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Entre les Empires ottoman et séfévide

1ère moitié du XVIe siècle : Partagée entre les deux Empires turc et perse, l’Arménie perd son indépendance mais des foyers de résistance demeurent dans les petites principautés du Karabagh et dans les villages montagnards du Sasoun.


1512-1513 : Réalisation à Venise, par Hakob Méghapart, des premiers ouvrages imprimés en arménien ; c’est la dixième langue à être imprimée.


1514-1517 : Conquête de la Grande Arménie par le sultan ottoman Sélim Ier Yavouz (le Terrible). Elle intervient dans le contexte de la grande victoire remportée en 1514 par les Ottomans à Tchaldiran contre les Perses chiites de l’Empire séfévide qui s’étaient emparés en 1509 de plusieurs régions de Géorgie et du Daghestan. Le sultan ottoman, qui s’avance alors jusqu’à Tabriz, peut annexer à son empire des régions entières de l’Arménie centrale et méridionale.


De 1531 à 1590 : Le sultan procède en Arménie au devchurmé, la « récolte » d’enfants destinée à fournir en recrues le corps des janissaires.


1533 : Sous le règne de Shah Tahmasp, les Séfévides lancent des raids en Arménie, contre Kars, Erzeroum et Van.


1534 : Soliman le Magnifique obtient la soumission du khan kurde de Bitlis, dans la région du lac de Van.


1540 : Création d’un patriarcat arménien à Constantinople.


1547-1548 : Nouvelle campagne de Soliman, qui s’empare de Van. Réunion à Edjmiatzin d’un concile secret pour demander de l’aide à l’Occident. Un autre aura lieu en 1562.


1549 : La Géorgie occidentale et l’Arménie deviennent des provinces de l’Empire ottoman.


1553-1555 : Nouvelle campagne de Soliman, qui prend et ravage Erevan et le Karabagh.


Mai 1555 : Traité d’Amasia entre Ottomans et Séfévides. Mossoul, Marash, Van et la Géorgie occidentale revenaient à Soliman, l’Azerbaïdjan et le Chirwan à la Perse. La majeure partie de l’Arménie reste aux Turcs.


1567 : Première impression de livres arméniens à Constantinople.


1588-1589 : Les Ottomans prennent le Gandzak, le Karabagh et le Nakhitchevan.


1590 : Nouveau traité entre le Séfévide Shah Abbas et le sultan ottoman qui conserve l’Arménie. Dans les régions orientales de l’Empire ottoman, on voit se développer un phénomène de sédition militaire plus ou moins anarchique qui correspond au retour de la paix et au licenciement des troupes ; ces bandes vivent sur le pays et, faute d’être matées par le sultan ottoman, font subir de lourds dommages aux régions concernées, notamment à l’Arménie.


1603 : Vainqueur des Ouzbeks à l’est de la Perse, Shah Abbas – le grand souverain séfévide, celui qui a fait d’Ispahan l’une des plus belles villes de son temps – s’empare d’Erevan et dévaste l’Arménie orientale durant l’été 1604. Une partie de la population arménienne est déplacée en Perse. Il va cependant confirmer ensuite l’autonomie que conservent aux marges de son Empire seize principautés (ou mélikats) arméniens, sept dans le Karabagh – Tzar, Gardman, Gioulistan, Djeraberd, Khatchên, Varanda et Dizak – et neuf dans le Siounik – Gégharkounik ou Gegham, Sisian ou Angeghakot, Ghapan, Tatew ou Bekh, Khachatagh ou Zangézour, Bargiouchat, Tchoundour, Méghri, ou Kénavouz et Ordoupat. Les princes arméniens disposent d’une souveraineté très large et conservent même une petite force militaire (surtout au Karabagh) sous l’autorité supérieure du sirdar, représentant du shah de Perse à Erevan.


Début du XVIIe siècle : Restauration du monastère de Tatew, séminaire du siège métropolitain de Siounik, principal centre culturel de l’Arménie orientale et bastion des luttes menées contre la propagande romaine des frères Unitaires jusqu’à leur expulsion au XVIIIe siècle. C’est là, sous l’impulsion de Moïse de Tatew – qui sera catholicos suprême en 1629-1630 –, qu’est entamée la renaissance culturelle arménienne.


