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De la révolution des Œillets à l’intégration européenne

Même s’ils demeurent d’intensité très limitée, les conflits interminables (environ 5 000 tués en quinze ans) qui mobilisent le Portugal en Angola, au Mozambique et, surtout, en Guinée Bissau vont se révéler fatals au régime ; les jeunes générations supportent mal la durée, portée à quatre ans en 1968, du service militaire et l’émigration qui permet d’y échapper prend des proportions très importantes. C’est de l’armée elle-même que va venir la « révolution des Œillets » du 25 avril 1974. Ce mouvement est dirigé par les majors Ernesto Melo Antunes et Otelo Saraiva de Carvalho et bénéficie de la caution du général Antonio de Spinola, ancien gouverneur de la Guinée Bissau, qui est placé, après le rapide succès de l’insurrection, à la tête d’une Junte de salut national.


15 mai 1974 : Antonio de Spinola devient président de la République. Marcello Caetano et Amerigo Tomas ont pris le chemin de l’exil pour le Brésil.


10 septembre 1974 : Indépendance de la Guinée Bissau, suivie le 25 juin 1975 par celle du Mozambique. Les îles du Cap Vert, de Principe et de Sao Tomé deviennent indépendantes à leur tour en juillet 1975, l’Angola et le Cabinda le 11 novembre 1975 ; l’indépendance de l’Angola et du Mozambique débouchent rapidement sur l’instauration de régimes pro soviétiques appuyés notamment en Angola par un corps expéditionnaire cubain ; la guerre civile née des affrontements ethniques va ravager pour de nombreuses années ces deux territoires, surtout l‘Angola, qui sera l’un des enjeux de la guerre froide au cours des années 1980. La « révolution des Œillets » a ainsi mis un terme à ce qui restait de l’empire portugais ; seules les Açores et Madère demeurent des territoires d’outre-mer portugais. La partie portugaise de l’île de Timor a été brutalement annexée par les Indonésiens qui devront lui accorder l’indépendance un quart de siècle plus tard et Macao est revenu à la Chine en 1999 en application d’un accord conclu ente Lisbonne et Pékin en 1987.


30 septembre 1974 : Le général de Spinola doit démissionner sous la pression des militaires d’extrême gauche conduits par le major de Carvalho et le général Vasco Conçalves alors que le Parti Communiste naguère clandestin d’Alvaro Cunhal semble en mesure de s’imposer. Spinola est remplacé par le général Costa Gomes.


11 mars 1975 : Prétextant une tentative de coup d’État, les militaires révolutionnaires exilent le général de Spinola et créent un Conseil suprême de la révolution qui remplace la Junte de salut national et prétend engager le Portugal dans la voie de la collectivisation : étatisation des banques, réforme agraire avec confiscation des grands domaines fonciers de l’Alentejo, remise de colonies africaines à des pouvoirs marxistes appuyés par Moscou et La Havane. Le désastre économique est naturellement au rendez-vous : énorme déficit de la balance des paiements, inflation à 26 %, 350 000 chômeurs, le tout aggravé par le retour de 700 000 retornados ou rapatriés d’outre-mer ; la situation géostratégique du Portugal, membre de l’OTAN dont les Açores paraissent alors sur le point de se séparer, empêchent cette évolution inquiétante d’aller jusqu’à son terme. La sagesse du socialiste Mario Soarés, fermement attaché à la démocratie parlementaire et qui ne peut être soupçonné d’être un nostalgique de l’ancien régime dont il a été l’un des plus fermes opposants, permet en effet au Portugal d’échapper à la dérive communisante.


25 avril 1975 : Élection d’une Assemblée constituante. Le Parti communiste n’obtient que 12,5 % des voix et c’est le Parti socialiste de Mario Soares (près de 38 % des voix) et le Parti populaire démocratique de Francisco Sa Carneiro (27 % des voix) qui sortent vainqueurs du scrutin.


29 août 1975 : Vasco Gonçalves doit démissionner de ses fonctions de chef du gouvernement.


25 novembre 1975 : Échec d’une tentative de coup d’État des militaires d’extrême gauche.


2 avril 1976 : Promulgation d’une nouvelle constitution prévoyant un président de la République élu au suffrage universel mais ne disposant que de pouvoirs limités.


25 avril 1976 : Élections législatives : 35 % des voix aux socialistes, 24 % au PPD, 16 % au CDS de centre-droit, 14,4 % au PC. Mario Soares devient chef du gouvernement.


