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La guerre de 1950-1953 et les deux Corée

La situation politique apparaît des plus confuses dans la péninsule à l’automne de 1945. Au sud, les partisans du gouvernement provisoire installé en Chine attendent son retour mais un Comité pour la préparation de l’indépendance de la Corée dominé par les communistes se met en place et proclame la République populaire de Corée, ce qui constituait un défi lancé au gouvernement provisoire installé à Tchong-King. Le général américain Hodge, qui commande les troupes d’occupation dans la zone sud, ne reconnaît aucun des pouvoirs rivaux.


23 novembre 1945 : Kim Ku et le gouvernement provisoire établi en Chine regagnent la Corée. Dans le même temps, les Soviétiques favorisent l’installation dans leur zone d’occupation d’un Comité populaire de Corée du Nord dirigé par Kim Il-sung. Celui-ci écarte tous les opposants, ce qui entraîne, entre 1945 et 1947, le départ de la zone soviétique vers la zone américaine de huit cent mille Coréens.


Décembre 1945 : Conférence de Moscou. L’URSS, la Grande-Bretagne et les États-Unis s’entendent pour décider de différer l’indépendance coréenne en prévoyant – pour une durée pouvant aller jusqu’à cinq ans – la mise sous tutelle du pays au profit des trois puissances en question et de la Chine.


Janvier-mai 1946 : La commission américano-soviétique chargée de concrétiser les décisions prises à Moscou ne parvient pas à dégager un accord, les Soviétiques exigeant que soient écartés des responsabilités politiques les partis et mouvements coréens hostiles au système de la tutelle (acceptée par le parti communiste coréen sur le conseil de Moscou).


1947 : Après l’échec de nouveaux pourparlers américano-soviétiques, les États-Unis portent la question coréenne devant l’ONU en proposant des élections générales supervisées par l’organisation internationale dans toute la péninsule. L’assemblée générale de l’ONU accepte cette proposition mais l’URSS y oppose son veto.


10 mai 1948 : C’est seulement dans la zone américaine qu’ont lieu les élections en vue de la réunion d’une assemblée constituante.


31 mai : Réunion de l’Assemblée, qui vote la Constitution de la première République coréenne le 12 juillet.


20 juillet 1948 : Élections présidentielles au Sud au suffrage indirect. Syngman Rhee est élu premier président et la République de Corée du Sud est officiellement proclamée le 15 août suivant.


9 septembre 1948 : La République de Corée du Nord est proclamée dans la zone soviétique d’occupation.


Décembre 1948 : L’assemblée générale des Nations unies reconnaît la République de Corée du Sud comme seul gouvernement légal et constitué de la péninsule. Plus de cinquante pays dont les États-Unis reconnaissent ensuite le nouvel État. Celui-ci apparaît bien fragile dans la mesure où la division du pays le prive des ressources en charbon et des équipements industriels lourds principalement regroupés au Nord. La stabilité politique n’est pas garantie. Kim Ku, l’ancien chef du gouvernement provisoire établi en Chine, est assassiné en 1949 et des mutineries éclatent dans l’armée.


Décembre 1948 : Les troupes soviétiques évacuent leur zone d’occupation.


Juin 1949 : Les USA retirent à leur tour leurs troupes de la péninsule.