1604-1605 : Shah Abbas le Grand contraint à l’émigration en Perse les habitants de la ville de Djoulfa située sur les rives de l’Araxe, près d’Erevan, et les transplante à Ispahan pour établir près de sa capitale la Nouvelle Djoulfa qui devient rapidement un centre commercial et culturel arménien de première importance. Dès 1667, un traité conclu avec le tsar de Russie autorise les Arméniens de la Nouvelle Djoulfa à commercer dans tout l’empire.


1618 : La paix est signée entre les deux Empires ottoman et séfévide.


1618 : Le sultan ottoman Mourad IV reconnaît, contre le versement d’un tribut, l’indépendance de la place-forte arménienne de Zeitoun, située dans l’Anti-Taurus, vestige du royaume arménien de Cilicie, tout comme la cité arménienne voisine de Hadchen, qui conservera son autonomie jusqu’en 1750. Situés eux aussi en territoire ottoman, les villages montagnards du Sasoun, dans la province de Taron, préservaient aussi farouchement une indépendance de fait, contre le versement de divers tributs à leurs voisins kurdes.


1620-1639 : Une nouvelle guerre entre Turcs et Persans aboutit au traité de Qasr i Chirin. Il laisse aux Ottomans l’Irak, la région de Van et l’Arménie jusqu’à Kars alors que la Perse conserve Erevan et l’Azerbaïdjan. La frontière est ainsi fixée sur l’Araxe. Après plusieurs décennies de guerre l’Arménie est largement ruinée. Vidées de leurs habitants, des régions agricoles autrefois prospères retournent à l’élevage extensif pratiqué par les Kurdes ou les Turcomans. De nombreux Arméniens choisissent alors l’émigration et constituent dans tout l’Orient une diaspora nombreuse et active ; on verra naître à Venise, dans l’île Saint-Lazare, quelques décennies plus tard, un foyer de culture arménienne qui contribuera au réveil national. La ruine de la noblesse renforce le poids de l’Église, qui devient de fait le porte-parole de la nation arménienne, ce qui correspond de manière plus générale à la mise en place du système des millet, des communautés, à l’intérieur de l’Empire ottoman. Elle n’en dépend pas moins étroitement du bon vouloir du sultan alors que les masses paysannes écrasées d’impôts vivent dans une sécurité très relative.


1663 : Le catholicos de Cilicie sollicite l’aide de Louis XIV.


1666 : Une première Bible en arménien est imprimée à Amsterdam.


1669 : Un édit de Colbert autorise les Arméniens à s’installer en France, notamment à Marseille car ils sont alors considérés comme les garants du développement du commerce avec l’Orient et parce que les restrictions apportées antérieurement à leur installation n’ont fait que favoriser Venise, Livourne ou Amsterdam.


1677 : Le concile secret réuni à Edjmiatzin par le catholicos Hakob IV (qui réunit douze participants, dont six laïcs) marque le point de départ de l’éveil national arménien tel qu’il va se développer au cours des siècles suivants.


1698-1711 : L’Arménien Israyel Ori visite plusieurs cours européennes (la Bavière, l’empire des Habsbourg, la Russie) pour y rechercher les appuis nécessaires mais l’exigence, notamment celle de l’Électeur de Bavière, d’une reconnaissance de l’autorité pontificale par l’Église arménienne, fait échouer ses entreprises.


1717 : L’abbé Mekhit’ar de Sébaste et ses moines s’installent dans l’île Saint-Lazare à Venise et entreprennent de se consacrer à l’étude de l’histoire nationale, ainsi qu’à l’instruction de leurs compatriotes. L’action du patriarche arménien de Constantinople Hovhannés Kolot participe à la même époque (1715-1741) au vaste mouvement de renaissance culturelle arménienne, qui s’opère donc surtout, initialement, dans le cadre de la diaspora arménienne. Gardiens jaloux de leur langue qu’ils ont été les premiers en Orient, après les Juifs, à imprimer, les Arméniens ont joué un rôle de catalyseur culturel incontestable, notamment au sein de l’Empire ottoman (Sinan, le célèbre architecte du XVIe siècle, était un Arménien).


1746 : Les Mekhit’arites fondent à Elizabethpol (Dumbraveni), en Transylvanie, un collège arménien inspiré du modèle fourni par les Jésuites.

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