J 1 : Paris – Tripoli – Sebha
Vol pour
Tripoli et correspondance vers Sebha, capitale historique du Fezzan, à huit cents kilomètres de la mer, au cœur du désert libyen. Dîner et nuit à Sebha.
J 2 : Germa – el Aweinat (380 km)
Nous prendrons place à bord de nos voitures tout terrain et rejoindrons, par la route, la ville de
Germa l’ancienne capitale des Garamantes, dont Hérodote mentionne déjà l’existence, ce peuple semi-mythique qui joua un rôle capital dans l’histoire fabuleuse de la communication entre Méditerranée et Sahara. La visite du
musée de Germa constituera une excellente introduction à notre voyage. Nous découvrirons ainsi le milieu saharien, de sa formation géologique à l’épanouissement des cultures pré- et protohistoriques. Après déjeuner, nous quitterons Germa pour rejoindre la région d’el Aweinat
, non loin de Serdalès, porte de l’Akakus et du monde berbère. Longeant le rebord nord du massif du Messak, nous apercevrons en chemin les
tumuli de pierre qui marquent l’emplacement des grandes
nécropoles "garamantiques". Nuit en lodge à el Aweinat.
J 3 : Ghat (180 km)
La journée sera consacrée à une excursion à
Ghat. En bordure du tadrart Akakus, Ghat fut durant des siècles l'un des noeud majeurs des pistes caravanières transshariennes. Place forte des Touaregs Kel Ajjer, elle fut occupée par les Italiens en 1913. Prise par les Français en 1943, elle resta sous leur contrôle jusqu'en 1952, quand la Libye reocuvra son indépendance.
Nous parcourrons la médina d’al Barkat avant d'aler visiter le
fort Kukemen et la
mosquée al Atik. Nous parcourrons aussi la palmeraie et nous arrêterons pour le pique-nique. Retour à el Aweinat. Nuit au lodge.
J 4 : l’Akakus (180 km)
Nous quitterons la route asphaltée pour nous engager sur la piste qui longe le flanc oriental du djebel Akakus qui culmine à 1428 m au sommet du Birker. En direction du wadi Teshouinat, nous découvrirons les paysages étonnants sculptés par l'érosion éolienne dans les grès de l'Akakus. Nous nous arrêterons pour le déjeuner non loin de
Tin Lalan et de
Tin Aneouin où nous découvrirons nos premières
gravures rupestres et surtout de remarquables ensembles de
peintures 
superposant styles et époques diverses. Dissimulés dans des encoignures de rochers ou des abris sous roche, ces sites, qui se dérobent souvent au regard, nous conteront en détail la vie des peuples préhistoriques qui ont vécu ou nomadisé dans cette région depuis le IX
e millénaire avant notre ère. Toutes ces peintures et gravures n’appartiennent pas à la même époque : à travers les animaux représentés et l’évolution des styles, nous tenterons de reconstituer les étapes essentielles de l’histoire du Sahara et de l’adaptation des populations à leur milieu. De belles représentations de spécimens de la faune dite «éthiopienne» — girafes en particulier — jouxtent des peintures de bovidés de la plus belle facture qui correspondent à une époque d’équilibre et d’harmonie où l’art atteint son plein développement. Nous suivrons l’évolution du processus de désertification qui se marque stylistiquement par une géométrisation croissante du dessin mais aussi par l’apparition de nouveaux motifs : chevaux puis chameaux, scènes de combat... Nous installerons notre bivouac dans le wadi Teshouinat.
J 5 : Wadi Teshouinat
La journée sera consacrée à la découverte des différents
sites rupestres qui s’égrènent le long du
wadi Teshouinat. Nous y rencontrerons entr'autres, notre première représentation d’un "
cheval au galop volant", scène particulièrement fréquente dans le Sud libyen et dont l’origine, encore mystérieuse, semble liée à l’arrivée des populations libyco-berbères — les ancêtres des Garamantes — à la fin du second millénaire avant notre ère.
J 6 : Egidi Wan Kassa – Idahan Murzuq (230 km)
Après avoir pris le petit déjeuner et levé le campement, nous prendrons la piste qui s'éloigne de l'Akakus en direction du massif du Messak. Nous atteindrons la petite oasis de
Wan Kassa à l’heure du déjeuner. Nous obliquerons ensuite vers l’est, empruntant un étonnant corridor naturel à travers le splendide champ de dunes de l’Igidi Wan Kassa. Nous aborderons alors le
Messak, franchissant le rebord escarpé du massif par la passe de Tilmetsine qui sépare le Messak blanc du Messak noir. Nous nous engagerons prudemment sur une piste cahoteuse au cœur d’un désert de pierres noircies par la patine. Mais, assez vite, nous percevrons les immenses dunes dorées du
grand erg de l’Idahan Murzuq en bordure duquel nous établirons notre bivouac.
