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Du miracle japonais aux incertitudes actuelles

La situation du Japon apparaît particulièrement dramatique au moment où se termine la guerre. Le rapatriement des militaires et des civils japonais dispersés outre-mer ramène vers l’archipel sept millions de personnes. La plupart des grandes villes ont été détruites par les bombardements stratégiques mis en œuvre à partir de l’automne de 1944 et l’appareil de production est à peu près anéanti. On a pu parler à juste titre pour le Japon, à propos de 1945, d’« année zéro ».


4 octobre 1945 : Le « proconsul » américain Douglas Mac Arthur annonce l’abrogation des lois contraires aux libertés individuelles, instaure la liberté de presse et supprime la gendarmerie militaire qui faisait fonction de police politique. Un nouveau ministère est constitué, dirigé par l’ancien ministre des Affaires étrangères modéré Shidehara, avec le prince Konoe comme vice Premier ministre – il se suicidera le 15 décembre quand il craindra d’être accusé de crimes de guerre. Ce cabinet dure d’octobre 1945 à mai 1946.


22 décembre 1945 : Une loi établit des syndicats organisés sur le modèle occidental.


27 décembre 1945 : L’accord de Moscou institue la Commission d’Extrême-Orient et le Conseil allié pour superviser la politique d’occupation mais Mac Arthur fera en sorte de pouvoir agir seul.


19 janvier 1946 : Création à Tokyo du Tribunal militaire d’Extrême-Orient, chargé de juger les responsables de la guerre. Il est le pendant du tribunal réuni à Nuremberg pour juger les chefs nazis. Parmi les vingt-huit accusés, les principaux sont le général Tôjô, les ministres Hirota, Koiso, Araki, Matsuoka et Shigemitsu ainsi que certains chefs de l’armée du Kwantoung. D’autres procès pour « violations des lois de la guerre » sont organisés par des tribunaux alliés sur le théâtre des crimes commis. 4 200 accusés seront jugés, dont 700 condamnés à mort et 2 500 à de lourdes peines de prison. Ce n’est que le 12 novembre 1948 que seront prononcées les peines du procès de Tokyo. Parmi les condamnés à mort, on compte Tôjô, Doihara (chef des services de renseignements de l’armée du Kwantoung), le général Igataki, Hirota, Matsui (responsable du sac de Nankin), Homma (accusé de la « marche de la mort » de Bataan), Kimura qui se voyait reprocher les crimes commis en Birmanie. Parmi les condamnations à mort, celle du général Yamashita, « le Tigre de Malaisie », apparaît fort discutable car on pouvait difficilement l’accuser des crimes commis dans la défense des Philippines. L’épuration est complétée par la dissolution de 1 300 organisations ou associations nationalistes et par la mise à l’écart de tout emploi public de 220 000 personnes jugées compromises avec le régime militaire. Une amnistie générale en faveur des victimes des purges d’après-guerre interviendra en juin-août 1951.


6 mars 1946 : Publication d’un projet de constitution qui sera votée par la nouvelle Assemblée élue le 10 avril 1946. Promulguée le 3 novembre, elle sera mise en application le 3 mai 1947. L’empereur, dont la personne n’est plus sacrée – le shintoïsme n’est plus religion d’État depuis le 15 décembre 1945 –, n’est plus que le garant de l’unité nationale et le symbole de l’État. Dès le 1er janvier 1946 Hirohito a déclaré que son pouvoir était lié « à la confiance mutuelle et à l’affection du peuple » et « non à de vieux mythes religieux », ce qui officialisait la fin de la tradition shintoïste en matière politique. La constitution instaure par ailleurs les libertés fondamentales, l’égalité politique et civile, la renonciation du pays à l’armée et la reconnaissance du droit syndical. Le suffrage universel est étendu aux femmes. Le pouvoir législatif appartient à une Assemblée bicamériste et le pouvoir exécutif à un ministère désigné par l’Assemblée et responsable devant elle.


Mai 1946-avril 1947 : Gouvernement de Yoshida Shigeru.


23 juillet 1946 : Loi de liquidation des Zeibatsu accusés d’avoir soutenu la politique belliciste. Ils pourront assez facilement se reconstituer au cours des années suivantes.


27 septembre 1946 : Loi limitant le droit de grève.


