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Drames, retards et développements au XXe siècle

1896 et 1900 : Diaz est de nouveau réélu à la présidence de la République.


7 août 1900 : Jesus et Ricardo Flores Magon fondent le journal d’opposition Regeneracion, lié au Parti libéral mexicain organisé la même année.


5 février 1901 : Réunion à San Luis Potosi du Congrès du Parti libéral qui entend rassembler les opposants. Ces libéraux « jacobins » formulent une critique politique et sociale radicale du régime. Le second Congrès, tenu en 1902, est dispersé par la police.


1904 : Dans la perspective de nouvelles élections présidentielles, Diaz fait instituer une fonction de vice-président – il se charge de le désigner lui-même en la personne de Ramon Corral, gouverneur du Sonora, qui s’était illustré en écrasant la révolte des Yaquis et en envoyant aux travaux forcés les insurgés prisonniers – et fixe la durée du mandat présidentiel à six ans au lieu de quatre. Le général Bernardo Reyes, le gouverneur trop populaire du Nuevo Leon, est prudemment tenu à l’écart. C’est l’époque qui voit Diaz prendre quelque distance avec les États-Unis en n’accordant qu’un bail de trois ans à une base navale US sur la côte pacifique, en octroyant des concessions pétrolières à un groupe anglais et en accueillant à Mexico le président nicaraguayen Zelaya chassé de sa capitale par un coup d’État soutenu par Washington.


1905 : L’établissement du monométallisme-or assure la stabilité du peso mexicain.


25 septembre 1905 : Victimes de la répression du régime porfiriste au Mexique, les libéraux constituent aux États-Unis, à Saint Louis, une Junte organisationnelle qui sera influencée par les idées anarchistes.


Juin 1906 : Grande grève ouvrière à Cananea, dans une mine de cuivre appartenant à une compagnie américaine. Le 1er juillet, la Junte de Saint Louis présente son programme-manifeste qui sera largement diffusé dans tout le Mexique et inspirera ultérieurement la constitution de 1917.


1910 : Les États-Unis laissent des opposants au régime de Diaz utiliser leur territoire comme base arrière.


1910 : Lors des élections présidentielles, Diaz doit affronter Francisco Madero, un créole du Coahuila, auteur en 1908 d’un livre consacré à la succession présidentielle – Diaz est alors septuagénaire. Cet opposant regroupe tous les mécontents hostiles à une nouvelle réélection de Diaz qui le fait arrêter en juin mais il s’échappe en octobre et gagne le Texas alors que Diaz s’est fait réélire une fois de plus, dans les conditions habituelles, en combinant le scrutin avec l’anniversaire du « cri de Dolores ».


Novembre 1910 : Plusieurs soulèvements locaux de faible ampleur sont brisés et Madero, désespéré par l’échec de son appel à l’insurrection (le plan de San Luis Potosi) lancé le 5 octobre, songe à partir pour l’Europe.


27 novembre 1910 : Dans l’État de Chihuahua, un chef révolutionnaire, Pascual Orozco, bat les troupes fédérales à Pedrenales. Avec le bandit Pancho Villa, il s’empare de tout le sud de l’État.


Février 1911 : Madero rejoint les rebelles du Chihuahua. Dans le même temps, un leader paysan du Morelos, Emiliano Zapata, déclenche la guerre contre les propriétaires d’haciendas. L’agitation gagne ensuite le Sonora, le Durango, le Puebla, le Guerrero, le Vera Cruz, le Tabasco, l’Oaxaca et le Yucatan.


19 mars 1911 : Limantour forme un nouveau gouvernement et invite Bernardo Reyes, exilé en Europe, à rejoindre le pays. Le vice-président Corral part en exil.


Avril 1911 : Un armistice est conclu avec les insurgés qui sont en train d’assiéger Ciudad Juarez, prise le 10 mai.


12 mai 1911 : Zapata s’empare de Cuautla.


21 mai 1911 : Un accord intervient à Ciudad Juarez, qui prévoit le départ de Diaz et son remplacement à titre provisoire par Francisco de la Barra. Il est connu le 23 à Mexico où la troupe tire sur la foule pour défendre le palais présidentiel menacé par des manifestants. Le 26 mai, le vieux dictateur prend le train pour Vera Cruz afin de gagner l’Europe, suivi par Limantour quelques semaines plus tard. Diaz mourra à Paris le 2 juillet 1915.


7 juin 1911 : Madero fait son entrée à Mexico. Des élections ont lieu au mois d’octobre suivant. Madero est élu le 15 à la présidence et Pino Suarez à la vice-présidence.


23 septembre 1911 : Manifeste d’inspiration communisante du « parti libéral mexicain » sous le mot d’ordre « Terre et Liberté ».