J 7 : le wadi Matchendous - In-Abeter
Le matin, nous regagnerons le plateau pour accéder au
wadi Matchendous. La journée sera alors consacrée à une longue promenade à pied dans le fond de l’oued, coulée verdoyante enchâssée dans les étendues noires du plateau. Regroupées sur les rives concaves de l’oued, d’innombrables gravures y ont été inventoriées sous le nom de
site d’In Abeter. Sur une distance de douze kilomètres, nous y découvrirons des représentations admirables de toute la faune saharienne préhistorique : de splendides éléphants, quelques hippopotames, d’innombrables girafes et autruches. Nous admirerons en particulier de
splendides gravures de bovidés, travaillées dans le style au double contour propre au Messak. Certaines de ces représentations s’articulent en scènes complexes : affrontements d’animaux, scènes de chasse qui représentent également les mythiques "hommes-lycaons" spécifiques du Messak. Pique-nique en milieu de parcours. Au terme de notre randonnée, nous découvrirons encore le
site dit de Matchendous, célèbre par sa grande gravure représentant un crocodile et son petit. Nous établirons notre bivouac un peu plus loin en bordure des dunes de l’Idahan Murzuq.
J 8 : Germa – Umm-el-Ma (150 km)
Après avoir levé le campement, nous nous dirigerons vers l’
oasis de Tsawa, surprenant ensemble agricole au cœur du désert, né grâce à la technologie moderne, qui exploite les nappes phréatiques fossiles du Fezzan. Nous rejoindrons une route qui franchit le rebord du Messak et mène à
Germa. Nous visiterons le site de l’ancienne capitale des Garamantes, ville de terre, élevant encore haut dans le ciel ses murailles et les murs de son palais. Non loin de là, nous nous interrogerons également devant les tombes pyramidales du
wadi Adjal et découvrirons le
mausolée de Gasr al Watawat, modeste témoignage de la présence romaine dans le Sud libyen. Dans l’après-midi, nos voitures se frayeront un chemin à travers les dunes de l’
erg Oubari pour rejoindre le
lac d’Umm el Ma, joyau bleu profond cerné de vert dans l’écrin des dunes d’or rouge. Bivouac aux abords du lac d’Umm el Ma.
J 9 : les lacs de l’erg Oubari
La surprenante présence de lacs au cœur de l’
erg d’Oubari explique que cette région fut longtemps le refuge d’une étonnante communauté, celle des Daouada, les "mangeurs de vers" qui y vivaient d’une chiche agriculture complétée par la récolte de minuscules crustacés. Le
lac de Mandara est aujourd’hui pratiquement toujours asséché. Nous découvrirons les paysages magnifiques qui servent de cadre aux
lacs de Mafhou et de Gabraoun. Dans l’après-midi, nous rejoindrons la route asphaltée pour gagner Shebha où nous passerons la nuit à l’hôtel.
J 10 : Sebha – Ghadamès (920 km)
Suivant partiellement l’une des routes caravanières qui reliaient les confins sahariens à la Tripolitaine, nous longerons les plateaux arides de la
Hamada el Homra puis, après le déjeuner pris dans un restaurant local à al Qaryat, nous rejoindrons la mythique étape des caravaniers,
Ghadamès.
Cette petite oasis du Sahara doit son existence très ancienne et sa permanence à une importante source artésienne et à sa position équidistante de Gabès, Tripoli, Ouargla et du cœur du Fezzan. Le commerce transsaharien a fait sa fortune au cours des siècles, et c’est la disparition de celui-ci qui explique son déclin. En 19 avant J.-C., Cornélius Balbus fait une étape dans ce centre libyen, qui deviendra Cydamus puis, sous Septime Sévère, un poste avancé avec une garnison de la troisième légion Augusta. Ghadamès eut une église et un évêque à l’époque byzantine. Le conquérant arabe Ukba b. Nah la fit occuper par un détachement de cavaliers lors de sa conquête du Fezzan. Ghadamès entrait alors dans le monde islamique. Le commerce constituait l’essentiel de son activité. Point de convergence des caravanes, elle rassemblait des commerçants venus du Soudan ou de Tombouctou mais aussi de Tunis et de Tripoli. La protection des caravanes, moyennant tribut, était assurée par les Touaregs Ajjers, Ghadamès se situant à la limite de leur territoire. Le trafic portait sur les esclaves, l’or, les cuirs et les peaux, les plumes d’autruche, l’ivoire et l’encens aussi bien que sur les cotonnades, le drap, le sucre et divers produits fabriqués en Europe. Aujourd’hui, les Ghadamésiens en sont presque uniquement réduits à la culture de leur petite oasis, et les rares Touaregs, à l’élevage des chameaux et du petit bétail.
