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La Birmanie dans l’empire des Indes

1824 : Première guerre anglo-birmane, consécutive à une incursion birmane au-delà de la frontière avec l’Assam. Le général birman Bandoula, qui a attaqué le Bengale, est surpris par un débarquement anglais près de Rangoon.


1826 : Traité de Yandabo et perte des provinces maritimes du pays. Les Anglais prennent le contrôle de l’Arakan et de la côte du Tenasserim (Taninthayi, au sud de la Birmanie et à l’ouest du territoire siamois). Le Myanmar renonce à l’Assam et au Manipur, doit payer une indemnité et accepter la présence d’un résident britannique à Ava.


1830 : Henry Burney devient le premier résident anglais à Ava. Au cours des années suivantes, les troubles se généralisent dans le royaume birman en raison des excès accomplis par les successeurs de Bagyidô, Tharwaddy Min et son fils Bagan Min, qui font massacrer par centaines tous les prétendants au trône ou supposés tels.


1838-1845 : Règne de Tharwaddy Min. Il dénonce le traité de Yandabo et renvoie le résident britannique de Mandalay mais il est remplacé par le prince Bagan Min à l’issue d’un coup d’État.


1852 : Des fonctionnaires birmans ayant tenté d’extorquer de l’argent à deux capitaines anglais à Rangoon, les Anglais – le gouverneur général de l’Inde, Dalhousie – en tirent le prétexte d’une seconde guerre anglo-birmane qui aboutira, pour le Myanmar, à la perte de la province de Pégou. Les envahisseurs s’emparent rapidement de Rangoon, de Mottama (Martaban) et de Pathein (Bassein) et marchent vers le nord jusqu’à Pyay (Prome). Quelques combats leur suffisent pour l’emporter et ils peuvent annexer la totalité de la Basse Birmanie dont ils font une province de l’empire des Indes. Rangoon est prise par les Britanniques et va devenir rapidement la ville la plus moderne d’Asie du Sud.


1853 : Bagan Min est destitué et Mindon Min devient, pour vingt-cinq ans, roi de ce qui reste de la Birmanie. Il entretient de bons rapports avec les Anglais mais s’efforce d’équilibrer leur influence en s’ouvrant aussi aux autres puissances européennes. Le sud du pays, riche en bois de teck et doté d’un potentiel important en matière de riziculture, est exploité par les Anglais et bénéficie d’une relative ouverture à la modernité.


1857 : Fondation de Mandalay par le roi Mindon.


1861 : Introduction des pièces de monnaie dans le royaume.


1862 : Les Anglais réunissent les territoires qu’ils ont conquis en une province de Basse Birmanie rattachée aux Indes.


1866 : Rébellion du prince Myingun.


1868 : Publication du premier journal en langue birmane, le Myanmar Thandawzin, traduit en anglais sous le titre de Burma Herald.


1870 : Première ambassade birmane en Grande-Bretagne et en Europe. Les Birmans font de discrètes avances à la France, présente dans l’Indochine voisine, mais les Anglais n’entendent pas laisser leurs rivaux les devancer dans la course qui les oppose pour l’accès à la Chine du Sud. De plus, la France est alors en plein « recueillement » et le ministère de Broglie ne peut donner suite.


1872 : Tenue d’un grand synode bouddhiste à Mandalay.


1875 : Les autorités britanniques ordonnent à leur résident à Mandalay de refuser de se déchausser devant le roi.


1878 : Thibô Min monte sur le trône à la mort de Mindon Min et réalise un « massacre de la parentèle » de grande ampleur qui soulève l’indignation des puissances extérieures. Souverain incapable, il laisse le pays plonger dans l’anarchie, au seul profit des bandes rebelles et des fonctionnaires prévaricateurs, ce qui pousse nombre de ses sujets à émigrer vers le sud, vers la Birmanie britannique demandeuse de main-d’œuvre.


1883 : Ambassade birmane de Kinwun Mingyi U Gaung en France. Les autorités birmanes cherchent à se procurer des armes pour faire face aux révoltes des Kachin et des Shan.


Août 1885 : Le Conseil birman s’oppose à la Bombay Burma Trading Corporation qui a le soutien des commerçants britanniques de Rangoon.


28 novembre 1885 : À l’issue de la troisième guerre anglo-birmane, qui ne dure que deux semaines, les forces britanniques entrent dans Mandalay.


1er janvier 1886 : Annexion de la Birmanie qui devient une colonie britannique.


Février 1886 : La Birmanie est rattachée à l’empire des Indes dont elle devient une province.


