de la conférence de Paris, qui réunit des représentants des USA, du Sud-Vietnam, du FNL et du Nord-Vietnam.
10 juin 1969
: Formation du Gouvernement révolutionnaire provisoire du Sud-Vietnam.
2 septembre 1969 : Mort de Ho Chi Minh. C’est un octogénaire, Ton Duc Thang, qui lui succède à la tête de la République démocratique du Vietnam.
mars 1970 : Coup d’État militaire du général Lon Nol à Pnom Penh. Le roi du Cambodge Norodom Sihanouk, qui avait adopté jusque là un neutralisme prudent et tolérait de fait l’utilisation de l’est de son territoire par les forces nord-vietnamienne est renversé et un régime républicain pro-occidental est mis en place. L’armée sud-vietnamienne et les forces américaines interviennent en avril au Cambodge pour neutraliser la piste Ho Chi Minh qui, depuis le Nord-Vietnam et le Laos, permet l’acheminement des moyens nécessairess à la guérilla viet-cong. Dans le même temps, le Laos connaît des affrontements comparables dans la mesure où le pouvoir légal du prince neutraliste Souvana Phouma est battu en brèche par les communistes du Pathet Lao acquis au prince Souphanou Vong et par la faction pro-occidentale du général Phoumi.
1971 : Début du rapprochement sino-américain, concrétisé par la visite de Henry Kissinger à Pékin, suivie en 1972 par celle de Richard Nixon. Le conflit vietnamien n’a plus dès lors pour les États-Unis la même signification. La rupture de l’unité du bloc communiste, déjà entamée avec le schisme sino-soviétique dès les années soixante, ôte désormais tout fondement à la « théorie des dominos » qui commandait jusque là de tenir à tout prix le Vietnam, pour éviter que ne tombent dans le camp communiste les pays voisins tels que le Cambodge et le Laos, avant que ne vienne le tour de la Thaïlande ou de la Birmanie.
30 mars 1972 : Le Nord-Vietnam déclenche une offensive conventionnelle de grande ampleur contre le Sud. Franchissant le 17e parallèle, ses forces avancent en direction de Quang Tri et de Hué mais la résistance de l’armée sud-vietnamienne et l’intervention de l’aviation américaine engagée depuis les porte-avions de la VIIe Flotte permettent de briser l’offensive communiste. Les forces du FNL échouent également, comme lors de l’offensive du Têt de 1968, à s’emparer de Saigon. Les bombardements du Nord-Vietnam reprennent à cette occasion, notamment sur Haïphong les 15 et 16 avril, en même temps que les accès au port sont minés et donc interdits aux navires soviétiques apportant au régime de Hanoi armements et matériels.
Octobre 1972 : Rencontre secrète Kissinger-Le Duc Tho.
27 janvier 1973 : Signature à Paris d’un accord de cessez-le-feu et de paix au Vietnam, suivie de la signature, le 2 mars, de l’acte final de la conférence de Paris. Les derniers soldats américains quittent le Vietnam le 29 mars.
Avril 1974 : Suspension des négociations engagées à La Celle-Saint-Cloud entre le gouvernement de Saigon et le gouvernement révolutionnaire issu du FNL.
Printemps 1975 : Le Nord-Vietnam déclenche une nouvelle offensive générale contre le Sud dont les forces sont submergées et privées cette fois du soutien aérien américain. Fragilisé par l’affaire du Watergate, la démission de Nixon et l’arrivée à la Maison Blanche du président Ford dont la légitimité apparaît incertaine, l’éxécutif américain ne peut obtenir du Congrès les moyens d’une intervention. Le 21 avril, le président Nguyen Van Thieu abandonne le pouvoir à Duong Van Minh qui, intronisé président le 28, ordonne la reddition de la capitale sud-vietnamienne deux jours plus tard. Le 30 avril, les troupes viet-cong et nord-vietnamiennes s’emparent de Saigon d’où se sont enfuis la veille par hélicoptère les derniers personnels américains. La réunification du pays est acquise (officiellement le 2 juillet 1976) et il prend le nom de république socialiste du Vietnam. Saigon prend le nom de Ho Chi Minh-Ville.