21 octobre 1946 : Promulgation d’une loi de réforme agraire renforçant les petits propriétaires.


4 avril 1947 : Les Américains, soucieux de favoriser une reconstruction rapide de l’économie du pays, suspendent le paiement des réparations japonaises.


5 avril 1947 : Loi réglementant les conditions de travail.


Avril 1947-février 1948 : Échec du ministère socialiste de Katayama Tetsu. Retour de Yoshida à la tête du gouvernement. La dévaluation du yen par rapport au dollar, le rétablissement de l’équilibre budgétaire, la reconstitution des chantiers navals, les faveurs faites de nouveau aux grandes entreprises pour des raisons de rationalisation de la production créent les conditions du redressement.


Juillet 1948 : Loi « eugénique » de limitation des naissances légalisant l’avortement et organisant le planning familial.


24 janvier 1949 : Les élections générales sont marquées par un triomphe de la droite libérale (333 sièges), une défaite complète des socialistes (48 sièges), et une poussée des communistes (35 sièges). Un troisième cabinet Yoshida est constitué en février. Au cours des mois suivants, l’agitation communiste, parfois violente, se développe et Mac Arthur qui a déjà supprimé le droit de grève dans les services publics le 22 juillet 1948 décide alors d’appliquer aux communistes les lois d’épuration prévues contre les militaristes (7 juin 1950). Parallèlement, de nombreuses personnes épurées après 1945 bénéficient d’une amnistie.


15 avril 1949 : Adoption du plan Dodge recommandant une politique de déflation et de stabilisation monétaire (360 yens pour un dollar).


12 mai 1949 : Fin du paiement des réparations et des mesures de décartellisation contre les zeibatsu.


25 juin 1950 : Invasion de la Corée du Sud par la Corée du Nord. La guerre qui s’ouvre alors place le Japon dans une position très favorable puisqu’il apparaît aux Américains comme un partenaire indispensable pour la mise en œuvre de leur effort militaire dans le pays voisin. Le souci de contenir en Asie la poussée communiste que manifestaient la victoire de Mao en Chine, la lutte du Viet Minh en Indochine française et l’attaque nord-coréenne ne peut qu’encourager les Américains à normaliser rapidement leurs relations avec le Japon devenu, dans le contexte nouveau de la guerre froide, un partenaire indispensable.


10 août 1950 : Une police nationale de réserve de 75 000 hommes remplace les troupes américaines appelées en Corée et forme l’embryon des futures forces d’autodéfense.


10 avril 1951 : En raison de son différend avec Truman à propos de la guerre de Corée, Mac Arthur est limogé et remplacé par le général Ridgway.


8 septembre 1951 : La conférence de San Francisco réintègre le Japon dans le concert des nations. Quelques jours plus tard, Yoshida et Dean Acheson, le Secrétaire d’État américain signent un pacte de sécurité qui maintient les troupes américaines dans l’archipel, comme forces non plus occupantes mais alliées. Le traité est ratifié le 25 octobre.


À partir de 1950, la reconstruction s’accélère et le Japon entre dans une phase de croissance qui va s’envoler littéralement au cours des années soixante. La population augmente rapidement De 43 millions en 1900, les Japonais sont passés à 71 millions en 1940 et à cent millions en 1967. Il s’agit de plus alors d’une population jeune : le million de morts de la guerre est compensé par un taux de natalité remonté à 31 pour mille dès les années 1945-1950 et par le retour de près de sept millions de Japonais d’outre-mer dans l’archipel. Le souhait des Américains de voir se reconstituer la puissance économique japonaise, l’efficacité et la discipline des travailleurs nippons, la force du consensus social et l’essor des échanges mondiaux dont le Japon profite à plein expliquent un redressement aussi rapide que spectaculaire, qui a pu mériter l’appellation de « miracle japonais ». Après une période qui voit la relance des industries de transformation tournées vers l’exportation et bénéficiant de la présence d’une main d’œuvre nombreuse et peu coûteuse, les Japonais développent – à la faveur de la baisse des coûts du fret maritime liée à la généralisation des transporteurs géants – une industrie lourde littorale (sidérurgie et pétrochimie « sur l’eau ») qui font de leur pays la troisième puissance industrielle du monde derrière les USA et l’URSS. Sans ressources en coke ou en fer, l’archipel nippon produira ainsi 90 millions de tonnes d’acier au début des années soixante-dix. Le choc pétrolier de 1973 vient compromettre la croissance japonaise, demeurée pendant une vingtaine d’années la plus forte du monde, mais le pays réagit en développant une meilleure organisation du travail et en privilégiant l’innovation technologique dans les secteurs les plus porteurs (télécommunications, électronique, informatique, bureautique, robotique, biotechnologies…), ce qui fera de lui, au début des années quatre-vingt-dix, un rival dangereux pour une économie américaine condamnée à une restructuration draconienne.


