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Le temps des dalaï-lamas


1445 : Le chef de la lignée P’hagmodrou, Kunga Legpa, est marié à une Rinpoung et, dans son gouvernement, le ministre Rinpoung dispose d’une grande autorité. Les divisions religieuses s’aggravent rapidement, notamment entre les Kagyupa et les Guélougpa à propos de la construction de temples à Lhassa où les deux écoles s’opposent.


1481 : Kunga Legpa est détrôné et expulsé de Néoudong Tsé.


1491 : Gyantsé, l’une des principales cités du Tsang, demeurée fidèle aux P’hagmodrou, tombe aux mains des Rinpoung.


1491-1512 : Le Rinpoung Tsokyé Dordjé est régent de Néoudong Tsé.


1498 : Les Rinpoung s’emparent de Lhassa. Les Guelougpa sont vaincus et le Meunlam Tchenmo, le festival de prières annuel est supprimé. Deunyeu Dordjé, le chef des Rinpoung domine désormais tout le Tibet central.


1503 : Construction à Lhassa d’un monastère Karam Kagyupa, ce qui fournit aux Rinpoung le soutien d’une partie des religieux et celui de leurs alliés à la périphérie du Tibet, dans l’Amdo ou le Kham.


1517 : Les Rinpoung perdent le contrôle de Lhassa ou les Guélougpa s’imposent de nouveau.


1532 : Les Turcs de Kashgar attaquent le Tibet. Seules la distance et les conditions naturelles sauvent Lhassa et font que les envahisseurs se tournent vers le Cachemire, qui apparaît comme une proie plus tentante. Affaibli, le pays est profondément divisé et l’autorité des Rinpoung est maintenant battue en brèche.


1576 : Le chef mongol qui domine alors les steppes du nord, Altan Khan, se convertit au bouddhisme. Il est plein de respect pour le bouddhisme tibétain et cela va donner au Tibet une influence sans commune mesure avec sa puissance réelle.


1577 : Altan Khan invite l’abbé du monastère guélougpa de Drépoung, Seunam Gyamtso, à venir le rencontrer sur le cours supérieur du fleuve Jaune. Il lui confère le titre honorifique de dalaï-lama, « Maître-Océan de sagesse ». Seunam Gyamtso est reconnu comme la réincarnation de Guendun Droup (1391-1474), un proche disciple de Tsongkhapa, et de Guendum Gyamtso, l’un des chefs des Guelougpa, qui reçoivent aussi, à titre rétroactif, le titre de dalaï-lama, Seunam Gyamtso apparaissant donc comme le troisième maillon de la chaîne dans la nouvelle lignée des « dalaï- lamas ». Doté de cette nouvelle autorité, Seunam Gyamtso fonde les monastères de Koumboum et de Litang, situés sur les voies reliant le Tibet à la Chine.


1589-1617 : Le successeur de Seunam Gyamtso, Yeunten Gyamtso, est découvert dans la famille d’Altan khan, ce qui lie étroitement la puissance mongole au lamaïsme tibétain. L’enfant gagne le Tibet en 1601 pour y être intronisé au monastère de Drépoung.

1617 : Mort du quatrième dalaï-lama. Le pays demeure très divisé mais l’alliance mongole profite pleinement aux Guelougpa. Leurs opposants sont vaincus ou exilés. Tout est en place pour que s’installe solidement le nouveau pouvoir incarné par le dalaï-lama.

1617-1682 : « Règne » du cinquième dalaï-lama, Ngawang Lobsang Gyamtso.


1624 : Pénétration au Tibet de deux jésuites portugais partis d’Agra, Antonio de Andrade et Manuel Marquès. Après une première reconnaissance, ils reviennent à Tsaparang en 1625.


1627-1630 : Deux autres jésuites portugais, Cabral et Cacella, gagnent Shigatsé par le Bhoutan mais la mort de l’un d’eux fait échouer leur entreprise.


