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Cuba privé du protecteur soviétique

1989 : George Bush devient président des États-Unis. Les relations avec Cuba se dégradent en raison des tentatives d’isolement économique de l’île. L’historien cubain Francisco Lopez Segrera écrit ainsi : « L’essence de la politique de l’administration Bush envers Cuba, à la suite de la désintégration de l’URSS, partait de la conviction que Cuba allait subir un échec semblable à celui des socialismes d’Europe. » Mais Cuba et son lider maximo tiennent bon.


L’ouverture du procès du général Arnaldo Ochoa et de nombreux coïnculpés correspond à une crise politique d’une ampleur égale à celle de 1959. Très populaire, Le général Ochoa avait été promu « héros de la révolution cubaine » en 1984. Les inculpés, membres des Forces armées et du gouvernement, sont accusés de détournement de fonds, de contrebande, de trafic de devises et de drogue. Au cours du procès, la question de la culpabilité de l’État cubain se pose, mais les responsabilités ne sont pas clairement dégagées. Après avoir été déclarés coupables, le général Ochoa et trois officiers du ministère de l’Intérieur sont finalement fusillés.


Campagne contre les abus et privilèges des bureaucrates et des dirigeants du Parti et de l’État. Le mécontentement populaire reste latent.


L’effondrement de l’URSS engendre des déséquilibres et une crise économique majeure à Cuba, obligée de rechercher sa propre voie pour se maintenir dans un cadre socialiste. Exportant 79 % de sa production vers l’URSS, Cuba doit opérer des changements économiques radicaux en raison de la perte soudaine de ce marché. Le niveau de vie chute. Le 7 décembre, le lider maximo parle de « la fin du camp socialiste ». Cuba s’apprête alors à vivre une des périodes les plus difficiles de son histoire. L’endettement de l’île illustre parfaitement sa dépendance économique envers l’étranger : il s’élève à 11 millions de dollars envers l’URSS et à 5,5 millions de dollars envers l’Occident.


1er octobre 1990 : Le peuple cubain s’engage dans la « période spéciale en temps de paix » qui doit aboutir à la reconstitution d’un réseau diplomatique et commercial et à l’autosuffisance économique. De 1989 à 1994, l’île est en proie à une crise économique profonde ; le PIB chute de 40 % et le manque de pétrole constitue un lourd handicap. La situation s’améliore cependant à partir de 1995.


D’un point de vue politique, il n’a jamais été question de perestroïka à Cuba. Castro jouit encore d’un grand prestige et le sentiment nationaliste joue en faveur du maintien du régime.


Au cours de la décennie 1990, les sectes protestantes se développent à Cuba.


1991 : Voyage de Nelson Mandela à La Havane.


Lors du IVe Congrès du PCC, les statuts du Parti sont modifiés et allégés. On autorise notamment l’adhésion aux personnes ayant des croyances religieuses. En effet, jusqu’à cette date, les catholiques ne pouvaient ni s’inscrire au Parti ni même accéder à des postes à responsabilité. Cependant, jamais Castro et les siens ne remettent en cause le socialisme et, depuis le 1er janvier 1989, le mot d’ordre est : « Le socialisme ou la mort. »


Juin 1992 : Alors que Cuba souffre cruellement de la pénurie de pétrole, autrefois fourni par l’URSS, les États-Unis renforcent le blocus économique et financier qu’ils imposent à l’île en adoptant le projet de loi Torricelli, du nom d’un démocrate du New Jersey. Les navires marchands américains et étrangers accostant dans les ports cubains se voient interdire de charger ou de décharger leur marchandise aux États-Unis pendant une période de six mois. Ces sanctions ne seront levées que dans la mesure où le régime manifestera concrètement son intention de progresser vers plus de démocratie, conditions rejetées par le gouvernement castriste. Ces clauses deviennent rapidement un élément essentiel de la politique américaine vis-à-vis de Cuba et seront renforcées en 1996 par la loi Helms-Burton. 1992 est aussi l’année de la mise en place des apagones, c’est-à-dire des interruptions de courant, qui peuvent durer jusqu’à 18 heures par jour.


12 juillet 1992 : Modification de la Constitution cubaine. Le caractère socialiste de l’État est affirmé, en revanche les références idéologiques au marxisme-léninisme disparaissent au profit des liens géopolitiques avec l’Amérique latine et les Caraïbes qu’il convient désormais de privilégier. Les investissements étrangers sont autorisés et encouragés et la Constitution accorde le droit aux petits propriétaires de vendre leurs terres.