28 avril 1952 : Signature d’un traité de paix séparé avec la Chine nationaliste de Taïwan.


1er mai 1952 : Manifestations anti-américaines à Tokyo.


4 juillet 1952 : Vote par l’Assemblée d’une loi anti-subversive qui entraîne, à partir d’octobre, deux mois de violente agitation sociale, ce qui conduit en 1953 au vote de lois limitant le droit de grève et réprimant les activités communistes.


18 septembre 1952 : Veto soviétique à l’admission du Japon à L’ONU.


1er février 1953 : Débuts de la télévision au Japon.


Juillet 1954 : Création des « forces d’autodéfense ».


7 décembre 1954 : Chute du gouvernement Yoshida, remplacé par un ministère Hatoyama qui rétablit des relations normales avec l’URSS en octobre 1956, sans régler pour autant la délicate question des îles Kouriles.


10 septembre 1955 : Admission du Japon au GATT.


15 novembre 1955 : Formation du Parti libéral démocrate, puissante force conservatrice qui va constituer le grand parti de gouvernement pendant près de quarante ans.


1956 : Dans le cadre de l’Année géophysique internationale, le Japon installe sur la côte de l’Antarctique la base Showa.


19 octobre 1956 : Normalisation des relations soviéto-nippones, suivie par la conclusion d’un accord commercial le 6 décembre 1957.


12 décembre 1956 : Le Japon est admis dans l’Organisation des Nations Unies.


Février 1957 : Après le court intermède du ministère Ishibashi constitué deux mois plus tôt, formation d’un gouvernement dirigé par Kishi Nobusike, un ancien épuré de 1945, ancien ministre de Tôjô mais très favorable à l’alliance américaine fondée sur le pacte de sécurité de 1951, renforcé par le pacte de défense mutuelle du 8 mars 1954.


20 janvier 1958 : Conclusion d’un accord de réparations avec l’Indonésie, suivie par celle d’un accord analogue avec le Sud-Vietnam le 13 mai 1959.


23 juin 1960 : Le pacte américano-japonais est renouvelé par l’Assemblée malgré de nombreuses manifestations qui ont dissuadé le 16 juin le président Eisenhower de se rendre au Japon. Kishi démissionne en juillet, est remplacé par Ikeda Hayato qui donne la priorité au développement économique et se fixe comme objectif de « faire doubler le revenu national en dix ans ». L’enrichissement du pays permet au parti libéral-démocrate de conserver de confortables majorités lors des élections générales de 1963 et de 1967.


26 juillet 1963 : Le Japon est admis à l’OCDE.


1964 : Inauguration du Shinkansen, le train à grande vitesse de la ligne du Tokaïdo.


Automne 1964 : Ikeda démissionne pour raisons de santé au moment où les Jeux olympiques de Tokyo témoignent en octobre du retour du Japon au premier plan de la scène internationale. (Sans la guerre déclenchée contre la Chine en 1937, les Jeux olympiques auraient dû avoir lieu dans la capitale japonaise en 1940.) C’est Sato Eisaku qui succède à Kishi.


1967 : Le PIB du Japon rejoint et dépasse celui de la France.


1968 : Kawabata Yasunari, l’auteur du Grondement de la Montagne et de Tristesse et beauté reçoit le prix Nobel de littérature. Les îles Bonin sont rendues la même année au Japon.


17 août 1969 : Loi réprimant l’agitation universitaire au moment où le gauchisme révolutionnaire bascule progressivement dans le terrorisme : l’attentat de l’aéroport de Tel Aviv est réalisé par l’Armée Rouge japonaise.


21 novembre 1969 : Conclusion à Washington de l’accord Nixon-Sato qui prévoit l’évacuation de certaines bases américaines ainsi que la restitution d’Okinawa et accroît le rôle du Japon dans la défense éventuelle de l’Asie orientale, de Taïwan à la Corée du Sud.