1975-1989: 1 300 000 Vietnamiens fuient leur pays en manifestant ainsi leur refus du régime communiste (dont 700 000 dans des conditions dramatiques, spécialement dans le cas des boat people dont le calvaire suscite en Occident un renversement d’attitude aussi complet que rapide vis-à-vis du nouveau régime).
1978 : Traité d’amitié et de coopération entre le Vietnam et l’URSS, qui peut utiliser la base navale de Cam Ranh.
1978 : Une violente campagne idéologique dénonçant les « éléments bourgeois » vise en fait la minorité chinoise, très présente à Cholon, la ville sœur de l’ancienne Saïgon.
Janvier 1979 : Les troupes nord-vietnamiennes s’emparent de Pnom Penh et en chassent les Khmers rouges. La Chine, qui les soutient, attaque le Vietnam sur sa frontière du nord mais évacue rapidement les territoires occupés par ses troupes.
1986
: Une relève politique s’opère avec la disparition de Le Duan, remplacé par Truong Chin dans les fonctions de secrétaire général du Parti communiste. Largement financé par l’aide soviétique, le budget de l’État est absorbé pour moitié par les dépenses militaires qu’impliquent la perception de la menace chinoise et la poursuite de la lutte menée au Cambodge contre les Khmers rouges. Le Vietnam s’engage dans une politique de libéralisation de l’économie et de réformes, regroupées sous le titre de « rénovation » et analogues à celles qui sont alors mises en œuvre en URSS et en Chine.
Septembre 1989 : Les troupes vietnamiennes évacuent le Cambodge.
1991 : Signature des accords de Paris relatifs au Cambodge où la monarchie est restaurée.
1992 : Le Duc Anh est élu président du Vietnam.
Septembre 1993 : Le Fonds monétaire international apure la dette vietnamienne et met en œuvre un plan d’aide au pays.
Février 1994 : Levée de l’embargo américain sur le Vietnam, un mois après qu’un concert de rock, première manifestation du genre dans le pays, a été donné à Ho Chi Minh-Ville.
Juillet 1995 : Rétablissement des relations diplomatiques entre Hanoi et Washington.
1995 : Le Vietnam devient membre de l’ANSEA (Association des nations du Sud-Est asiatique)
Mai 1997 : Entrée en fonction de Douglas Peterson, premier ambassadeur des États-Unis au Vietnam depuis la fin de la guerre et la réunification.
Août 1997 : Mort en France de Bao Dai.
Novembre 1997 : Réunion à Hanoi du VIIe Sommet de la francophonie.
Novembre 2000 : Visite de Bill Clinton au Vietnam.
2000-2005 : Avec un taux de croissance de 6 à 7% par an, le Vietnam, qui s’insère de plus en plus complètement dans le processus de mondialisation (au point de déséquilibrer certains marchés comme ce fut le cas pour celui du café dont la production locale a été multipliée par douze entre 1990 et 2001) apparaît comme l’un des nouveaux « dragons » d’Asie orientale. Il combine en effet la maîtrise des nouvelles technologies, un coût de main d’œuvre extrêmement bas et la stabilité politique que procure le maintien d’un régime autoritaire qui n’a plus rien de « communiste » quand on contate les grandes inégalités sociales, désormais assumées, qui affectent le pays.
2002 : Les Russes évacuent la base de Cam Ranh dont le Vietnam projette de faire une « zone économique spéciale » analogue à celles qui ont si bien réussi en Chine du Sud depuis la fin des années 1970. 
À l'orée du XXIe siècle, le Vietnam, qui dispose d’une population jeune et dynamique et qui a tourné la page des drames issus de la décolonisation et de la phase communiste de l’histoire régionale, semble disposer de solides atouts pour être, au même titre que la Chine ou la Corée du Sud, un acteur décisif de la montée en puissance asiatique. Il devra cependant maîtriser les tensions sociales qui sont susceptibles de remettre en cause les progrès spectaculaires accomplis au cours des dernières années et définir avec ses voisins un modus vivendi que devrait favoriser l’intégration économique de la région autour du centre de gravité chinois.

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