6 novembre 1911 : Madero entre en fonctions. Il entend remettre en valeur la constitution de 1857 et remplir les promesses formulées jadis par Diaz dans le plan de Tuxtepec mais il ne mesure pas ce que sont les attentes des masses, déçues par l’indépendance et la réforme.


28 novembre 1911 : Zapata rompt avec Madero et relance la rébellion dans le Morelos et entend appliquer le « plan d’Ayala » qui prévoit la restitution des terres prises aux villages et l’expropriation d’un tiers des grands domaines.


Décembre 1911 : Encouragé par le gouvernement américain, Bernardo Reyes franchit le Rio Grande dans l’intention de réaliser un pronunciamiento mais sa tentative ne rencontre aucun écho et il se constitue prisonnier.


Février 1912 : Pascual Orozco, l’un des généraux révolutionnaires, entame un pronunciamiento contre Madero qu’il accuse d’avoir « trahi » les espérances révolutionnaires. Envoyé contre le rebelle, le général Victoriano Huerta le contraint à se réfugier en Arizona.


Dans le même temps, les États-Unis déploient d’importantes forces militaires sur la frontière entre les deux pays. Le président Taft, encouragé par Henry Lane Wilson, l’ambassadeur américain à Mexico, reproche à Madero d’être incapable de maintenir l’ordre au sud du Rio Grande et de ne pas favoriser les investisseurs américains – le 3 juin, Madero a imposé une taxe sur la production pétrolière.


Octobre 1912 : Une nouvelle révolte, déclenchée à Vera Cruz par Felix Diaz, le neveu de Porfirio, est brisée à son tour.


9 février 1913 : Nouveau coup d’État. La garnison de Tacubaya se soulève et libère Bernardo Reyes, qui prend la tête de l’insurrection mais la tentative est brisée par le général Villar demeuré loyaliste et Reyes est tué. Madero confie alors le commandement des troupes à Victoriano Huerta. Les combats contre les insurgés durent pendant dix jours. En fait, Huerta et Diaz, le nouveau chef des rebelles, négocient secrètement, avec les encouragements de l’ambassadeur américain. Huerta, l’une des figures les plus sinistres de l’histoire mexicaine, trahit Madero et les siens et s’empare du pouvoir au soir du 19, le « pacte de l’ambassade yankee » conclu la veille avec le représentant des États-Unis lui assurant le titre de « président provisoire », ce que l’ambassadeur américain fait accepter par l’ensemble du corps diplomatique, en se félicitant de la chute d’un « despotisme scélérat ». Trop confiants, Madero et le vice-président Pino Suarez acceptent de démissionner mais ils sont arrêtés et, le 22 février au soir, sont assassinés sous prétexte d’une tentative de fuite. C’est le début d’un régime dictatorial et criminel. Huerta est un ivrogne qui n’hésite pas à liquider les opposants et prend bien soin d’écarter tous ses rivaux potentiels mais il ne peut empêcher le déclenchement d’une nouvelle révolte dans les États du nord, le Chihuahua, le Sonora et le Coahuila.


19 février 1913 : Venustiano Carranza, gouverneur du Coahuila, refuse de reconnaître l’autorité de Huerta et se pose en vengeur de Madero. Le 26 mars, il présente le « plan de Guadalupe » visant à renverser l’usurpateur et s’attribue le titre de « chef de l’armée constitutionnaliste ». Dans le même temps, Alvaro Obregon prend la tête du mouvement dans le Sonora et chasse de son État les forces fédérales.


Mars 1913 : Pancho Villa, qui s’était réfugié aux États-Unis après avoir été emprisonné et s’être échappé, franchit le Rio Grande et entreprend la conquête de l’État de Chihuahua, réalisée au cours du printemps et de l’été. À l’automne, les villes de Ciudad Juarez et de Chihuhua passent sous son contrôle.


Septembre 1913 : Carranza établit un gouvernement à Nogales, sur la frontière américaine, et Villa accepte dans un premier temps de reconnaître son autorité. Au même moment, les fidèles de Zapata réalisent dans le sud une révolution sociale de grande ampleur en s’emparant des terres des grands propriétaires créoles qu’ils n’hésitent pas à massacrer. Il s’agit là d’une « lutte de classes » impitoyable, bien différente du banditisme anarchique pratiqué par Villa et ses émules dans le nord.


Mars 1913 : Th. Woodrow Wilson entre à la Maison Blanche. Il est a priori opposé à une intervention militaire américaine au Mexique et paraît plutôt favorable aux constitutionnalistes ; au cours de l’été, il rappelle Henry Lane Wilson, remplacé par John Lind à Mexico, et décide un embargo sur les ventes d’armes et de munitions au pays voisin.