25 juin 1950 : Début des hostilités entre la Corée du Nord et la Corée du Sud, malgré l’absence de déclaration de guerre. Les troupes nord-coréennes franchissent le 38e parallèle. Plusieurs raisons peuvent expliquer cette agression, qui n’a pu être déclenchée sans l’approbation, voire les encouragements de Staline. Celui-ci entend peut-être, bien loin de son glacis est-européen, prendre sa revanche sur l’échec qu’il vient de subir en 1949 à Berlin où le pont aérien américain l’a finalement contraint à lever le blocus de la ville. Il veut peut-être aussi maintenir la prééminence de Moscou sur une Corée du Nord qui pourrait être tentée de se tourner vers la nouvelle grande puissance communiste qui s’est constituée en Chine quelques mois plus tôt. Enfin, Staline est convaincu que les États-Unis – qu’il a trouvés sur sa route en Iran, en Grèce et à Berlin – ne se mêleront pas de l’affaire, le Sud de la péninsule coréenne ne représentant pas pour eux – déjà installés aux Philippines et au Japon – un enjeu majeur. Quelques semaines auparavant, le secrétaire d’État américain Dean Acheson a même déclaré que la Corée du Sud ne faisait pas partie du périmètre défensif américain, pour mieux affirmer apparemment l’intérêt porté par Washington à l’archipel japonais. On peut d’ailleurs penser que les États-Unis, faute d’avoir pu donner jusque-là un coup d’arrêt significatif à l’expansion du bloc communiste, ont cherché à « pousser à la faute » la dictature nord-coréenne, ce que semblerait confirmer l’intention de pousser la reconquête de la péninsule jusqu’au Yalou à l’automne 1950. Ce qui allait naturellement constituer pour la Chine un casus belli et prolonger dangereusement la guerre qui se fût peut-être arrêtée au bout de quelques semaines si les forces des Nations unies s’étaient arrêtées dans leur campagne de libération de la Corée du Sud au 38e parallèle…


27 juin 1950 : Le Conseil de sécurité des Nations unies vote une assistance militaire à la Corée du Sud et désigne la Corée du Nord comme l’agresseur. Les États-Unis et leurs alliés ont pu obtenir ce vote du Conseil dans la mesure où l’URSS – qui entendait protester contre la non-reconnaissance par le Conseil de la République populaire de Chine sortie victorieuse de la guerre civile l’année précédente – boycottait ses travaux et n’a donc pas pu, en cette occasion, faire usage de son droit de veto.


27 juin 1950 : Bénéficiant d’un rapport de forces très favorable, notamment en moyens blindés et aériens, les Nord-Coréens s’emparent de Séoul.


1er juillet 1950 : Les troupes américaines engagées dans la péninsule livrent leur premier combat à Osan, à une centaine de kilomètres au sud de Séoul. Elles doivent se replier et le général américain Dean est même fait prisonnier peu après, lors de la prise de Daejon le 25 juillet. À la fin juillet, les troupes sud-coréennes et celles des Nations unies ne tiennent plus que l’angle sud-est de la péninsule.


10 août 1950 : Les Américains reprennent l’initiative sous les ordres du général Walker et leur supériorité aérienne leur permet de désorganiser les arrières nord-coréens.


15 septembre 1950 : Débarquement d’Inchon, organisé par le général Mac Arthur, dans le dos des troupes nord-coréennes aventurées au sud de la péninsule.


28 septembre 1950 : Prise de Séoul par les forces des Nations unies, qui franchissent le 7 octobre le 38e parallèle et envahissent la Corée du Nord.


19 octobre 1950 : Prise de Pyongyang. Le 26, les forces américaines atteignent la rive méridionale du Yalu. Chongjin, dernier port coréen avant le Toumen qui correspond à la frontière nord-est de la Corée du Nord, est occupé à son tour.


25 octobre 1950 : La IVe Armée chinoise commandée par Lin Piao franchit le Yalu et les « volontaires » chinois reprennent Pyongyang le 4 décembre. Séoul tombe de nouveau le 4 janvier 1951.


15 janvier 1951 : Contre-offensive américaine conduite par le général Ridgway. Elle permet de reprendre Séoul le 14 mars et le front est stabilisé le long du 38e parallèle à la fin mars.


11 avril 1951 : Entrevue de Wake entre Mac Arthur et Truman. Le Président relève de son commandement le vainqueur de la guerre du Pacifique car il refuse de cautionner ses projets d’intervention contre la Chine.


7 juillet 1951 : Sur proposition soviétique, des pourparlers d’armistice sont engagés à Kaesong sur le 38e parallèle.


13 octobre 1952 : Prise du piton de Crève-cœur par le bataillon français de Corée aux ordres du général Monclar.


