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Le Soudan français au sein de l’Afrique occidentale française

23 janvier 1903 : Soumission des Touareg Oulliminden de l’aménokal Firhoun qui était entré en dissidence l’année précédente. Illi, le chef des Ifoghas, en fait autant et un poste est créé sur son territoire, à Kidal. Dans le même temps, Moussa ag-Amastane, l’aménokal des Hoggar, demeure l’ami de la France.


16 avril 1904 : Rencontre au puits d’Itmiaouine du colonel Laperrine et du capitaine Théveniaut ; c’est la première jonction – depuis les retrouvailles sur les bords du lac Tchad en 1900 de la mission Joalland-Meynier et de la mission Foureau-Lamy – des troupes venues d’Algérie et de celles venues du Soudan. Les deux officiers fixent la frontière des deux territoires entre le lieu de leur rencontre et le puits d’In Ouzel situé au nord-est.


18 octobre 1904 : Nouveau décret réorganisant le gouvernement général de l’Afrique-Occidentale française et redonnant ses anciennes limites au Soudan français, rebaptisé « Haut-Sénégal et Niger ».


2 décembre 1904 : Les capitaines Aguttes et Prokos dispersent près de Tombouctou les pillards Oulad Djerrir qui cherchent refuge dans le désert.


10 décembre 1904 : Le chemin de fer du Sénégal au Niger atteint son terminus à Koulikoro en aval de Bamako, reliant ainsi les 555 km séparant ce lieu de Kayes, son point de départ.


1905 : Instauration en Afrique-Occidentale française de l’Assistance médicale indigène.


1906 : Rencontre au puits de Guettara du capitaine Laperrine, parti d’In Salah dans le sud algérien, et du lieutenant Cortier, parti de Bou Djebiha non loin de Tombouctou. Cette liaison établie entre Algérie et Soudan est complétée l’année suivante par la rencontre, le 28 avril 1907, à Timiaouine, du capitaine Arnaud, parti lui aussi d’In Salah, et de deux pelotons de méharistes venus du Soudan. Le 8 décembre de cette même année 1907, Félix Dubois termine à Tombouctou un voyage commencé à Alger après avoir traversé tout le Sahara sans escorte militaire.


1908 : Rébellion des Dogon de la falaise de Bandiagara.


1908 : Installation à Bamako des autorités administratives. C’est le gouverneur Clozel qui a en charge le territoire de 1908 à 1915. Il est ensuite remplacé jusqu’en 1918 par le gouverneur Antonetti.


1908-1915 : William Merlaud-Ponty exerce les fonctions de gouverneur de l’Afrique-Occidentale française. Lui succèdent le gouverneur Clozel, puis le gouverneur Van Vollenhoven en 1917. Ponty et Van Vollenhoven réagissent vigoureusement contre les tentations d’administration directe dont les résultas ne pouvaient être que superficiels. Ils recommandent notamment de nommer les chefs d’après les règles coutumières et de les recruter uniquement – c’est ce que l’on a appelé la « politique des races » – dans les groupes ethniques sur lesquels ils sont appelés à exercer leur commandement.


1908-1914 : Quinze bataillons de « tirailleurs sénégalais » (qui sont en fait recrutés principalement chez les Bambara et les Mossi) sont engagés dans les opérations conduites au Maroc. Les autorités françaises ont évalué, dès 1910, à l’initiative du colonel Mangra, l’apport en effectifs que pouvait représenter l’exploitation des ressources humaines de la région soudanaise et voltaïque. 30 000 combattants sont ainsi disponibles quand éclate la guerre de 1914. Plus de 70 000 autres sont recrutés en 1915 et 1916, date à laquelle l’apparition de mouvements de révolte contre la conscription conduit le commandement français à y renoncer.


10 juin 1908 : Le colonel Laverdure, commandant du territoire de Tombouctou-Niamey, bat les Touareg Igouadaren, Kel-Temoulaït et Imdedren à Banei.


1909 : Le gouverneur Clozel réorganise la police des régions sahariennes en installant dans le désert les formations méharistes qui agissaient auparavant à partir de la région du fleuve, en réaction contre les rezzous, une fois perpétrés les pillages de ceux-ci. Pour contrer la menace en amont, la section méhariste de Gao est ainsi déplacée à Kidal et celle de Tombouctou – dont les effectifs sont quadruplés – à Araouane. Cette dernière était surtout chargée de surveiller les caravanes transportant le sel de Taoudeni. À partir de 1909, les courriers transsahariens fonctionnent régulièrement entre l’Algérie et le Soudan, d’In Salah à Gao.


3 novembre 1909 : L’administrateur Veyres, adjoint des affaires indigènes de l’administrateur d’Arbousier, commandant du cercle de Bandiagara, est surpris et tué à Kinian par des Habé insurgés. Le commandant Cazeaux est chargé de briser la révolte mais n’y parvient, sur un terrain très accidenté, qu’en 1910 avec la prise du village de Kinian.