Octobre 1913 : Lors des élections présidentielles, Huerta ne se présente pas officiellement mais, à l’issue d’une parodie de scrutin, il est annoncé que les électeurs ont voté pour lui qui, constitutionnellement, ne pouvait pas se représenter et il conserve ainsi ses fonctions de président provisoire.


Février 1914 : Exaspéré par l’attitude de Huerta, Wilson lève l’embargo sur les armes au profit des constitutionnalistes.


Mars 1914 : Bénéficiant des livraisons d’armes et de munitions en provenance des États-Unis, Villa se met en marche vers le sud et s’empare de Torreon, bat les fédéraux dans le Coahuila puis attaque le Zacatecas. Vainqueur dans le Sinaloa, Obregon s’avance le long du Pacifique jusque dans le Jalisco puis le Guadalajara pour rejoindre Pablo Gonzalez, un autre général de Carranza, à Queretaro.


21 avril 1914 : Intervention américaine à Vera Cruz, consécutive à un incident ayant opposé le 9 avril des militaires américains à des fonctionnaires mexicains. Des émeutiers s’en prennent aux Américains à Mexico et Huerta « menace » d’attaquer le Texas.


Juin 1914 : Huerta est obligé de fuir Mexico dont la garnison se rend le 10 août aux forces rebelles.


15 août 1914 : Obregon fait une entrée triomphale dans Mexico. Il y est suivi le 16 par Carranza, qui a conclu le 8 juillet avec Villa le pacte de Torreon.


10 octobre 1914 : Les différents courants antagonistes qui se sont formés au sein du mouvement révolutionnaire (partisans de Carranza, d’Obregon, de Villa) se réunissent en convention à Aguascalientes. Le 1er novembre, cette convention nomme président provisoire le général Eulalio Gutierrez. Celui-ci est rapidement isolé. Obregon se rallie à Carranza et Gutierrez fait de Villa son général en chef.


4 décembre 1914 : Villa conclut le pacte avec Zapata et Xochimilco et ils font ensuite leur entrée dans Mexico mais Guttierez, vite débordé par ces alliés encombrants, cherche à négocier avec Obregon et, en janvier 1915, il fuit la capitale pour se rallier finalement à Carranza.


6 janvier 1915 : Carranza promulgue un décret annonçant une réforme agraire et donne en février des gages au mouvement ouvrier. À la fin du mois de janvier, Obregon bat les forces villistes à Puebla puis les repousse à Celaya en avril et l’emporte de nouveau au cours du printemps et de l’été de 1915 à Trinidad (29 avril-5 juin), Aguascalientes et Torreon. Durant l’hiver 1915-1916, Villa est de nouveau battu à Agua Prieta et à Hermosillo et il est contraint de se replier sur sa province du Chihuahua.


Août 1915 : Pablo Gonzalez ravage le Morelos pour venir à bout de la rébellion zapatiste.


Octobre 1915 : Washington reconnaît le gouvernement de Carranza et établit un embargo sur les munitions que Villa se procurait jusque-là aux États-Unis.


16 janvier 1916 : Les villistes tuent à Santa Isabel, dans le Chihuahua, seize ingénieurs américains. Villa en personne attaque la ville américaine de Columbus dans le Nouveau-Mexique et y fait une quinzaine de victimes. Wilson ordonne alors au général Pershing d’engager les opérations contre Villa pour s’en emparer mort ou vif. Les troupes américaines interviennent donc dans le Chihuahua et les opérations durent jusqu’en février 1917 sans aboutir à des résultats décisifs. Poncho Villa sera finalement assassiné en 1923.


1er août 1916 : Carranza prend des mesures draconiennes contre l’agitation sociale.


Automne 1916 : Carranza ordonne l’élection d’une convention réunie à Queretaro du 1er décembre au 31 janvier et la charge d’introduire dans la constitution les changements rendus nécessaires par la révolution.


Janvier 1917 : La convention redéfinit le droit de propriété pour revenir sur l’aliénation des terres indiennes et des ressources du sous-sol. Les ejidos indiens seront désormais propriété indivise des villages et, selon les besoins, des expropriations peuvent être envisagées au détriment des grandes haciendas. Des mesures sociales telles que la journée de travail de huit heures, l’interdiction du travail des enfants, la création d’un salaire minimum, le droit de grève ou les indemnités liées aux accidents du travail sont adoptées. Des mesures anticléricales visant à limiter l’influence de l’Église sont également annoncées dans cette constitution promulguée le 5 février 1917.


1er mai 1917 : Carranza est nommé président à titre définitif.