27 juillet 1953 : Signature de l’armistice de Panmunjom. Une zone démilitarisée, large de quatre kilomètres et longue de 346 km, sépare désormais Corée du Nord et Corée du Sud et la situation demeure inchangée cinquante-deux ans plus tard. L’importance des pertes subies (environ 400 000 tués ou blessés, le double au Nord), les destructions consécutives à la guerre, la séparation de nombreuses familles font que la Corée du Sud est dans un état lamentable à l’issue de trois années de conflit. Le pouvoir politique aux mains de Syngman Rhee n’est pas à la hauteur de la situation. Le président modifie la Constitution dans un sens plébiscitaire en1952 en vue de garantir sa réélection. Il récidive en 1954 pour pouvoir poser sa candidature une troisième fois et ne recule pas devant les fraudes électorales.


1953-1956 : L’aide américaine à la Corée du Sud s’élève – guerre froide oblige – à 1 700 000 000 de dollars mais cet argent est largement gaspillé du fait de la corruption et du clientélisme qui dominent la vie politique. La situation du pays demeure donc, malgré les exigences de la reconstruction, très préoccupante. En 1960, la richesse de la Corée du Sud est équivalente à celle du Ghana…


15 mars 1960 : Les élections à propos desquelles les opposants dénoncent des fraudes massives donnent la victoire au parti libéral de Syngman Rhee. Les manifestations qui suivent sont brutalement réprimées par la police le 19 avril suivant.


25 avril 1960 : De nouvelles manifestations poussent Syngman Rhee à la démission et au départ pour Hawaü où il mourra cinq ans plus tard. Ce départ mettait fin à la première République.


15 juin 1960 : La Constitution est modifiée pour éviter à l’avenir toute dérive dictatoriale. Une nouvelle loi électorale est votée le 23.


15 août 1960 : Prestation de serment du nouveau président de la République Yun Po-sun, qui appartient au parti démocrate.


16 mai 1961 : Putsch militaire réalisé par le général Park Chung-hee qui dénonce l’impuissance du régime et devient le 19 mai chef du Conseil suprême pour la reconstruction nationale.


Décembre 1962 : Une nouvelle Constitution est adoptée par référendum. Elle ouvre la voie à l’installation d’une troisième République.


Octobre 1963 : Park Chung-hee est élu président de la République contre Yun po-sun.


Novembre 1963 : Les élections législatives donnent une écrasante majorité au parti démocrate républicain acquis à Park Chung-hee. C’est sous la direction de ce dernier que la Corée du Sud va réaliser le décollage économique qui va faire d’elle, avec Taiwan, Hong Kong et Singapour, l’un des quatre « dragons » d’Asie orientale.


22 juin 1965 : Traité de normalisation des relations entre Corée et Japon. La péninsule va pouvoir bénéficier des crédits et des investissements japonais. Traité dénoncé par le gouvernement de Pyongyang comme une concession à « l’impérialisme ».


Deux divisions sud-coréennes participent à la guerre du Vietnam aux côtés des forces américaines.


1967 : Réélection de Park Chung-hee qui sera de nouveau réélu en décembre 1972. Il l’emporte alors sur Kim Dae-jung.


4 juillet 1972 : Les deux gouvernements coréens s’engagent à travailler à la réunification pacifique du pays.


Décembre 1972 : Les Coréens approuvent par référendum l’adoption d’une nouvelle Constitution qui inaugure la IVe République. Une conférence nationale pour l’unification désigne le président et le tiers des membres de l’Assemblée nationale, désignation ratifiée par le président.


15 août 1974 : La femme du président est tuée lors d’un attentat dirigé contre son mari, le jour de la fête nationale.


26 octobre 1974 : Park Chung-hee est abattu par le chef des services secrets sud-coréens avec qui il était en conflit. L’assassin sera exécuté sans que ses mobiles aient été clairement établis. Le Premier ministre Choe Kyu-ha devient président par intérim et se voit ensuite confirmé dans sa fonction par la Conférence nationale pour l’unification. La loi martiale est proclamée. Choe Kyu-ha semble cependant vouloir libéraliser le régime et l’on voit apparaître dans la presse étrangère l’expression de « printemps de Séoul » faisant référence au « printemps de Prague » de 1968. L’impuissance à s’entendre des principaux leaders, Kim Dae-jung, l’ancien opposant à Park Chung-hee, et Kim Young-sam, le chef du nouveau parti démocratique, débouche de nouveau sur l’instauration d’un pouvoir militaire.