1993 : Le gouvernement français accorde une aide de 6 millions de dollars à Cuba.


14 août 1993 : Le décret-loi n° 140 légalise la détention de dollars et de monnaies étrangères ; il devient donc possible de se procurer des produits dans des magasins jusque-là réservés aux diplomates et aux touristes. À partir de ce moment, des centaines de millions de dollars sont transférées annuellement par les Cubains de Miami.


Août 1994 : En raison de la crise économique, plus de 35 000 Cubains fuient Cuba à bord d’embarcations de fortune, les balsas. On appelle ces réfugiés les balseros. Beaucoup sont refoulés par les États-Unis qui ne respectent par les accords signés avec Cuba. À la mi-août, Clinton annonce que les États-Unis n’accorderont plus l’asile aux balseros qui sont dès lors regroupés dans des camps de réfugiés à Panama et à Guantànamo.


Il existe deux raisons au mécontentement des Cubains : d’une part, l’augmentation du coût de la vie, d’autre part, les émissions des chaînes américaines qui, suivies sur l’île, dénoncent les abus du pouvoir castriste. Le gouvernement cubain tente d’apaiser la crise en légalisant les marchés libres paysans.


Dans les années 1994-1995, il faut compter avec le coût social de la réforme économique entreprise au début des années 1990. En effet, les réformes, l’essor du tourisme et des investissements étrangers ont mis en cause l’un des principes fondateurs de la société cubaine : l’égalitarisme. Rares sont ceux qui ont accès aux dollars et beaucoup, y compris des médecins et des enseignants, cherchent à changer de travail. La société cubaine se transforme rapidement, notamment au contact des touristes occidentaux. La discrimination sociale et raciale, jusque-là absente, apparaît. Les dérives sont nombreuses par rapport aux idées révolutionnaires prônées en 1959. Cependant, les Cubains ne font pas le rapprochement entre la crise et la nature du régime, et beaucoup restent attachés à Castro.


1995 : En voyage à Paris où il est reçu avec tous les égards par le président Mitterrand, Castro encourage les investissements français. La loi du 5 septembre 1995 légalise la création d’entreprises opérant avec des capitaux à 100 % étrangers, autorise la formation de zones franches et permet l’investissement des Cubains exilés par le biais d’une entité étrangère. Cette loi contraire aux principes socialistes a donné lieu à des divergences au sein de l’Assemblée pour la première fois depuis 1959. De grandes réformes économiques sont en cours mais les structures politiques demeurent figées. La situation est fort semblable à celle de la Chine qui s’ouvre au capitalisme et au commerce international tout en conservant un régime dictatorial.


Les réformes ont toutefois libéré des forces que le régime n’est plus en mesure de contrôler : parce qu’il a peur de l’Église, il autorise les catholiques à s’exprimer. L’Église édite de nombreuses publications souvent fort critiques à l’égard du régime, comme la revue Vitral. La commission épiscopale Justice et Paix a engagé une réflexion sur « les problèmes économiques, sociaux et politiques de la société ».


Les comités de défense de la révolution n’assurent plus leurs fonctions de surveillance faute de combattants et la Fédération des femmes cubaines est en crise. Une grande partie de la jeunesse est pour sa part dépolitisée. Cuba vit de grandes mutations.


Selon Amnesty International, l’île compte 500 prisonniers politiques. Dans un contexte économique et politique difficile, le régime cherche à préserver le système du parti unique et la répression s’exerce régulièrement contre les opposants.


Avril 1996 : Création de zones franches. Le Canada représente un investisseur de première importance. Cuba reçoit un million de touristes.


1996 : Nomination d’un consul du Paraguay à La Havane, Cuba entretenant désormais des relations avec tous ses voisins latino-américains.


1997 : Grâce au rétablissement des relations diplomatiques avec la République dominicaine, le régime castriste a renoué des liens officiels avec tous les États des Caraïbes. En revanche, les relations avec les États-Unis se tendent sous la présidence de Clinton : la loi du 12 mars 1996, dite loi Helms-Burton, étend la portée extraterritoriale de l’embargo en menaçant les pays ou personnes de pays tiers qui investiraient à Cuba. Cette loi refuse les visas d’entrée aux dirigeants et actionnaires des compagnies étrangères qui investissent à Cuba, prévoit des sanctions contre ceux qui achètent des produits cubains et autorise les citoyens américains dont les biens ont été nationalisés à faire appel aux tribunaux américains pour exproprier ceux qui en sont devenus propriétaires.