12 mai 1918 : Création à Saltillo d’une Confédération régionale ouvrière mexicaine (CROM) animée par Luis Morones.


10 avril 1919 : Zapata est attiré dans un guet-apens et tué à l’hacienda San Juan Chimaneca.


23 avril 1920 : Plan d’Agua Prieta du général Obregon contre Carranza.


Mai 1920 : À la suite de la révolte du Sonora, Carranza décide de fuir mais il est tué près de Tampico le 21 mai. L’armée rebelle d’Obregon s’empare de Mexico et Adolfo de la Huerta est nommé président provisoire.


1er décembre 1920 : Alvaro Obregon devient président de la République.


28 décembre 1920 : Loi sur les ejidos qui les définit comme « des unités de terres cultivées placées sous le régime de la communauté communale ou collective, mais distribuées en petites exploitations individuelles ou familiales ». La classe politique mexicaine adopte volontiers dès lors une rhétorique « révolutionnaire » mais les conditions réelles de l’exercice du pouvoir et du suffrage ne changent guère. Obregon exerce en fait un pouvoir autoritaire en jouant de la rivalité des forces qui l’ont soutenu, la Confédération régionale ouvrière mexicaine de Morones et le Parti agrarien de Diaz Soto y Gama et en renforçant l’autorité fédérale dans les États. C’est à cette époque que le ministre de l’Éducation nationale, José Vasconcelos, met en œuvre un programme ambitieux de développement de l’instruction publique puisque mille écoles rurales sont alors créées.


1922 : Le ministre des Finances, Adolfo de La Huerta, négocie avec les représentants américains la reprise du paiement des dettes mexicaines, suspendu pendant neuf ans. Les recettes de la taxe fixée sur les pétroles sont consacrées à ces versements, ce qui, en donnant satisfaction aux banquiers de Wall Street, permettait de neutraliser les protestations des pétroliers américains, soutenus par le président Harding.


21 novembre 1922 : Ricardo Flores Magon, l’un des inspirateurs de la révolution mexicaine, meurt dans la prison américaine de Leavenworth ; il avait été condamné aux USA à dix-huit ans de prison en 1918 pour avoir salué la révolution bolchevique et dénoncé la « guerre impérialiste ».


30 août 1923 : Les États-Unis établissent une représentation diplomatique au Mexique, qui accepte de payer une indemnité pour les dommages subis par les Américains durant la Révolution. La non rétroactivité de l’article 27 de la constitution de 1917 relatif à la propriété des ressources du sous-sol est confirmée.


Décembre 1923 : La perspective de la succession d’Obregon (dont le candidat est le général Calles) conduit le ministre des Finances, Adolfo de La Huerta – qui a démissionné du gouvernement en septembre – à entrer en dissidence, soutenu par les généraux Guadalupe Sanchez dans le Vera Cruz et Enrique Estrada dans le Jalisco. Chargé de réprimer la sédition, le gouverneur de l’Oaxaca, Fortunato Maycotte, se joint aux rebelles soutenus par les hacendados qui entendent prendre leur revanche sur la réforme agraire. Le gouverneur loyaliste du Yucatan est fusillé par les insurgés. Les troubles se généralisent (assassinats politiques, démission de José Vasconcelos) et il faut à Obregon trois mois de combats pour venir à bout de la révolte.


1e décembre 1924 : Le général Plutarco Elias Calles, élu au cours de l’été, prend possession de la présidence de la République. Cet ancien instituteur du Sonora n’hésite pas à recourir aux méthodes les plus brutales vis-à-vis des opposants, tout en pratiquant un clientélisme généralisé. Il pousse cependant à la poursuite de la réforme agraire – au moins dans un premier temps – et engage, à la faveur de la prospérité économique des années vingt, des investissements et des grands travaux propices au développement du pays. Le syndicaliste Morones est alors devenu ministre de l’Industrie et se fait le champion de la « collaboration des classes », tout en imposant au monde du travail le monopole de la CROM.


1926 : Création d’une commission nationale de l’irrigation, qui permet de gagner à la culture de nouvelles terres.


1926-1929 : Guerre des Cristeros. Elle est la conséquence de la politique violemment anti-catholique de Calles. Les religieux étrangers sont expulsés du pays. En avril 1927, les rebelles catholiques dynamitent le train reliant Mexico à Guadalajara, faisant ainsi une centaine de victimes. Les insurgés sont victimes d’une répression sauvage, notamment du fait des « colonnes infernales » du général Ferrerira qui mettent à feu et à sang le nord du Jalisco et rassemblent des dizaines de milliers de paysans arrachés à leurs terres dans des camps de concentration. Le nombre des prêtres est limité et, en 1933, moins de deux cents sont autorisés à exercer leur ministère dans l’ensemble du Mexique.