1976 : Après s’être établi à 8,5 % au cours des deux années précédentes, le taux de croissance coréen atteint 15,2 %, au moment où les économies développées encaissent les effets du premier choc pétrolier.


12 décembre 1979 : En écartant ses éventuels concurrents militaires, le général Chun Doo-hwan s’empare de la réalité du pouvoir. Il sera désigné comme président de la République le 27 août 1980, quelques jours après la démission de Choe Kyu-ha.


21 mai 1981 : Le mécontentement social et les frustrations d’une région qui se considère qu’elle est oubliée par les pouvoirs publics entraînent l’insurrection de la ville de Kwangju. La répression, confiée à l’armée, va faire de 300 à 2 000 morts selon les sources.


9 octobre 1983 : Alors que le président Chun est en visite à Rangoon, des agents nord-coréens font sauter le monument aux morts où il devait déposer une gerbe. Un léger retard lui sauve la vie mais tous les membres du gouvernement coréen qui l’accompagnaient sont tués, ce qui entraîne la rupture des relations diplomatiques entre la Birmanie et la Corée du Nord.


1er novembre 1983 : La chasse soviétique abat un Boeing 747 de la Korean Airlines accusé de violer l’espace aérien soviétique au nord du Japon. Plus de quatre cents personnes périssent, ce qui fournira au président américain Ronald Reagan l’occasion de dénoncer en l’URSS « l’empire du Mal ». La Corée du Sud mesure sa réaction et ne rompt pas tous les ponts avec Moscou.


23 juillet 1985 : Des parlementaires des deux Corée se rencontrent pour évoquer une éventuelle réunification mais cela demeure sans lendemain et, quand la Corée du Nord propose le 30 de participer à l’organisation des Jeux olympiques prévus à Séoul en 1988, cela lui est refusé.


1986 : Le régime nord-coréen dénonce les « Américano-fantoches » de Séoul. La même année, l’Institut d’études stratégiques de Londres souligne que la Corée du Nord dispose de 838 000 soldats, de trois millions de réservistes et de quatre millions de miliciens pour une population de dix-neuf millions d’habitants.


6 mai 1986 : Violentes manifestations d’étudiants à Séoul (deux policiers sont tués) après qu’un de leurs camarades s’est immolé par le feu pour dénoncer le régime du président Chun Doo-hwan. Les manifestants s’inspirent de la révolution philippine qui a triomphé à Manille en mars, quand Corazon Aquino a remplacé le président-dictateur Marcos, contraint à l’exil.


1987 : Visite du président nord-coréen Kim Il-sung à Moscou. Elle est suivie par l’inauguration d’une voie ferrée reliant Pyongyang à l’URSS sans passer par le territoire chinois.


25 février 1988 : C’est le candidat du président sortant, Roh Tae-woo, qui est élu président de la République (au suffrage direct comme le réclamaient les opposants, ce qui marque l’entrée dans la VIe République) contre les deux chefs de l’opposition, Kim Young-sam et Kim Dae-jung qui n’ont pas réussi à s’entendre.


Septembre 1988 : Les XXIVe Jeux olympiques organisés à Séoul sont un succès qui donne à l’opinion mondiale une image très positive de la Corée du Sud, jusque-là très méconnue.


1988 : L’URSS engagée dans la mutation gorbatchévienne divise par deux son aide financière à la Corée du Nord alors qu’en 1989 les importations en provenance de Corée du Sud augmentent de 86 % et sont multipliées par deux et demi en 1990.


23 avril 1990 : Les « élections » qui ont lieu en Corée du Nord donnent 100 % de suffrages à Kim Il-sung, pour une participation de 99,78 %…


15 août 1990 : Violentes manifestations à Séoul pour le quinzième anniversaire de l’indépendance.


