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La dynastie des Yi (XVe-XIXe siècles)

5 août 1392 : Yi Song-gye devient roi sous le nom de T’aejo. Il est le premier souverain de la dynastie de Choson, plus souvent désignée sous le nom de dynastie des Yi (du nom de son fondateur). Son règne, qui dure jusqu’en 1398, est marqué par la lutte contre la noblesse corrompue de Koryo et contre les institutions bouddhiques, en même temps que par la prédominance du néoconfucianisme. À partir de ce moment, les « sujets émérites » représentant la nouvelle élite militaire et bureaucratique dirigeante reçoivent des terres à titre héréditaire, ce qui était en contradiction avec le principe jusque-là intangible selon lequel seul l’État pouvait être propriétaire des terres. L’influence des lettrés confucéens est dominante, ce dont témoigne la promulgation du Code administratif de l’État de Choson.


1393 : Dans ses relations avec la dynastie chinoise des Ming, la Corée prend le nom de Choson ou « pays du Matin frais », que les Occidentaux ont transformé en « pays du Matin calme ».


1398 : Malade, T’aejo abdique (il mourra en 1408).


1398-1400 : Le deuxième fils de T’aejo lui succède sous le nom de Chonjong. En réalité, c’est son frère Yi Pang-won qui gouverne.


1400-1418 : Yi Pang-won règne sous le nom de T’aejong après avoir fait assassiner son frère le roi Chongjong ; c’était l’aboutissement d’une querelle de succession entamée du vivant de leur père T’aejo. Le règne de T’aejong est marqué par la mise en œuvre de nombreuses réformes et correspond à une véritable renaissance coréenne. Il émet du papier-monnaie en 1401, lance un grand programme de constructions navales en vue de développer le transport du riz, crée des écoles et réforme l’impôt. Très attaché au néoconfucianisme, le souverain réduit le nombre des moines et des monastères bouddhistes et renforce l’autorité royale sur les clans nobiliaires. Sur le plan extérieur, les relations avec la Chine des Ming passent par le paiement d’un lourd tribut en chevaux et en bétail. Les Chinois se méfient tout d’abord de la nouvelle dynastie car ils craignent les prétentions coréennes sur les anciens territoires du royaume de Koguryo étendus en Mandchourie à l’est du fleuve Liao. Ils ne reconnaissent vraiment la légitimité des Yi qu’avec l’avènement de T’aejong. C’est sous le règne de ce dernier qu’une nouvelle capitale, Hanyang (Séoul), remplace Kaesong, celle de l’ancienne dynastie de Koryo.


1413 : T’aejong institue un système de plaques d’identité divisant en cinq classes la population masculine du pays.


1418-1450 : Règne de Sejong. Il monte sur le trône à l’abdication de son père qui assure cependant durant un temps une régence de fait. Son règne de trente-deux ans sera l’un des plus brillants de toute l’histoire coréenne. Il renforce la centralisation administrative avec l’installation d’un Conseil d’État, des Trois Chancelleries et des Six Ministères. Les fonctionnaires sont rétribués au moyen d’un système de distribution de revenus terriens (aux dépens, très souvent, des biens du clergé bouddhique). Il renforce l’armée, étroitement dépendante de son autorité, et satisfait les paysans en adaptant l’impôt à la qualité des terres et au volume des récoltes. Le cadastre est réformé en 1444. L’irrigation est améliorée, un système commun de poids et mesures est établi et le souverain se préoccupe en priorité du développement et des progrès de l’agriculture.


1419 : Succès de l’expédition navale coréenne dirigée contre les pirates de l’île de Tsushima.


1420 : Sejong crée le « palais des Sages réunis », une académie des lettres et des sciences confiée aux lettrés confucéens. Le règne est marqué par un brillant essor intellectuel : invention de clepsydres pour mesurer le temps, établissement d’une carte de la Corée ou « pays de l’Est » (par rapport à la Chine), compilation des connaissances et des pratiques médicales, établissement d’un alphabet de 28 lettres « pour l’instruction du peuple » en 1446. C’est l’origine de l’écriture encore utilisée en Corée aujourd’hui, alors que le chinois classique pratiqué par l’élite sociale demeure langue officielle jusqu’en 1894. De nombreux ouvrages chinois sont alors traduits en coréen.