1927 : Rappel de l’ambassadeur américain Sheffield, remplacé par Dwight Morrow, ce qui signifie que Washington renonce à l’épreuve de force engagée l’année précédente à propos des concessions pétrolières. En deux mois, la nouvelle attitude américaine permet d’obtenir la remise en cause des articles de la constitution limitant le droit de propriété des pétroliers étrangers.


Octobre 1927 : Pour anticiper un éventuel pronunciamiento lié à la succession présidentielle, Calles fait fusiller Francisco Serrano sous l’accusation de complot. Insurgé dans le Vera Cruz, Arnulfo Gomez connaît le même sort un mois plus tard. L’ancien président Obregon reste alors le seul candidat à la succession.


17 juillet 1928 : Assassinat par un jeune militant catholique isolé du général A. Obregon qui venait d’être réélu président pour six ans.


Septembre 1928 : Calles obtient du Congrès l’élection à la présidence provisoire d’Emilio Portes Gil, ancien gouverneur de l’État de Tamaulipas.


Jusqu’en 1934, les présidents du pays sont des instruments dociles de Calles, qui, surnommé le Jefe maximo, conserve la réalité du pouvoir en tournant ainsi le principe de non-réélection. Il a fondé en 1929 un parti officiel, le Parti national révolutionnaire, devenu ensuite Parti de la révolution mexicaine puis, enfin, Parti révolutionnaire institutionnel qui gouvernera le Mexique pendant plus de soixante-dix ans.


Mars 1929 : Le PNR réunit sa première convention à Queretaro et désigne comme candidat pour l’élection présidentielle prévue à l’été de 1929 Pascual Ortiz Rubio, originaire du Michoacàn. Ce qui engendre immédiatement dans le Coahuila et le Sonora une nouvelle rébellion militaire conduite par le général Gonzalo Escobar. Calles écrase en deux mois cette révolte mais un autre candidat inattendu se lance dans la lutte électorale, José Vasconcelos, nostalgique de l’ère de Madero. Il est largement battu par Ortiz Rubio lors des élections et part se réfugier aux États-Unis. Surnommé « Pascualito » par dérision, Ortiz Rubio est le jouet docile de Calles qui gouverne en réalité le pays depuis sa résidence de Cuernavaca. En 1930, le Jefe maximo, influencé par l’ambassadeur américain Morrow, déclare que la réforme agraire a été une erreur sur le plan économique et la distribution des terres est rapidement ralentie avant d’être pour un temps presque complètement arrêtée.


Juin 1929 : Un compromis est trouvé avec l’Église. Les prêtres reprennent la célébration des offices suspendue depuis trois ans. Le catéchisme peut être de nouveau enseigné dans les édifices du culte et l’Église se voit garantir son autonomie spirituelle. Les derniers Cristeros cessent alors le combat mais de nouvelles législations anticléricales limitant le nombre des prêtres sont promulguées en 1931 et 1932. Les ministres du culte sont interdits de séjour dans certains États comme le Tabasco du gouverneur Garrido Canabal, un anticlérical furieux qui a baptisé ses enfants Lénine et Lucifer… Avec 197 prêtres autorisés à officier en 1933 dans tout le pays, le Mexique ne compte alors qu’un ministre du culte pour 80 000 habitants…


Septembre 1932 : Calles reproche à Ortiz Rubio la révocation de certains fonctionnaires et annonce aux journaux la « démission » du président, rapidement confirmée par l’intéressé, qui est remplacé par un banquier, Abelardo Rodriguez.


1933 : Le ministre de l’Éducation nationale, Narciso Bassols relance la construction d’écoles, ce qui permet la scolarisation du tiers des enfants en âge d’y aller.


30 novembre 1934 : Le général Lazaro Cardenas, qui a été gouverneur du Michoacàn, devient président de la République après avoir été élu en juillet avec 98 % des suffrages et parvient à s’émanciper, deux ans plus tard, de l’influence de Calles, finalement exilé au Texas en juin 1935. Compétent et intègre, Cardenas, entend réaliser un « plan » de six ans sans remettre en cause l’initiative privée mais en nationalisant certaines activités. En mai 1938, il brise aisément la tentative de pronunciamiento du général Cedillo. Il reprend la mise en œuvre de la réforme agraire et 17 millions d’hectares sont répartis sous sa présidence. Elle se poursuivra sous les présidences Camacho et Aleman. En tout, 37 millions d’hectares auront été redistribués entre 1917 et 1952. Dès 1936, le gouvernement favorise les exploitations coopératives, notamment dans les zones de production cotonnière.