4 septembre 1990 : Visite officielle du Premier ministre nord-coréen à Séoul, pour la première fois depuis quarante ans.


30 septembre 1990 : La Corée du Sud établit des relations diplomatiques avec l’URSS et l’année 1991 voit la rencontre du président coréen et de Mikhaïl Gorbatchev.


22 mai 1991 : Le Premier ministre sud-coréen doit démissionner après de violentes manifestations étudiantes consécutives au meurtre d’un étudiant par la police. Six jeunes se sont suicidés par le feu, contraignant le président Roh Tae-woo, qui occupe la Maison Bleue depuis 1988, d’accepter le départ de son chef de gouvernement.


13 décembre 1991 : Signature d’un accord de non-agression et de réconciliation entre les deux Corée. Il doit écarter le risque d’un conflit dans une zone à haute tension où 900 000 soldats nord-coréens font face à 640 000 soldats sud-coréens appuyés par 39 000 GI.


1992 : La Corée du Sud établit des relations avec la République populaire de Chine, l’ancienne ennemie de 1950-1953.


25 mars 1992 : Le parti gouvernemental subit une lourde défaite lors des élections législatives


sud-coréennes.


15 avril 1992 : Les 80 ans de Kim Il-sung sont l’occasion de grandes manifestations du culte de la personnalité qui lui est rendu en Corée du Nord.


Novembre 1992 : Voyage de Boris Eltsine en Corée du Sud. Un traité d’amitié est signé avec la Russie.


1993-1998 : Présidence de Kim Youg-sam, premier président depuis trente ans à ne pas être issu de l’armée.


11 mars 1993 : Le gouvernement de Pyongyang menace de se retirer du traité de non-prolifération nucléaire.


1993 : Succès de l’Exposition internationale de Daejon qui révèle une Corée tournée vers l’avenir et l’innovation technologique.


11 juillet 1993 : Bill Clinton en visite à Séoul multiplie les mises en garde à la Corée du Nord à propos de son programme nucléaire.


Septembre 1993 : Visite de François Mitterrand, suivie en avril 1994 par la conclusion d’un accord en vue de la construction d’une ligne TGV Séoul-Pusan.


1993 : Chung Ju-yung, PDG du conglomérat Hyundai, est condamné pour détournement de fonds.


25 décembre 1993 : Pour la première fois depuis cinquante ans, le secrétaire général de l’ONU Boutros Boutros Ghali achève une visite de deux jours en Corée du Nord.


4 février 1994 : Le Conseil de sécurité de l’ONU exige de la Corée du Nord l’inspection de ses sites nucléaires. Devant le refus nord-coréen d’autoriser la visite de certains sites, les responsables de l’Agence internationale de l’ énergie atomique ont transféré le dossier au Conseil de sécurité, qui menace Pyongyang de sanctions économiques.


22 mars 1994 : Le président américain Clinton annonce le déploiement de missiles antimissiles Patriot en Corée du Sud.


13 juin 1994 : Les États-Unis proposent au Conseil de sécurité un plan de sanctions contre la Corée du Nord qui annonce son départ de l’AIEA. Le 15, l’ancien président Jimmy Carter se rend à Pyongyang « à titre privé » pour tenter une médiation.


8 juillet 1994 : Mort du « Grand Dirigeant » nord-coréen Kim Il-sung qui dirigeait le pays depuis 1948. C’est son fils, Kim Jong-il qui succède à « l’Étoile polaire de l’Humanité ».


13 août 1994 : Un accord est conclu à Genève entre Américains et Nord-Coréens sur la « normalisation complète de leurs relations économiques et politiques ». Pyongyang accepte de geler son programme nucléaire et le centre de recherche de Yongbyon sera soumis à une surveillance internationale. Les USA aideront en échange le pays à construire deux centrales « non proliférantes ». Le 2 septembre, Pyongyang n’en refuse pas moins l’inspection de certains sites.


