Logo Clio


Le néolibéralisme et ses limites

Les élections de 1983 marquent l’entrée de l’Argentine dans une nouvelle ère politique et économique : les militaires sont défaits ; pour la première fois, les péronistes ne remportent pas les élections, enfin, Alfonsin est le premier président élu démocratiquement depuis Irigoyen en 1916.
Il s’agit tout d’abord de dresser le bilan humain et économique de la guerre des Malouines. Le gouvernement doit faire sortir l’Argentine de la crise économique en jugulant l’inflation. Il est enfin urgent de réduire la dette extérieure car le FMI menace d’interdire les prêts. L’Argentine choisit la voie du néolibéralisme, en s’inspirant, sur le modèle du Chili voisin, des doctrines formulées autour de Milton Friedmann au sein de l’école de Chicago.
La population ne saurait admettre que les crimes des militaires restent impunis : les marches silencieuses des mères de disparus se poursuivent et l’on demande des comptes à propos des victimes de la Guerre sale. Le président Alfonsin crée alors la Commission officielle d’enquête pour les personnes disparues, présidée par le romancier Ernesto Sábato. Alfonsin se trompait quand il pensait que la Commission résoudrait tous les problèmes en l’espace de six mois et que son projet recueillerait l’approbation de tous. Les critiques fusent de toutes parts : la droite l’accuse de ne pas prendre en compte l’action des guérillas et les officiers de l’armée considèrent désormais les radicaux comme des communistes. Enfin, plus à gauche, les mères de la Plaza de Mayo refusent de coopérer avec la commission car elles soupçonnent le président de vouloir limiter les condamnations aux officiers supérieurs donneurs d’ordres sans punir les subalternes qui sont les tortionnaires.

1984 : Publication du rapport accablant de la Commission nationale d’enquête pour les personnes disparues sous le nom de « Plus Jamais ça ». Au fil de ses 50 000 pages, il dévoile les lieux et les méthodes de torture ainsi que le nombre des victimes connues (8 961 personnes). Six cent soixante-dix personnes sont reconnues coupables des crimes. Les organisations des droits de l’homme ne croient pas à ce rapport et penchent pour le chiffre de 19 000 victimes.

1985 : Le Plan Austral d’Alfonsin rencontre un grand succès. Ce plan de stabilisation économique doit réduire l’inflation et remplace le peso par une nouvelle monnaie appelée l’« austral ». Le président Alfonsin décrète le gel des salaires des fonctionnaires dans le but de limiter les dépenses de l’État. Le Plan Austral promeut également les installations en Patagonie et notamment à Viedma, le long du río Negro. Le déficit de l’État et l’inflation chutent mais de manière éphémère. En 1988, le gouvernement reconnaît l’échec du Plan : les industries d’État continuent à perdre quotidiennement des millions de dollars et les industries privées ne sont guère plus florissantes.

1986 : Les victimes qui ont survécu et les familles des disparus ont déjà engagé des procès contre 1 700 officiers. Le premier procès civil des neuf généraux donne un aperçu de la durée des procès à venir. Il dure huit longs mois au bout desquels seuls cinq d’entre eux sont reconnus coupables et condamnés à de légères peines de prison. Le général Galtieri, qui avait dirigé la guerre des Malouines, ressort acquitté. L’indulgence des tribunaux est décriée.
Voyant le tour que prennent les événements, les conseillers d’Alfonsin font promulguer deux lois : la loi de « point final » oblige les procès à se tenir en un maximum de soixante jours. La loi de « l’obéissance due » stipule que les militaires de rang inférieur à celui de colonel ne peuvent être poursuivis dans la mesure où ils n’ont fait que suivre les ordres de leurs supérieurs.

Pâques 1987 : Les jeunes officiers se rebellent contre la faiblesse de leurs aînés et contre le président. Un groupe d’élite des commandos, connu sous le nom de Carapintadas et mené par le lieutenant-colonel Aldo Rico, prend l’école d’infanterie du Campo de Mayo, dans la banlieue de Buenos Aires. Les forces armées loyales au gouvernement refusent de réprimer la rébellion.

Janvier 1988 : Le lieutenant-colonel Rico, à la tête d’une seconde rébellion dans la province de Corrientes, est rapidement arrêté, ainsi que ses collaborateurs.