1424 : Une réforme fait passer la majeure partie des terres et des monastères du clergé bouddhique sous le contrôle de l’État. Trente-six monastères seulement demeurent autorisés. Ces mesures marquent le début d’un déclin définitif du bouddhisme coréen, aggravé par l’invasion japonaise de la fin du XVIe siècle. Deux sectes seulement purent perdurer au-delà.


1425 : Ouverture de trois ports coréens aux marchands japonais.


1434 : Au nord du royaume, les Coréens repoussent les Djürchet et établissent des forteresses sur la rive méridionale du Toumen. Des forteresses analogues sont également construites sur les rives du Yalou au cours des années suivantes.


1443 : Normalisation des relations avec le Japon.


À l’époque de Sejong, la société coréenne comprend : les yangban, les deux classes supérieures, civile et militaire, qui constituent l’aristocratie, interdite de travail manuel et d’activité mercantile ; les chung’in ou « gens du milieu », qui vivent quasiment tous dans la capitale ou dans les villes importantes, sont recrutés par examen, exercent des professions spécialisées telles que la médecine ou fournissent les juristes, les interprètes ou les « scientifiques ». Les sang’in ou « gens du commun » représentent l’écrasante majorité de la population, ce sont les producteurs, agriculteurs ou artisans ; une dernière catégorie, les ch’onin, correspond aux esclaves.


1450-1452 : Règne de Munjong, fils aîné de Sejong.


1452-1455 : Règne de Tanjong, fils du précédent, qui n’a que 10 ans lors de son accession au trône. Ce qui stimule les ambitions de l’un de ses oncles, Suyanggun, qui élimine les conseillers du jeune roi avant de s’emparer du pouvoir avec le titre de Sejo.


1455-1468 : Usurpation de Sejo, qui décime les lettrés restés favorables au roi légitime mais s’en prend aussi à leurs familles. Il favorise le bouddhisme mais s’efforce de se concilier également les lettrés confucéens en interdisant l’écriture coréenne introduite par Sejong. Les yangban sont privés de leurs terres héréditaires et seuls les fonctionnaires en service disposent désormais de revenus terriens, ce qui renforce le pouvoir de la monarchie.


1468-1469 : Règne de Yejong, fils de Sejo.


1469-1494 : Règne de Songjong, petit-fils de Sejo. Ce n’est qu’un enfant et sa mère assure la régence. À la faveur de celle-ci, les lettrés confucéens prennent leur revanche sur les bouddhistes. Le règne de Songjong est marqué par d’importantes publications savantes ou littéraires : une Anthologie de la poésie chinoise en 1478, une Histoire de la Corée en 1484, un Répertoire géographique de la Corée en 1486, un Livre sur la musique en 1493…


1494-1506 : Règne de Yonsan’gun. Ce souverain organise, en 1498 et en 1504, des vagues d’épuration dans le milieu des lettrés pour consolider son pouvoir. Il sera finalement déposé et laissera le souvenir d’un prince sadique, seul souverain de la dynastie des Yi à n’avoir régné qu’avec son seul titre princier.


1506-1544 : Règne de Chungjong qui restaure l’influence du confucianisme ; devant les ambitions de certains groupes de lettrés, il organise néanmoins une nouvelle purge en 1519.


1545 : Règne de Yun Im, sous le nom de Injong (il ne dure que huit mois), au cours duquel intervient une dernière purge de lettrés.


1545-1567 : Règne de Myongjong. Les luttes de clans et de factions s’aggravent.


1567-1608 : Règne de Sonjo. Les divisions s’aggravent en raison des luttes pour l’attribution des postes de fonctionnaires.