29 août 1994 : La firme électronique Samsung annonce la mise au point d’une nouvelle superpuce, ce qui témoigne du niveau technologique désormais atteint par la Corée.


1995 : Diverses catastrophes (l’effondrement d’un grand magasin de Séoul, une explosion de gaz sur le chantier d’un métro…) ternissent l’image de la classe politique qui apparaît incapable et corrompue.


Avril 1996 : Tension entre les deux Corée. Pyongyang annonce que la Corée du Nord ne reconnaît plus la zone démilitarisée établie lors de l’armistice de 1953. Séoul place son armée en état d’alerte. En réalité, la Corée du Nord est confrontée à une grave famine et espère en haussant le ton obliger les USA à signer un traité de paix bilatéral pour disposer d’une plus grande légitimité internationale. Un regain de tension qui permet au parti de la Nouvelle Corée de Kim Young-sam de gagner les élections du 11 avril et de conserver la majorité. En visite à Séoul le 15, Bill Clinton se veut rassurant.


Août 1996 : Les étudiants manifestent pour demander la réunification, ce qui est dénoncé par le gouvernement comme une manœuvre nordiste.


1996 : Devenue onzième puissance économique mondiale, la Corée est admise au sein de l’OCDE.


Janvier 1997 : Imposantes manifestations contre la loi de décembre 1996 qui, votée à la sauvette, limitait les libertés syndicales. Pour détourner le mécontentement, Kim Young-sam fait condamner pour corruption ses deux prédécesseurs, Chun-Doo-hwan et Roh Tae-woo, respectivement à la perpétuité et à dix-sept ans de prison mais les deux condamnés seront libérés moins d’un an plus tard.


Avril 1997 : La famine qui sévit en Corée du Nord conduit l’ONU à accorder une importante aide alimentaire au pays.


Juillet 1997 : La Corée du Nord adopte un nouveau calendrier dont le point de départ correspond à la date de naissance du défunt Kim Il-sung, en avril 1912.


1997 : La Corée du Sud est frappée par la crise financière qui affecte l’ensemble de l’Asie orientale. Devant les attaques lancées contre le won (après le baht thaïlandais, le ringgit malais et la roupie indonésienne), le gouvernement sud-coréen doit solliciter l’aide du FMI qui lui accorde les crédits nécessaires mais cette situation est vécue comme une humiliation par l’opinion publique.


Décembre 1997 : Des pourparlers intercoréens sur l’avenir de la péninsule s’ouvrent à Genève sous l’égide de la Chine et des États-Unis. Ils sont bloqués par les exigences de Pyongyang du retrait des troupes américaines stationnées en Corée du Sud.


18 décembre 1997 : Kim Dae-jung est élu président de la République. Il va entreprendre un vigoureux redressement de l’économie. Il accélère l’ouverture du marché et la privatisation du secteur public ainsi que les participations étrangères dans les chaebols – les conglomérats parfois assimilés aux zeibatsu japonais qui avaient contribué au décollage des années 1960-1970 – c’est ainsi que Renault a pu acquérir Samsung Motors et que Hyundai s’est associé en mai 2000 avec Daimler Chrysler et Mitsubishi).


Mars 1998 : Nouvelle famine en Corée du Nord. Un convoi humanitaire venu du Sud y apporte de l’aide en juin.


31 août 1998 : Un missile balistique nord-coréen est tiré au-dessus de la mer du Japon, ce qui est perçu comme une provocation à Séoul et à Tokyo.


Octobre 1998 : Visite à Tokyo de Kim Dae-jung. Le Japon présente des excuses à la Corée pour les exactions commises durant la période coloniale.


Juin 1999 : Incident naval au large des côtes nord-coréennes où la marine du Sud coule plusieurs navires nord-coréens ; dans le même temps, les touristes venus du Sud sont désormais nombreux à visiter la Corée du Nord et le rapprochement se précise entre Séoul et Pyongyang.


Août 1999 : Du fait de son endettement et de l’assainissement en cours de l’économie coréenne, le chaebol Daewoo doit renoncer à une bonne partie de ses activités et abandonner 19 des 25 filiales du groupe.