Décembre 1988 : Nouvelle rébellion des Carapintadas, menée par le colonel Mohammed Alí Seineldìn.

Janvier 1989 : Un groupe d’une soixantaine de guérilleros d’extrême gauche attaque la base militaire de La Tablada, à la périphérie de Buenos Aires. Ils s’en emparent mais sont vite encerclés par l’armée et la police. Au terme d’une journée de combats, 28 guérilleros et 11 militaires trouvent la mort, 14 guérilleros sont capturés. Les mères de la Plaza de Mayo refusent de condamner l’attaque.

14 mai 1989 : Carlos Saúl Menem, un néopéroniste, est élu président avec 47 % des voix. Ce fils d’immigrés syriens, ancien gouverneur de la province de La Rioja, était emprisonné pendant la Guerre sale : on ne peut donc l’accuser de violation des droits de l’homme. Il se rapproche vite des États-Unis dont il reçoit le président George H. W. Bush et se propose aussi de renouer les relations diplomatiques avec la Grande-Bretagne.

Juillet 1989 : L’inflation dépasse les 1 000 %. Les travailleurs lancent des appels à la grève générale tandis que des magasins sont détruits dans tout le pays. Menem qui n’aurait dû entrer en fonction qu’en décembre de la même année force Raúl Alfonsín à lui céder immédiatement la place. La nation est alors apaisée. Menem parvient même à s’assurer le soutien de ses opposants comme le danseur de tango Astor Piazzola, pourtant antipéroniste convaincu.
La ligne économique adoptée par Menem et son ministre de l’Économie Domingo Cavallo est celle du néolibéralisme. Il entend privatiser les chemins de fer, la compagnie aérienne argentine et des industries comme la compagnie pétrolière YPF. Des milliers de fonctionnaires sont licenciés. Le ministre Cavallo retire l’austral pour réintroduire un peso dont la valeur est indexée sur celle du dollar. La réforme monétaire fait chuter l’inflation de 3 000 % à 20 % en l’espace de trois ans.

1989 : L’Argentine soutient l’invasion américaine au Panamà, contrairement à ses voisins américains.

1990-1998 : L’Argentine vend 55 compagnies d’État pour la somme de 23 milliards de dollars. En Patagonie, plus de 4 000 employés de l’industrie pétrolière perdent leur emploi lors de la vente d’YPF.

Décembre 1990 : Les Carapintadas se rebellent à nouveau ; ils s’emparent des quartiers généraux de l’armée, proches de la Casa Rosada, exigent une purge parmi les généraux ainsi que la promotion de Seineldìn au rang de commandant de l’armée. Ce dernier est condamné à mort pour avoir participé à la rébellion qui fait 14 victimes et 55 blessés. Treize autres militaires se voient infliger des peines allant de deux à vingt ans. Le président Menem prend la résolution de régler définitivement la question des droits de l’homme et de la culpabilité des militaires dans les tortures et les disparitions : il gracie tous les membres de la junte faisant l’objet de peines de prison pour crime contre l’humanité.

26 mars 1991 : Menem rencontre les présidents du Brésil, du Paraguay et de l’Uruguay pour fonder le Mercosur, le Mercado Comun del Sur, qui entre en vigueur en 1995. Ils signent le traité d’Asunción qui instaure un marché commun entre les quatre pays. Immédiatement les producteurs de grain et de bœuf argentins voient s’ouvrir devant eux un marché de 215 millions de consommateurs. Cette politique libérale ne correspond guère à ce que les Argentins attendaient de Menem. La situation sociale de nombre d’entre eux est précaire : le taux de pauvreté plafonne à 40 % et le chômage à 20 %.

Avril 1991 : La loi de convertibilité instaure la parité peso-dollar, ce qui entraîne la fuite de capitaux vers l’étranger.

1991 : Des soldats argentins participent à l’opération Tempête du Désert en Irak. Sous la présidence de Menem, l’Argentine est un allié indispensable des États-Unis alors qu’elle entretient une rivalité avec son voisin brésilien, au risque de mettre à mal le Mercosur.
Années 1990 : L’Argentine connaît les taux de croissance les plus élevés depuis 1940. Tout concourt à la réélection de Carlos Menem.

