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Dans la Yougoslavie de Tito


7 mars 1945 : Formation à Belgrade d’un gouvernement d’union autour de Tito, comprenant trois représentants du roi.


 


Printemps 1945 : Une épuration est menée sous l’égide de la police politique, et frappe tant les Allemands installés de longue date en Slovénie que tous ceux sur lesquels pèsent des soupçons de « collaboration ».


 


5 mai 1945 : Formation d’un nouveau gouvernement local à Ljubljana avec à sa tête Boris Kidric, ancien chef du parti communiste en Vénétie julienne et secrétaire général de la branche slovène du front de libération.


 


12 juin 1945 : Les troupes yougoslaves qui occupent Trieste depuis le 1er mai évacuent la ville sur ordre de Moscou après que l’événement a engendré de nombreuses tensions avec les Anglais. En compensation, la région appelée Primorje (littoral) et Koper (Capo d’Istria) sont rattachés aux terres slovènes à titre temporaire.


 


 


Eté 1945 : démission des trois ministres représentants du roi.


 


11 novembre 1945 : Élections générales qui aboutissent à l’abolition de la monarchie et à la mise en place d’une république fédérale populaire de Yougoslavie, proclamée le 29 novembre, formée de six républiques fédérées, dont celle de Slovénie qui accède ainsi pour la première fois de son histoire à la reconnaissance politique en tant qu’État tout en cédant ses droits internationaux à la fédération yougoslave. Toutefois, la nationalité slovène est reconnue par la constitution fédérale adoptée le 31 janvier 1946.


 


Juillet-octobre 1946 : Traité de Paris : règlement frontalier sur le littoral adriatique : une zone A comprenant Trieste et sa région passe sous administration américaine. Tandis qu’une zone B comprenant Koper et Buje est définitivement confiée à la Yougoslavie.


 


1947 : Mise en application du premier plan quinquennal : pour la Slovénie il prévoit le triplement de la production industrielle et le primat des industries lourdes, avec en parallèle une large campagne de nationalisations.


 


28 juin 1948 : Résolution du Kominform condamnant Tito et son système. La rupture avec l’URSS s’accompagne de la mise en place d’un nouveau système politique et économique dit d’« autogestion », dont l’un des théoriciens fut le Slovène E. Kardelj. Les nouvelles orientations furent bien perçues en Slovénie, où les populations ressentirent le détachement du bloc de l’Est comme une opportunité de se rapprocher de l’Occident.


 


Octobre 1954 : Le mémorandum de Londres règle définitivement la question de Trieste. La ville et l’ancienne zone A reviennent à l’Italie tandis que le territoire de la zone B est rattaché à la Yougoslavie. Koper devient officiellement un port slovène, Buje est donné à la Croatie. Cet accord est parachevé par le traité d’Osimo signé en 1975 par la Yougoslavie et l’Italie.


 


Mai 1955 : Le traité du Belvédère (reconnaissance des frontières de l’Autriche après dix années d’occupation) accorde des droits à la minorité slovène mais ne s’accompagne d’aucune modification de frontière en faveur de la Slovénie.


 


1950-1960 : Fort développement économique de la Slovénie. Le secteur minier, la métallurgie, les industries chimiques, textiles et agro-alimentaires connaissent une forte croissance, qui assure aux Slovènes le niveau de vie le plus élevé de la fédération yougoslave.


 


1959 : Grève des mineurs de Tribovlje. L’événement révèle des différences d’appréciation entre les autorités slovènes, favorable au dialogue, et Rankovic, ministre de l’Intérieur « grand serbe », partisan de l’emploi de la force. Ces tensions font naître en Slovénie un ressentiment sur lequel se développe un nouveau nationalisme.


 


1963 : Promulgation de la nouvelle constitution rédigée pour bonne partie par E. Kardelj et inspirée par une volonté de laisser une plus grande autonomie à chaque république. Les réformes s’accompagnent parallèlement d’une ouverture des frontières qui a pour conséquence le départ de nombreux Slovènes qui vont travailler en Allemagne. Parallèlement les autorités slovènes commencent à dénoncer le montant des allocations fédérales versées aux républiques les moins développées.


 


Juillet 1966 : Rankovic est écarté du pouvoir. Son départ est suivi d’une augmentation des compétences des républiques en termes de développement économique. Stane Kavcic, Premier ministre de Slovénie, s’emploie à encourager la mise en place d’industries nouvelles (électronique) et à développer le secteur des services.


 


1969 : Affaire des autoroutes. Le scandale est dû au fait qu’une somme prêtée par la banque internationale du développement pour la création d’autoroutes partant des frontières avec l’Italie et l’Autriche, traversant la Slovénie et aboutissant aux côtes dalmates a été investie par la fédération en Macédoine, au Kosovo et au Monténégro. Le scandale provoque de nombreuses manifestations populaires en Slovénie, dénoncées par Tito et Kardelj.


 


1971 : En lutte avec la ligue et les instances fédérales, Kavcic est démis de ses fonctions ; il se voit accusé d’avoir mené une politique hostile à la classe ouvrière et encouragé le « séparatisme slovène ».