29 novembre 1909 : Le capitaine Grosdemange est tué après avoir surpris des pillards Kounta et Beraber au puits d’Achourat. Le rezzou est finalement dispersé.


Juin 1910 : La région de Tombouctou est détachée du territoire militaire du Niger, dont le chef-lieu est reporté de Niamey à Zinder et qui constitue désormais une entité distincte, tout en relevant encore de l’autorité du lieutenant-gouverneur du Haut-Sénégal et du Niger. En 1911, le territoire militaire est détaché de la colonie du Haut-Sénégal et Niger (dénommée précédemment Soudan français) pour devenir, comme la Mauritanie, une unité administrative autonome dont le commandement est confié à un commissaire du gouvernement général.


1911 : L’émir de l’Adrar, chassé de Mauritanie par l’armée française, se réfugie au Soudan où il est fait prisonnier. Un poste militaire est établi à Oualata.


1912-1919 : Georges Hardy – avant de prendre en 1926 la direction de l’École coloniale – dirige l’instruction publique en AOF où trois arrêtés pris en 1903 ouvrent en théorie l’école primaire à tous les enfants. (25 000 garçons et filles, les premiers en écrasante majorité, fréquentent l’école primaire en AOF en 1922, auxquels il faut ajouter 5 000 élèves accueillis dans les écoles chrétiennes). Le gouverneur William Merleau-Ponty organise alors à Gorée une École normale supérieure où sont formés instituteurs et médecins africains.


Octobre 1914 : Révolte des Oulimidden de l’aménokal Firhoun, à l’appel du marabout Mohammed Alamine qui prêche qu’il faut profiter de la guerre européenne pour en finir avec les Français. Le 3 novembre, le capitaine Ferron s’empare de Firhoun. Celui-ci est condamné, ainsi que plusieurs notables touareg, à dix ans de prison en janvier 1915. Sa peine est réduite de moitié en juin et il est rétabli dans ses fonctions en janvier 1916 par une grâce du président de la République Raymond Poincaré. Les Français avaient en effet constaté qu’il n’avait pas été le principal instigateur de la révolte mais Firhoun s’évade avant d’avoir reçu l’avis de sa grâce et entame la guerre sainte.


9 octobre 1915 : Un décret déclare mobilisable tout indigène âgé de dix-huit ans.


1915-1916 : Les autorités françaises sont confrontées à des mouvements de révolte engendrés par la conscription, spécialement chez les Bambara et les Bobo. Les chefs de cette dernière rébellion sont exécutés à Tominian.


1915 : Fondation à Dakar, à l’initiative du gouverneur Clozel, du Comité d’études historiques et scientifiques de l’Afrique-Occidentale française.


9 mai 1916 : Le capitaine Loyer surprend Firhoun au confluent de l’oued Azaouak et de l’oued Assakaré et met ses troupes en déroute. Le chef touareg est tué le 25 juin dans le Hoggar.


1er septembre 1916 : Soumission générale à Gao des Touareg Oulimidden.


1917 : Le gouverneur Jost van Vollenhoven succède à François Clozel. Il démissionne en février 1918 avant d’être tué le 18 juillet suivant sur le front de France, à Longpont, où il servait comme capitaine dans le Régiment d’infanterie coloniale du Maroc. Il avait démissionné car il était convaincu que la poursuite du recrutement de tirailleurs indigènes était susceptible de nuire à l’effort économique demandé à l’AOF. Le nouveau recrutement décidé par le gouvernement Clemenceau et réalisé pendant le premier semestre de 1918 procure 63 000 hommes supplémentaires.


14 janvier 1918 : Des conditions particulières sont définies pour faciliter l’accès à la citoyenneté française des indigènes ayant combattu durant la guerre de 1914-1918, sous réserve qu’ils renoncent au statut personnel musulman (soumis désormais à la loi française, les intéressés doivent renoncer au droit musulman, notamment à la polygamie).


1918 : Le député du Sénégal Blaise Diagne (premier Africain élu à cette fonction) est nommé commissaire général de la République pour l’AOF. Son intervention contribue à l’acceptation par les Africains de nouvelles incorporations.


1918 : Quand la guerre se termine, 95 bataillons de tirailleurs « sénégalais » sont engagés en Afrique, en Europe et en Orient.


1919-1923 : Martial Merlin est gouverneur général de l’AOF. Il est remplacé ensuite par Jules Carde, qui se consacre en priorité au développement économique.


1919-1920 : La mission conduite par l’ingénieur Belime prépare l’utilisation des crues du Niger pour développer la culture du coton dans son delta central. De grands travaux d’irrigation sont mis en oeuvre au cours des années 1920.


1er mars 1919 : Constitution de la colonie de Haute-Volta.


4 décembre 1920 : Un décret rend à la colonie du Haut-Sénégal et Niger son nom antérieur de « Soudan français ». Le terme vient de celui de « Bilad es Sudan » des Arabes, qui désignait le « pays des Noirs ». C’est sous ce nom que sera désigné le futur Mali jusqu’à l’indépendance.


1921 : Le vicariat apostolique de Bamako est détaché du vicariat apostolique du Sahara.