1993 : Ce dernier déclenche l’indignation en signant des demandes d’avancements de militaires qui sont des tortionnaires notables.

18 juillet 1994 : Une bombe explose dans les locaux de l’Association mutualiste israélite argentine et fait 85 morts et plus de 200 blessés. Déjà un attentat avait été perpétré contre l’ambassade d’Israël deux ans plus tôt, le 17 mars 1992, au moment de l’ouverture des archives concernant les activités nazies en Argentine. Il avait fait 29 morts et 242 blessés.

22 août 1994 : L’hebdomadaire Pagina 12 publie une liste de 70 personnalités qui font l’objet de procédures pour corruption.

10 janvier 1995 : Entrée en vigueur du Mercosur.

3 mars 1995 : L’Argentine reçoit un prêt de 2 milliards de dollars du FMI, de 1,3 milliard de la Banque mondiale et de un milliard de dollars de la Banque interaméricaine de développement.

14 mai 1995 : Grâce à une révision constitutionnelle réduisant le mandat présidentiel à quatre ans, Carlos Menem remporte les élections présidentielles. Les politiques sont corrompus ; le président est lui-même mêlé à des trafics d’argent sale. On le soupçonne d’avoir rempli un compte en Suisse avec 10 millions de dollars issus de pots-de-vin.

1996 : Mouvement de piqueteros, des pauvres qui barrent les routes, se couchent en travers des rues pour demander du pain et du travail et protestent contre la politique libérale de Menem. Parmi eux se trouvent de nombreux licenciés de la compagnie pétrolière d’État YPF.

Octobre 1997 : Alors que taux de chômage est de 17 % et que le fait d’avoir un emploi n’assure en rien contre la pauvreté, 40 000 chômeurs défilent en direction de la Plaza de Mayo lors de la plus grande manifestation qu’ait connue Menem sous ses deux mandats.

26 octobre 1997 : Aux élections législatives, le Parti justicialiste de Menem est battu et perd par la même occasion la majorité au Congrès.

Avril 1999 : L’Argentine lance un nouveau plan d’austérité.

24 octobre 1999 : Le candidat du parti radical, Fernando de La Rúa, qui garde Cavallo au ministère de l’Économie, remporte les élections présidentielles. L’indexation du peso sur le dollar entraîne une augmentation du prix des produits. L’économie commence à se contracter : les exportations diminuent et les entreprises argentines perdent du terrain.

1999 : Ouverture des négociations sur un accord d’association entre l’Union européenne et le Mercosur. L’Argentine les considère comme essentielles car l’Union européenne représente un vaste marché pour ses produits agricoles.

12 novembre 2000 : Pour tenter d’enrayer le marasme économique, il décide d’un nouveau plan d’austérité.

Mars 2001 : Le gouvernement argentin démissionne. Domingo Cavallo, demeuré au ministère de l’Économie, entreprend un plan de redressement économique le 23 mars.

30 juillet 2001 : Loi du Déficit zéro alors que la dette de l’Argentine dépasse les 130 milliards de dollars et que les entreprises font faillite les unes après les autres.

Novembre 2001 : L’Argentine connaît son septième plan d’austérité en trois ans. La crise économique frappe tous les secteurs et une immense part des Argentins.

2001 : Les manifestations se multiplient et dégénèrent en émeutes.

1er décembre 2001 : Limitation des retraits bancaires des particuliers à 250 dollars par semaine afin d’éviter la fuite des capitaux.

2 décembre 2001 : Le gouvernement annonce un gel des dépôts bancaires pour sauver un système financier menacé de faillite sous l’effet de retraits massifs.

19-20 décembre 2001 : Les émeutiers s’en prennent à des supermarchés qu’ils dévalisent. Une marche vers la Casa Rosada donne lieu à des affrontements entre manifestants et policiers. Trente-cinq personnes y trouvent la mort et des centaines d’autres sont arrêtées. Le ministre de l’Économie Domingo Cavallo démissionne.

21 décembre 2001 : Le président De La Rúa démissionne. S’ouvre alors une période d’incertitude constitutionnelle où trois présidents par intérim, nommés par le Congrès, se succèdent.

