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Dans la Yougoslavie de Tito

29 novembre 1945 : Élections générales pour l’assemblée constituante. La monarchie est abolie, la république populaire fédérale de Yougoslavie est proclamée. La Croatie devient l’une des six républiques du nouvel État fédéral. Elle conserve son gouvernement et son Sabor. L’exécutif est confié à deux membres du PCY, Duski Brkic et Rade Zigic.


 


Juillet 1946 : Redécoupage des frontières. La Yougoslavie reçoit l’Istrie et contrôle la zone sud de Trieste, placée sous administration internationale.


 


1946-printemps 1948 : Le nouveau régime entreprend la reconstruction de la Yougoslavie selon les principes du stalinisme : nationalisation, planification, primat de l’industrie lourde, réforme agraire. Les méthodes soviétiques sont également employées en politique : le pluralisme est interdit et le nouveau régime s’attaque à ses adversaires, notamment à l’Église catholique. Mgr Stepinac est condamné à seize ans de travaux forcés.


 


28 juin 1948 : Rupture avec l’URSS qui blâme la volonté d’indépendance de Tito, condamne sa ligne déviante par rapport au stalinisme et qualifie le premier plan quinquennal yougoslave de fruit de sa « mégalomanie ». La Yougoslavie est exclue du Kominform. Cette sanction se double des condamnations personnelles de Tito et de ses plus proches collaborateurs. Tito fait arrêter Andrija Hebrang, ancien chef du PCY en Croatie.


 


Juillet 1948 : Premier congrès du PCY. Tito est approuvé par les délégués.


 


1948-1954 : Mise en place de l’autogestion économique par les « conseils ouvriers » institués au cœur des usines. Décentralisation progressive. Accords passés avec l’Occident pour dégager le pays du blocus auquel le Komintern le soumet. Développement de la métallurgie, des constructions navales, de l’industrie chimique en Croatie. Le tourisme connaît également un important développement sur le littoral croate et génère d’importantes ressources. La Croatie bénéficie du plus haut niveau de développement dans la Yougoslavie de Tito.


 


Janvier 1949 : Application de la réforme agraire visant à la collectivisation et la mise en place de grandes unités de production. Forte résistance des milieux paysans, pénurie des denrées.


 


Mars 1951 : Décret autorisant les paysans à quitter les coopératives de production. Les grands domaines d’État ne subsistent qu’en Slavonie et Vojvodine.


 


1952 : Le PCY prend le nom de « Ligue des communistes de Yougoslavie ».


 


1953 : Forte tension avec le Vatican après l’élévation de Mgr Stepinac au cardinalat. Arrestation de prêtres et de moines.


 


1954 : Après la mort de Staline, l’heure est au rapprochement entre Moscou et Belgrade. Moscou cesse sa propagande anti-titiste.


 


1954 : Reconnaissance officielle de l’unicité de la langue serbo-croate et des deux alphabets, des variantes lexicales et phonétiques.


 


27 mai 1955 : Visite officielle et discours d’excuses de Khrouchtchev à Belgrade.


 


1956-1961 : La Yougoslavie prend la tête du mouvement des non-alignés, dont la première conférence se tient à Belgrade en septembre 1961. Cet engagement vaut à la Yougoslavie un certain prestige international. Il conduit également Tito à reconnaître la « nationalité » musulmane dans l’ensemble yougoslave au côté des nations historiques. Face aux revendications croates et à l’antagonisme serbo-croate, le pouvoir central assure la promotion de cette communauté dans l’appareil fédéral et en Bosnie-Herzégovine tout au long des années 1960 et 1970. À plus long terme, cette reconnaissance engendre des revendications nationales qui alimentent rancœurs puis affrontements armés dans la Yougoslavie postcommuniste.


 


7 février 1963 : Promulgation d’une nouvelle constitution et naissance de la République socialiste fédérative de Yougoslavie dont Tito est nommé président à vie. Évolution institutionnelle favorable à la décentralisation.


 


Juillet 1966 : Limogeage du ministre de l’Intérieur Alexander Rankovic, partisan du centralisme et « grand serbe ». Libéralisation du régime de la presse et des librairies, développement du tourisme et exode légal de travailleurs croates vers l’Occident.


 


1967 : La Croatie vit mal son intégration dans l’ensemble yougoslave. Pétition de 130 écrivains croates, avec à leur tête Miroslav Krleza, demandant que la langue croate soit distinguée du serbe et soit enseignée dans les écoles. Polémique avec les écrivains serbes. À cette tension s’ajoute une polémique politique et économique sur l’emploi des ressources de la Croatie par la fédération. Miko Tripalo, secrétaire général de la Ligue en Croatie réclame une décentralisation réelle.


 


1969 : « Affaire des routes ». Révélation du détournement des fonds accordés par la banque mondiale pour une autoroute Zagreb-Ljubjana au profit d’une autoroute Zagreb-Belgrade.


 


1970-71 : « Printemps croate » Revendications nationales animées par la société Matica Hrvastska (dont les origines remontent à 1842) définissant la nation croate et revendiquant le droit de sécession.


 


2 décembre 1971 : Intervention télévisée de Tito. Condamnation des nationalistes croates. Tripalo est contraint de démissionner, le parti est réorganisé en Croatie. Retour au centralisme autour de Tito.


 


21 février 1974 : Une nouvelle constitution est adoptée. Les six républiques ainsi que les provinces du Kosovo et de Vojvodine reçoivent des pouvoirs importants, y compris le droit de veto sur des décisions fédérales.


 


4 mai 1980 : Mort de Tito.


 


1981 : Franco Tudjman, ancien général devenu historien, est condamné pour sa critique de la surreprésentation des Serbes dans les instances fédérales.


 


Au cours des années 1980, la Yougoslavie, qui jusqu’alors a bénéficié d’un rythme de développement soutenu, en dépit de disparités régionales, connaît un coup d’arrêt dans sa croissance économique. La fédération subit le contrecoup de la crise pétrolière et économique de 1979. Le PIB baisse, et le chômage atteint 16 % de la population.


 


1986 : L’Académie des sciences de Belgrade demande les deux tiers du territoire croate pour les Serbes de Croatie. Vives réactions de la part de la Société des écrivains croates, relayée par les jeunes étudiants à Radio Zagreb.


 


28 juin 1989 : 600e anniversaire de la bataille de Kosovo, célébré de façon retentissante en Serbie sous la houlette de Slobodan Milosevic, chef de file de la Ligue à Belgrade, qui mène une vaste offensive « grand serbe » et encourage les revendications nationalistes des Serbes de Croatie.


 


28 février 1989 : Un groupement politique, la « Communauté démocratique croate », se présente au public par le biais de la Société des écrivains, préfigurant ainsi l’appel au pluralisme.


 


Décembre 1989 : Dans le sillage des révolutions dans le bloc de l’Est, la Ligue des communistes reconnaît le droit au pluralisme. Naissent ainsi l’Union démocratique croate, Hravtska Democratica Zajednica (HDZ) présidée par Franco Tudjman, l’Union sociale libérale croate et le Parti du droit.


 

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