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La Bulgarie communiste (1945-1989)

24 février 1946 : Arrestation du leader social-démocrate Pastuhov.


31 mars 1946 : Un remaniement ministériel permet de renforcer la mainmise des communistes sur le pouvoir. Une nouvelle réforme agraire permet de redistribuer en avril 330 000 ha.


8 septembre 1946 : Les Bulgares choisissent par référendum un régime républicain (92,7 % des suffrages). Le jeune roi Siméon part en exil et, le 15 septembre suivant, l’Assemblée élit président de la République à titre provisoire le communiste Vassil Kolarov.


27 octobre 1946 : Le Front de la patrie obtient 70 % des voix lors de nouvelles élections dont la régularité apparaît douteuse aux dirigeants occidentaux. Le Parti ouvrier bulgare (communiste) dispose à lui seul de la majorité absolue avec 275 sièges sur 468. Le gouvernement, composé pour moitié de communistes, est confié le 21 novembre au communiste Georges Dimitrov. Il prépare une nouvelle constitution inspirée du modèle soviétique.


10 février 1947 : La paix est officiellement rétablie entre la Bulgarie et les Alliés avec la conclusion du traité de Paris qui laisse à la Bulgarie la Dobroudja du Sud mais rétablit par ailleurs les frontières du traité de Neuilly. 75 millions de dollars d’indemnités de guerre doivent revenir pour les deux tiers à la Grèce et pour le reste à la Yougoslavie. Après le départ des missions d’observation britannique et américaine, la façade pluraliste du nouveau régime disparaît.


5 juin 1947 : Le principal leader de l’opposition, Nikola Petkov, est arrêté. Il est condamné à mort le 16 août et pendu le 23 septembre.


1er août 1947 : Vote d’un plan biennal prévoyant notamment la création de fermes collectives.


21 octobre 1947 : Une résolution de l’ONU condamne l’intervention de l’Albanie, de la Yougoslavie et de la Bulgarie au profit des communistes dans la guerre civile grecque qui se prolongera jusqu’en 1949.


4 décembre 1947 : Une nouvelle constitution est promulguée, inspirée de la constitution stalinienne de 1936. En février suivant, le Front de la patrie est réorganisé pour devenir un parti monolithique au sein duquel survit une fiction de courant agrarien dont l’existence est purement formelle alors que tout le pouvoir revient au Parti ouvrier bulgare qui prend officiellement le nom de Parti communiste en décembre 1948.


15 décembre 1947 : L’Armée rouge, une fois le nouveau régime solidement installé, évacue la Bulgarie.


18 mars 1948 : La Bulgarie, qui vient de nationaliser des pans entiers de son économie, signe un traité d’amitié avec l’URSS.


28 juin 1948 : La condamnation de la Yougoslavie formulée à Bucarest lors d’une réunion du Kominform (Bureau international d’information communiste créé en 1947) marque le début de la rupture entre Staline et Tito. À cette occasion, la Bulgarie se range dans le camp soviétique et fermera son ambassade à Belgrade au cours de l’été 1949.


Décembre 1948 : Présentation du premier plan quinquennal.


24 janvier 1949 : Création du Conseil d’assistance économique mutuelle (CAEM ou COMECON), qui vise à intégrer l’économie des différents pays du « bloc socialiste ».


2 juillet 1949 : Mort de Georges Dimitrov, ancien secrétaire général du Komintern de 1934 à 1843, qui fait figure de père fondateur de la Bulgarie communiste. Il est remplacé par Vassil Kolarov qui disparaît lui-même en janvier 1950, pour être remplacé par Valko Tchervenkov qui sera le parfait représentant du « stalinisme » en Bulgarie.


Décembre 1949 : Accusé de « titisme », le vice-premier ministre Trajco Kostov, disgracié en avril, est exécuté après un procès typiquement stalinien au cours duquel il était revenu sur ses « aveux ». Contre les communistes résistants de l’intérieur des années 40, ce sont ceux qui étaient alors réfugiés à Moscou et qui sont revenus dans les fourgons de l’Armée rouge qui s’imposent alors à Sofia.


Janvier 1954 : Tchervenkov qui entend prendre ses distances avec le « culte de la personnalité » (c’est la nouvelle ligne à Moscou après la mort de Staline survenue en mars 1953) conserve les fonctions de chef du gouvernement et abandonne celles de chef du Parti à Todor Jivkov.