1936 : Création de la Confédération des travailleurs du Mexique (CTM) dirigée par Lombardo Toledano, qui établit des liens avec le Committee for Industrial Organization de l’Américain John Lewis.


1937 : Nationalisation des chemins de fer.


1938 : Le PNR devient le Parti de la révolution mexicaine.


18 mars 1938 : Nationalisation des compagnies pétrolières britanniques et américaines, reconnue par les sociétés américaines et anglaises en 1943 et 1949. C’est la Pemex, la firme nationale, qui se charge désormais de l’exploitation. En 1940, un amendement à la constitution interdit toute exploitation de pétrole par les étrangers.


1939 : Le Mexique qui, depuis 1936, a apporté un soutien sans faille au camp républicain espagnol, accueille une partie des vaincus de la guerre civile qui s’est terminée en mars avec la victoire du général Franco.


Au moment où s‘achève le mandat présidentiel de Cardenas, le Mexique apparaît profondément transformé à l’issue des cent trente années qui ont suivi le déclenchement de la lutte pour l’indépendance. Une fois celle-ci acquise, le triomphe de la « réforme » avec Juarez a constitué la deuxième étape d’une métamorphose complète de ce qu’avait été la Nouvelle-Espagne. Elle a correspondu à la mainmise sur le pays des créoles et des métis mais le temps est venu ensuite des soubresauts révolutionnaires engagés à partir de 1910 qui ont débouché sur un réveil du fonds amérindien, sur une réforme agraire de grande ampleur et sur une réappropriation des ressources du pays qui étaient passées dans une large mesure sous le contrôle du puissant voisin nord-américain. La rapidité de l’accroissement démographique et la misère persistante de la majeure partie de la population, principalement dans les zones rurales, constituent cependant encore de lourds handicaps.


1er décembre 1940 : Le général Manuel Avila Camacho devient président de la République. Modéré, il a été désigné comme candidat par le parti dominant, de préférence à Mugica, un candidat plus à gauche.


1942 : Le Mexique entre dans la guerre mondiale aux côtés des États-Unis.


Mars 1943 : Limitation du droit de grève, approuvée par la CTM, acquise au gouvernement.


29 juillet 1944 : Un décret entame la mise en œuvre d’une législation protectionniste visant à favoriser le développement de l’industrie nationale, ce qui suscite le mécontentement du gouvernement de Washington.


18 janvier 1946 : Le Parti révolutionnaire institutionnel se substitue au Parti révolutionnaire mexicain.


1946-1952 : Présidence de Miguel Aleman qui succède le 7 juillet à Avila Camacho.


1946 : Création d’un secrétariat d’État aux ressources hydrauliques pour accroître l’effort en matière d’irrigation.


22 décembre 1946 : Approbation par les députés d’une nouvelle loi électorale qui contribue au renforcement du pouvoir central.


1952 : Le candidat du PRI, Ruiz Cortines, est élu président avec 75 % des suffrages. Il exercera ses fonctions jusqu’en 1958.


1955 : Création du Bloc d’unité ouvrière rassemblant tous les syndicats dans une organisation bien contrôlée par le gouvernement.


1958 : Répression violente de la grève des cheminots. Dix mille d’entre eux sont licenciés et l’armée est utilisée pour briser les mouvements sociaux qui se déclenchent alors.


1958-1964 : Présidence de Adolfo Lopez Mateos qui réalise un nouveau regroupement syndical au sein de la Centrale nationale des travailleurs, accorde d’importantes mesures sociales et relance la réforme agraire mais, en 1960, 47 % des exploitations relèvent encore du secteur privé et cultivent 57 % des terres arables et 69 % des terres irriguées, en réalisant 69 % des investissements, ce qui révèle les limites, dans la longue durée, de la réforme agraire engagée plusieurs décennies plus tôt.


1964-1970 : Présidence de Gustavo Diaz Ordaz.


1968 : La répression des manifestations étudiantes déclenchées à l’occasion des jeux Olympiques qui se tiennent à Mexico entraîne la mort de plusieurs centaines de manifestants sur la place des Trois Cultures.


1970-1976 : Présidence de Luis Echeverria, marquée par une certaine libéralisation politique mais l’ouverture démocratique demeure limitée par le monopole de fait qu’exerce le PRI sur le plan électoral. Le président prend alors quelques distances avec les États-Unis, entretient des relations avec Cuba et encourage l’expérience Allende au Chili.


1974 : De très importantes réserves de pétrole sont identifiées au Mexique, au moment où les cours de l’or noir s’envolent à l’issue du premier choc pétrolier.