1996 : Réforme fiscale décisive avec l’introduction d’un impôt différent selon le revenu et l’activité de chaque citoyen cubain.


Le régime cubain renforce la répression des dissidents de l’intérieur, ce qui lui vaut une condamnation de l’Onu pour violation des droits de l’homme. De nombreux opposants sont ainsi emprisonnés, alors que de 1980 à 1994 Castro avait favorisé l’émigration du plus grand nombre de dissidents, pour réduire les risques d’opposition au régime. Le contrôle social est rigoureux et la société civile est réduite au silence. L’existence de 436 000 candidats à l’émigration révèle l’ampleur de la crise sociale.


Novembre 1996 : Castro rencontre au Vatican le pape Jean-Paul II.


1997 : Depuis la dissolution de l’URSS, les opposants osent davantage faire entendre leur voix. En 1997, un groupe d’économistes publie un document qui critique la politique économique du régime castriste et porte le titre de La Patria es de Todos, c’est-à-dire La patrie pour tous. L’un des rédacteurs étant le fils d’un des fondateurs du PCC, on ne peut pas parler de groupe contre-révolutionnaire, mais les quatre dissidents concernés – Roca, Carcasses, Gómez et Roque – sont condamnés à plusieurs années de prison et le premier ne retrouvera la liberté qu’en 2002.


Après deux années d’accalmie, la crise économique reprend de plus belle. La dette extérieure atteint 10 milliards de dollars et le chômage touche plus de 300 000 personnes.


Autorisation de l’installation à La Havane d’un bureau permanent de la chaîne américaine CNN.


17 octobre 1997 : La dépouille du Che est retrouvée et transférée à Cuba où sont organisées des obsèques nationales.


Octobre 1997 : Ve Congrès du PCC. À cette occasion, Raul Castro est confirmé dans ses fonctions de second secrétaire du Parti et de dauphin de son frère Fidel. Castro réaffirme sa volonté de diriger à la fois le Parti, l’État et le gouvernement.


21-25 janvier 1998 : Visite du pape Jean-Paul II à Cuba. Pour la première fois, un pape foule le sol cubain. Il prône la participation de tous au bien commun par le biais des libertés d’expression et d’association. Alors que les Américains pensaient que le pape, fervent opposant au communisme, contribuerait au renversement de Castro en dénonçant ses crimes et en soulevant la population cubaine contre lui, celui-ci en appelle à la fin de l’embargo lors de la cérémonie de clôture. Sa voix est entendue à travers le monde et notamment aux États-Unis. Washington affirme que Cuba a cessé d’être une menace pour les États-Unis. En mars, le gouvernement américain assouplit l’embargo, les vols directs entre Cuba et les États-Unis ainsi que les vols humanitaires sont autorisés. Les relations entre Cuba et l’Espagne s’améliorent. Cependant, la même année, l’Union européenne admet la loi Helms-Burton.


Juillet 1998 : Le président Clinton suspend pour six mois l’application des sanctions contre Cuba prévues par la loi Helms-Burton.


1998 : Le ministère cubain de la Justice s’oppose à l’arrestation, à Londres, de l’ancien président chilien Pinochet.


Un mouvement d’inspiration catholique naît sous le nom de Projet Varela, dans le but d’obtenir une réforme électorale et des élections. Une pétition en ce sens signée par 11 000 personnes est apportée en 2002 à l’Assemblée nationale, mais Castro n’en tient aucun compte.


1999 : L’opinion américaine, favorable à la levée de l’embargo, est suivie par les républicains qui réclament la formation d’une commission parlementaire qui mettrait en cause la politique américaine à l’égard de Cuba.


La situation économique se redresse et la production de sucre augmente légèrement. En juin, le président de l’Assemblée nationale cubaine, Ricardo Alarcon, transmet aux autorités américaines une plainte qui dresse le bilan de l’embargo et des actions militaires qui l’ont accompagné : Une indemnité de 181 milliards de dollars est réclamée aux Etats-Unis. Si l’on ne peut chiffrer le manque à gagner pour Cuba, il paraît néanmoins évident que trois éléments ont pesé de tout leur poids dans la vie économique de l’île : l’embargo dès 1960, l’implosion de l’URSS et enfin la loi Helms-Burton.