 


1974 : Proclamation d’une nouvelle constitution fédérale, encore inspirée par Kardelj : et qui accorde en apparence plus d’autonomie aux républiques.


 


1974-1980 : la crise économique frappe la Yougoslavie et accentue le déséquilibre entre la Slovénie (8,5 % de la population, 18 % du PIB, 25 % des exportations, et les républiques moins développées du sud.


 


Février 1979 : Mort d’Eduard Kardelj.


 


4 mai 1980 : Mort de Tito à l’hôpital de Ljubljana, le plus moderne de toute la Yougoslavie.


 


1980 : Un groupe nommé Laibach se lance dans la contestation politique par le biais de la musique identitaire. En opposition avec le système politique hérité du titisme et avec le yougoslavisme jugé artificiel, il se revendique de l’influence allemande sur la Slovénie. Interdit, le groupe se voit également refuser le port de son nom. Il parvient toutefois à la notoriété grâce à des accords conclus avec une maison de disques britannique.


 


1982 : Opposition de l’opinion publique slovène, relayée par la Société des écrivains, contre une tentative serbe d’uniformiser les programmes de littérature et d’histoire dans toute la fédération.


 


1980-1989 : Les conflits entre « centralisateurs » et « nationalistes » se font plus nombreux au fil de la décennie sur un fond de difficultés économiques accrues depuis le deuxième choc pétrolier : mal ressenties par une Slovénie consciente de ses atouts économique, elles engendrent un profond rejet du centralisme improductif.


 


1986 : XIIe congrès de la jeunesse socialiste à Ljubljana ; le culte de Tito et l’idéologie officielle sont remis en question.


 


1987 : Lancement du magazine Nova Revija par un groupe d’intellectuels, libéraux et catholiques mêlés : ils réclament le pluralisme politique, l’économie de marché et l’indépendance, dans le maintien de la fédération. Milan Kucan (né en 1941), secrétaire général de la Ligue en Slovénie, décide de tolérer cette publication, dont le propos attise les tensions entre Ljubljana et Belgrade.


 


Janvier 1988 : Procès devant la cour militaire de Ljubljana de quatre jeunes militaires – par ailleurs rédacteurs de la revue Mladina (La Jeunesse)  – qui avaient protesté contre l’usage du serbo-croate,, langue officielle de l’armée dans leur unité, à la place du slovène. Les débats ont lieu en serbo-croate, ce qui engendre une mobilisation de l’opinion slovène en faveur du programme d’indépendance nationale.


 


Janvier 1989 : Sous l’impulsion de Milan Kucan, La ligue de Slovénie déclare terminé le temps de la « dictature du prolétariat » et autorise le pluralisme politique. Est fondée le même mois l’Alliance démocratique slovène.


 


Février 1989 : En réponse aux grands rassemblements en Serbie empreints de nationalisme et de la volonté de mettre les Slovènes au pas, la population de Ljubljana manifeste en masse contre la politique suivie au Kosovo par le gouvernement de Belgrade.


 


Mai 1989 : Les partis d’opposition publient une déclaration en faveur d’un « État souverain de la nation slovène ».


 


Septembre 1989 : Le parlement de Slovénie – composé uniquement de députés issus de la Ligue – vote des amendements réclamant la rétrocession des droits internationaux de la Slovénie. De fait communistes et non-communistes s’entendent dès cette date sur la nécessité de parvenir à l’indépendance, dans un cadre fédéral restructuré voire dans un cadre confédéral nouveau.


 


Fin novembre 1989 : Le gouvernement slovène refuse le plan économique fédéral basé sur le blocage des salaires et des prix.


 


Décembre 1989 : L’opposition (libéraux, sociaux-démocrates, Union des paysans, chrétiens-démocrates et Parti vert) se rassemble au sein d’une coalition appelée Demos.


 


Janvier 1990 : XIVe congrès de la Ligue. Les délégués slovènes le quittent après avoir exprimé leur rejet des vieux dogmes. Le 23 janvier, après le départ des Croates, il est ajourné sine die.


 


Avril 1990 : Élections libres. La coalition Demos obtient 55 % des suffrages. Le siège de Premier ministre revient au chrétien-démocrate Lojze Peterle. Une consultation complémentaire pour l’élection du président de la république permet l’élection du réformateur Milan Kucan avec 59 % des voix.


 


Juin 1990 : Cérémonie de réconciliation nationale destinée à apaiser les querelles de la Seconde Guerre mondiale.


 


2 juillet 1990 : L’assemblée nationale slovène vote une déclaration de souveraineté qui place les lois de la république au-dessus des lois fédérales.


 


28 septembre 1990 : Vote d’amendements constitutionnels donnant les pleins pouvoirs en matière de défense à la république de Slovénie. Les forces territoriales de défense passent sous l’autorité de Ljubljana. Cette décision se heurte au refus des autorités fédérales qui rejettent également toutes les lois limitant l’autorité du pouvoir central en Slovénie.


 


23 décembre 1990 : Plébiscite afin de déterminer les nouveaux rapports entre la Slovénie et la Yougoslavie. 88,5 % des votants s’expriment en faveur d’une Slovénie souveraine et indépendante.

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