Mars 1970 : Exposition universelle d’Osaka.


25 novembre 1970 : Suicide rituel de l’écrivain Yukio Mishima.


17 juin 1971 : Accord nippo-américain sur la restitution des îles Ryu-Kyu et d’Okinawa.


26 août 1971 : Le gouvernement japonais décide de faire flotter le yen au lendemain de la décision américaine de suspendre la convertibilité du dollar en or. Le 18 décembre suivant le yen est réévalué par les accords de Washington de près de 17 % par rapport au dollar.


15 mai 1972 : Restitution officielle d’Okinawa au Japon.


Juillet 1972-1974 : Ministère de Tanaka Kakuei (formé le 7 juillet). Il sera contraint à la démission lors de la révélation de plusieurs scandales financiers qui lui vaudront même d’être arrêté en 1976 pour sa participation à l’affaire Lockheed.


1er septembre 1972 : Rencontre Nixon-Tanaka à Honolulu pour préparer le rapprochement sino-japonais, concrétisé le 29 septembre par les accords Chou En Lai – Tanaka.


13 février 1973 : La dévaluation de 10 % du dollar américain entraîne une hausse continue du yen sur le marché des changes.


1974 : Alors qu’il a connu un taux de croissance annuelle moyen de plus de 12 % entre 1965 et 1970, le Japon est frappé de plein fouet par la crise pétrolière née de la guerre israélo-arabe d’octobre 1973. Dépendant à 99 % de l’extérieur pour ses importations de pétrole et à 83 % pour sa consommation d’énergie en général, le Japon se trouve brutalement rappelé aux réalités de sa fragilité géopolitique – 81 % de son pétrole vient du Proche-Orient. Les pouvoirs publics doivent mettre en place à la fin de l’année 1973 un plan de rationnement qui affecte aussi bien les particuliers que l’appareil industriel.


1975 : Miki Takeo remplace Tanaka Kakuei au poste de Premier ministre alors que le pays doit affronter la transition difficile engendrée par la crise pétrolière. La croissance a été négative (- 2 %) et la production a chuté de 13 % en 1974 par rapport à l’année précédente. Les dépenses d’énergie ont été multipliées par quatre. En février, un traité de bon voisinage et de coopération est conclu entre le Japon et l’URSS mais tout rapprochement, même économique, demeure compromis tant que dure la guerre froide et que demeure posée la question des îles Kouriles.


Septembre 1976 : Miki Takeo écarte Nakasone du ministère en raison des retombées de l’affaire Lockheed. Divisé, le Parti libéral démocrate recule aux élections de décembre. Fukuda remplace Miki le 24 décembre comme Premier ministre mais le scandale Lockheed n’a pas les conséquences électorales prévues (la gauche ne progresse pas). L’année 1976 a vu par ailleurs le pays sortir de la crise née du choc pétrolier de 1973 et retrouver un taux de croissance positif à 6 % (contre 2 % en 1975).


16 février 1978 : Signature d’un accord commercial avec la Chine, suivie le 12 août de la signature d’un traité de paix entre les deux pays, ratifié le 23 octobre à Tokyo où se rend en personne Deng Xiao Ping, le nouvel « homme fort » de Pékin.


7 décembre 1978 : Ohira Masayoshi remplace Fukuda Takeo à la tête du gouvernement et y demeure après les élections d’octobre 1979 mais il meurt dix jours avant celles de juin 1980 qui donnent une large victoire au PLD dont le nouveau leader, Suzuki Zenko, devient Premier ministre.


1985 : Le déficit de la balance commerciale entre USA et Japon atteint 45 milliards de dollars au détriment des premiers.


Juillet 1986 : Les élections législatives confirment la domination du Parti libéral démocrate.


Octobre 1987 : Noboru Takeshita succède à Yasuhiro Nakasone.


1988 : Le Japon réalise sur l’année une croissance de 5,7 %, ce qui confirme le dynamisme remarquable observé tout au long des années quatre-vingt, à l’issue desquelles l’indice Nikkei de la Bourse de Tokyo bat tous ses records ; l’excédent de la balance commerciale dépasse les 90 milliards de dollars.