1er janvier 2002 : Eduardo Duhalde, le candidat péroniste aux élections présidentielles de 1999, est nommé président par intérim. Il ouvre sa présidence par deux décisions majeures : la confirmation du moratoire sur la dette extérieure et la dévaluation du peso. Celle-ci met fin au système de convertibilité et a pour objectif de relancer les exportations en ramenant le taux de change et les salaires réels à des niveaux qui rendront compétitives les exportations argentines.

6 Janvier 2002 : Le président Duhalde interdit aux Argentins de retirer leur argent des banques afin d’endiguer la fuite des capitaux et la dégringolade du peso. La parité du peso sur le dollar est supprimée, le peso est dévalué de 20 %. Les Américains refusent d’apporter leur aide à l’Argentine, frappée par l’indifférence du FMI et des États-Unis à son égard.

2002 : Depuis novembre 2001, le président est en résidence surveillée pour trafic illicite d’armes mais les accusations sont levées. Le 3 avril, Domingo Cavallo est à son tour placé en détention pour les mêmes raisons.

3 avril 2002 : Le Congrès approuve le budget d’austérité du gouvernement.

23 avril 2002 : Le ministre de l’Économie Lenicov démissionne. Rien ne saurait freiner la récession.

Mai 2002 : L’économie argentine commence à se stabiliser. La crise argentine a profondément transformé les ambitions du pays en matière de politique extérieure : la relation bilatérale avec le Brésil est renforcée, le Mercosur est jugé prioritaire et l’Argentine favorise la conclusion d’accords commerciaux avec l’Union européenne.

Juillet 2002 : Annonce d’élections présidentielles anticipées à la suite de la mort de deux piqueteros lors d’une manifestation.

2 décembre 2002 : Levée des restrictions bancaires (corralito).

2003 : L’Argentine bénéficie d’une légère reprise économique ; la production reprend, l’inflation diminue très sensiblement, de même que le taux de chômage.

25 mai 2003 : Élection du péroniste Nestor Kirchner au deuxième tour, après défection de Carlos Menem. Il s’attelle à la lutte contre la corruption et l’impunité au sein de la cour suprême, des forces armées, des forces de sécurité intérieure. Il entend également mener une politique sociale volontariste. Le président est confronté à l’apparition d’un phénomène nouveau : la hausse de la criminalité et de la délinquance ainsi qu’à la violence des piqueteros.

11 juin 2003 : Néstor Kirchner se rend au Brésil où il annonce son intention de créer un parlement pour le Mercosur.

12 août 2003 : Le Congrès vote le projet de loi pour l’annulation des deux lois de 1986 et 1987 qui empêchaient les poursuites judiciaires pour violation des droits de l’homme.

14 septembre 2003 : Un péroniste, Aníbal Ibarra, est réélu maire de Buenos Aires et un autre, Felipe Sola, est reconduit à son poste de gouverneur de la province de Buenos Aires. Le président Kirchner sort renforcé de ces élections.

Novembre 2003 : Les piqueteros réapparaissent, signe que l’Argentine n’a pas encore résolu ses problèmes économiques.

19 novembre 2003 : Le gouvernement argentin annonce le non-remboursement des emprunts d’État contactés par des milliers d’épargnant d’étrangers, principalement européens.

10 janvier 2004 : Avant son départ au Sommet des Amériques à Monterey, le président Kirchner annonce que l’Argentine ne modifiera pas son offre concernant le remboursement de sa dette vis-à-vis de ses créanciers. Cependant, face au redressement de l’économie argentine, le FMI souhaite que celle-ci consacre une partie de ses rentrées fiscales de 2004 à l’amélioration de son offre sur la dette.

10 mars 2004 : L’Argentine accepte de verser l’échéance de 3,1 milliards de dollars due au FMI et évite ainsi d’entrer en défaut de paiement.

Janvier 2005 : Le nombre de militaires détenus et inculpés par la justice argentine s’élève à 120.

25 février 2005 : Fin du moratoire sur la dette privée argentine. Les trois quarts des détenteurs d’obligations, essentiellement de petits épargnants du monde entier, admettent d’être remboursés à un taux très faible ; la restructuration de la dette privée argentine est un succès politique pour le président Kirchner.

Avril 2005 : Le gouvernement de Néstor Kirchner annonce qu’il « refuse catégoriquement » que la future Constitution de l’Union européenne s’applique aux îles Malouines.