Nuit à Ghadamès.
J 11 : Ghadamès 
Oubliant déjà l’aridité du désert, nous tomberons sous les charmes de l’oasis. Le matin, nous flânerons à travers la vieille ville, depuis la fontaine — qui, selon la légende, jaillit un jour sous le sabot d’un cheval, donnant naissance à l’oasis — jusqu’aux sept quartiers de la ville — un par famille —, tous dotés d’une mosquée et d’un espace réservé aux cérémonies diverses rythmant la vie des populations sédentaires. Nous y découvrirons également différents aspects de cette société : aux hommes étaient réservées les rues, aux femmes les toits de la ville, d’où la vue est saisissante et finirons notre visite par le cimetière au centre duquel s’élève un marabout. Nous visiterons le
musée de la ville qui permet d’évoquer la vie quotidienne comme les multiples activités qui se déroulaient chaque jour au sein de l’oasis. Après déjeuner, nous découvrirons les pauvres — mais néanmoins probants — vestiges de la romanisation de la zone saharienne. En effet, les
"idoles" de Ghadamès, vénérées par les populations locales, sont vraisemblablement les restes d’un édifice construit par les Romains. A huit kilomètres de la ville, nous découvrirons les vestiges d’une forteresse d’origine romaine,
Ras el Ghoul, marquant l’un des points ultimes de la présence de Rome au Sahara. Fin d’après-midi libre. Nuit à Ghadamès.
J 12 : Nalut – Shashuk – Tripoli (640 km)
Sur le chemin de retour de notre circuit vers la Tripolitaine, nous ferons halte à la vieille ville de
Nalut. Dressé sur un escarpement qui marque l’extrémité du djebel Nafusa, le kasr de Nalut fut édifié au XVII
e siècle pour conserver grain et huile à l’abri des pillards. Nous retrouverons aussi à
Shashuk cette architecture spécifique des ghorfas assemblées en immenses greniers à grains. Nuit à Tripoli.
J 13 : Sabratha – Tripoli
Le matin, nous quitterons Tripoli pour gagner
Sabratha 
qui fut fondée, selon la tradition, par des Phéniciens de Carthage. Autour du noyau punique s’édifia peu à peu une vaste cité tirant sa prospérité, aux II
e et III
e siècles de notre ère, de l’exportation des produits africains, et notamment des animaux sauvages destinés aux jeux du cirque. Nous y admirerons en particulier les vestiges des thermes, décor romantique à souhait face à la mer et le
théâtre antique remarquablement préservé où nous évoquerons le souvenir d’Apulée, qui y prononça sa célèbre Apologie. Retour à Tripoli. Après le déjeuner, nous visiterons
Tripoli, ville la plus importante de Libye et qui en demeure la capitale même si une partie des organisations politiques et administratives ont été transférées à Syrt. Fondée par les Phéniciens, l'antique Oea prospéra à l'époque romaine et faisait avec Leptis et Sabratha, partie de la ligue des trois ville, d'où le nom de Tripolitaine donné à la région. Nous saluerons au passage l’arc
quadrifons de Marc Aurèle, seul témoin de la grandeur passée de l’antique Oea pour nous rendre au
musée des Antiquités de Tripoli dont les collections, admirablement mises en valeur, retracent l’histoire de la Libye depuis la préhistoire. Nuit à Tripoli.
J 14 : Tripoli – Paris
Vol pour Paris.
Selon les dates des voyages, le programme ci-dessus peut se dérouler de façon légèrement différente en fonction des contraintes techniques ou des ouvertures de sites.
Les informations prévisionnelles concernant le programme, les hôtels ou bateau, les horaires de transport et le nom de votre conférencier vous sont données ici à titre indicatif et sont valables au 19/03/2010. Les précisions définitives vous seront communiquées au moment de la confirmation du rendez-vous de départ.