14 mai 1955 : Création du Pacte de Varsovie, alliance militaire du bloc socialiste qui se veut une réponse au réarmement de l’Allemagne de l’Ouest par les Occidentaux.


14 décembre 1955 : La Bulgarie est admise à l’ONU.


1956 : Début de la déstalinisation. Tchervenkov n’est plus que vice-premier ministre, il s’efface devant un communiste historique mis à l’écart à l’époque des procès staliniens, Anton Jugov. Dans le même temps Jivkov garde la direction du Parti. Kostov est réhabilité, la censure s’allège et les relations avec la Yougoslavie titiste – réconciliée avec l’URSS depuis le voyage de Khrouchtchev à Belgrade (juin 1955) suivi d’une escale à Sofia – s’améliorent sensiblement.


1959 : Échec du plan quinquennal dont les dirigeants ont voulu accélérer la réalisation en s’inspirant du modèle du « grand bond en avant » chinois.


5-14 novembre 1962 : Le VIIIe Congrès du Parti écarte Tchervenkov et Jugov et fait de Jivkov – avec la bénédiction des Soviétiques assurés de sa docilité – « l’homme fort » du pays. Sous sa direction, la Bulgarie sera un pays satellite parfaitement aligné sur le « grand frère » soviétique, notamment à propos de la crise de Cuba en 1962, de la rupture avec la Chine ou de l’intervention en Tchécoslovaquie en 1968. La Bulgarie renoue alors prudemment des relations avec la Yougoslavie, la Grèce et la Turquie.


16 mai 1971 : Une nouvelle constitution, qui doit marquer l’entrée de la Bulgarie dans la phase du « socialisme avancé », est adoptée par référendum (99,6 % des suffrages). Jivkov, qui devient chef de l’État, confie la direction du gouvernement à Stanko Todorov qui demeure à ce poste jusqu’en 1981. La situation matérielle du pays évolue positivement au cours des années 70 et les conditions de la vie quotidienne s’améliorent. Les difficultés apparaissent au début des années quatre-vingts marquées par un ralentissement économique que des réformes inspirées du modèle hongrois ne peuvent enrayer, par l’image déplorable que donnent du régime l’assassinat à Londres, en septembre 1978, de l’écrivain Georgi Markov et l’attentat perpétré contre le pape Jean Paul II – même si, dans ce cas, la « filière bulgare » semble correspondre à une réalité assez floue. La volonté de « bulgariser », au nom de l’unité nationale, les noms des représentants de la minorité turque (11 % de la population) aboutit à l’inverse de l’effet recherché alors que l’accord de coopération signé en septembre 1975 avec la Turquie voisine avait nettement rapproché les deux pays.


1982-1985 : La mort de Leonid Brejnev, suivie de celles de Youri Andropov et de Constantin Tchernenko, a peu d’impact en Bulgarie mais les choses changent avec l’accès au pouvoir de Mikhaïl Gorbatchev qui souhaite exporter vers les pays satellites la perestroika et la glasnost mises en œuvre en URSS. Jivkov oppose aux demandes de réformes venues de Moscou une résistance passive qui apparaît bien vaine face à la vague de fond qui s’apprête à emporter le « bloc socialiste ».


Janvier 1989 : Visite à Sofia de François Mitterrand.


Février 1989 : Création du syndicat libre Podkrepa.


Septembre 1989 : Sous la pression de la Conférence pour la sécurité et la coopération en Europe issue des accords d’Helsinki de 1975, la Bulgarie accepte d’accorder des passeports à ses ressortissants d’origine turque. 320 000 personnes peuvent ainsi émigrer vers la Turquie voisine, ce qui déstabilise en partie l’économie du pays ; des mesures analogues, négociées avec la Turquie, avaient été décidées en 1950 et en 1968, correspondant respectivement à 155 000 et à 70 000 départs.


10 novembre 1989 : Jivkov est démis de ses fonctions à la tête du parti et de l’État et remplacé par Petre Mladenov qui entend s’inspirer de l’évolution en cours en URSS, au moment où, en Pologne, en Hongrie, en Tchécoslovaquie, en RDA et bientôt dans la Roumanie voisine, les « démocraties populaires » sont emportées les unes après les autres.

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