Mars 2000 : Le Comité des relations extérieures du Sénat américain autorise la vente d’aliments et de médicaments à Cuba.


2001 : Au Venezuela, l’arrivée au pouvoir d’Hugo Chavez, héritier spirituel de Castro, donne un nouveau souffle à la révolution cubaine. En échange de 100 000 barils de pétrole vénézuélien par jour, Cuba fournit 20 000 médecins, infirmiers et entraîneurs sportifs dont l’activité garantit la popularité de Chavez dans les quartiers défavorisés. Les liens entre Cuba et le Venezuela ne cessent de se renforcer.


Mai 2001 : En voyage à Téhéran, Castro annonce la chute prochaine de l’ennemi impérialiste.


23 juin 2001 : Castro s’évanouit à la suite d’un long discours prononcé au soleil. C’est le premier ennui de santé du lider maximo.


Septembre 2001 : Lors d’une conférence des Nations unies en Afrique du Sud, Castro soutient l’idée d’un dédommagement financier pour les populations ayant souffert de l’esclavage.


Décembre 2001 : Trois mois seulement après les attentats du 11 septembre 2001 et de la déclaration de guerre du président Bush au terrorisme international et à « l’Axe du mal », les États-Unis accusent La Havane de posséder « un programme de développement d’armes chimiques et biologiques ». La rupture est dès lors consommée entre les deux pays, d’autant que la loi Helms-Burton est toujours en vigueur.


Février 2003 : Castro prend le thé à Hanoi avec le général Giap, vainqueur des Français à Diên Biên Phu et des Américains en 1975.


2003 : Alors que les États-Unis envahissent l’Irak, les dirigeants cubains croient eux aussi à l’imminence d’une invasion américaine sur leur sol. En effet, l’ambassadeur américain en République dominicaine a déclaré que la guerre en Irak est le début d’une « croisade libératrice pour que tous les pays du monde, y compris Cuba, mettent en pratique un système démocratique ». Le chef de la Section d’intérêts des États-Unis à La Havane, James Cason ne cesse d’encourager la résistance au pouvoir castriste et ravive, s’il en était besoin, la guerre politique entre Washington et La Havane.


3-7 avril 2003 : Grâce à des agents de renseignements infiltrés par le pouvoir castriste, 75 membres de l’opposition, dont Roca et des signataires de la pétition remise en 2002, sont arrêtés. Accusés de collaboration avec un pouvoir ennemi, c’est-à-dire les États-Unis, ils sont condamnés à de très lourdes peines de prison (jusqu’à 28 ans) à l’issue de procès expéditifs « pour avoir violé la loi de protection de l’indépendance nationale et de l’économie de Cuba ». La Havane est condamnée par la Commission interaméricaine des droits de l’homme le 16 avril et le lendemain par la Commission des droits de l’homme des Nations unies.


Avril 2003 : Un ferry voyageant de La Havane à Miami est pris en otage mais les gardes cubaines le rattrapent. Les trois commanditaires sont arrêtés, jugés, condamnés à mort et exécutés le 11 avril en dépit des protestations des gouvernements étrangers.


Ce mois d’avril 2003 témoigne d’un durcissement politique à Cuba auquel les États-Unis ne sont pas étrangers.


20 octobre 2004 : Castro se brise un genou en ratant une marche après avoir prononcé un discours à Santa Clara.


8 novembre 2004 : Castro met le dollar hors de circulation.


2005 : L’économie cubaine fait un bond de plus de 11 %, notamment grâce aux revenus du tourisme et aux exportations de nickel.


Mai 2005 : Hugo Chavez, président du Venezuela, proclame à La Havane, en présence de Fidel Castro, le caractère socialiste et bolivarien de la révolution dans son pays et prône l’Alternative bolivarienne pour les Amériques (ALBA) à laquelle Cuba est étroitement attachée. L’ALBA se doit d’être une alternative à la Zone de libre échange des Amériques (ZLEA) souhaitée par les États-Unis.


2006 : Castro assiste au sommet du Mercosur en Argentine et se rend en pèlerinage au lieu de naissance d’Ernesto Guevara.


