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Des origines à la formation de l’unité polonaise

On fait généralement commencer l’histoire de la Pologne en 963 avec le règne de Mieszko mais il n’est pas possible d’ignorer les périodes plus anciennes que nous révèle l’archéologie. C’est au sein de la vaste famille des peuples indo-européens que se cristallise l’élément slave. Les Proto-Slaves apparaissent bien individualisés vers le XVe siècle avant J.-C. et donnent naissance à plusieurs cultures successives. Celle qui se développe en Lusace se caractérise par la pratique de l’agriculture et de l’élevage, par la maîtrise de la métallurgie non ferreuse et par des constructions en bois, notamment d’enceintes impressionnantes comme celle dont les restes ont été découverts à Biskupin. La civilisation poméranienne prend le relais dans la seconde moitié du premier millénaire avant J.-C. en Poméranie, en Grande Pologne, en Petite Pologne et dans une partie de la Silésie. Enfin, la civilisation dite des « tombes à fosse » dure du premier siècle avant J.-C. au VIe siècle après. Le choc des invasions successives vient bouleverser l’Europe orientale et entraîne la distinction progressive entre Slaves orientaux et Slaves occidentaux. C’est entre la Vistule et l’Oder (Odra) que se forment alors les groupes qui donneront naissance aux diverses tribus polonaises. On distingue parmi celles-ci les Goplanes, les Polanes, les Vislanes et les Masoviens. Ce sont les Polanes qui parviennent à s’imposer et qui établissent autour de Kruszwica, Gniezno et Poznan le noyau principal de l’ensemble polonais dont l’unité est favorisée par les menaces que font peser sur lui Magyars, Scandinaves et surtout Germains. C’est également à cette époque que s’établit la tradition légendaire qui fait de la famille des Piast l’origine de l’État polonais. Le passage du mythe à l’histoire se réalise avec Ziemomysl, fils de Leszek et père de Mieszko qui sera le premier véritable souverain « historique » de la Pologne. C’est avec lui que commence véritablement la dynastie des Piast, qui régnera sur le pays de 963 à 1370.


959 : Offensive germanique contre la Pologne. Mieszko est vaincu par le margrave Gero.


963 : Mieszko traite avec l’Empereur Othon Ier qui reconnaît officiellement le royaume polonais.


965 : Mieszko épouse Dubravka, une princesse bohémienne et s’allie ainsi à un voisin slave et chrétien.


966 : Conversion de Mieszko et de son peuple au christianisme.


973 : Convoqué à Quedlimburg par l’empereur, Mieszko accepte de payer tribut pour les territoires étendus à l’ouest de la Warta.


981 : Le souverain de Kiev, Wladimir le Grand, attaque la frontière du Bug et du San.


992 : Mort de Mieszko. Il a été le rassembleur des terres polonaises et, avec la conquête de Gdansk et de la Poméranie occidentale, il a donné au royaume une ouverture sur la Baltique.


992-1025 : Règne de Boleslas Ier, fils aîné de Mieszko. Son père a prévu de partager son royaume entre ses quatre fils mais il s’impose comme seul successeur.


1000 : L’empereur Othon III est reçu à l’Assemblée de Gniezno. La fille d’Othon est mariée au fils de Boleslas et les charges imposées à Mieszko sont supprimées, ce qui signifie la reconnaissance de l’indépendance polonaise. Le pays est organisé en province ecclésiastique autonome avec un archevêché à Gniezno et trois évêchés à Cracovie, Wroclaw et Kolobrzeg. Boleslas reprend à l’empereur le droit d’investiture et de nomination des évêques, garantissant ainsi l’émancipation de l’Église polonaise.


1005 : L’empereur Henri de Bavière entreprend contre la Pologne une guerre qui se terminera en 1018 avec le traité de Bautzen qui laisse la Lusace et la Moravie à la Pologne, qui s’étend alors jusqu’au Dniestr.


1025 : Couronnement de Boleslas à Gniezno. Il se couronne lui-même avec l’assentiment du Saint-Siège.


1025-1034 : Règne de Mieszko II, qui ruine l’œuvre de son père en perdant la Lusace, en reconnaissant la suzeraineté de l’empereur et en acceptant la suspension de l’archevêché de Gniezno.


1040-1058 : Règne de Casimir Ier. Après la régence de Ryxa, veuve de Mieszko II, son fils rentre en Pologne avec l’appui des Allemands et reconquiert le royaume menacé par les Tchèques, les révoltes populaires et les ambitions de la noblesse. Il doit reconnaître la suzeraineté des empereurs Conrad II et Henri III. Casimir n’est que duc de Pologne et ne ceint pas la couronne royale. Il a assuré la renaissance de l’État mais accepté d’être dépendant de l’empire.


1058-1080 : Règne de Boleslas II. Fils de Casimir Ier, il occupe Kiev en 1069 et se range aux côtés du pape Grégoire VII quand éclate avec l’empereur Henri IV la querelle des Investitures.


1076: Boleslas est couronné avec le soutien de Grégoire VII mais l’empereur Henri IV tente de susciter des révoltes contre lui. C’est dans ce contexte que le roi fait assassiner l’évêque de Cracovie Stanislas qui l’a excommunié. La victime deviendra ensuite le saint patron de la Pologne. Boleslas est alors obligé de s’exiler en Hongrie.


1080-1102 : Règne de Ladislas Ier Hermann, frère cadet de Boleslas II. Sous son règne, la Pologne se rapproche de l’empire.