Mars 1988 : Inauguration du plus long tunnel sous-marin du monde (53 km), reliant l’île d’Honshu à celle d’Hokkaido.


Décembre 1988 : Adoption d’une réforme fiscale, au risque de ralentir la consommation intérieure.


7 janvier 1989 : Mort de l’empereur « Showa » Hirohito. Son fils Akihito lui succède et prend le nom de règne de Heisei, « Succès de la Paix ». La cérémonie officielle de son couronnement aura lieu le 12 novembre 1990.


Avril 1989 : Un scandale politico-financier fait chuter le gouvernement de Noburu Takeshita formé en octobre 1987. Il est remplacé en juin par Sousouké Uno. Les élections de juillet sont marquées par un recul du parti libéral-démocrate et la formation en août d’un nouveau gouvernement confié à Toshiki Kaifu.


Septembre 1989 : Sony achète la Columbia Pictures – et Mitsubishi en fait bientôt autant avec le Rockfeller Center, après que les investissements japonais à travers le monde ont quintuplé en cinq ans –, ce qui prend valeur de symbole pour une Amérique qui se sent désormais menacée par la montée en puissance du Japon, devenu la deuxième puissance économique mondiale et le premier créancier de la planète.


Février 1990 : La chute brutale des cours de la Bourse de Tokyo ouvre une décennie qui voit le modèle japonais entrer en crise.


Janvier-février 1991 : Le Japon ne participe pas directement à l’action américaine menée au nom de l’ONU contre l’Irak mais y contribue financièrement à hauteur de 9 milliards de dollars.


Avril 1991 : Visite à Tokyo de Mikhaïl Gorbatchev.


Juin 1991 : L’éruption du volcan Unzen fait une trentaine de morts dont deux volcanologues français, Maurice et Katia Kraft.


Octobre 1991 : Kiichi Miyazawa succède à Toshiki Kaifu.


8 décembre 1991 : Au lendemain du cinquantième anniversaire de l’attaque contre Pearl Harbor, le ministre japonais des Affaires étrangères présente des excuses aux Etats-Unis.


Août 1992 : Mise en œuvre d’un plan de relance de l’économie pour faire face à la persistance du marasme ; le yen reste à un niveau très élevé, l’excédent commercial demeure mais la croissance est très faible et le déficit budgétaire augmente.


Septembre 1992 : Début du déploiement d’un contingent japonais au Cambodge, dans le cadre de l’ONU. C’est la première fois depuis la fin de la seconde guerre mondiale que des militaires japonais séjournent sur le sol d’un pays asiatique.


Octobre 1992 : La visite de l’empereur Akihito en Chine marque un début de réconciliation du Japon avec son grand voisin.


Juillet 1993 : Le G7 se réunit à Tokyo. Quelques jours plus tard, le Parti libéral-démocrate perd la majorité à l’occasion des élections législatives, pour la première fois depuis 1955. Kiichi Miyazawa doit céder la direction du gouvernement à Morihiro Hosokawa, un petit-fils du prince Konoe, qui présentera des excuses officielles aux pays victimes de l’expansionnisme japonais. Il fait réformer en novembre le système électoral et le mode de financement des partis.


Avril 1994 : Tsutomu Hata succède à Morihiro Hosokawa à la tête du gouvernement mais il est remplacé dès le mois de juin par Tomiichi Murayama.


17 janvier 1995 : Le tremblement de terre de Kobe entraîne des destructions considérables et fait plus de 5 000 victimes.


20 mars 1995 : Attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo, organisé par la secte Aum Shinrikyo dont le gourou, Shoko Asahara, est arrêté le 16 mai suivant. Le procès s’ouvre en septembre et la secte est dissoute le 30 octobre.


1996 : Le chômage affecte 3,7 % de la population active japonaise.


22 avril 1997 : Fin de la prise d’otages entamée 127 jours plus tôt à l’ambassade japonaise de Lima.


8 mai 1997 : Le Parlement japonais reconnaît la spécificité culturelle des Aïnous, peuple aborigène ne survivant plus que sur l’île d’Hokkaido.


11 juillet 1997 : Début d’une crise boursière et monétaire de grande envergure dans tout le sud-est asiatique alors que le tassement de la demande intérieure entraîne une chute du PIB japonais.