1592 : Invasion japonaise. L’unité de l’archipel nippon a été réalisée en 1590 par Toyotomi Hideyoshi qui entend maintenant projeter outre-mer la puissance nippone. Il est entré en contact avec le royaume coréen dès 1587 en évoquant son intention de s’en prendre à la Chine. Sa volonté de conquête tient sans doute à son souci d’écarter du Japon les nombreux guerriers dont il ne sait que faire maintenant que les guerres civiles sont conclues à son profit. Une mission coréenne envoyée à Kyoto en 1590 ne permet pas d’évaluer l’ampleur de la menace qui pèse sur la Corée dans la mesure où ses membres, attachés à des clans rivaux, présentent des comptes rendus contradictoires. Le 24 avril 1592, les forces japonaises reçoivent l’ordre d’attaquer la Corée à partir de Tsushima et débarquent à Pusan le 23 mai ; le 12 juin, un premier contingent est à Séoul que le roi a fui pour Pyongyang. Les vainqueurs se heurtent cependant à de vives résistances locales et doivent compter avec la flotte coréenne de l’amiral Yi Sun-sin qui peut les couper de leurs arrières.


1592 : Le jésuite portugais Gregorio de Cespedes, qui accompagne l’armée d’invasion japonaise, est le premier Européen à visiter la Corée.


9 mai 1593 : L’intervention d’un puissant corps expéditionnaire chinois contraint les Japonais à évacuer Séoul.


1596 : Une ambassade chinoise à Kyoto négocie le repli japonais sur Pusan mais Hideyoshi envoie un nouveau corps expéditionnaire en 1597.


1598 : Les Japonais sont victorieux des Chinois – le général Konishi adresse à Hideyoshi les oreilles de 38 000 soldats ennemis. La mort de Hideyoshi, en septembre 1598, vient mettre un terme au conflit et les Japonais évacuent la péninsule, première victime des ambitions japonaises et théâtre d’un affrontement sino-japonais générateur de nombreuses destructions.


1608-1623 : Règne de Kwanghaegun. Les luttes de factions deviennent permanentes pour plus d’un siècle.


1616 : Le chef d’un clan mandchou, Nurhachi, fonde un État appelé Jin dans les régions montagneuses de l’Est de la Mandchourie. En 1619, il bat les troupes chinoises renforcées de contingents coréens.


1623-1649 : Règne d’Injo qui se veut un allié fidèle de l’empereur Ming alors que son prédécesseur s’était orienté vers une relative neutralité entre Chinois et Mandchous.


1625 : Nuraichi installe sa capitale à Shenyang.


1627 : Un marin hollandais, Weltevree, arrive en Corée sur une jonque chinoise échouée sur les côtes du pays. Spécialiste de la fonte des canons, il est employé par le gouvernement coréen et s’installe définitivement sur place.


1627 : Une armée mandchoue franchit le Yalou et s’empare de Pyongyang puis de Séoul. La Corée doit accepter par traité la suzeraineté des Mandchous mais la lourdeur des tributs exigés conduit les Coréens à reprendre la lutte dès 1636.


Janvier 1637 : Nouvelle invasion mandchoue. Le 24 février, le roi coréen, qui espérait résister dans la forteresse de Namhansansong, doit se rendre et reconnaître l’autorité des Qing après que sa famille a été prise en otage.


1649-1659 : Règne de Hyojong.


1653 : Le Sperwer (« L’Épervier »), un navire hollandais, fait naufrage sur les côtes de Che-Judo (l’île de Quelpaert). Les marins sont recueillis par les Coréens et transférés à Séoul où ils sont employés au palais royal ; certains réussiront à quitter le pays et, en 1668, Hendrik Hamel gagne ainsi le Japon. Il écrit le récit de son aventure coréenne qui sera publié en 1670 sous le titre de Relation du naufrage d’un vaisseau hollandais sur la côte de l’île de Quelpaert avec la description du royaume de Corée. Il s’agit du premier récit d’un témoin oculaire paru en Occident à propos du « pays du Matin calme ».