1642 : Le cinquième dalaï-lama se rend au monastère de Tashilhunpo à Shigatsé. Devant des représentants de tout le pays, le « roi temporel » du Tibet, Gushri Khan, un chef mongol qoshot, l’investit de l’autorité suprême religieuse et politique sur le Tibet, le Ladakh, l’Amdo et le Kham oriental. Le dalaï-lama s’installe à Lhassa où il ordonne, en 1645, la construction d’un palais, le Potala. Il accorde à l’abbé du monastère de Tashilunpo de Shigatsé le titre de « panchen lama » qui signifie « grand lettré ». Ce dernier est doté d’une autorité religieuse, le dalaï-lama disposant en plus de l’autorité politique. Le pouvoir des Guelougpa est désormais sans partage.


1644 : Chute des Ming. Installation à Pékin de la dynastie mandchoue des Qing qui règnera jusqu’en 1911. Les Mandchous sont bouddhistes.


1645-1650 : Accords de fixation des frontières et accords relatifs aux échanges avec les principautés népalaises gurkhas et newars. Les princes newars se chargeront de frapper la monnaie d’argent pour le compte du Tibet qui se dote ici pour la première fois d’une monnaie.


1652 : Voyage du dalaï-lama à Pékin. L’empereur Shunzi veut apparaître comme un défenseur du bouddhisme vis-à-vis des peuples mongols de la steppe qui lui sont acquis. Il interprète de plus cette visite comme une reconnaissance de suzeraineté, ce qu’elle n’est pas pour les Tibétains.


1652 : Les derniers religieux chrétiens quittent la région du Gougué. L’entreprise missionnaire est un échec.


1660 : Accord de paix avec le Sikkim mais une longue guerre s’engage en 1679 avec le Ladakh.


1661 : Séjour de deux mois à Lhassa des jésuites Johannes Gruber et Albert d’Orville.


1682 Quand le « Grand Cinquième » dalaï-lama meurt, le Tibet est devenu un véritable État, contrôlant l’ensemble du plateau et exerçant, en tant que patrie majeure du bouddhisme, une influence importante chez les nomades de la steppe et jusqu’à la cour de l’empereur Qing.


1682 : Le régent Sangyé Gyamsto, nommé en 1679, dissimule la mort du dalaï-lama en prétendant qu’il s’est engagé dans une longue retraite spirituelle et  gouverne lui-même.


1684 : Règlement de la guerre avec le Ladakh qui voit ses frontières confirmées mais accepte de payer tribut au Tibet.


1696 : Après quatorze ans de mystification, le régent annonce officiellement la mort du dalaï-lama. La même année, l’empereur chinois Kangxi, allié aux Qoshots, écrase les Dzoungares de l’Ili qu’avait soutenus le régent tibétain. Ce qui lui vaut l’inimitié des Qoshots dont le chef porte, depuis Gushri Khan, le titre de « roi du Tibet ».


1697 : Le sixième dalaï-lama, Tsangyang Gyamtso, est identifié mais il ne correspond guère à ce que l’on attend d’un chef spirituel et son comportement fait scandale.


1703 : Sangyé Gyamtso transmet ses pouvoirs à son fils mais il est trop tard pour calmer l’hostilité des Qoshots et la méfiance de l’empereur chinois furieux de l’alliance du régent avec les Dzoungares.


1705 : Le roi Qoshot Labsang Khan, soutenu par Kangxi, envahit le Tibet central, prend Lhassa et y installe son pouvoir. Sangyé Gyamtso est mis à mort.


1706 : Tsangyang Gyamtso est déposé et placé en résidence surveillée, il meurt peu après. Un « second sixième dalaï-lama » est trouvé, Yéshé Gyamtso, mais le peuple ne le reconnaît pas ; Labsang Khan, inquiet, fait construire une enceinte fortifiée autour de Lhassa où il se trouve à la tête d’un pays occupé.