Mars 2000 : Voyage en France du président sud-coréen.


Mai 2000 : Visite à Pékin de Kim Jong-il pour sa première sortie à l’étranger.


1er juin 2000 : Tokyo accepte d’indemniser les anciens combattants étrangers, notamment coréens, enrôlés de force durant la Seconde Guerre mondiale.


13 juin 2 000 : Rencontre à Pyongyang de Kim Dae-jung et de Kim Jong-il.


19 juillet 2000 : Visite à Pyongyang du président russe Wladimir Poutine.


24 juillet 2000 : La Corée du Nord rejoint l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN).


16 août 2000 : Retrouvailles à Séoul entre membres de familles coréennes séparées par la guerre.


19 septembre 2000 : Kim Da-jung inaugure le chantier d’une autoroute et d’une voie ferrée appelées à relier, par Pyongyang, Séoul à la frontière septentrionale de la Corée du Nord.


21 septembre 2000 : La Corée du Nord propose de rétablir des relations diplomatiques avec neuf pays européens dont la France et l’Allemagne.


24 septembre 2000 : La Corée du Sud suggère l’installation d’un téléphone rouge visant à prévenir tout incident frontalier entre les deux Corée.


8 octobre 2000 : Le numéro deux nord-coréen, le maréchal Jo Myong-rok, est reçu à la Maison-Blanche. Le 24, Madeleine Albright, secrétaire d’État américaine, est reçue à Pyongyang où elle entend convaincre Kim Jong-il de renoncer à l’exportation de missiles.


13 octobre 2000 : Le président Kim Dae-jung reçoit le prix Nobel de la paix pour son engagement démocratique et les années de prison et d’exil qu’il lui a values.


8 mars 2001 : George W. Bush annonce le gel du dialogue sur les missiles engagé par Bill Clinton avec la Corée du Nord. La normalisation des relations entre Pyongyang et Washington n’est plus à l’ordre du jour.


4 août 2001 : Kim Jong-il se rend en visite officielle en Russie.


Juin 2002 : Le deuxième fils du président sud-coréen Kim Dae-jung est arrêté pour corruption.


10 juillet 2002 : Madame Chang Sang est nommée Premier ministre.


Octobre 2002 : Les autorités nord-coréennes admettent l’existence d’un programme nucléaire.


Janvier 2003 : La Corée du Nord se retire du traité de non-prolifération nucléaire.


25 février 2003 : Pendant que le nouveau président sud-coréen Roh Moo-Hyun est investi à Séoul, la Corée du Nord lance un missile dans la mer du Japon.


26 juillet 2003 : La Corée du Nord menace de se proclamer puissance nucléaire si les États-Unis ne lui donnent pas des garanties de non-agression.


2 janvier 2004 : Pyongyang accepte une inspection sur le site nucléaire de Yongbyon.


25-28 février 2004 : Pékin accueille une réunion sur la dénucléarisation de la Corée du Nord qui se termine sur un constat d’échec. Les 17-19 avril suivants, Kim Jong-il effectue une visite secrète à Pékin.


12 mars 2004 : Le président Roh Moo-Hyun, destitué, est remplacé par le Premier ministre Goh Kun mais la victoire de son parti aux législatives entraîne son rétablissement dans ses fonctions.


22 avril 2004 : La catastrophe ferroviaire de Ryongchon fait des milliers de victimes (deux trains de marchandises transportant des substances explosives se sont percutés). Elle oblige la Corée du Nord à demander l’aide de la Corée du Sud, des États-Unis et de l’Union européenne.


12 juin 2004 : Signature d’un accord visant à éviter les incidents frontaliers entre les deux Corée.