1976-1982 : Présidence de Lopez Portillo. Il doit faire face à de graves difficultés économiques, notamment une inflation galopante qui conduit à une forte dévaluation du peso mais les ressources tirées du pétrole permettent la réalisation d’importantes infrastructures et la mise sur pied d’une industrie de transformation visant à faire du Mexique un pays exportateur de produits finis. En revanche, la dépendance agricole du pays s’accroît, ce que ne permet pas de surmonter le « système alimentaire mexicain » mis en place en 1980.


1981 : La chute brutale des cours du pétrole, la hausse des taux d’intérêt qui aggrave la dette déjà très élevée du pays et la fuite massive des capitaux locaux vers les États-Unis engendrent une crise économique de grande ampleur. Elle entraîne, en février et avril 1982, de nouvelles dévaluations de grande ampleur, qui amputent largement le pouvoir d’achat des salariés. Il faut aller, le 1er septembre 1982, jusqu’à la nationalisation des banques privées mexicaines (ce qui signifie le contrôle par l’État de 70 % de l’économie du pays) et à un contrôle des changes généralisé.


1982-1988 : Présidence de Miguel de la Madrid. Il entreprend de lutter contre la corruption et impose la rigueur en matière économique après avoir dû consentir à une nouvelle dévaluation en décembre 1983 et réussi à obtenir un échelonnement des remboursements de la dette du pays ; mais sa politique néo-libérale engendre un profond mécontentement dans l’opinion et au sein même du PRI d’où le porte-parole des contestataires, Cuauhtémoc Cardenas, est exclu en 1988.


19 septembre 1985 : Un séisme catastrophique frappe Mexico, faisant 35 000 morts ou disparus et un million de sans abri.


1986 : Le Mexique adhère au GATT.


Juin 1986 : Le Mexique organise avec succès le tournoi de la Coupe du monde de football que remporte l’Argentine.


1988 : Élection à la présidence de Carlos Salinas de Gortari avec seulement 50,3 % des suffrages alors que son prédécesseur, Miguel de la Madrid, en avait obtenu 68,43 % six ans plus tôt. Il est alors clair que le système du parti dominant (PRI) commence sérieusement à s’essouffler, ce dont témoignent les 31,12 % des voix obtenus par Cuauhtémoc Cardenas, le principal opposant.


1988-1994 : Présidence de Carlos Salinas qui doit faire face au problème de la dette ; elle s’élève à 105 milliards de dollars et son service représente en 1989 60 % du budget national.


23 juillet 1989 : Un accord conclu à Washington réduit sensiblement la dette mexicaine.


1989-1991 : Plusieurs élections locales sont l’occasion de fraudes massives au profit du PRI dont la légitimité est de plus en plus contestée.


1er novembre 1989 : Dans un discours, le président Salinas affirme que la révolution mexicaine appartient au passé et rejette le dirigisme d’État qui avait prévalu à l’époque de Lazaro Cardenas car « étatisme et progrès » sont devenus des données contradictoires.


1989-1994 : Mise en œuvre d’un Plan national de développement d’inspiration néo-libérale. L’ampleur des privatisations réalisées était la condition posée par les créanciers du Mexique pour la renégociation de sa dette. La baisse des droits de douane et la réduction des dépenses publiques vont dans le même sens. Les inégalités s’accroissent par ailleurs dans un pays où 5,6 % de la population dispose de 34 % des revenus.


16 janvier 1992 : La signature à Mexico d’un accord de paix entre la guérilla et le gouvernement salvadoriens met fin à douze années de guerre civile dans ce pays.


12 août 1992 : Signature du traité de l’ALENA (Association de libre échange nord-américaine, ou NAFTA) entre les États-Unis, le Canada et le Mexique, qui entrera en vigueur le 1er janvier 1994. L’intégration du Mexique à l’espace économique nord-américain s‘inscrit dans une certaine continuité puisque c’est avec les USA qu’étaient déjà réalisés 75 % des échanges du pays mais elle risque de fragiliser l’agriculture mexicaine trop peu compétitive et de favoriser le développement des maquiladoras proches de la frontière américaine qui, avec leur activité de sous-traitance très dépendante des firmes US, assuraient à elles seules en 1993 55 % des exportations du pays.


24 mai 1993 : Assassinat de l’archevêque de Guadalajara. L’enquête mettra en cause les barons de la drogue.


août 1993 : Visite du pape au Mexique. Normalisation des relations entre l’État et l’Église.


1er janvier 1994 : Début de la révolte indienne du Chiapas conduite par le sous-commandant Marcos. L’ampleur et la brutalité de la répression militaire suscitent l’indignation au Mexique et à l’étranger et popularisent la lutte de l’Armée zapatiste de libération qui est à l’origine du mouvement. Des négociations s’engagent en février sous l’égide de Samuel Ruiz, évêque de San Cristobal. Elles seront rompues un an plus tard.