Juin 2005 : L’annulation par la Cour suprême des lois dites « de pardon », assurant l’impunité des tortionnaires de la dictature militaire, entraîne l’ouverture de procès contre 400 policiers et militaires.

Septembre 2005 : La filiale de Suez Aguas Argentinas quitte l’Argentine après l’échec des négociations avec le gouvernement argentin sur le renouvellement de la concession. Elle assurait la distribution de l’eau à dix millions de Portègnes.

4 novembre 2005 : Le président américain George Bush est conspué par 400 000 personnes à Mar del Plata, à 400 km de Buenos Aires lors du 4e Sommet des Amériques. Pour la première fois, ce sommet s’est achevé par un échec.
Décembre 2005 : Le président Kirchner annonce qu’en raison de l’amélioration des comptes extérieurs, l’Argentine remboursera ses dettes par anticipation.

20 juillet 2006 : Fidel Castro participe au 30e sommet du Mercosur à Córdoba.

22 juillet 2006 : Les présidents Chavez et Castro se rendent en pèlerinage à la maison d’Ernesto Guevara, dans la petite ville d’Alta Gracia.

22 août 2006 : Le gouvernement argentin annonce la relance de son programme nucléaire civil, interrompu dans les années 1980.

Fin août 2006 : Des milliers d’Argentins manifestent dans les rues de Buenos Aires contre la criminalité et l’insécurité.

Octobre 2006 : L’Argentine accuse l’Iran d’être à l’origine de l’attentat contre une association juive qui avait fait 85 morts en 1994. Les relations diplomatiques entre les deux pays se tendent.

19 octobre 2006 : Les présidents bolivien et argentin, Evo Morales et Néstor Kirchner signent à Santa Cruz un contrat visant à tripler l’exportation du gaz bolivien vers l’Argentine.

17 octobre 2006 : Des débordements entre syndicalistes se produisent lors du transfert des cendres de Perón.

Décembre 2006 : Un conflit oppose l’Argentine et l’Uruguay à propos de la construction d’une usine de cellulose en Uruguay à laquelle est hostile l’Argentine. Les 18 et 19 décembre, les représentants des deux pays s’affrontent à La Haye et l’Argentine est déboutée.

12 janvier 2007 : L’ancienne présidente Isabel Perón est arrêtée à Madrid en raison d’un mandat d’arrêt international lancé par un juge argentin pour se responsabilité supposée dans la disparition d’un opposant sous sa présidence (1974-1976). Âgée de soixante-quinze ans, elle a été remise en liberté provisoire. Jusque-là, le président Kirchner attribuait les violations des droits de l’homme à la dictature militaire établie après le coup d’État de 1976 mais les disparitions survenues après le retour du général Perón sont maintenant prises en compte. Un deuxième mandat d’arrêt est notifié à l’intéressée le 25 janvier à propos des crimes attribués à la « Triple A » (l’Alliance Anticommuniste Argentine dont l’inspirateur aurait été son conseiller, José López Rega. Ces mandats d’arrêt ont suscité une vive réaction dans les milieux péronistes argentins qui suspectent le pouvoir de chercher à discréditer leur camp avant l’élection présidentielle prévue en 2008.

Longtemps apparu comme le pays le plus avancé d’Amérique latine, l’Argentine a perdu du terrain par rapport à son voisin brésilien. Les incertitudes politiques, financières et monétaires ont compromis, au cours du dernier tiers du XXe siècle, l’avenir de l’État demeuré, avec l’Uruguay, le plus « européen » du cône Sud. Les premières années du nouveau siècle laissent entrevoir en revanche les signes d’un nouveau départ, dans un continent qui semble décidé à s’émanciper de la tutelle nord-américaine. Avec une croissance retrouvée et avec l’éloignement des moments dramatiques que connut le pays à l’époque de la dictature militaire, les Argentins semblent désormais en mesure de valoriser enfin les nombreux atouts dont dispose leur pays, en vue d’une insertion réussie dans la mondialisation aujourd’hui en cours.
Page précédente 
Mentions légales Conditions de vente Comment s'inscrire Vos assurances Qui sommes-nous ? Clio recrute Nous contacter ou nous visiter