29 avril 2006 : Accord Venezuela-Cuba-Bolivie signé à La Havane entre les présidents Chavez, Castro et Morales dans le cadre du Traité commercial des peuples et de l’Alternative bolivarienne pour les Amériques. Ce traité a pour but de contrer les accords de libre-échange signés par la Colombie et le Pérou avec les États-Unis et de former un bloc d’inspiration socialiste capable de résister à l’impérialisme américain.


12 juin 2006 : L’Union européenne réaffirme sa position officielle à l’égard de Cuba. Elle se fonde sur un « engagement constructif » et un « dialogue critique » qui devrait porter sur la question des droits de l’homme. La Havane devra apporter des « améliorations concrètes en la matière », notamment en ce qui concerne le libre accès à l’information, la liberté d’expression, d’association et de réunion et la garantie de procès en bonne et due forme. L’Union a également exprimé sa volonté d’intensifier ses relations avec l’opposition pacifique et la société civile. Son attitude est donc marquée par une évidente ambivalence entre ménagement du pouvoir castriste et condamnation des violations des droits de l’homme.


31 juillet 2006 : Le secrétaire particulier de Castro, Carlos Valenciaga annonce que le lider maximo délègue provisoirement ses pouvoirs à son frère Raul en raison d’un accident de santé à la suite duquel il a subi « une opération chirurgicale compliquée ». Raul Castro devient ainsi premier secrétaire du Parti communiste, président du Conseil d’État et commandant en chef de l’armée, outre la fonction de ministre de la Défense qu’il assure depuis 1959.


Le même jour, des centaines de réfugiés cubains hostiles au régime défilent à Miami aux cris de « longue vie à Cuba libre ». Tous espèrent la mort du dictateur.


1er août 2006 : La santé de Castro est déclarée secret d’État.


3 août 2006 : Le président américain George W. Bush appelle « le peuple cubain à travailler au changement démocratique sur l’île ». De fait, les contrôles policiers ont été renforcés pour imposer le silence aux dissidents et empêcher toute manifestation d’opposition. Selon les opposants, des consignes de vigilance ont été données par les autorités à des groupes chargés de surveiller leur voisinage et de dénoncer toute personne qui critiquerait Fidel Castro.


13 août 2006 : Les quatre-vingts ans de Castro, hospitalisé, donnent lieu à de nombreuses manifestations orchestrées par le pouvoir de soutien au lider maximo. Les premières photos le représentant sont publiées dans les journaux pour mettre fin à la rumeur de sa mort.


14 août 2006 : Hugo Chavez est présent au chevet de Castro, son maître spirituel et idéologique, au lendemain de son anniversaire.


17 août 2006 : Raul Castro révèle l’ampleur de la mobilisation militaire du pays contre une éventuelle agression américaine ; des « dizaines de milliers » de miliciens et de réservistes restent en alerte.


23 août : Washington accepte de lever l’embargo si Cuba entame une transition démocratique.


11-16 septembre 2006 : Sommet des pays non alignés à La Havane auquel participent plus de 60 chefs d’État.


Bien que Fidel Castro ait toujours affirmé que « ce sont les masses qui font l’Histoire », il a joui d’un pouvoir absolu qui a résisté depuis plus de quarante-sept ans à toutes les épreuves et qui lui a permis d’amasser une fortune personnelle considérable. Il est difficile d’établir le bilan de la « révolution » sans tomber dans les manichéismes qui prévalent quand il est question de Cuba. La gauche tiers-mondiste met en avant la résistance à « l’impérialisme américain » et les progrès réels obtenus en matière d’éducation ou de santé publique. Les adversaires de Castro dénoncent un régime liberticide inspiré du modèle marxiste-léniniste de la défunte URSS. L’échec du « socialisme » ne peut être attribué aux seules mesures d’embargo américaines et c’est grâce à une économie parallèle, qui doit beaucoup au succès touristique que remporte l’île, que la population survit vaille que vaille. En jouant sur le réflexe nationaliste d’hostilité aux gringos nord-américains, le régime castriste conserve toutefois la possibilité de durer au-delà de la disparition sans doute prochaine du lider maximo. Cela est d’autant plus possible que la « révolution bolivarienne » mise en œuvre au Venezuela par un Hugo Chavez – en qui certains voient un héritier de Castro – vient incontestablement le renforcer.

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