1994-2000 : Présidence d’Ernesto Zedillo, élu le 21 août. Les mesures prises contre la fraude font que le candidat du PRI n’est élu qu’avec 47 % des voix (avec 78 % de participation). Les conditions du scrutin apparaissent régulières mais l’accès aux medias a été totalement déséquilibré en faveur du candidat du parti au pouvoir.


Décembre 1994 : Le flottement du peso entraîne sa dépréciation de 43 % face au dollar en une semaine. Il faut mettre en place en janvier un plan d’austérité rigoureux et solliciter de nouveaux crédits aux États-Unis et auprès du FMI.


11 mars 1995 : L’ancien président Salinas quitte le Mexique où son frère est accusé d’avoir commandité un assassinat (celui de Luis Donaldo Colosio, l’un des leaders du PRI, perpétré en mars 1994, suivi en septembre de celui de José Francisco Ruiz Massieu, secrétaire général du PRI) et où il se voit reprocher, après la nouvelle dévaluation du peso qui a suivi la fin de son mandat, sa politique ultra-libérale.


16 février 1996 : Les accords de San Andrés sont conclus avec la guerilla du Chiapas mais ne sont suivis d’aucun effet.


7 juillet 1996 : Le PRI perd les élections (à la Chambre des députés et dans plusieurs États) pour la première fois de son histoire. C. Cardenas devient maire de Mexico. Le PRI perd la majorité à la Chambre mais la conserve au Sénat.


2 août 1996 : Les zapatistes organisent avec succès au Chiapas une « rencontre intercontinentale pour l’Humanité et contre le néo-libéralisme » qui accueille des participants venus de quarante-trois pays.


Fin août 1996 : Une Armée populaire révolutionnaire (EPR) constituée dans l’État de Guerrero attaque des sites militaires et cause la mort de treize soldats ou policiers mais les zapatistes du Chiapas prennent immédiatement leurs distances avec ce groupe, soupçonné d’être manipulé par le pouvoir central.


22 décembre 1997 : Massacre de 45 indigènes pro-zapatistes dans le village d’Acteal au Chiapas. Il soulève l’indignation de l’opinion et une grande manifestation de protestation est organisée à Mexico le 12 janvier 1998.


Janvier 1999 : Voyage au Mexique du pape Jean Paul II qui lance un appel à la justice sociale et à la reconnaissance des droits des populations indigènes.


Mars 1999 : Zedillo annonce qu’il va rompre avec la tradition consistant, pour le président sortant, à désigner celui qui sera le candidat du PRI à la succession. Des primaires sont organisées en novembre et désignent Francisco Labastida. À l’inverse, l’opposition paraît désunie.


20 avril 1999 : Début d’un vaste mouvement de contestation étudiante contre l’augmentation massive des droits d’accès à l’Université. Le mouvement dure jusqu’en février 2000.


2 juillet 2000 : Élections présidentielles et élections générales pour près de 60 millions d’électeurs. Le candidat du Parti d’action nationale, Vicente Fox, est élu avec 43 % des voix. Le PRI perd pour la première fois les élections présidentielles (37 % des voix pour Labastida). C. Cardenas en obtient 17 %. La participation a été de 64 % pour ce scrutin historique.


Mars 2001 : Marche pacifique des zapatistes sur Mexico où le président Fox accueille avec bienveillance leurs revendications mais les amendements constitutionnels adoptés peu après pour répondre aux attentes des Indiens sont jugés insuffisants par le sous-commandant Marcos et ses amis.


20 au 20 avril 2001 : Signature à Québec, au troisième sommet des Amériques, d’un traité commercial créant la Zone de libre échange des Amériques (ZLEA).


Juillet 2002 : Nouvelle visite au Mexique de Jean Paul II qui canonise le premier saint indien du calendrier chrétien, Juan Diego Cuauhtlatoatzin à qui la Vierge serait apparue au XVIe siècle, donnant naissance au culte de la Guadalupe.


Janvier 2004 : Dix ans après avoir signé le traité de l’ALENA, le Mexique est passé du quinzième au neuvième rang dans la hiérarchie des puissances économiques mondiales. Avec 4 % d’actifs agricoles, 27 % des travailleurs employés par le secteur secondaire et 69 % dans les services et le secteur tertiaire, il a accompli en très peu de temps une gigantesque mutation, même si la pauvreté touche encore 40 % de sa population. Les biens manufacturés représentent 85 % des exportations et la dépendance à l’égard des exportations de pétrole s’est considérablement réduite. La sujétion économique vis-à-vis du grand voisin nord-américain s’est en revanche accrue.

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