1er novembre 1997 : Sommet russo-japonais de Krasnoiarsk. Boris Eltsine et Ryutaro Hashimoto évoquent la question des îles Kouriles dont les Russes pourraient négocier la rétrocession au Japon contre des investissements nippons utiles au développement de la Sibérie.


Décembre 1997 : Conférence internationale de Kyoto consacrée à l’effet de serre.


Avril 1998 : La récession se confirme au Japon. La défaite du Parti libéral démocrate aux élections sénatoriales entraîne la démission en juillet du gouvernement de Ryutaro Hashimoto. Le nouveau Premier ministre, Keizo Obuchi, annonce en novembre un plan de relance de l’économie, le huitième en six ans, pour éviter que le Japon ne connaisse une croissance négative pour la troisième année consécutive.


28 novembre 1998 : La visite du président chinois Jiang Zemin au Japon a surtout été l’occasion d’un étalage des divergences. Le gouvernement Obuchi n’a pas exprimé de repentance formelle à propos des crimes commis en Chine durant la guerre de 1937-1945 et s’est refusé à entériner la position de Pékin sur l’avenir de Taiwan, tout en reprochant à la Chine sa politique répressive vis-à-vis des dissidents.


13 août 1999 : Le Japon et les États-Unis prévoient d’installer un système commun de défense antimissiles, à la grande colère des dirigeants de Pékin qui s’indignent deux jours plus tard de la restauration du Kimigayo, le « Chant à la gloire de l’empereur », comme hymne national.


Octobre 1999 : Mort d’Akio Morita, le « patron » de Sony, qui symbolisait les triomphes économiques et commerciaux remportés par le Japon jusqu’à la fin de la décennie quatre-vingt.


2000 : En avril Yoshiro Mori remplace Kenzo Obuchi à la tête du gouvernement et y demeure après les législatives du mois de juin. Le Japon connaît une éclipse relative sur le plan international, même s’il continue à représenter à lui seul 70 % de l’activité économique de l’Asie orientale. Il tente, en favorisant la conclusion d’accords entre banques centrales des pays de l’ASEAN, de prévenir une nouvelle crise monétaire régionale mais demeure sur la réserve lors du sommet nippo-européen de juillet et lors du forum de l’APEC (pour la coopération économique Asie-Pacifique) en novembre à Brunei. Aucune décision importante n’est prise lors du sommet du G8 réuni à Nago sur l’île d’Okinawa.


2001 : La persistance de la crise se confirme avec les chiffres donnés en mars (chômage record à 4,9 %), au moment où la Bourse de Tokyo plonge à son niveau le plus bas depuis quinze ans. En avril, Junichiro Koizumi remplace Yoshiro Mori à la tête du gouvernement et gagne les élections sénatoriales du mois de juillet suivant. En octobre, Renault renforce son alliance avec Nissan, ce qui confirme l’ouverture du capital japonais aux firmes étrangères. En décembre, un Livre blanc intitulé Sans réformes, pas de progrès est publié par le gouvernement alors que la croissance négative sera de 1 % sur l’année.


2002 : Le Japon organise avec la Corée du Sud la Coupe du monde de football mais il ne s’agit que d’un intermède et la crise structurelle que connaît le pays se poursuit en raison, pour une bonne part, des résistances opposées aux réformes par un système de pouvoir usé jusqu’à la corde par le clientélisme et la corruption. La mise à l’écart, en janvier 2002, de la très populaire ministre des Affaires étrangères Makiko Tanaka illustre bien les blocages qui continuent à peser sur un Japon disposant toujours de réserves et d’atouts considérables mais menacé par le vieillissement de sa population et les limites que révèle aujourd’hui le modèle si performant des décennies précédentes. Pour surmonter ses difficultés, le Japon est condamné à innover car les faibles coûts salariaux de ses concurrents asiatiques le placent dans une situation difficile sur le terrain de ses productions traditionnelles et à s’intégrer davantage à l’Asie orientale qui représente potentiellement le plus gros marché du monde, mais avec le risque de voir le concurrent chinois lui contester à terme son leadership régional.


17 septembre 2002 : Visite historique du premier ministre japonais à Pyong-Yang en Corée du Nord mais ce pays n’en annonce pas moins la relance de son programme nucléaire et c’est la Chine qui est invitée à « user de son influence » pour calmer Kim il Jong, le potentat nord-coréen.

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