1707 : Arrivée des missionnaires capucins au Tibet.


1708 : On identifie dans le Kham un septième dalaï-lama et le chef dzoungare Tséwang Rabten entend profiter de la situation pour l’introniser à Lhassa et faire ainsi passer le Tibet sous son contrôle en en chassant ses ennemis Qoshots.


1716 : Malgré le monopole reconnu par Rome aux capucins pour établir des missions, les jésuites Ippolito Desideri et Manuel Freyre arrivent à Lhassa où ils sont rejoints par les capucins Domenico da Fano et Orazio Della Penna, dont la congrégation sera chargée de l’évangélisation du pays.


1717 : Les troupes de Tséwang Rabten battent les Qoshots au nord de Lhassa et tuent Lhabsang Khan. Ils déposent le dalaï-lama fantoche, s’emparent des trésors du Potala et se posent en protecteurs des Guélougpa alors que les autres lignées religieuses sont persécutées, de même que les survivances des traditions bon. Il manque seulement le nouveau dalaï-lama, gardé dans le monastère de Koumboum sous la surveillance des Chinois. L’empereur Kangxi le reconnaît comme dalaï-lama et se pose en défenseur de la légitimité tibétaine face aux Dzoungares.


1720 : Les Chinois chassent les Dzoungares de Lhassa et installent au Potala le septième dalaï-lama, Kelzang Gyamtso (1708-1757). Régence et titre de « roi du Tibet » sont supprimés. Une garnison mandchoue s’installe à Lhassa. Le Tibet devient de fait un protectorat chinois.


1722 : Mort de l’empereur chinois Kangxi.


1724 : Les capucins reçoivent l’autorisation de construire une chapelle à Lhassa.


1724 : Les Qoshots cherchent à prendre leur revanche contre les Qing mais ils sont écrasés et le Koukou Nor est définitivement intégré à l’empire de Chine ; l’ancienne province tibétaine de l’Amdo, qui constituait l’essentiel du domaine qoshot, devient la province chinoise du Qinghai. L’espace tibétain traditionnel se trouve ainsi amputé de manière significative au nord-est.


1728 : L’empereur chinois Yongzheng obtient la partie orientale de la province tibétaine de Kham.


1725 et 1735 : Passage à Lhassa du négociant néerlandais Samuel Van de Putte, venu reconnaître, pour le compte de la Compagnie hollandaise des Indes orientales les possibilités de commerce avec le Tibet.


1740 : Le Premier ministre tibétain P’holhané est nommé « prince » par l’empereur chinois Qianlong. Sous sa direction, le pays est de nouveau en paix. La même année, il impose un gouverneur tibétain au Bhoutan.


1745 : Expulsion des missionnaires catholiques. Leur chapelle est rasée. Le bilan de leur mission d’évangélisation apparaît extrêmement modeste.


1747 : Mort de P’holhané. Son fils, Gyourmé Namgyal, lui succède de 1747 à 1750 mais ses vélléités d’indépendance inquiètent l’empereur de Chine qui le fait assassiner, ce qui déclenche de violentes émeutes antichinoises à Lhassa.


1751 : Les troupes chinoises interviennent à Lhassa où l’empereur souhaite maintenant s‘appuyer sur l’autorité religieuse du dalaï-lama. Des amban – ou commissaires impériaux – chinois sont imposés au Tibet.


1762 : Intronisation comme dalaï-lama de Djampel Gyantso, âgé de quatre ans, qui exercera sa fonction jusqu’en 1804. Le panchen lama est son tuteur. Qianlong, l’empereur chinois, approuve. Il s’intéresse moins au Tibet dans la mesure où il a écrasé les Dzoungares de l’Ili (1757) et entièrement conquis le bassin du Tarim (1758-1759).


