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De l’illyrisme au yougoslavisme

1868 : Signature de la Nagogba, compromis croato-hongrois : l’union personnelle de la Croatie est confirmée. Le ban de Zagreb demeure chef d’un gouvernement autonome. Existe également une force armée croate dont le croate est la langue de commandement. Au Sabor de Zagreb (Agram en magyar) siègent 121 membres dont un quart sont désignés par l’empereur et les trois autres par les villes et les comitats. Fiume et Medjimurje restent occupés par les Hongrois. L’Istrie et la Dalmatie relèvent directement de Vienne.


 


1869 : Fondation du parti « grand croate » par Kvartenik (1825-1871) et Starcevic (1823-1896).


 


1874 : Fondation de l’université de Zagreb par J. Strossmayer.


 


Octobre 1878 : À l’issue de la troisième crise d’Orient, qui débute en juillet 1875 par la révolte de la Bosnie face à la Porte, de la guerre russo-turque (avril-décembre 1877) et du congrès de Berlin qui suit la signature du traité de San Stefano, l’Autriche-Hongrie obtient du concert des puissances d’occuper militairement la Bosnie-Herzégovine qui demeure sous suzeraineté ottomane. Les troupes du XIIIe corps d’armée croate, commandé par le général Filipovic, y pénètrent pour prendre le contrôle de la région. Les cadres d’occupation sont en partie composés de Croates qui souhaiteraient voir les territoires occupés placés sous l’autorité de Zagreb. Vienne et Budapest refusent afin d’éviter de voir la Croatie s’ériger en puissance locale. L’administration revient à un gouverneur représentant de l’empereur.


 


1878-1914 : L’application de la Nagodba devient un objet de conflit permanent avec les Hongrois. L’unionisme pro-magyar disparaît progressivement de la vie politique croate, tandis que l’illyrisme des années 1840-80 se mue en yougoslavisme derrière Racki et Strossmayer, par ailleurs parfaitement loyaux et fidèles à la dynastie régnante (partisans de la Habsburgtreue).


 


1881 : Réunion des territoires de la frontière militaire à la Croatie. Les Croates ont désormais 40 représentants à la chambre basse de Budapest (sur 450) et trois à la chambre haute (sur 400), en plus d’un ministre d’État hongrois qui siège au Conseil à Vienne.


 


1882-1903 : B. von Kallay, gouverneur de Bosnie-Herzégovine au nom de Vienne, mène la modernisation du pays et y favorise la colonisation croate dans la plaine de la Save, tandis que l’importante minorité serbe qui y vit souhaite son rattachement à Belgrade. Kallay tente également de promouvoir une « nationalité bosniaque » auprès des musulmans mais prend rapidement conscience du caractère artificiel de cette construction.


 


1890 : Naissance du parti, nationaliste, « du droit pur » mené par l’avocat Josip Frank.


 


1894 : Création du parti social-démocrate, inspiré par la social-démocratie allemande, revendiquant l’octroi de la terre aux paysans et l’autonomie de la Croatie.


 


Essor d’une nouvelle école littéraire croate, la « Moderna », inspirée par l’école viennoise « Die Moderne ». L’écrivain et poète Anton Gustav Matos (1873-1914) en est l’un des chefs de file.


 


1904 : Fondation du Parti paysan croate populaire avec à sa tête les frères Radic, Antun (1868-1919) et Stjepan (1871-1928). Cette formation prône une évolution de la solution fédérale dans le cadre de la double monarchie.


 


Octobre 1905 : Réunion politique à Fiume, à l’instigation du journaliste Fran Supilo et d’Ante Trumbic, maire de Split. Elle aboutit aux « résolutions de Fiume ». Environ cinquante députés de Croatie, d’Istrie et de Dalmatie réclament une révision de la Nagodba dans un sens libéral, l’élargissement du droit de vote et le rattachement de la Dalmatie – séparée de Zagreb après la signature des traités de Vienne – à la Croatie. Trente députés serbes de Croatie se rallient à cette motion. Le parti de Frank et celui des Radic repoussent ces propositions.


 


1906 : Victoire des partisans des « résolutions de Fiume » (coalition croato-serbe menée par Supilo et Trumbic) aux élections de 1906.