27 juin 1976 : Un militaire modéré, Antonio Ramalho Eanes est élu président de la République, fonction qu’il exercera jusqu’en 1986. (Il est réélu le 7 décembre 1980)


21 septembre 1976 : Le Portugal est admis au sein du Conseil de l’Europe et pose sa candidature pour l’adhésion à la CEE le 28 mars 1977.


1979 : Le centre-droit obtient la majorité. Francisco Sa Carneiro devient chef du gouvernement jusqu’à sa disparition dans un accident d’avion en décembre 1980. Il est alors remplacé par Francisco Pinto Balsemao.


24 septembre 1982 : La révision de la Constitution fait disparaître le « Conseil de la révolution » qui, issu du Mouvement des forces armées de 1974 constituait le dernier vestige de la tentative révolutionnaire.


12 juin 1985 : Le Portugal rejoint la Communauté économique européenne pour former, avec l’Espagne et avec les membres précédents « l’Europe des Douze » (entrée officielle le 1er janvier 1986).


6 octobre 1985 : Victoire électorale du Parti social-démocrate (centre droit) qui met fin à un gouvernement d’Union nationale dirigé par Mario Soares et porte au pouvoir Anibal Cavaco Silva.


16 février 1986 : Mario Soares est élu président de la République. (Il sera réélu en janvier 1991.)


19 juillet 1987 : Les élections législatives anticipées donnent la majorité absolue au Parti social-démocrate ; de nouvelles élections confirment ce résultat le 6 octobre 1991 avec 50,4 % des voix contre 29,2 % au Parti socialiste. C’est également en 1987 que le major de Carvalho est condamné à quinze ans de prison pour sa participation au groupe d’extrême gauche FP25, responsable de plusieurs attentats. La page de la révolution des Œillets semble ainsi définitivement tournée. Dirigé par Anibal Cavaco Silva, le gouvernement bénéficie donc d‘une remarquable stabilité, propice à un développement économique rapide, favorisé par la manne européenne. Le chômage et l’inflation sont jugulés et l’escudo peut intégrer en 1992 le système monétaire européen ; les élections municipales de 1993 et les élections européennes témoignent cependant d’une certaine lassitude de l’électorat et voient le Parti socialiste reprendre l’avantage (36 % des voix contre 34 %).


13 mai 1991 : Visite du pape Jean Paul II à Fatima.


31 mai 1991 : Signature à Lisbonne d’un accord de paix entre le président angolais Dos Santos et son adversaire Jonas Savimbi, accord qui ne mettra pas fin à la guerre civile qui ravage le pays depuis 1975.


1994 : Lisbonne est proclamée capitale culturelle de l’Europe.


1995 : Le socialiste Antonio Guterres devient chef du gouvernement et se voit reconduit à ce poste en 1999.


1996 : Jorge Sampaio devient président de la République. (Il succède à Mario Soares.)


17 juillet 1996 : Création de la Communauté des pays lusophones qui regroupe le Portugal, l’Angola, le Brésil, la Guinée-Bissau, le Mozambique, le Cap Vert, Sao Tomé et Principe et le Timor oriental, soit un ensemble de plus de deux cents millions de lusophones.


1998 : Le pont Vasco de Gama, le plus long d’Europe, est inauguré sur le Tage au nord-est de Lisbonne. Exposition Universelle de Lisbonne pour le cinquième centenaire de l’expédition de Vasco de Gama.


Juin 1998 : Le non l’emporte (50,9 %) lors du référendum sur l’avortement.


Janvier 2001 : J. Sampaio est réélu président de la République pour cinq ans.


Décembre 2001 : La déroute subie par les socialistes aux élections municipales contraint le premier ministre A. Gutteres à présenter sa démission.


Mars 2002 : Victoire aux élections législatives du Parti social-démocrate (conservateur). José Manuel Durao Barroso forme le gouvernement et met en œuvre une politique énergique de redressement économique inspirée par le libéralisme ambiant. Les résultats obtenus font qu’en mars 2004 l’Union européenne abroge la procédure en déficit excessif lancée deux ans auparavant.


2003 : Contre une opinion publique majoritairement hostile, le gouvernement portugais se range aux côtés de l’Angleterre et de l’Espagne dans le soutien à l’intervention anglo-américaine contre l’Irak.


Juin 2004 : J.-M. Durao Barroso devient président de la Commission européenne.

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