Milieu du XVIIe siècle : Développement d’un courant réformateur prônant la fin de la bureaucratie confucéenne et l’ouverture sur l’extérieur. C’est le mouvement dit du « Sirhak » (« le savoir réel ») représenté par Kim Yuk, un homme d’État réformateur, Yi Su-gwang, un lettré qui, via la Chine, fut le premier Coréen à découvrir la science occidentale, et Pan’gye qui critique le néoconfucianisme.


1659-1674 : Règne de Hyonjong.


1674-1720 : Règne de Sukjong.


1720-1724 : Règne de Kyongjong.


1724-1776 : Règne de Yongjo


1735 : Publication de la Description géographique, historique, chronologique, politique et physique de l’Empire de la Chine et de la Tartarie chinoise de Du Halde. Elle comprend les Observations géographiques sur le royaume de Corée tirées des mémoires du père Régis. L’existence de la Corée était déjà connue par les mentions qu’en avaient faites Plan Carpin, Rubrouck et Marco Polo au XIIIe siècle mais aucun de ces auteurs n’avait foulé le sol du pays.


1776-1800 : Règne de Chongjo.


1776 : Un groupe de lettrés coréens étudie la « science occidentale » (le christianisme) et décide d’y adhérer. Le premier baptisé coréen est un attaché de l’ambassade coréenne à Pékin. Une petite communauté se développe dans la région de Séoul au début des années 1780 mais, en 1786, un lettré dénonce au roi cette religion étrangère et, en 1791, deux catholiques coréens sont exécutés pour avoir brûlé les tablettes de leurs ancêtres.


1783 : Une rumeur infondée fait état d’une menace d’invasion (peut-être japonaise), ce qui entraîne un exode des populations et une désorganisation du pays.


1792 : Le pape confie l’Église de Corée au diocèse de Pékin. En 1794, un prêtre catholique chinois est envoyé en Corée et commence à donner les sacrements.


1800-1834 : Règne de Sunjo.


1801 : La persécution anticatholique contre la « science trompeuse » fait trois cents martyrs.


1816 : Le capitaine anglais Basil Hall tente d’établir des relations commerciales avec la Corée mais l’autorisation lui est refusée ; de nouvelles tentatives, en 1832 et 1833, se concluent généralement sur des échecs. D’autres Britanniques se voient opposer un même refus en 1845.


1831 : La Corée devient un diocèse indépendant et le père Philibert Maubant, des Missions étrangères, entre en Corée avec deux compagnons en 1837. L’année suivante, l’Église de Corée compte huit mille fidèles.


1834-1849 : Règne de Honjong.


1839 : Les trois premiers missionnaires français en Corée sont décapités près de Séoul et les persécutions reprennent.


1845 : Un premier prêtre coréen est ordonné à Shanghai.


1846 : Trois navires de guerre français commandés par l’amiral Cecille viennent demander des comptes à propos de la mort des trois missionnaires. Par le biais de l’ambassade coréenne à Pékin, le gouvernement de Séoul répond que les actions de ces missionnaires « étaient plus criminelles que celles des homicides et des incendiaires ».


1849-1863 : Règne de Ch’oljong. Le roi défunt étant mort sans descendance, il a été choisi par la reine mère mais ce n’est qu’un lointain parent de la lignée royale, retenu pour que certains clans de la Cour puissent s’assurer de la réalité du pouvoir.


1860 : Expédition franco-anglaise en Chine marquée par le sac du palais d’Été. La même année, la Russie reçoit de la Chine la Province maritime où elle fonde Vladivostok. Les puissances européennes se rapprochent ainsi de la péninsule coréenne. Sur le cours inférieur du Toumen, la Corée a désormais une petite frontière avec l’Empire russe.


1863 : Ch’oljong n’ayant pas eu de descendance, c’est un enfant issu d’une branche collatérale qui est choisi comme souverain, toujours dans le contexte des luttes de clans qui divisent la Cour. Yi Cha-gwang (le roi Kojong) n’ayant que 12 ans, son père Yi Ha-ung fait fonction de régent et se révèle un grand homme d’État sous le nom de Hungson Taewongun, le « Grand Prince ». Il met en œuvre de nombreuses réformes dans les domaines militaire, administratif et financier. Vis-à-vis de l’extérieur, il poursuit la politique d’isolement de la Corée, ce qui correspondait à la xénophobie naturelle du peuple, inquiet des incursions étrangères.