1102-1138 : Règne de Boleslas III Bouche-Torse. Ladislas Ier a souhaité partager son royaume entre lui et ses fils, ce qui déchaîne à sa mort la guerre entre Zbigniew et Boleslas. Le premier s’appuie sur l’empereur dont les troupes sont vaincues en Silésie à Glogau et Wroclaw. Boleslas fait exécuter son frère et rétablit l’unité polonaise. Il tente de mettre en place un système dit de « seniorat » qui permet de partager le royaume entre ses fils, tout en réservant à l’aîné une fonction de suzerain par rapport à ses frères cadets. Cette situation va en réalité favoriser le morcellement féodal.


Le XIIe siècle voit le développement en Pologne d’une importante colonisation allemande qui se confirme au siècle suivant. Les Allemands s’installent surtout dans les villes et sont à l’origine de l’essor de bon nombre de centres urbains. Le droit allemand de Magdebourg est appliqué pour la première fois dans la ville de Chelmno en 1233 et se répand ensuite rapidement dans la mesure où il est mieux adapté à l’économie d’échanges que les coutumes polonaises (Wroclaw en 1242, Poznan en 1253, Cracovie en 1257).


1139-1146 : Règne de Ladislas II, qui a le titre de grand-duc. Fils aîné de Boleslas III, il doit lutter contre ses cadets soutenus par la noblesse qui cherche à affaiblir le pouvoir royal. Il est finalement vaincu et contraint à l’exil.


1145-1173 : Règne de Boleslas IV Il doit reconnaître en 1157 la suzeraineté de l’empereur Frédéric Barberousse.


1174-1177 : Règne de Mieszko III. Troisième fils de Boleslas III, il est chassé par l’aristocratie et mourra en 1202.


1177-1194 : Règne de Casimir II, dernier fils de Boleslas III. Il est élu par les Grands au synode de Lecz. Le testament de Boleslas est de fait aboli, ce que confirme en 1180 l’Assemblée de Lenczyca.


1202-1206 : Règne de Ladislas III, dernier fils de Mieszko III. Vaincu par Leszek, le fils aîné de Casimir II, il est chassé du trône.


1206-1227 : Règne de Leszek, qui place la Pologne sous la protection du Saint-Siège. Il est finalement tué par un prince poméranien rebelle.


1227-1279 : Règne de Boleslas IV, un fils de Leszek qui n’est encore qu’un petit enfant à la mort de son père. Son oncle Conrad de Mazovie et Henri de Silésie – de la branche aînée des Piast – se disputent le pouvoir et Conrad fait appel aux chevaliers teutoniques.


1237-1241 : Les Polonais sont vaincus à deux reprises par les Mongols qui dévastent le pays et massacrent une part importante de la population. Le cauchemar mongol ne se termine qu’en 1241.


1243 : Boleslas peut enfin exercer le pouvoir mais il doit compter avec la noblesse et avec les empiétements germaniques en Silésie et en Grande Pologne.


1264 : Le privilège de Kalisz assure un certain nombre de garanties aux juifs.


1279-1288 : Règne de Leszek le Noir, auquel succède, de 1288 à 1290, Henri IV de Breslau.


1283 : Les chevaliers Teutoniques s’installent en Prusse.


1289 : Varsovie apparaît pour la première fois comme un centre urbain important.


1290-1295 : Règne de Przemysl II, qui est couronné à Gniezno et pas à Cracovie en 1295, avant d’être assassiné l’année suivante.


1300-1305 : Venceslas II de Bohême règne sur la Pologne. Il bénéficie du soutien des bourgeoisies urbaines allemandes. Son fils et successeur Venceslas III est assassiné en 1306.


1306-1333 : Règne de Ladislas Ier le Bref, arrière-petit-fils de Casimir II.


1308 : L’ordre Teutonique occupe Gdansk.


1320 : Ladislas se fait couronner roi de Pologne à Cracovie.


1327-1329 : Jean de Luxembourg, roi de Bohême, se fait prêter hommage par les princes silésiens et un duc de Mazovie.


1331 : Les Polonais battent les Teutoniques à Plowce mais les chevaliers s’emparent de la Cujavie l’année suivante.


1334-1370 : Règne de Casimir III le Grand, fils de Ladislas Ier.


1335 : Entrevue de Visegrad ; Jean de Luxembourg renonce à toute prétention sur le trône de Pologne.


1343 : Une « paix perpétuelle » est signée entre la Pologne et l’ordre Teutonique qui garde la Poméranie orientale.


1347 : L’Assemblée de Piotrkow fait de la noblesse un corps fermé astreint au service militaire et établit les conditions du servage.


1355 : Accord de Buda avec Louis d’Anjou, roi de Hongrie. Si Casimir meurt sans héritier, c’est Louis d’Anjou qui doit lui succéder sur le trône de Pologne.


1364 : Création de l’Université de Cracovie par le roi Casimir III le Grand. C’est la deuxième fondée en Europe centrale après celle de Prague mais elle entre en déclin après sa mort.


1368 : Conclusion du traité de Kalisz entre la Pologne et les Teutoniques qui précisent leurs visées sur la Lituanie.


1370 : Louis d’Anjou, neveu de Casimir et roi de Hongrie monte sur le trône de Pologne. Il fait d’importantes concessions à la noblesse dont il réduit les impôts lors de l’assemblée de Koszyce (1374). Après la mort de Louis d’Anjou, les nobles polonais rompent l’union personnelle avec la Hongrie mais appellent au trône Hedwige, la seconde fille du roi, l’aînée, Marie, étant déjà mariée à Sigismond de Luxembourg.


1382 : Le duc de Lituanie Jagellon doit abandonner une partie de la Samogitie aux Teutoniques.

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