1886-1900 : Les Britanniques sont confrontés à la persistance de nombreux foyers de guerilla qui luttent contre leur présence mais ils parviennent à imposer leur autorité à la Haute Birmanie. L’immigration indienne, qui contribue à la mise en valeur agricole du delta de l’Irraouaddy, est très importante, ce qui suscite la colère des Birmans, traditionnellement hostiles aux Indiens. Les Britanniques n’établissent le gouvernement direct que dans les régions à majorité birmane, c’est-à-dire le centre du Myanmar, l’Arakan et le Tenasserim. Les « États montagnards » des Shan, Karen, Kachin et Kayah faisaient eux aussi partie de l’empire des Indes mais jouissaient en fait d’une très large autonomie. En Basse Birmanie, l’accroissement de la main-d’œuvre indienne à bon marché eut des effets déstabilisateurs et la présence de nombreux intermédiaires indiens et chinois interdit le développement d’une « bourgeoisie » indigène nombreuse. Favorable à l’essor économique, la domination anglaise se révèle en revanche destructrice sur le plan social et culturel.


1890 : Définition de la frontière avec le Siam, suivie d’une opération analogue avec le Laos en 1896.


1917 : L’Association des jeunes bouddhistes obtient l’obligation d’enlever ses chaussures pour pénétrer dans une pagode, ce qui apparaît comme une affirmation nationaliste.


1918 : Le Conseil général des associations bouddhistes prend position contre une éventuelle autonomie de l’Inde qui lui assujettirait la Birmanie.


1920 : Première grève des étudiants de l’université de Rangoon.


1921 : Réformes de la dyarchie.


1923 : Installation d’un Conseil législatif visant à établir une participation des Birmans à la vie politique. Des partis politiques se forment dans les années trente, tous hostiles à l’immigration indienne et favorables à une réforme agraire ; les plus importants sont le Sinyetah, dirigé par Ba Maw, et le parti des Thakin, favorable à un « socialisme bouddhique ».


1930-1932 : Révoltes paysannes dirigées par Séya San.


1933 : Un débat est ouvert quant à l’opportunité de mettre en œuvre un projet anglais de séparation de la Birmanie de l’Inde.


1934 : Développement du mouvement des Thakin.


1935 : L’India Act prévoit que la Birmanie sera séparée de l’Inde en 1937. Il instaure un régime parlementaire qui laisse au gouverneur britannique d’importants pouvoirs.


1936 : Seconde grève des étudiants de l’université de Rangoon.


1937 : La Birmanie est séparée de l’Inde. Ba Maw devient Premier ministre. Premières manifestations étudiantes anticolonialistes.


1938 : De violentes émeutes anti-indiennes conduisent de nombreux immigrés indiens à quitter le pays.


1939 : Organisation, par l’ex-Premier ministre Ba Maw, d’un Bloc de la liberté qui regroupe les différents mouvements anticolonialistes et demande l’indépendance en échange de la participation du pays à la guerre.


1940 : Le leader nationaliste et communiste Bogyoke Aung San, qui sera le héros de la lutte pour l’indépendance, se réfugie au Japon après avoir été emprisonné pour son adhésion au Parti communiste de Birmanie. Dans le pays, le ministre U Saw donne des garanties aux Anglais mais introduit des réformes significatives (birmanisation de la fonction publique, éducation primaire gratuite, suppression de l’anglais comme langue officielle à l’université de Rangoon, création d’une université bouddhiste.


1942 : Aidée par l’Armée birmane indépendante (BIA), l’armée japonaise pénètre en Birmanie quelques semaines après l’attaque de Pearl Harbour. Dès le milieu de l’année 1942, elle a chassé du pays les forces anglo-indiennes ainsi que celles du Kuomintang chinois de Shang Kaï Shek engagées à partir du Yunnan. Le Japon, qui se pose en libérateur des peuples asiatiques et obtient la collaboration de Ba Maw (qui déclare la guerre aux Alliés), proclame l’indépendance du Myanmar et autorise Aung San à créer une Armée nationale birmane (BNA). Aung San prend le titre de ministre de la Défense alors que Shu Maung, un Sino-Birman né à Pyay (Prome) et connu sous le nom de guerre de Ne Win (qui signifie « brillant comme le ciel »), exerce les fonctions de chef d’état-major de la BNA. Mais cette armée birmane supporte mal, tout comme la population, l’occupation japonaise et change de camp vers la fin du conflit pour se rallier aux Anglais au moment où se crée la Ligue antifasciste pour la liberté du peuple (AFPFL).


