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À travers un millénaire d’histoire de la Pologne

Étrange destin que celui de la Pologne, cette nation dont Voltaire écrivait, dans son Histoire de Charles XII, qu’elle était « bien plus jalouse de maintenir sa liberté qu’empressée à attaquer ses voisins. La discipline et l’expérience lui manquent, mais l’amour de la liberté qui l’anime la rend toujours formidable. On peut la vaincre ou la dissiper ou la tenir même pour un temps en esclavage, mais elle secoue bientôt le joug… » Le grand philosophe des Lumières résume en quelques lignes ce que fut l’aventure de ce peuple slave entré dans l’histoire autour de l’an mil et contraint de batailler très souvent pour affirmer son existence face au Drang nach Osten germanique et aux entreprises moscovites, suédoises ou prussiennes. Une situation géographique défavorable a de tout temps rendu difficile la lutte polonaise pour l’indépendance et la liberté mais, attachée à sa langue et à sa religion catholique, cette nation trouvera dans les espoirs nés de la Révolution française sa vocation de nation martyre appelée à régénérer l’Europe qu’exaltera Adam Mickiewicz. En ce sens elle apparaîtra comme l’un de ces « peuples nécessaires » chers à Michelet et les sacrifices consentis au XXe siècle, sous la domination hitlérienne et au cours de l’interminable nuit communiste, ont confirmé la vigueur d’un esprit de résistance qui se confond avec une histoire millénaire.


 


L’extension territoriale de la Pologne a considérablement varié au cours de l’histoire et l’on a vu, à l’issue de la seconde guerre mondiale, les frontières du pays largement déplacées d’est en ouest, sa superficie passant de 390 000 km2 en 1939 à 312 000 km2 en 1945. La Pologne a alors perdu les territoires situés à l’est du Bug mais récupéré la partie méridionale de la Prusse orientale et, avec la ville libre de Gdansk (Dantzig), les territoires allemands allant de la Poméranie à la Silésie et à la Poznanie. Ces frontières, notamment la frontière Oder-Neisse germano-polonaise, ont été reconnues à la faveur de la détente Est-Ouest, lors de la conférence d’Helsinki en 1975, et confirmées quand a été réalisée la réunification allemande en 1990. La géographie physique de la Pologne apparaît d’une grande simplicité. Les neuf-dixièmes du territoire actuel de la Pologne s’élèvent à moins de 200 m d’altitude. Les zones de collines du nord correspondent aux « croupes baltiques » formées par les moraines frontales de l’inlandsis scandinave. Il s’agit de régions forestières aux sols pauvres où les lacs et les étendues marécageuses sont nombreux – Poméranie à l’ouest, Mazurie à l’est. C’est dans la plaine centrale que s’est formé le cœur historique de la Pologne, traversé par la Vistule qui sépare la Mazovie à l’est de la Grande Pologne à l’ouest. Le tiers méridional du pays est caractérisé par la présence de reliefs montagneux importants. À l’ouest, les monts des Géants forment le côté nord du quadrilatère bohémien ; à l’est, les Beskides participent au versant septentrional de l’arc des Carpates. Les piémonts de ces ensembles montagneux correspondent aux riches régions de Silésie à l’ouest et de Petite Pologne et de Lublin à l’est. L’Oder et la Vistule – ainsi que leurs grands affluents respectifs, la Warta et la Pilica – sont des cours d’eau réguliers et utiles s’écoulant du sud vers le nord et la trouée de la haute Vistule permet des communications aisées avec l’espace danubien. Alors qu’elle dispose aujourd’hui sur la Baltique d’une façade littorale longue de 500 km, la Pologne eut pendant longtemps, faute d’un débouché suffisant sur la mer, une destinée exclusivement continentale. Privé de frontières naturelles clairement identifiables dans la grande plaine d’Europe du Nord, le pays dut faire face dès le Moyen Âge à la poussée germanique à l’ouest avant d’être menacé par la pression russe à l’est. Cette situation inconfortable – qui connut son paroxysme à la fin du XVIIIe siècle, à l’issue des partages successifs qui rayèrent pour cent vingt-quatre ans l’État polonais de la carte de l’Europe – a naturellement conduit ce peuple à rechercher vers l’est, vers les régions baltes, la Biélorussie ou l’Ukraine, un espace territorial suffisamment étendu pour garantir la sécurité de la « Pologne ethnique » mais cette extension était aussi une source de faiblesse, dans la mesure où elle intégrait à l’État polonais de nombreuses minorités qui ne se reconnaissaient pas en lui – près de la moitié de la population en 1939. Les contraintes géographiques ne peuvent cependant suffire à expliquer les difficultés qu’a connues la Pologne au cours de son histoire. Riche en hommes et en ressources, ce pays a surtout souffert de la nature d’un État condamné à l’impuissance par un régime de « démocratie nobiliaire » qui, à partir du XVIIe siècle, ne fut jamais en mesure de le protéger des ambitions de ses voisins.

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