1774 : Le panchen lama demande au gouverneur Warren Hastings, de la Compagnie des Indes britannique, de stopper sa marche vers le Tibet entamée à l’occasion d’une guerre contre le Bhoutan. Un agent écossais de l’East India Company, George Bogle, est envoyé au Tibet avec un médecin, le docteur Hamilton, et y obtient du panchen lama un accord commercial portant sur les relations entre l’Inde sous contrôle anglais et le Bhoutan.


1779 : Invité à Pékin, le panchen lama se voit reprocher l’accord conclu avec les Anglais, la Chine entendant se réserver le contrôle des relations extérieures du Tibet.


1783 : Samuel Turner et le capitaine Davis sont envoyés à Shigatsé. Le second s’arrête au Bhoutan d’où il ramènera de nombreux dessins, premières images de ce royaume himalayen parvenues en Europe.


1788 : Une armée gurkha pénètre au Tibet et marche sur Shigatsé. Un compromis est trouvé mais l’indemnité de guerre exigée correspond au paiement d’un tribut.


1791 : Une nouvelle armée népalaise envahit le Tibet. Le monastère de Tashilhunpo de Shigatsé est pillé. La Chine intervient et ses forces repoussent les Gurkhas jusqu’à Katmandou et leur imposent le paiement d’un tribut. La Chine peut désormais installer sur le plateau tibétain un véritable protectorat. Le pouvoir des amban chinois est renforcé.


1804 : Mort du huitième dalaï-lama. On trouve en 1808 son successeur alors âgé de deux ans, Loungtog Gyamtso, qui mourra d’une pneumonie au début de 1815.


1811 : Visite à Lhassa de Thomas Manning qui rencontre le jeune dalaï-lama.


1816 : Un nouveau dalaï-lama, Tsultrim Gyamtso, est intronisé. Il mourra en 1837.


1834 : Publication de L’Essai de dictionnaire tibétain-anglais d’Alexandre Csoma de Körös. Il a séjourné de 1827 à 1830 au Tibet où il espérait retrouver les origines de la langue magyare et a été le premier à étudier le Tanjur et le Kanjur, livres saints du lamaïsme.


1841 : Le général sikh Zorawar Singh envahit le Tibet occidental après s’être emparé du Ladakh. Il est finalement repoussé. Un accord confirme les frontières entre le Tibet et le Ladakh. La Chine, confrontée à la guerre de l’opium, n’est plus en mesure d’exercer effectivement son protectorat sur le Tibet.


1842 : Un nouvel enfant sacré est intronisé dalaï-lama par le quatrième panchen lama, sous le nom de Khédroup Gyamtso (il mourra en 1856).


1846 : Arrivée en janvier à Lhassa des pères lazaristes Huc et Gabet. Ils sont expulsés en mars. La même année, le pape Grégoire XVI accorde le monopole de la conversion du Tibet à la Société des missions étrangères de Paris. Lhassa est érigé en vicariat apostolique dépendant du vicariat apostolique du Sichuan.


1847 : Le père Renou s’installe à Chamdo mais il est expulsé l’année suivante.


1855-1856 : Nouvelle guerre avec les Ghurkas du Népal qui imposent un quasi protectorat au Tibet sans que la Chine puisse s‘y opposer.


1856 : Intronisation du douzième dalaï-lama sous le nom de Trinlé Gyamtso (il mourra en 1875).


1857 : Le pape Pie IX désigne Monseigneur Thomine-Desmazures comme premier évêque du Tibet.


1862 : Le père Renou et le père Desgodins se voient interdire l’accès à Lhassa.


1865 : À la faveur des difficultés que connaît la Chine, le Tibet reprend le contrôle du Nyarong, l’un de ses territoires orientaux annexés par Pékin au XVIIIe siècle.


1865 : Les missionnaires, dont la sécurité n’est pas assurée (le traité de Tien Tsin conclu avec la Chine et leur garantissant la liberté d’évangéliser ne s’applique pas au Tibet) évacuent le pays mais demeurent dans les régions périphériques.

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