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L’établissement de la théocratie


Brutalement réprimé sous le règne de Tri Oudoumtsen Darma, le bouddhisme va rapidement surmonter cette épreuve et prendre un nouvel essor, qui prépare son triomphe à partir du XIe siècle.


Xe siècle : Khoré, roi de Tsaparang, est un fervent bouddhiste qui s’est fait moine et a délégué en Inde plusieurs de ses fidèles pour qu’ils y apprennent le sanscrit. L’un d’eux, Rintchen Zangpo, revient au pays en 978 et multiplie les traductions en tibétain des textes bouddhiques indiens.


1042 : Arrivée au Tibet, avec vingt-quatre disciples, de Dipamkara Shrijnana, maître indien plus connu sous le nom d’Atisha. Après être demeuré dans l’ouest du pays, il s’installera dans le Tibet central en 1046 et s’imposera rapidement comme le restaurateur du bouddhisme.


1056 : Construction du monastère de Radeng, à l’initiative de Dromteun, un disciple d’Atisha. Dans le même temps, les héritiers du premier bouddhisme tibétain, celui de Padmasambhava, demeurent nombreux dans l’est, dans le Cham (Kham), grâce aux disciples de Vairocana, l’un des fils spirituels du maître qui y avait été exilé.


1073 : Fondation dans l’ouest du pays du monastère de Sakya qui jouera un rôle important dans la renaissance bouddhiste, notamment grâce à un maître appelé Drogmi le Traducteur qui maintiendra un lien étroit avec le bouddhisme indien. Les Sakyapa ne privilégient pas la vie monastique et accordent une grande importance aux techniques telles que le yoga.


1052-1135 : Vie de Milarepa, l’une des figures d’ascète les plus fameuses du bouddhisme tibétain.


1121 : Construction du monastère de Daghla Gampo, lié à la lignée spirituelle des Kagyupa qui comprend Naropa, Marpa le Traducteur, Milarepa et Gampopa, auteur de L’Ornement de la libération, l’une des œuvres les plus fameuses de la tradition spirituelle tibétaine..


1142-1210 : Vie de Talung Tangpa, fondateur du monastère de Talung construit en 1180. Il est l’un des maîtres qui fixent les règles de la vie monastique. Le succès du bouddhisme encourage aussi l’essor de la vie érémitique.


Les monastères ne sont pas seulement des lieux de prière. Ils participent aussi au système féodal, au même titre que l’aristocratie traditionnelle. On leur a donné des terres, des hommes réduits au servage et des droits pour percevoir taxes et impôts. Les dons dont ils bénéficient renforcent leur pouvoir. Tout cela s’opère en osmose avec les clans dirigeants, la direction des monastères se transmettant généralement d’oncle à neveu. Les monastères prennent alors une importance grandissante et contribuent à la mise en place d’une nouvelle société qui est pleinement installée au début du XIIIe siècle, différente de celle qui avait fait du Tibet un empire guerrier et expansionniste.


Fin du XIIe siècle : La création en 1192 du sultanat indien de Delhi, qui contrôle l’espace s’étendant de l’Afghanistan au Bengale, correspond à la phase finale du processus d’élimination du bouddhisme en Inde. Dès 1199 la grande université monastique de Nalanda (dans le Bihar) dépositaire de la tradition du Mahayana et du Vajrayana, est détruite par les envahisseurs et les religieux survivants vont chercher refuge au Népal et au Tibet.


1205 : Ikhtyar ud Din, le conquérant du Benagle, se lance à l’assaut de l’Himalaya mais la rudesse du milieu montagnard a raison de ses troupes et l’indépendance du Tibet n‘est pas directement menacée.


1226 : Les armées mongoles de Gengis Khan prennent le contrôle du nord du plateau tibétain. Le Tibet paie alors tribut au kaghan des Mongols.


1240 : Godan, l’un des fils d’Ogodeï, le successeur de Gengis Khan disparu en 1227, envahit le Tibet. Les Mongols détruisent le monastère de Radeng, y massacrent les moines et arrivent jusqu’à proximité de Lhassa. Godan invite Sakya Pandita, le chef de la lignée spirituelle des Sakyapa, qui passe pour être l’émanation du bodhisattva Manjoushri, « la Connaissance Pure » à venir le rencontrer. Le saint homme se rend avec deux neveux auprès du chef mongol, qu’il retrouve à hauteur du Koukou Nor en 1244.