1864 : Exécution de Ch’oe-Che-u, fondateur de la religion du Tonghak, une synthèse de confucianisme et de taoïsme qui a rencontré un certain succès dans les campagnes.


1864 : Les Russes essuient un refus quand ils demandent l’ouverture de relations commerciales. Un même refus est opposé au Prussien Oppert en 1866.


1865-1867 : La reconstruction du palais de Kyongbok détruit lors de l’invasion japonaise coûte cher et suscite beaucoup de mécontentement contre Taewongun.


Juin-juillet 1866 : Incident de Pyongyang. Le navire américain General Sherman a remonté le Taedong jusqu’à la ville et veut obliger les Coréens à s’ouvrir au commerce étranger – scénario déjà réalisé au Japon. Des incidents éclatent et l’équipage est massacré.


Octobre 1866 : Pour punir le massacre des missionnaires français, l’ambassadeur à Pékin, de Bellonet, et l’amiral Roze décident d’intervenir en Corée mais un détachement est repoussé de l’île de Kanghwado. Un expédition navale américaine venue venger les marins du General Sherman connaîtra un échec comparable en 1870, ce qui conduira la Corée à surévaluer dangereusement ses capacités de résistance aux entreprises étrangères.


1875 : Taewongun doit se retirer de la vie politique sous la pression de la faction formée autour de la reine Min, épouse de son fils le roi Kojong.


Août 1875 : Le navire de guerre japonais Unyo débarque un détachement près d’Inchon pour faire prendre de l’eau mais des incidents éclatent avec les troupes coréennes, ce qui va fournir au Japon l’occasion d’imposer ses conditions au pays. Dans le même temps, Taewongun revient au pouvoir après en avoir été écarté quelques mois. Il voudrait résister aux injonctions japonaises alors que le clan des Min est prêt à les accepter. Cette division et l’attitude de la Chine – qui encourage la Corée à traiter – débouchent sur l’ouverture de pourparlers dans l’île de Kanghwa en février 1876.


27 février 1876 : Signature du traité nippo-coréen de Kanghwa, le premier signé avec une puissance étrangère qui n’était pas le suzerain chinois. La Corée se voyait reconnaître le statut de pays « indépendant », ce qui n’était pas indifférent au regard des visées ultérieures du Japon, bien décidé à faire disparaître la suzeraineté chinoise sur la péninsule. Elle ouvrait trois ports, Pusan, Wonsan et Inchon, au commerce japonais, les résidents nippons bénéficieraient de l’extraterritorialité, la marine japonaise pourrait réaliser le relevé des côtes de la péninsule.


9 juin 1882 : Une mutinerie militaire tournée contre le clan des Min (dont le ministre chargé de l’Armée) entraîne l’assassinat de l’attaché militaire japonais. C’est l’occasion pour le Japon d’imposer un nouveau traité, signé à Inchon, prévoyant le paiement d’une lourde indemnité et l’installation à Séoul d’une garnison japonaise. Les événements avaient également fourni à la Chine l’occasion de réaffirmer sa suzeraineté sur le pays avec la complicité du clan Min, sorti finalement vainqueur de la crise.


1882 : Pour contrer l’influence japonaise, la Corée conclut un traité avec les États-Unis et l’Allemagne puis, en 1884, avec la Grande-Bretagne, l’Italie et la Russie, avec la France enfin en 1886.


Décembre 1884 : Tentative de coup d’État fomenté par le Parti de l’indépendance et de la modernisation dont les leaders sont très proches du Japon. Il échoue en raison de la réaction immédiate des troupes chinoises présentes en Corée.


18 avril 1885 : Convention sino-japonaise de Tianjin (Tien-Tsin) par laquelle les deux pays s’engagent à évacuer leurs troupes de Corée dans les quatre mois.


1892 : La Corée connaît une terrible famine sur fond de corruption et d’impuissance du pouvoir politique toujours contrôlé par le clan Min.