1922 : Constitution en colonie du territoire du Niger.


15 novembre 1924 : Institution du régime de l’indigénat, qui donne de larges pouvoirs aux gouverneurs sur les « sujets coloniaux ».


1924 : Le chemin de fer de Bamako est relié à Dakar. Le gouverneur Terrasson de Fougères dirige le territoire jusqu’en 1931, à l’époque où l’Afrique-Occidentale française est sous l’autorité du gouverneur général Carde, de 1923 à 1930.


30 mars 1925 : Décret instituant un collège électoral indigène pour que ceux-ci aient des représentants au sein du conseil d’administration du Soudan français.


1927 : La réalisation d’une chaussée submersible permet d’établir à Bamako un point de franchissement du Niger.


1929 : André Maginot, ministre des Colonies, inaugure le premier barrage de Sotuba.


1931 : En France, la grande exposition coloniale organisée au bois de Vincennes remporte un immense succès.


5 janvier 1932 : Création de l’Office du Niger, un établissement public autonome destiné à exploiter les eaux du fleuve en vue du développement de la culture du coton dans le delta central. Les espoirs qui sont mis dans cette réalisation sont déçus car, au moment où sévit la grande dépression économique mondiale, les moyens mis en œuvre demeurent insuffisants.


5 septembre 1932 : La Haute-Volta est partagée entre la Côte-d’Ivoire, le Soudan et le Niger.


1932 : La circulaire Brévié reconnaît dans les chefs traditionnels « des représentants de la population ».


1932 : Un décret, complété en 1935 et 1937, précise pour les indigènes les conditions d’accès à la citoyenneté française : être monogame ou célibataire, savoir lire, écrire et parler le français, avoir accompli ses obligations militaires et « s’être rapproché de la civilisation française par le genre de vie ».


1934 : Création à Bamako de l’Institut de la lèpre, à l’initiative d’Émile Marchoux. Un Institut d’ophtalmologie tropicale est également établi dans la capitale administrative du Soudan.


1934 : Fondation de la Congrégation des filles soudanaises de Marie.


1934 : Création de l’École nationale de la France d’outre-mer, héritière de l’École coloniale fondée en 1889.


1936 : Le Front populaire français autorise la création de syndicats africains.


1940 : L’Afrique-Occidentale française participe à l’effort de guerre en fournissant 63 000 « tirailleurs sénégalais » dont la majorité est en fait recrutée en pays bambara.


25 juin 1940 : Le gouvernement récemment formé à Bordeaux par le maréchal Pétain institue un haut-commissariat à l’Afrique française confié au gouverneur Boisson (englobant l’AEF, l’AOF, le Togo et le Cameroun). Le 4 juillet, Boisson, qui avait jusque là en charge l’AEF, prend clairement position contre la France libre de De Gaulle, considérée comme un instrument au service des intérêts britanniques.


Août 1940 : À la suite d’affrontements d’origine religieuse entre Maures et Noirs, l’administration française fait arrêter le cheik Hamallah, chef d’une puissante secte indigène.


23-25 septembre 1940 : L’échec de l’expédition anglo-gaulliste contre Dakar interdit tout ralliement à la France libre de l’AOF alors que l’AEF rejoint le mouvement gaulliste. Le 27 octobre voit la création par les gaullistes d’un Conseil de défense de l’Empire.


1942 : Érection de la préfecture apostolique de Gao, suivie en 1947 de celles de Kayes et de Sikasso.


7 décembre 1942 : L’AOF se rallie à la France libre après le succès du débarquement anglo-américain en Afrique du nord du 8 novembre 1942. Agissant au nom du maréchal Pétain « provisoirement empêché », l’amiral Darlan, qui prend pour les quelques semaines précédant son assassinat les rênes du pouvoir à Alger annonce la rentrée dans la guerre de l’empire français d’Afrique.


30 janvier-8 février 1944 : Réunion, au Congo français, de la conférence de Brazzaville, au cours de laquelle le général De Gaulle évoque l’avenir des territoires africains placés sous l’autorité de la France et « le moment où les Africains pourront s’élever peu à peu jusqu’au niveau où ils seront capables de participer chez eux à la gestion de leurs propres affaires ». Une tendance majoritaire se dessine cependant parmi les gouverneurs présents à la conférence pour défendre l’administration directe et écarter, sous l’impulsion de l’administrateur antillais Raphaël Saller, toute possibilité de constituer des self- governments hors du bloc français de l’empire. La conférence prévoit cependant la formation dans les territoires coloniaux de conseils composés de notables indigènes ainsi que d’assemblées représentatives composées en partie d’Européens et en partie d’indigènes élus au suffrage universel « partout et dans tous les cas où la possibilité en serait reconnue ». Il est enfin admis que les colonies doivent être représentées dans la future Assemblée constituante.

6 juillet 1944 : Rattachement à la Mauritanie de la majeure partie du Hodh, ce qui retire au Soudan français une bonne partie des tribus maures qui nomadisaient traditionnellement dans ces régions.
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