 


6 octobre 1908 : Profitant de la révolution jeune-turque de juillet, l’Autriche-Hongrie annexe la Bosnie-Herzégovine, réalisant ainsi le plan de partage de l’Empire ottoman dont elle était convenue avec le tsar lors de la troisième crise d’Orient. Depuis lors, la mainmise sur les Balkans est devenue un enjeu majeur entre Russie et double monarchie, qui, tacitement, dans les années 1885-90, sont convenues d’y préserver le statu quo. Cette annexion donne naissance à une quatrième crise et provoque de graves tensions avec Belgrade où existe un fort irrédentisme. Le gouvernement serbe en appelle à la Russie qui parvient à rallier le jeune royaume à l’acceptation de ce coup de force. En Croatie, les tenants du sentiment « yougoslave » protestent également devant cette ingérence.


 


Fin 1908 : Affaire de la trahison d’Agram : arrestation et jugement de Serbes de Croatie convaincus de complicités avec la « Défense nationale », une association composée de Serbes et de Croates et constituée en réaction à l’annexion autrichienne de la Bosnie-Herzégovine. La coalition croato-serbe voit son influence diminuer.


 


28 juin 1914 : Attentat de Sarajevo, en Bosnie. Mobilisation des Croates au sein de l’armée autrichienne.


 


1915 : Création à Londres d’un comité croate autour de Fran Supilo et d’Ante Trumbic. Ils signent le « Programme yougoslave » communiqué le 12 mai aux ministres des Affaires étrangères alliés, réclamant l’autonomie de tous les Slaves du sud au sein d’un royaume dans la double monarchie. À peu de temps de cela, l’accord secret de Londres (signé le 26 avril 1915 et accordant des territoires en Istrie et Dalmatie aux Italiens moyennant leur entrée en guerre du côté des alliés) provoque un sursaut de loyalisme croate envers la couronne des Habsbourg.


 


Mai 1917 : Nicolas Pasic, chef du gouvernement serbe replié sur Corfou, invite une délégation du comité croate de Londres afin de déterminer l’avenir de la « Yougoslavie ».


 


7 et 20 juillet 1917 : Signature du « pacte de Corfou », déclaration formalisant l’union des Serbes, Croates et Slovènes dans un seul royaume, confié au souverain de la maison serbe Karageorgevich, avec une constitution et une assemblée élue au suffrage universel. Les Croates ont veillé à faire respecter leur « droits historiques ». Pour eux, l’enjeu est de ne pas se trouver avec l’Autriche-Hongrie dans le camp des vaincus de la Première Guerre mondiale. Les Serbes, quant à eux, entendent réaliser l’union des Slaves du sud autour de leur roi. De fait, les membres croates du comité de Londres acceptent de voir leur pays quitter l’orbite magyare pour rejoindre l’ensemble balkanique.


 


Janvier 1918 : Discours sur l’état de l’Union du président américain Wilson, dans lequel il formule les « 14 points » qui constituent les buts de guerre des États-Unis : parmi les autres aspirations nationales qu’il déclare soutenir, il évoque l’autonomie des peuples yougoslaves.


 


Premier trimestre 1918 : Situation alimentaire difficile à Zagreb.


 


Avril 1918 : Le « congrès des nationalités opprimées de l’Autriche-Hongrie » se tient à Rome et reconnaît la légitimité des aspirations nationales des Slaves du sud.


 


Printemps 1918 : Campagne de mobilisation en faveur de ce mouvement lancée par la minorité yougoslave qui vit aux États-Unis.


 


3 juin 1918 : Le Conseil suprême interallié exprime sa sympathie au Conseil yougoslave, mais aucun État ne lui accorde de reconnaissance officielle.


 


Fin octobre 1918 : Création d’un conseil national présidé par l’abbé Korosec (leader slovène).


 


29 octobre 1918 : Le Sabor de Zagreb rompt avec les autorités de Budapest et transmet l’autorité suprême au Conseil national.


 


31 octobre 1918 : L’empereur Charles Ier reconnaît le Conseil national.


 


Novembre 1918 : Création d’un gouvernement yougoslave commun avec six Serbes et six représentants des autres nationalités.


 


Novembre 1918 : Occupation de Trieste, Pula, Zadar et Sibenik par les Italiens, en vertu du traité secret de Londres (1915). Le Conseil national de Zagreb fait appel au maréchal Foch : l’Italie relâche sa pression sur Ljubljana mais ses troupes continuent d’occuper Trieste.


 


24 novembre 1918 : Débarquement de troupes italiennes en Dalmatie. Le Conseil national croate décide de s’entendre directement avec le gouvernement de Belgrade. Le principe d’une administration centralisée et de la souveraineté de la maison Karageorgevitch sur le royaume est admis.

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