1894 : Les partisans du Tonghaktang, la secte dont le fondateur avait été exécuté trente ans plus tôt, déclenchent un soulèvement paysan de grande ampleur. Les rebelles s’emparent de Chonju, la capitale de la région du Chollado, et marchent sur Séoul. Affolé, le clan Min décide alors de faire appel à la Chine, au risque d’entraîner naturellement une réaction japonaise. Les rebelles sont certes battus mais la Corée est de nouveau occupée par des contingents chinois et japonais.


26 juin 1894 : L’ambassadeur nippon Otori exige du roi Kojong qu’il déclare la fin de la suzeraineté chinoise sur son pays, puis il demande la concession de lignes de chemin de fer. Le roi refuse l’ultimatum.


25 juillet 1894 : Le Japon ouvre les hostilités contre la Chine en coulant un transport de troupes chinois. Le 15 septembre, les Japonais s’emparent de Pyongyang où les forces chinoises sont anéanties pendant que la flotte japonaise détruit celle de l’ennemi lors de la bataille navale du Yalou. Port Arthur est pris, la Mandchourie est envahie et Weï haï Weï (dans la péninsule du Shandong) est également occupé. Dès 1894, les Japonais imposent une refonte du système politique coréen en faisant disparaître les quatre classes traditionnelles et celle des esclaves – ce qui impliquait l’égalité de tous les Coréens –, en supprimant les concours de fonctionnaires et en exigeant une modernisation de l’État. Le coréen devient alors pleinement la langue nationale et l’usage du chinois est proscrit dans l’administration. Ces réformes sont mises en œuvre par Taewongun qui, après avoir été détenu en Chine, réalise un nouveau retour sur le devant de la scène politique coréen. Il n’en est pas moins écarté peu après au profit de sa belle-fille, la reine Min, qui était aussi son éternelle rivale et qui était maintenant disposée à jouer la carte de la Russie pour contrebalancer le poids de l’influence japonaise.


17 avril 1895 : Vaincue, la Chine doit signer le traité de Shimonoseki ; elle reconnaît l’indépendance de la Corée et cède au Japon la péninsule du Liaodong (Liao-Toung) avec Port Arthur – en fait le Japon, en raison d’une pression combinée de la Russie, de la France et de l’Allemagne, devra rendre cette dernière conquête. L’important était la mainmise de fait du Japon sur la péninsule coréenne : 210 sociétés japonaises sur les 250 étrangères installées en Corée en 1896, 90 % des exportations coréennes vers le Japon, 72 % des échanges maritimes du pays effectués sous pavillon japonais.


16 août 1895 : La Corée proclame officiellement son indépendance vis-à-vis de la Chine.


1895 : Signature d’un accord militaire secret russo-chinois par lequel la Chine abandonne Port Arthur et Dairen à la Russie et l’autorise à faire passer le Transsibérien par la Mandchourie.


8 octobre 1895 : Assassinat de la reine Min, organisé par l’ambassadeur du Japon, Miura Goro. Un ministère projaponais, dirigé par Kim Hong-jip, est installé alors que l’ambassadeur russe Karl Waeber accueille le roi Kojong venu se mettre à l’abri à la légation russe en février 1896.


Mai 1896 : Signature du traité russo-coréen prévoyant la protection du souverain coréen, l’installation d’une mission militaire chargée de l’instruction des troupes coréennes et l’intervention de conseillers financiers. Dans le même temps, Kojong accorde la concession de voies de chemin de fer (Séoul-Inchon et Séoul-Pusan) à des Japonais et confie la direction des douanes à un Anglais.


1896 : Création du Club de l’Indépendance par So Chae-p’il, qui revient en Corée après des études de médecine aux États-Unis. Il réclame la modernisation du pays, un régime parlementaire, le rejet de l’influence russe et la généralisation de l’instruction.


Février 1897 : Kojong quitte la légation russe pour s’installer dans un petit palais proche des légations étrangères. En août, il lance l’ère de la « Splendeur martiale » et abandonne le nom de Choson (qui désigne alors la Corée) pour celui de Taehan cheguk (Grand Empire Han), un titre carrément ridicule au vu de la situation réelle du royaume.