Étendue de janvier 1942 à mai 1945, la campagne de Birmanie a revêtu une importance majeure pour les belligérants anglo-américains et japonais en raison de l’existence de la « route de Birmanie » permettant la liaison avec la Chine nationaliste de Shang Kaï Shek, réduite à la partie occidentale du pays après l’invasion japonaise de 1937. Dotée d’un relief compartimenté et dépourvue d’un réseau de communications moderne, la Birmanie constitue, avec son climat de mousson et sa végétation de jungle tropicale, un terrain très difficile pour la conduite des opérations dans une guerre de matériel. Débarqués au Siam et dans la péninsule de Tenasserim après Pearl Harbour, les Japonais du général Iida s’imposent rapidement et prennent Rangoon le 8 mars 1942. Les Chinois sont refoulés vers le Yunnan alors que les troupes anglo-indiennes, successivement commandées par les généraux Alexander et Slim, sont, en mai, contraintes à la retraite jusqu’à Imphal, au-delà de la frontière des Indes, les Japonais occupant alors toute la Birmanie dans ses frontières naturelles. Une offensive alliée lancée en Arakan échoue complètement en novembre 1942-mai 1943. L’amiral Louis Mountbatten devient, en août 1943, commandant en chef interallié, à la tête du South East Asia Command (SEAC) mis en place à la conférence de Québec, du théâtre d’opérations birman, après que le général Wingate a déjà expérimenté, sur les arrières japonais, des raids à longue distance qui ont obtenu, malgré les conditions naturelles difficiles, des résultats incontestables (février-avril 1943).


À partir d’octobre-novembre 1943, les Alliés se heurtent à une très forte résistance des Japonais du général Tanaka. Stilwelle – le général américain commandant les troupes nationalistes chinoises – et Wingate ne peuvent s’emparer de Myitkyina qui commandait l’accès à la route de Birmanie, au nord-est du pays (elle ne sera rétablie que fin janvier 1945). C’est au centre que les Japonais produisent le gros de leur effort mais ils se heurtent à la résistance des troupes de Slim. C’est le prélude aux succès remportés en janvier-mars 1944 en Arakan et lors des opérations d’Imphal-Kohima en avril-juin. La résistance des garnisons anglaises et l’arrivée rapide de renforts aérotransportés vont alors permettre d’obtenir la décision. Le 23 juin 1944, la victoire des Britanniques est complète et ils peuvent, malgré la mousson, engager la poursuite. Les Japonais refusent le combat entre le Chindwin et l’Irraouaddy et concentrent leurs forces dans la région de Mandalay. L’habileté manœuvrière de Slim conduit, le 20 février 1945, à la chute de Mandalay. Le 2 mai 1945, une opération amphibie préparée par Mountbatten et combinée avec l’arrivée des forces de Slim venant du nord entraîne le 3 la chute de Rangoon. Le nettoyage de l’arrière-pays se poursuit au cours des semaines suivantes pendant que se prépare l’offensive contre la Malaisie, qui sera suspendue en raison de la capitulation japonaise.


1945 : Bogyoke Aung San, dont la Ligue antifasciste contrôle la majeure partie du territoire, réclame l’indépendance immédiate alors que les Britanniques souhaitent une phase transitoire avant l’octroi d’une indépendance complète. Le leader nationaliste veut associer celle-ci à un gouvernement civil et démocratique et formule à ce sujet des propos qui apparaissent aujourd’hui prophétiques : « Nous devons faire de la démocratie un credo populaire. Nous devons nous efforcer de construire une Birmanie libre en harmonie avec ce principe. Si nous échouions à le faire, notre peuple serait condamné à souffrir. Si la démocratie échouait, le monde ne pourrait que se tenir à l’écart en se contentant d’observer, si bien qu’un jour la Birmanie deviendrait un objet de mépris, à l’image du Japon ou de l’Allemagne. La démocratie est la seule idéologie qui soit compatible avec la liberté. C’est également une idéologie qui favorise et consolide la paix. C’est de ce fait la seule idéologie vers laquelle nous devons tendre… »


1946 : Aung San forme un gouvernement et réclame l’indépendance.


8-12 février 1947 : Accord de Panglong par lequel les diverses nationalités du pays s’entendent en vue de la création d’un État indépendant. La Ligue antifasciste d’Aung San gagne ensuite les élections à l’Assemblée constituante.


19 juillet 1947 : Assassinat de Bogyoke Aung San (âgé de 32 ans) et des six dirigeants les plus importants de la lutte indépendantiste. La responsabilité de ce meurtre fut attribuée à U Saw, un ancien leader politique emprisonné par les Britanniques durant la guerre pour avoir cherché à s’entendre avec les Japonais, mais il semble que ce soit le général Ne Win qui ait ordonné cet assassinat pour s’opposer à la marginalisation politique de l’armée, Aung San entendant réserver exclusivement le pouvoir aux civils.


 

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