Septembre 2005 : Pyongyang demande au secrétaire général de l’ONU de mettre un terme à l’aide alimentaire apportée à la Corée du Nord à partir de janvier 2006. Cette aide est fournie depuis dix ans dans la mesure où le pays – confronté à une famine chronique qui aurait fait entre 200 000 et deux millions de victimes ?… – semble incapable de nourrir sa population (seules 20 % des terres sont cultivables). Les distributions du programme d’aide alimentaire mondial permettent cependant de nourrir 6,5 millions de Nord-Coréens sur les 23 que compte le pays mais Kim Jong-il ne veut pas que cet argument puisse lui être opposé par les Américains et la communauté internationale pour exiger de lui l’arrêt de son programme nucléaire.


19 septembre 2005 : Une déclaration conjointe des six pays impliqués dans les discussions sur le nucléaire nord-coréen (les deux Corée, le Japon, la Chine, les USA et la Russie) semble indiquer que le régime de Pyongyang serait prêt à renoncer à son programme nucléaire mais de lourdes ambiguïtés subsistent, notamment sur la fourniture d’un réacteur à eau légère non proliférant « en temps opportun » à la Corée du Nord par les États-Unis. Rien ne semble donc acquis. Acteur majeur de la négociation, la Chine veut avant tout gagner du temps et éviter que la poursuite de l’effort nucléaire nord-coréen ne conduise les USA et le Japon à un renforcement de leur alliance et à la mise en place d’un bouclier antimissile qui remettrait en cause l’équilibre des forces en Asie orientale et qu’elle perçoit comme d’abord tourné contre elle. La Corée du Sud, elle, craint que l’armement nucléaire nord-coréen n’encourage le Japon à se doter lui-même de moyens nucléaires, ce qui n’est plus totalement impensable depuis que les dirigeants de l’archipel nippon ont défini une nouvelle doctrine de défense.


Bénéficiant d’une économie dynamique appuyée sur une main-d’œuvre très qualifiée et sur des capacités technologiques indiscutables, la Corée du Sud a réussi à surmonter la crise financière de 1997 et l’éclatement, en 2003, de la bulle du crédit à la consommation. Le pays doit cependant compter avec une lourde dépendance énergétique et avec une concurrence accrue des pays émergents, notamment du voisin chinois devenu aussi un partenaire majeur. La zone économique spéciale de Kaesong, qui permettra d’utiliser la main d’œuvre à très bon marché du voisin du Nord, et l’établissement de relations ferroviaires avec la Chine peuvent contribuer à ouvrir de nouvelles pistes de croissance et de progrès du commerce extérieur, l’un des points forts du pays puisqu’il a dégagé en 2004 un excédent record de l’ordre de 4 % du PIB. Dans l’ensemble l’économie reste solide, avec une inflation modérée, un faible taux de chômage et un partage relativement équitable des revenus mais tout cela dépend du maintien de la stabilité régionale et de l’intégration progressive de l’Asie orientale. Dans cette perspective, la réunification des deux Corée ne paraît guère d’actualité, même si le rapprochement est manifeste depuis ces dernières années. Les Coréens du Sud ont tiré les leçons des difficultés de la réunification allemande et ils considèrent que l’intégration de leurs vingt millions de compatriote du Nord serait aujourd’hui au-dessus de leurs moyens et risquerait de déstabiliser leur propre économie. Chine et Japon ne souhaitent pas davantage une réunification qui verrait l’apparition à terme d’un concurrent dynamique bénéficiant de meilleures perspectives démographiques que les leurs. Les États-Unis ont également tout intérêt à ce que se maintienne en Asie orientale un foyer de tension qui contribue à légitimer la présence de la « puissance indispensable » à proximité d’une Chine dont les rapides progrès sont perçus comme inquiétants. La récente polémique relative à une statue du général Mac Arthur – perçue par certains comme le sauveur de la liberté des Coréens en 1950 mais considérée par d’autres comme le symbole de l’occupation américaine du pays – montre cependant que les temps ont changé et que les esprits ont évolué dans le nouveau monde asiatique en cours de construction. De manière générale, on peut penser que ce sont plutôt l’approfondissement pragmatique des relations intercoréennes et les progrès de l’intégration régionale – qui n’ont rien d’évident si l’on considère le lourd passif historique entre Japon, Chine et Corée – qui permettront une évolution satisfaisante de la situation.


 

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