1902 : Accord anglo-japonais par lequel Londres reconnaît les intérêts nippons en Corée. Les négociations conduites ensuite entre Japonais et Russes ne peuvent aboutir. Outre le partage d’influence prévu entre les deux puissances (la Mandchourie aux Russes, la Corée au Japon), les Russes voulaient voir reconnue une zone neutre démilitarisée en Corée, au nord du 39e parallèle, ce que refusent les Japonais.


9 février 1904 : Attaque japonaise surprise de la flotte russe de Port Arthur. Le même jour, les Russes doivent saborder deux de leurs navires bloqués dans Inchon par la flotte ennemie. La Corée proclame sa neutralité mais en vain. Les troupes japonaises y débarquent et le roi se voit imposer un nouveau traité qui respecte « l’indépendance » de la Corée mais l’oblige à déclarer caducs tous ses accords avec la Russie. À la faveur de la guerre, tous les points sensibles du pays sont occupés par les forces japonaises. Un autre accord place toute l’administration coréenne sous supervision des conseillers japonais.


2 janvier 1905 : Reddition russe à Port Arthur.


27-28 mai 1905 : Désastre naval russe des îles Tsoushima.


Juillet 1905 : Accord secret américano-japonais Taft-Katsura, entérinant le fait accompli de la mainmise japonaise sur la Corée.


Août 1905 : Renouvellement de l’accord anglo-japonais de 1902.


9 septembre 1905 : Traité de Portsmouth, qui met fin à la guerre russo-japonaise. Plus rien ne peut entraver la prise de contrôle de la Corée par le Japon.


17 novembre 1905 : Une délégation japonaise impose par la force au roi et à son ministre des Affaires étrangères la signature du traité de protectorat du Japon sur la Corée. C‘est le Japon qui est désormais chargé de la politique étrangère de la Corée et, logiquement, les ambassadeurs des puissances quittent Séoul en mars 1906.


1er février 1906 : Arrivée à Séoul du premier résident japonais, Ito Hirobumi.


1907 : La délégation envoyée à la conférence de la paix de La Haye par le roi Kojong n’y est pas accueillie. Furieux de cette ultime manifestation d’indépendance, les Japonais déposent Kojong et le remplacent par un fantoche, le prince héritier Funjong, qui sera le vingt-septième et dernier roi de Corée. L’armée coréenne est dissoute, le roi est marié à une princesse japonaise et le résident japonais exerce désormais la totalité des pouvoirs.


1907 : Des partisans coréens, réunis au sein des « troupes de la justice », attaquent le quartier général du résident japonais. Le renforcement de la présence militaire japonaise en Corée contraint cependant ces combattants à se réfugier en Mandchourie ou en Russie. Ils poursuivent la lutte mais leurs troupes sont décimées – on compte environ 17 000 tués entre l’établissement du protectorat japonais en 1905 et 1910, année de l’annexion pure et simple.


1908 : Création de la Compagnie d’exploitation foncière d’Extrême-Orient qui sera, pour les Japonais, un relais précieux pour organiser leur mainmise sur les terres coréennes.


1908 : Deux patriotes coréens assassinent à San Francisco le diplomate Stevens, conseiller américain du gouvernement japonais, que l’on savait favorable au protectorat nippon sur la péninsule.


1909 : Un autre patriote coréen, An Chung-gun, tue à Kharbine, en Mandchourie, Ito Hirobumi, le Premier résident japonais en Corée.


Mai 1910 : Le général Terauchi Masakate est nommé résident. Il a pour mission de réaliser l’annexion du pays. Le gouvernement coréen a déjà signé un accord confiant au Japon le maintien de l’ordre dans le pays et deux mille gendarmes japonais y ont été déployés.


22 août 1910 : Le premier ministre Yi Wan-yong, acquis aux occupants, signe le traité de protectorat.


29 août 1910 : Le roi Sunjong publie une déclaration de renonciation à son trône.


 

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