1249 : Les Mongols accordent aux Sakyapa le pouvoir temporel sur la région de Lhassa et sur leur fief du Tsang.


1253 : Les armées mongoles pénètrent dans l’est du Tibet où Khubilaï cherche à s’appuyer sur Karma Pakshi, chef spirituel de la lignée des Kagyupa, mais celui-ci refuse de s’engager auprès d’un prince dont il ne sait ce que sera son pouvoir dans la succession du kaghan (Grand Khan) Mongka.


1260 : Khubilaï remplace Mongka, son frère aîné. Il renforce la tutelle mongole sur le Tibet où il s’appuie sur la lignée spirituelle des Sakyapa (de la famille Kheun), même s’il se réconcilie avec Karma Pakshi en 1283. Le gouverneur militaire (peuntchen) représentant le Grand Khan réside dans le monastère de Sakya. Un autre gouverneur est nommé dans les provinces orientales de l’Amdo et du Kham. Treize myriarques ont la responsabilité d’autant de régions militaires, qui fournissent tribut et troupes.


1271-1295 : Voyage de Marco Polo qui passe à Chengdu et cite leTibet.


1285 : La lignée des Drigoung Kagyupa s’allie avec Argoun, prince mongol héritier de l’ilkhan de Perse Hulagu, qui est bouddhiste. Elle entre en rébellion mais, en 1290, les insurgés sont vaincus par les Sakyapas, appuyés par les Mongols de Chine.


1294 : Mort de Khubilaï. Elle va relancer la rivalité entre les monastères, les clans et les différentes lignées spirituelles du bouddhisme tibétain.


début du XIVe siècle : Émergence des P’hagmodrou, issus des Kagyupa. Ils sont installés dans la vallée du Yarlung, autour du monastère de Densa Thil, et leur capitale est Néoudong Tsé alors que Tcheng gyé, l’ancienne ville impériale du Yarlung retrouve sa vitalité passée. Un pôle politique rival de celui des Sakyapa est ainsi en train de se constituer.


1358 : Dangereusement affaibli par ses divisions, le pouvoir des Sakyapa s’effondre après l’assassinat de son principal représentant. Le Tibet voit alors s’imposer l’autorité de Djangtchoub Gyaltsen, représentant de la lignée des P’hagmodrou. Pour la première fois depuis l’époque du « Grand Tibet » impérial, un pouvoir tibétain a pu s’imposer sans protection étrangère, même si c’est implicitement dans le cadre du protectorat mongol (Khubilai a « sinisé » son pouvoir en proclamant la dynastie Yuan en 1271). Le nouveau maître du pays entreprend une réorganisation administrative et construit routes et ponts alors que le monastère de Densa Thil devient capitale religieuse.


1368 : Fin de la dynastie Yuan. Les Ming s’imposent en Chine.


1364 : Mort de Djangtchoub Gyaltsen.


1364-1373 : Règne de Djamyang Shakya Gyaltsen qui efface les dernières traces du pouvoir mongol sur le Tibet.


1409 : Création à Lhassa par Dragpa Gyaltsen, le cinquième souverain P’hamogdrou, du festival de prières de la Meunlam Tchenmo. C’est à ce moment qu’apparaît la nouvelle lignée des Guélugpa, « les Vertueux », fondée par Lobsang Dragpa dit Tsongkhapa (1357-1419) qui va jouer un grand rôle dans l’histoire politique et religieuse du pays et que les Occidentaux connaissent le plus souvent sous le nom de « secte des bonnets jaunes », par opposition à celles dites des « bonnets rouges » qui correspondent aux filiations spirituelles antérieures.


1407 : Le souverain Ming reconnaît le pouvoir des P’hagmodrou sur le Tibet central. Il essaie ainsi de faire admettre implicitement une suzeraineté qui, à ce moment, ne correspond plus du tout à la réalité.


1433 : Sangyé Gyaltsen est renversé. L’autorité des P’hagmodrou s’effrite dangereusement.


1433-1444 : Le règne de Dragpa Djoungné voit la fin du pouvoir des P’hamogdrou sur une partie notable de l’espace tibétain. Le clan des Rinpoung, installé à Samdrouptsé (l’ancienne Shigatsé), s’impose sur des régions entières. Les P’hamogdrou ne conservent qu’une simple principauté et l’appui de la lignée religieuse Guélougpa qu’ils ont soutenue.


1409 : Fondation du monastère de Ganden, siège des Guélougpa, suivie de celles des monastère de Drépung (1416) et de Séra (1419).

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